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samedi 3 novembre 2018

L'espace d'un doute






Une question philosophique qui fait rarement consensus chez les philosophes est la question de la définition même de la philosophie. « Qu'est-ce que la philosophie ? » On pourrait s'attendre à ce que les avis s'accordent sur cette base, quitte à diverger plus tard sur des questions plus existentielles. Mais même sur ce qu'il faut entendre derrière le terme de « philosophie », les philosophes peinent à s'entendre. Or cette discipline fait l'objet d'un enseignement, notamment dans les écoles du secondaire. Et la nécessité des programmes fait qu'il faut bien imposer une définition au moins minimale de la démarche philosophique afin de préciser ce qui va être enseigné dans ce cours. La philosophie y est alors généralement présenté comme une « problématisation de notions » ou encore « non comme un savoir, mais un questionnement des savoirs ».

jeudi 1 novembre 2018

Un nomade de la raison - 11ème partie






Un nomade de la raison 
sur les chemins d’Élis à Taxila

11ème partie


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L'indifférence de Pyrrhon


mercredi 31 octobre 2018

Un nomade de la raison - 10ème partie




Un nomade de la raison 
sur les chemins d’Élis à Taxila

10ème partie


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La nature des choses



mardi 30 octobre 2018

Un nomade de la raison - 9ème partie



Un nomade de la raison 
sur les chemins d’Élis à Taxila

9ème partie


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Le compte-rendu d'Aristoclès de Messène sur la philosophie de Pyrrhon

dimanche 28 octobre 2018

Fleurs de la contemplation





        Dans un de ses ouvrages 1, Daisetz Teitaro Suzuki (1870 - 1966), le grand spécialiste du Zen, l'auteur renommé des Essais sur le bouddhisme Zen, cite deux courts poèmes, un haïku de Bashō (1644-1694) et quelques vers d'Alfred Tennyson (1809 – 1892).


« Je regarde avec attention :
Un nazuna en fleur
Au pied d'une haie ! »

Bashō 2


« Fleur d'un mur lézardé
Je t'arrache à tes lézardes.
Avec tes racines, je te tiens dans mes mains.
Toute et tout entière.

Petite fleur telle que tu es,
Avec tes racines, tout entière et tout dans Tout,
S'il m'était donné de te comprendre
Je comprendrai alors ce qu'est Dieu et l'homme. »

Alfred Tennyson.

vendredi 19 octobre 2018

Un nomade de la raison - 8ème partie



Un nomade de la raison 
sur les chemins d’Élis à Taxila

8ème partie


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Pyrrhon d’Elis, sa vie



    On se souvient que Platon a dit de Diogène que c’était « Socrate devenu fou ». On pourrait pareillement voir en Pyrrhon un Socrate extravagant1. Victor Brochard explique : « On pourrait trouver d’assez frappantes analogies entre Pyrrhon et Socrate. (…) Et nous verrons que Pyrrhon, comme Socrate, s’est proposé avant tout de trouver le secret du bonheur. Comme lui, il renonce à la science théorique pour tourner toutes les préoccupations du côté de la vie pratique. Comme lui aussi, il prêche l’exemple, et fait plus impressions sur ses disciples par sa conduite que par ses discours2 ». Cependant, là où Socrate s’inscrit dans la logique de la Cité, vivant comme un citoyen à plein titre d’Athènes et jouant un rôle dans les murs de celle-ci, Pyrrhon vit en marge de cette Cité, préférant le silence de la nature et s’abstenant de jouer un rôle d’influence dans la Cité.


     Rentré en Grèce vers 322 avant notre ère, Pyrrhon eut une vie fort calme, très retiré de l’agitation de la Cité, ne se souciant aucunement d’argent et de biens matériels, s’occupant de sa ferme avec sa sœur Philista. Pyrrhon a fondé en cette cité d’Elis son école philosophique, même si tout porte à croire que ce n’était pas un centre d’enseignement très structuré comme pouvait être l’Académie de Platon ou le Lycée d’Aristote. Cela devait plutôt ressembler à un centre informel de discussion et d’échanges. La volonté de fonder une école pérenne préoccupait peu Pyrrhon. Ce qui a surtout frappé ses contemporains, c’est sa grande dignité morale. Il était tellement apprécié que ses concitoyens d’Elis le nommèrent grand-prêtre de leur Cité3 ! Destin étrange pour un philosophe sceptique !

mercredi 10 octobre 2018

Maggie De Block




Maggie De Block




      L'actualité étant aux élections communales et provinciales en Belgique, j'ai parlé de politique avec mes étudiants. J'ai notamment évoqué les figures les plus importantes de chaque parti démocratique ; et en en venant à l'Open-VLD, le parti des libéraux flamands, on a cité Maggie De Block, la ministre fédérale de la santé. Et comme toujours quand on évoque Maggie de Block, cela suscite inévitablement un débat parmi mes élèves : comment une femme pareille peut être ministre de la santé ? Il faut savoir que Maggie de Block est très « enrobée » pour le dire gentiment, et même carrément obèse.


