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samedi 21 mai 2016

Tante Béa





  Dans la cause animale, on compte deux courants philosophiques majeurs : le courant utilitariste et le courant du droit des animaux. La figure principale de l'utilitarisme est Peter Singer à qui on doit la Libération Animale rédigé en 1975. L'utilitarisme prône qu'il faut prendre compte l'intérêt du maximum d'individus capables de ressentir du bien-être et de la douleur pour établir ce qui est juste ou injuste. Or les animaux ressentant plaisir et douleur rentre dans cette catégorie. Manger ces animaux procure un plaisir dérisoire par rapport à la douleur considérable occasionnée aux animaux, alors que les humains peuvent très bien vivre en s'abstenant de manger des animaux. Quand on met dans la balance de la justice ces deux « utilités », l'utilité de manger de la viande ou des produits animaux et l'utilité de vivre sa vie sans crainte et sans connaître la violence, on parvient à la conclusion qu'il est juste de s'abstenir de manger de la viande et des produits animaux et il est donc juste d'adopter un régime végane.

   Les tenants de l'approche du droit des animaux comme Tom Regan (ou Gary Francione pour une version plus radicale et plus vindicative) estime qu'il ne suffit pas d'évaluer les différentes utilités humaines ou animales et de faire un « calcul des intérêts » pour reprendre l'expression de Jeremy Bentham, fondateur du courant utilitariste au XVIIIème siècle. Il faut fonder son action en faveur des animaux sur des principes moraux solides, et notamment un respect fondamental pour la vie des animaux. Tout comme la déclaration Universelle des Droits de l'Homme accorde des droits inaliénable aux êtres humains comme le droit de vivre, le droit de s'éduquer, de s'exprimer et de bénéficier de conditions justes d'existence (peu importe que cela soit utile ou non au plus grand nombre de l'humanité). Tom Regan voit ainsi dans l'animal le « sujet d'une vie », ce qui lui donne des droits au même titre que les humains. Les droits ne sont pas absolument identiques : il n'y a aucune raison d'accorder le droit de vote aux animaux, car ils ne peuvent avoir aucune idée de ce que cela signifie. Néanmoins, il est juste et raisonnable d'accorder aux animaux le droit de vivre, de ne pas être exploité et de ne pas voir son intégrité physique menacée.


    Les tenants du droits des animaux reprochent aux utilitaristes trop de souplesse dans al défense des animaux. Utilitaristes et tenants du droit des animaux défendent en général le véganisme. Mais dans d'autres problématiques, la perspective peut changer de manière significative. Par rapport à la vivisection et aux expérimentations animales, Peter Singer a surtout dénoncé dans son livre les expériences inutiles et futiles que certains psychologues et autres scientifiques ont fait subir aux animaux. Par exemple, des chimpanzés qu'on élevait dans des pièces vides sans aucune présence affective et qu'on rendait fou en leur donnant des doudous d'où sortaient des piques. Ou encore des expériences sur la capacité pour des singes ou des chiens à rester éveillés après une attaque nucléaire, tout cela pour avoir une idée de combien de temps un pilote de chasse pourrait tenir éveillé après une l'explosion d'une bombe atomique. Les utilitaristes font aussi savoir les doutes que les scientifiques ont sur l'expérimentation animale. La thalidomide est un exemple célèbre. Les tests sur les animaux n'ont décelé aucun danger par rapport à ce médicament. Mais il s'est avéré qu'il provoquait des déformations du fœtus pour les femmes enceintes. Mais sur le fond, les utilitaristes admettent que s'il avère utile de sacrifier un certain nombre d'animaux pour sauver des milliers, voire des millions d'êtres humains, alors l'expérimentation animale peut être moralement justifiée. Les utilitaristes ont néanmoins un doute assez fourni sur cette utilité, puisque ces expérimentations sont loin d'être sûres à 100% et qu'il existe des méthodes alternatives.

