Pages

mercredi 10 avril 2019

Développement personnel et philosophie eudémoniste



Développement personnel et philosophie eudémoniste




Il y a une dizaine de jours, j'ai regardé une vidéo du youtubeur d'extrême-gauche Usul intitulée « Développements personnels : pensez positif » où il critique vertement la culture individualiste du développement personnel. Je n'aurai pas grand-chose à ajouter à cette vidéo si la personne qui figure sur la vignette de la vidéo n'était autre que le moine bouddhiste français, Matthieu Ricard. Usul le place comme l'un des exemples de l'idéologie du développement personnel. Cela m'a mis fort mal à l'aise : il y a beaucoup de choses à dire sur Matthieu Ricard, mais certainement pas qu'il faille le ranger dans la catégorie des coachs en développement personnel. Les livres de Matthieu Ricard exposent la doctrine bouddhique qui, certes, parlent de transformation de soi-même afin de mieux vivre, mais pas dans l'optique du développement personnel, me semble-t-il. C'est pourquoi il m'apparaît utile de faire ici une distinction entre le développement personnel et l'eudémonisme, « eudémonisme » désignant toute philosophie dont le but central est d'atteindre le bonheur.

dimanche 10 février 2019

Soûtra des Résultats





Soûtra des Résultats


Ānisamsa Sutta (Anguttara Nikāya, V, 1-2)




Ainsi ai-je entendu.

Le Bienheureux séjournait alors dans le monastère fondé par Anāthapindika, dans le parc Jeta, près de la ville de Savatthi. En ce temps-là, un jour, le Vénérable Ānanda s'approcha du Bienheureux. S'étant approché, il lui rendit hommage, puis s'assit à l'écart sur un côté. S'étant assis à l'écart sur un côté, il lui demanda :


« - Quel est, ô Bienheureux, le but et l'avantage des actions efficaces et des préceptes ? »


Le Bienheureux répondit :

« - Ô Ānanda, le but et l'avantage des actions efficaces et des préceptes est l'absence de regrets.

- Quel est alors, ô Bienheureux, le but et l'avantage de l'absence de regrets ?

- Ô Ānanda, le but et l'avantage de l'absence de regrets est la joie.

- Quel est alors, ô Bienheureux, le but et l'avantage de la joie ?

- Ô Ānanda, le but et l'avantage de la joie est la jubilation.

- Quel est alors, ô Bienheureux, le but et l'avantage de la jubilation ?

- Ô Ānanda, le but et l'avantage de la jubilation est la tranquillité.

- Quel est alors, ô Bienheureux, le but et l'avantage de la tranquillité ?

- Ô Ānanda, le but et l'avantage de la tranquillité est la félicité.

- Quel est alors, ô Bienheureux, le but et l'avantage de la félicité ?

- Ô Ānanda, le but et l'avantage de la félicité est la concentration de l'esprit ?

- Quel est alors, ô Bienheureux, le but et l'avantage de la concentration de l'esprit ?

- Ô Ānanda, le but et l'avantage de la concentration de l'esprit est la capacité de savoir et voir les choses telles qu'elle sont.

- Quel est alors, ô Bienheureux, le but et l'avantage de la capacité à savoir et voir les choses telles qu'elles sont ?

- Ô Ānanda, le but et l'avantage de la capacité de savoir et voir les choses telles qu'elles sont est le dégoût et le détachement.

- Quel est alors, ô Bienheureux, le but et l'avantage du dégoût et du détachement ?

- Ô Ānanda, le but et l'avantage du dégoût et du détachement est la vision réaliste concernant la libération.


De cette manière, Ô Ānanda, les actions efficaces et les préceptes ont but l'absence de regrets. L'absence de regret a pour but la joie. La joie a pour but la jubilation. La jubilation a pour but la tranquillité. La tranquillité a pour but la félicité. La félicité a pour but la concentration de l'esprit. La concentration de l'esprit a pour but la capacité de savoir et voir les choses telles qu'elles sont. La capacité de savoir et voir les choses telles qu'elles sont a pour but le dégoût et le détachement. Le dégoût et le détachement a pour but la vision réaliste concernant la libération.