     Mes élèves pensent que quelqu'un de trop gros ne peut pas être ministre de la santé, parce que pour être ministre de la santé, il faut montrer l'exemple, incarner la forme et la santé. Pour moi, c'est clairement de la grossophobie, le rejet social des personnes trop grosses selon les standards de la société. Maggie de Block est médecin de formation : il est donc naturel qu'elle soit attirée en tant que femme politique par la fonction de ministre de la santé. Personne ne se poserait de question si un médecin ou un ministre de la santé fumait des cigarettes, ce qui n'est pas non plus un bon exemple à donner en matière. Cet argument de l'exemplarité revient dans toutes les classes : chaque fois qu'on évoque Maggie de Block, c'est toujours la même réaction, comme quoi elle ne devrait pas être ministre de la santé au regard de son physique.


     La question de l'exemplarité me semble donc très douteuse quand on évoque la figure de Maggie de Block : clairement, on lui reproche d'être grosse, de ne pas faire d'effort pour maigrir. Or il se trouve que Maggie de Block a fait de nombreux efforts pour maigrir quand elle était adolescente : « En 4ème humanité, j’avais pris une résolution : en septembre, je rentre à l’école avec un paquet de kilos en moins. Pendant les mois d’été, j’ai fait un tel régime et j’ai perdu tant de poids que ma mère s’est mise à lire des livres sur l’anorexie. En septembre, certaines copines ne m’ont même pas reconnue. J’avais aussi grandi pendant ces mois, ma transformation était remarquable (…) J’ai continué à perdre du poids, mais cela revenait rapidement. Effet de yo-yo typique. Mon poids avait clairement un rapport avec ma constitution, mon type ». Elle explique aussi à quel point ces régimes drastiques pouvaient être mauvais tant pour sa santé que pour son état psychique : « Je survivais grâce à une pomme, une tomate et quelques feuilles de salade par jour. Je pesais un peu moins de 60 kg. J’étais si affaiblie qu’il m’arrivait de m’évanouir. À 17 ans, j’étais si focalisée sur le fait de ne pas manger que j’en devins malade, apathique et presque dépressive 1 ».


     Beaucoup de personnes obèses font ou ont fait beaucoup d'effort pour maigrir. Il y a une injustice à toujours les culpabiliser de ne pas faire les efforts nécessaires comme le régime ou la pratique des sports pour diminuer son poids. Surtout que cette culpabilisation a généralement l'effet inverse sur ces personnes. Certes, Maggie de Block ne se cache pas d'aimer la bonne cuisine ; mais je ne vois pas pourquoi elle devrait se priver de ce genre de plaisirs sous prétexte que la société a un modèle très rigide de ce qui est bon et de ce qui est souhaitable. Derrière l'alibi de la santé (« ce n'est pas bon pour le cœur ou les artères d'être trop gros ») se dissimule souvent le rejet aigri de ce qui ne correspond pas avec les stéréotypes établis de la mode et du fitness.


      En tant que médecin, on demande à Maggie de Block de savoir soigner les gens, pas d'être un idéal de perfection. De même, en tant que ministre de santé, on lui demande de connaître ses dossiers, d'être élue démocratiquement et de servir l'intérêt du peuple belge. Si on demandait à Maggie de Block d'être coach en fitness, alors oui, je dirai qu'elle n'est pas compétente ; mais dans sa situation actuelle, elle a sa place à son poste de ministre. Si on doit critiquer Maggie de Block, ce n'est donc pas sur son poids ou son surpoids, mais bien sur ses positions politiques.


    Or il se trouve qu'en bonne libérale, elle a des positions très tranchées et agit constamment pour diminuer les aides sociales et réduire au maximum la sécurité sociale. Elle avait eu pour projet notamment de remettre le plus vite possible les malades de longue durée avec l'idée sous-jacente que tous les malades n'en sont pas vraiment et qu'ils profitent tous d'un système de santé trop généreux. Tout est bon pour cette libérale pour faire des coupes sombres dans le système des soins et défavoriser les plus pauvres et les plus fragiles au sein de le société. C'est en cela, il me semble, qu'il faut critiquer durement la ministre de la santé, et non sur ses kilos en trop qui ne regardent qu'elle. On retournerait alors avantageusement à l'essence de la politique.















Maggie de Block au parlement belge












jeudi 13 septembre 2018

Quand le monde est rempli de maux




Quand le monde est rempli de maux,
Transforme toutes les mésaventures en voies vers l’Éveil.

Lodjong, maxime n°11.