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jeudi 13 juillet 2017

Le son du tonnerre








Le son du tonnerre, bien qu'assourdissant, est inoffensif ;
L'arc-en-ciel, malgré ses couleurs chatoyantes, ne dure pas ;
Ce monde, même s'il apparaît plaisant, est semblable à un rêve ;
Les plaisirs des sens, bien qu'agréables, n'apportent au bout du compte que désillusions.


Jetsun Milarepa (1040-1123), extrait des Cent Mille Chants.

samedi 8 juillet 2017

John Rawls et l'utilitarisme



John Rawls et l'utilitarisme



La justice selon Rawls – 2ème partie






Pour une explication des grandes lignes de la pensée de John Rawls, je recommande vivement de d'abord lire la première partie de « La justice selon Rawls » : « John Rawls et la justice sociale ».








        « La Théorie de la Justice » se veut implicitement comme une critique de l'utilitarisme très influent dans la philosophie anglo-saxonne. Que reproche John Rawls à l'utilitarisme ? L'utilitarisme est cette philosophie qui met en avant l'utilité d'une action morale ou politique : quel bien-être ou quel plaisir produit une action ? Tel doit être le critère pour juger le bienfait ou non d'une action. Attention, certaines actions produisent de la peine ou de la douleur, mais c'est en vue d'un plus grand bien. Par exemple, étudier pour ses examens est la plupart du temps pénible et fastidieux, mais c'est pour s'assurer l'accès à une carrière plaisante ou qui rapporte de l'argent. Dans ce cas, le moindre mal qu'est l'étude est compensée par le plus grand bien, l'accès à la profession recherchée. Les utilitaristes généralise ce principe à la sphère politique : certaines décisions politiques peuvent créer de la peine du moment que cette peine soit compensée par un profit plus grand pour l'ensemble de la société. Par exemple, augmenter les impôts est pénible pour beaucoup de gens, mais cette augmentation d'impôt est compensée par l'utilité pour l'ensemble de la société que peut avoir la création d'un hôpital ou la construction d'une autoroute. Il faut mettre dans la balance les utilités par rapport aux peines que provoquent l'action politique, et choisir la meilleure balance en faveur des utilités en terme de bien-être ou de plaisir. « L'idée principale de l'utilitarisme est qu'une société bien ordonnée et, par là même, juste, quand ses institutions majeures sont organisées de manière à réaliser la plus grande somme totale de satisfactions pour l'ensemble des individus qui en font partie 1 ».

vendredi 7 juillet 2017

Nous qui ne sommes rien






Nous qui ne sommes rien








        La semaine passée, j'ai été profondément choqué par cette petite phrase que le président Emmanuel Macron a sorti lors de son discours pour l'inauguration de Station F : « Une gare, c'est un lieu où on croise des gens qui réussissent et des gens qui ne sont rien ». J'ai trouvé horrible cette façon de séparer le monde entre des gens qui ont la réussite et l'argent pour eux, et ceux qui ne sont rien, qu'on ne voit pas, qui ne comptent pour rien dans le devenir du monde, qu'on peut mépriser à l'aise. Ce déni de la dignité humaine est insupportable. D'autant que cela laisse présager une politique qui écrase les moins nantis dans la société pour garantir toujours plus de profits aux patrons et aux entrepreneurs dans le vent.


        Suite à la controverse qui s'est déclenchée après la mise en évidence de cette petite phrase, les macroniens ont répliqué en disant qu'il fallait écouter tout le discours, que cette phrase ne peut pas être sortie simplement de son contexte. Il est vrai que ce contexte mérite d'être mentionné pour essayer de saisir ce que voulait vraiment dire Emmanuel Macron. Ceci étant dit, je ne suis pas certain que cela éteint complètement la controverse.


       Je mets donc en lien deux vidéos de cette inauguration de Station F : une première assez courte, une autre plus longue du discours complet d'Anne Hidalgo, maire de Paris, et d'Emmanuel Macron pour s'assurer que le contexte soit pleinement restitué. Puis je me livrerai à deux interprétations de ce discours : une interprétation généreuse qui va dans le sens des macroniens et qui lisse la polémique, et puis une interprétation plus sévère qui émet des doutes face aux belles paroles du président. Je précise que j'ai attendu quelques jours avant d'écrire cet article pour ne pas l'écrire sous le coup de la colère.



mercredi 5 juillet 2017

John Rawls et la justice sociale






John Rawls et la justice sociale



La justice selon Rawls – 1ère partie













      John Rawls est un philosophe américain né à Baltimore aux États-Unis en 1921 et mort à Lexington en 2002. Il est un des plus importants penseurs de la philosophie politique du XXème siècle. Son ouvrage le plus célèbre est la « Théorie de la Justice » (1971). C'est à cet ouvrage et différents aspects le concernant que je voudrais consacrer ici quelques petits articles.




John Rawls


dimanche 2 juillet 2017

Un coq pour Asclépios






Un coq pour Asclépios






      Il y a cet épisode singulier de la philosophie où Socrate boit la ciguë. Cela nous est raconté par Platon dans le Phédon :

samedi 1 juillet 2017

Penser à l'horizon






Penser à l'horizon













     Voilà un extrait intéressant de l'Abécédaire du philosophe français Gilles Deleuze où il parle de la gauche. Pour Deleuze, il ne peut pas y avoir de gouvernement de gauche. Il ne peut y avoir au mieux qu'un gouvernement qui se montre favorable à certaines exigences ou réclamations de la gauche. C'est un peu provocateur de dire cela, puisque la vidéo a été tournée en 1989 à un moment donc où la gauche était au pouvoir en France. À l'époque, c'était François Mitterrand qui était président de la République. Gilles Deleuze invoque deux arguments pour appuyer ses dire.

     Tout d'abord, la gauche pour lui est d'abord une affaire de perception. L'homme de droite pense d'abord à lui, puis à sa rue et son environnement proche, sa famille, ses amis, puis sa ville, sa région, son pays, et enfin l'Europe et le monde quand il a le temps de s'en préoccuper. L'homme de gauche, lui, pense d'abord à ce qui est à l'horizon et au-delà. L'homme de gauche est comme un Japonais qui, quand il écrit une adresse sur une carte postale met d'abord le continent, puis le pays, puis la province, puis la ville, puis la rue et enfin le nom de la personne à qui il destine sa lettre. Selon Deleuze, l'homme de gauche est touché par les souffrances et les injustices dans le monde entier ; et il se sent dès lors plus proche, plus solidaire des enfants du Tiers-Monde que des problèmes de son quartier.