Ainsi, vous voyez, Ô Ānanda, les actions efficaces et les préceptes dirigent graduellement le disciple vers les plus hauts sommets.








dimanche 3 février 2019

Paul Ariès raconte n'importe quoi - 4ème partie




Paul Ariès raconte n'importe quoi

(4ème partie)





Paul Ariès continue sa tribune du Monde du 7 janvier avec une nouvelle accusation complètement fantaisiste : les véganes ne voudraient pas aider les animaux. Il affirme « J’accuse les végans d’abuser celles et ceux qui aiment les animaux et s’opposent avec raison aux mauvaises conditions de l’élevage industriel car, comme le clame Tom Regan, le but n’est pas d’élargir les cages mais de les vider. Ils s’opposent donc à tout ce qui peut adoucir le sort des animaux puisque toute amélioration serait contre-productive en contribuant à déculpabiliser les mangeurs de viande, de lait, de fromages, les amateurs de pulls en laine et de chaussures en cuir et retarderait donc l’avènement d’un monde totalement artificiel ».


Ariès fait cette fois-ci référence à un penseur antispéciste, Tom Regan qui prône le « droit des animaux », encore appelée « approche abolitionniste ». Selon une formule célèbre, Tom Regan ne veut pas agrandir les cages des animaux pour améliorer le bien-être des animaux exploités par les hommes, mais bien vider les cages et abolir cette exploitation honteuse des animaux. Or Paul Ariès qui se présente un spécialiste du véganisme puisqu'il y consacre des livres (hostiles) fait mine d'ignorer qu'il y a un débat qui divise depuis longtemps la communauté végane : d'un côté, les « abolitionnistes » comme Tom Regan et Gary Francione, de l'autre, les « welfaristes » ou « neo-welfaristes » à la tête desquels on trouve notamment Peter Singer.

vendredi 1 février 2019

Paul Ariès raconte n'importe quoi - 3ème partie





Paul Ariès raconte n'importe quoi

(3ème partie)





Paul Ariès ne s'arrête pas là dans sa critique rancunière contre Peter Singer. Dans sa tribune du Monde du 7 janvier, il reproche à lui et aux antispécistes de réinstaller une nouvelle hiérarchie entre les êtres : « Trier l’ensemble des animaux (humains ou non) en fonction d’un critère quelconque (caractère « sentient ») revient toujours à recréer la hiérarchie. Proclamer l’égalité animale c’est signifier que certains animaux seront plus égaux que d’autres, donc que certains humains seront moins égaux que d’autres humains et même que certains animaux non humains ».


Alors là, c'est très emblématique d'un malentendu que beaucoup de détracteurs entretiennent à l'encontre de l'antispécisme : l'idée de la croyance à une égalité totale entre tous les animaux. La vie d'un être humain aurait autant importance que la vie d'une vache ou la vie d'un coléoptère. Non, je ne dis pas ça ; et les antispécistes ne disent pas ça. La vie d'un être humain me semblera toujours plus importante que la vie d'une vache ; et la vie d'une vache me semblera plus importante que la vie d'un coléoptère. Ce que disent les antispécistes, c'est qu'on devrait envisager les intérêts de tout être sentient (doué de sensibilité et de conscience) et les respecter. Je suis peut-être supérieur (intellectuellement, spirituellement, moralement,...) à une vache ; mais cette supériorité réelle ou supposée ne me donne pas le droit moral de maltraiter cette vache, d'exploiter cette vache ou de manger cette vache. Je n'ai pas le droit moral de découper les pattes du coléoptère pour mon seul plaisir.

lundi 28 janvier 2019

Paul Ariès raconte n'importe quoi - 2ème partie




Paul Ariès raconte n'importe quoi



Paul Ariès continue son texte : « J’accuse les végans de mentir en faisant croire au grand public qu’ils seraient des écolos et même des superécolos, alors qu’ils haïssent l’écologie et les écologistes, puisque les écolos aiment la nature et qu’eux la vomissent, car elle serait intrinsèquement violente donc mauvaise. David Olivier, un des pères des Cahiers antispécistes, signait, dès 1988, un texte intitulé "Pourquoi je ne suis pas écologiste". Il confirme en 2015 : "Nous voyons l’antispécisme et l’écologisme comme largement antagonistes"».


Là encore, on est dans l'amalgame, je dirai même du « super-amalgame »... Certains antispécistes sont effectivement très critiques à l'encontre de l'écologie. C'est vrai, et notamment David Olivier. Mais là encore, cela ne veut pas dire que tous les antispécistes sont contre l'écologie. J'ai moi-même écrit une série d'articles pour contrer les thèses de David Olivier et de son camarade Yves Bonnardel : « Penser l'homme et l'animal au sein de la Nature ». Je me revendique personnellement de l'écologie et ne me reconnaît pas dans la pensée d'Olivier et Bonnardel sur ce point. Néanmoins, un intellectuel comme Paul Ariès devrait être soucieux de ne pas réduire une pensée au point où elle ne veut plus rien dire. David Olivier et Yves Bonnardel défendent un point de vue un peu plus subtil qu'un simple anti-écologisme primaire.

samedi 26 janvier 2019

Paul Ariès raconte n'importe quoi




Paul Ariès raconte n'importe quoi


(1ère partie)



Paul Ariès est un politologue d'extrême-gauche connu pour passer souvent sur les plateaux de télévision. Paul Ariès n'aime pas les véganes, et ce n'est pas nouveau. Cela fait maintenant plus de vingt ans qu'il multiplie les prises de position douteuses à leur encontre. Vingt ans de contresens, d'amalgames foireux et de thèses haineuses. En 1996, il écrivait un livre fumeux intitulé « Le retour du diable » où il accusait les véganes et les antispécistes d'être des suppôts de Satan, en plus de tenir des propos complètement homophobes sur les nazis qui sont forcément des gays et Hitler qui était bisexuel1. Ou encore il pratiquait allégrement la calomnie en insinuant que les antispécistes inciteraient à la zoophilie dans des propos qui a largement anticipé le discours réactionnaire de la Manif pour Tous : « Sera-t-il possible de dire aux enfants (...) lorsque vous serez grands vous pourrez choisir entre la vie à deux avec un individu de sexe opposé, du même sexe ou pourquoi pas (à suivre certains antispécistes) avec un animal ? » (sic, p. 90).

samedi 19 janvier 2019

Estimer le bonheur





Ce matin, j'écoutais la radio belge dans ma douche, et il y a un radio-trottoir où l'on demandait aux gens de noter leur bonheur sur une échelle de 1 à 10. L'animateur a expliqué ensuite que le Belge moyen avait en moyenne une note de 7,5 sur 10 en bonheur. Cela m'a semblé stupide comme démarche.

samedi 12 janvier 2019

Le paradoxe de Fermi




Le paradoxe de Fermi




Le paradoxe de Fermi a été exprimé pour la première fois par le physicien américain d'origine italienne, Enrico Fermi en 1950, alors qu'il débattait avec des amis de la possibilité d'une vie et d'une visite extraterrestre. Quand on envisage le nombre d'étoiles dans notre galaxie, la Voie Lactée, 200 à 400 milliards, et quand on envisage le nombre de galaxies dans toute l'immensité de l'univers, 100 à 200 milliards, on est forcé de constater que l'évaluation du nombre de planètes habitables tournant autour de ces étoiles donne un nombre tout à fait vertigineux : 500 000 000 000 000 000 000 (500 milliards de milliards) de planètes possiblement habitables par des espèces vivantes.


Comme de plus, l'univers existe depuis 14 milliards d'années (approximativement) et que notre système solaire est plutôt jeune (seulement 5 milliards d'années), Enrico Fermi se dit que non seulement, la vie a dû se produire dans de très nombreux endroits de l'univers. Mais aussi comme la vie a dû apparaître bien avant l'apparition de notre système solaire, il doit y avoir des formes de vies bien plus évoluées que nous dans différents points de l'univers, et même très probablement dans notre galaxie, la Voie Lactée. Pas seulement quelques unes, mais des millions, voire des milliards....


La question d'Enrico Fermi est dès lors : « Where is everybody ? » (Où est tout le monde?). D'où vient que nous n'ayons jamais rencontré d'extra-terrestres ou que nous n'ayons capté aucun signal (ondes radio, etc...) d'une existence extra-terrestre émanant de quelque part dans cet univers gigantesque ? Pourquoi l'univers est-il si silencieux, sans trace de vie autour de nous ? C'est là le paradoxe de Fermi.





Quelques différentes réponses possibles parmi d'autres au paradoxe de Fermi


Toutes sortes de réponses ont été avancées pour trouver une réponse satisfaisante à ce paradoxe. Voilà quelques réponses, les plus souvent pour expliquer ce problème ou ce « paradoxe » de Fermi. C'est donc un panel (non-exhaustif) de solutions avancées.


  1. Nous sommes seuls dans l'univers.

C'est totalement improbable par rapport ce qu'on vient de voir. Comme un joueur qui tirerait cent fois d'affilée un six avec un dé à six faces : les chances sont minimes, très minimes, voire carrément insignifiantes :1 chance sur 6100, autant dire un chiffre astronomiquement proche de 0, mais qui n'est pas absolument nul pour autant. On serait alors des miraculés de l'univers. Peut-être du fait d'un prodigieux hasard ou d'une intelligence divine qui voulait qu'on soit seuls dans un univers gigantesque.



  1. La vie intelligente est extrêmement rare.

Peut-être que la vie existe ailleurs dans l'univers : sous forme de cellules ou d'organismes extrêmement simples. Peut-être même y a-t-il eu une évolution de certaines espèces vers le monde animal ou le monde végétal. Mais l'intelligence qui serait nécessaire à développer une technologie ne s'est peut-être jamais produite ailleurs que sur Terre. L'espèce humaine serait alors en soi un miracle neuronal et un miracle de l'esprit.



  1. Aucune civilisation ne dure assez longtemps pour coloniser l'espace.

Dans cette hypothèse, il y a bien de l'intelligence évoluée ailleurs dans une autre galaxie, mais voilà, aucun espèce extra-terrestre ne survit assez longtemps pour mettre à bien une civilisation intergalactique. Plusieurs hypothèses peuvent être avancées pour expliquer cet effondrement de civilisation : 1°) l'auto-destruction : c'est une voie que les Terriens sont malheureusement en train d'explorer, que ce soit par le développement chaotique de l'armement nucléaire et d'armes de destructions massives ou la destruction de l'environnement et le réchauffement climatique, 2°) une cause extérieure comme une météorite s'abattant sur la planète. La Terre est relativement épargnée parce qu'elle jouit de la puissance d'attraction de Jupiter qui sert de berger pour un grand nombre d'astéroïdes ou de météorites, mais qu'en est-il dans un système solaire où une planète ne jouirait pas d'un tel protecteur ? Sans compter le danger des météorites, il faut prendre en compte aussi la menace d'une supernova trop proche qui peut avoir des effets totalement dévastateur.... L'univers est un lieu périlleux...



  1. Les extra-terrestres sont là, mais ils se cachent.

C'est la thèse des OVNI et autres visiteurs cosmiques qui n'auraient pas la politesse de se manifester à nous comme les règles de la courtoisie l'exigerait. Mais pourquoi alors de telles cachotteries ? On me parlera des pyramides qui ont été forcément conçues par des reptiliens ou des petits hommes verts. Mais une civilisation qui est capable de traverser les prodigieuses distances du vide spatial perdrait-elle son temps à empiler des blocs de granit en forme de pyramides ? Est-ce qu'ils n'ont pas un peu plus d'ambition ? Pourquoi n'ont-ils pas construit des tours prodigieuses de plusieurs kilomètres de haut, dans des matériaux inconnus sur Terre ? Ou des cités qui flottent dans les airs ? Cela aurait un peu plus de gueule ! De toutes les explications données, c'est celle qui vient le plus facilement à l'esprit, mais c'est celle qui me satisfait le moins et me semble la moins pertinente, n'en déplaise à mes amis, les reptiliens !



  1. Les extra-terrestres sont venus il y a longtemps, très longtemps.

Les extra-terrestres sont peut-être passés sur la Terre, mais il y a des milliers, voire des millions d'années. Et comme il ne passait rien d'intéressant, les aliens de l'époque n'étaient pas très branchés tyrannosaure rex, ils sont repartis vers d'autres aventures et des planètes qui leur semblaient plus intéressantes. Notez bien que certains suggèrent que la vie sur Terre auraient importés d'une autre planète, soit tout à fait consciemment du fait d'extra-terrestres férus d'expérimentation biologique, soit involontairement : on pense à des bactéries qui auraient résisté à un voyage nichés dans une comète (on sait que certains organismes terrestres comme les bactéries ou les tardigrades résistent au vide spatial).



  1. Nous sommes dans un zoo galactique.

Dans cette hypothèse, les extra-terrestres sont là, ils nous regardent, ils nous observent, peut-être nous étudient-ils du haut de leur soucoupe volante comme une étrangeté cosmique, mais ils ne veulent pas déranger notre évolution d'êtres inférieurs et limités. Un petit peu comme un biologiste qui observe une fourmilière sans la déranger, les extra-terrestres seraient là-haut, mais ils nous laisseraient évoluer à notre rythme sans intérférer.



  1. Les extra-terrestres n'ont pas de corps physique.

Ils sont peut-être tellement évolués qu'ils ont abandonné cette machinerie lourde et beaucoup trop faillibles qu'est le corps biologique. Ils sont un pur esprit qu'il ne nous est pas possible d'apercevoir et de constater. Peut-être devrons-nous évoluer à notre tour au point de nous affranchir de notre corps physique pour avoir la chance de nous rencontrer (ou pratiquer intensivement la méditation pour ressentir leur présence).



  1. On est paumé au milieu de nulle part.

On est peut-être aussi dans un coin tellement reculé de la Voie Lactée qu'aucun aventurier intergalactique, aucun pionnier n'a encore eu l'idée de se rendre dans notre système solaire sans charme...



  1. Ces civilisations extra-terrestres sont trop lointaines.

Dans cette hypothèse, il y a de la vie intelligente ailleurs, mais très très loin des millions, voire des milliards d'années-lumière. Même à la vitesse de la lumière, un message venant de ces civilisations prendraient des milliards d'années à nous atteindre. Ce message n'est pas encore arrivé aux destinataires que nous-sommes.


Quant à une rencontre cosmique avec ces civilisations, cela prendra encore plus de temps. Nous avons beaucoup de peine à imaginer les distances prodigieuses dans l'espace : l'étoile la plus proche de nous est Proxima du Centaure qui se trouve à 4,23 années-lumière, soit approximativement 40 000 milliards de kilomètres, 270 000 fois la distance entre la Terre et notre Soleil. En embarquant dans une navette spatiale se déplaçant à la même vitesse que la sonde New Horizons (qui a approché Pluton en 2015), soit 60.000 kilomètres par heure, il faudrait pas moins de 78.000 ans pour rejoindre Proxima du Centaure. Certains physiciens évoquent l'idée d'utiliser l'assistance gravitationnelle du Soleil pour être propulsé comme avec une fronde à une vitesse de 240 000 km/h. Il faudrait alors accomplir un voyage de « seulement » 18 000 ans.


Et c'est pour l'étoile la plus proche ! Pour traverser toute la Voie Lactée à la vitesse de la lumière, il faut 120 000 ans. Et la Voie Lactée n'est qu'une galaxie parmi des milliards d'autres à des distances vertigineuses. On est encore très loin de cette vitesse de la lumière. Peut-être serons-nous toujours limités à des vitesses très inférieures comme celles que je viens d'évoquer. En effet, l'équation de l'énergie cinétique est une loi en mv2 (K=mv2/2), c'est-à-dire que si on va deux plus vite, il faut quatre fois d'énergie. Peut-être y a-t-il un plafond dans les vitesses qu'on peut espérer atteindre grâce à la technologie, et pas de contournement comme « l'hyper-espace » de Star Wars qui permet d'envisager des voyages au-delà de la vitesse de la lumière. Si c'est le cas, alors tous nos déplacements dans l'univers feraient de nous ou des extra-terrestres des escargots cosmiques qui ne sont pas près de faire des rencontres de si tôt.



  1. On est trop primitif pour entendre les signaux extra-terrestres.

Dans la jungle en Amazonie, il y a encore des tribus d'Indiens qui n'ont jamais rencontré le monde moderne. Ils sont entourés d'objets technologiques : des avions dans le ciel, des satellites parmi les étoiles, des ondes radios ; mais comme ils n'ont aucune technologie pour percevoir cette technologie, ils n'ont aucune idée de notre présence. Peut-être sommes-nous entourés d'extra-terrestres ; mais leur technologie est peut-être au-delà de tout ce qu'on peut imaginer, ce qui fait qu'on se croit seuls alors que tout autour de nous s'activent des vaisseaux dont on n'a pas idée....



  1. Ils ne sont pas intéressés par les voyages intergalactiques.

Ils sont peut-être très bien chez eux. Il fait bon vivre sur leur planète. L'idée d'aller ailleurs leur est complètement étrangère. Home sweet home.



  1. Des prédateurs de l'espace bouffent toute forme de vie sur leur passage.

Dans les films, soit les extra-terrestres sont gentils comme E.T., Alf, Rencontre du Troisième Type, Space Quest, soit ils sont méchants... On pense à Alien, Predator, Mars Attacks, La Guerre des Mondes, la série V ou les romans de Lovecraft. Dans ce cas, le paradoxe de Fermi est une aubaine. Autant ne jamais les rencontrer ! Si on n'entend rien, c'est parce que les prédateurs de l'espace ont annihilé les autres civilisations. Et les silence des espaces infinis n'est jamais rien d'autre qu'un silence de mort. En espérant qu'ils ne font pas présentement route vers notre planète bleue....



  1. L'univers entier n'est qu'une simulation.

Le monde ne serait rien d'autre qu'une simulation créé par un super-ordinateur cosmique. Or nous sommes dans un scénario où nous sommes les seules créatures vivantes dans l'univers. Qu'allons-nous faire dans un monde froid et privé de vie ? Peut-être que le super-ordinateur a conçu toute une série d'autre scénarios avec des conditions différentes pour chaque scénario d'univers.


Dans cette hypothèse de la simulation informatique, deux possibilités : soit nous sommes nous-mêmes des créatures vivantes endormies et enfermées dans la simulation, comme dans le film Matrix, soit nous sommes nous-mêmes aussi des créations de la simulation et nous sommes donc des intelligences artificielles programmées pour essayer de résoudre le paradoxe de Fermi.



Répercussions philosophiques du paradoxe de Fermi


Ce paradoxe de Fermi est comme un fil tendu vers toutes sortes de questions philosophiques et métaphysiques. Qu'est-ce que la vie ? Est-ce que la vie extra-terre ressemble à la vie terrestre ? Si on voyait un extra-terrestre, est-ce qu'on le reconnaîtrait comme un être vivant ? Qu'est-ce qui fait de nous des êtres vivants ? Et pourquoi la vie est-elle survenue dans l'univers ? Est-ce que cette vie a engendré la conscience qui prend conscience de la vie et de l'univers ? Ou est-ce la conscience qui a engendré la vie ? Pourquoi sommes-nous là sur la Terre ? Pourquoi sommes-nous fascinés par les étoiles ? Pourquoi avons-nous eu envie de lever la tête vers les étoiles et de s'interroger sur l'univers ? Quel rapport devons-nous avoir avec l'autre (l'alien en latin et en langue anglaise) ? Peut-on appréhender l'infini de l'univers ? Quel est notre place dans ce monde ?... Le paradoxe de Fermi pose aussi des questions concernant notre rapport existentiel à la vérité : si on suppose que les extra-terrestres sont cachés parmi nous ou qu'ils visitent notre planète avec des soucoupes volantes, quel est la pertinence des « preuves » avancées par les ufologues ?







PS : Notez bien que, si on veut être précis, ce paradoxe de Fermi n'est pas un paradoxe au sens strict : aucun principe logique n'est contredit dans les constatations d'Enrico Fermi ; c'est donc plus un problème épineux qu'un paradoxe. Les probabilités nous disent qu'on devrait constater de la vie intelligente autour de nous, et il n'en est rien. Si je tire cent fois d'affilée six au dé, c'est extrêmement improbable comme situation, mais ce n'est pas paradoxal. Néanmoins, on sent bien qu'il DEVRAIT y avoir de la vie intelligente ailleurs, et il nous semble logique qu'il y a ait de la vie ailleurs dans l'univers, comme on pressent la vie dans un désert, même si on ne la voit pas d'emblée. Ce principe « il devrait y avoir de la vie » rentre en contradiction manifeste avec l'absence de cette vie sur nos radars, faisant paradoxe...


















Mickael Goh













Voir également : 


- Sur la pointe d'une herbe





















Enrico Fermi












Voir toutes les citations du "Reflet de la Lune" ici.



N'hésitez pas à suivre le Reflet de la Lune sur FacebookTwitterTumblr ou Google+



Si l'envie vous en prend, expliquez quelle hypothèse vous semble la plus probable pour expliquer le "paradoxe" de Fermi, que cette hypothèse soit dans la liste que j'ai donnée plus haut ou que ce soit une hypothèse de votre cru.