    Un tenant du droit des animaux sera par principe opposé à la vivisection et l'expérimentation animale, même s'il était démontré par A+B de son utilité et de sa fiabilité totale. L'animal est le sujet d'une vie et on n'a pas à le maltraiter ou à mettre sa vie en péril pour faire progresser la science et l'industrie pharmaceutique, tout comme il serait indécent de faire des expérimentations sur des êtres humains contre leur gré. Tom Regan prend ainsi l'exemple de sa tante Béa pour faire comprendre en quoi la conception utilitariste lui semble inacceptable :

      « Ma tante Béa est vieille et inactive. C’est une personne grincheuse et aigrie, mais pas physiquement malade. Elle veut vivre. Elle est également plutôt riche. Si je pouvais me saisir de son argent, je pourrais faire fortune : or, elle compte me léguer cet argent après sa mort, mais refuse de le faire maintenant. Afin d’éviter une énorme ponction fiscale, je compte donner une grosse somme de mes profits à l’hôpital pour enfants local. Beaucoup d’enfants bénéficieront de ma générosité, ce qui réjouira leurs parents et leurs amis. Si je n’obtiens pas l’argent très vite, toutes ces ambitions seront réduites à néant. L’occasion unique de faire un énorme profit sera passée. Dans ce cas, pourquoi ne pas tuer ma tante Béa ? Oh, bien sûr, je pourrais me faire attraper. Mais je ne suis pas idiot, et en outre, je peux compter sur son médecin pour coopérer (il s’intéresse au même investissement, et je connais pas mal de choses sur son passé trouble). L’acte peut être exécuté… professionnellement, dirons-nous. Il n’y a que très peu de chances de se faire attraper. Quant au poids sur ma conscience, je suis une personne pleine de ressources et me satisferais amplement – allongé sur une plage à Acapulco – de penser à toutes ces personnes à qui j’aurais apporté joie et bien-être.

    Supposez que tante Béa soit assassinée et que le reste de l’histoire se déroule comme prévu. Aurais-je fait quelque chose de mal ? D’immoral ? D’aucuns diraient que oui. Mais pas selon l’utilitarisme. Comme ce que j’ai fait a apporté le meilleur résultat possible en fonction du total de satisfaction et de frustration de tous ceux qui étaient impliqués, mon acte n’est pas mauvais. En fait, en tuant tante Béa, le médecin et moi-même n’avons fait que notre devoir.

    Le même type d’arguments peut être réitéré dans toutes sortes de scénarios, ce qui montre à chaque fois que la position utilitariste mène à des résultats que, en toute impartialité, l’on ne peut juger que condamnables moralement. Il est mal de tuer ma tante Béa au nom de la maximisation de la satisfaction d’autres personnes. Une bonne fin ne justifie pas de mauvais moyens. Toute théorie morale idoine doit expliquer pourquoi il en va ainsi. L’utilitarisme échoue à cet égard et ne peut donc être la théorie que nous adoptons ».












*****


      L'argument est intéressant, mais il échoue à me convaincre. Tout d'abord, le calcul des intérêts pratiqué ici est beaucoup trop sommaire. On ne peut mettre la vie de la tante Béa dans la balance avec mes intérêts et ceux des enfants qui vont bénéficier de l'hôpital. Tante Béa a peut-être des amis et des connaissances avec lesquelles elle va prendre le thé ou jouer au bridge, des amis pour qui tante Béa compte et leur est chère, même si, à nos yeux, ce n'est rien d'autre qu'une vieille bique acariâtre ! Le calcul des intérêts ne peut pas être quelque chose qu'on accomplit à la légère sous peine de justifier systématiquement des comportements douteux défendus au moyen d'arguments sophistiques.

      C'est pourquoi il n'est pas inutile dans une perspective utilitariste d'avoir des valeurs qui dirigent notre comportement dans la pratique. Pour les besoins de la cause, ces valeurs peuvent avoir une apparence transcendante, comme si elles tombaient tout droit du ciel : ne pas tuer, ne pas voler, ne pas violer, etc... Cela permet d'avoir des repères dans les actes de la vie quotidienne, sans qu'on soit en permanence de faire des calculs d'intérêts avec des éléments d'appréciation partiels et limités. Et puis quand on a l'occasion de réfléchir plus amplement, on peut reprendre l'approche complètement utilitariste. Est-il justifié de tuer un terroriste en passe d'accomplir un attentat dans l'une ou l'autre capitale ? Tuer est un mal, mais notre terroriste s'apprête à tuer beaucoup plus de gens. Il est même peut-être prêt à sacrifier sa propre vie. Un utilitariste donnera son consentement au fait d'abattre ce terroriste, là où un philosophe motivé par une approche déontologique refusera de briser le caractère sacré d'une vie. Autre exemple : Robin des Bois était un voleur, mais il volait pour prendre aux riches et rendre ces richesses aux pauvres qui manquaient de tout. Un utilitariste serait prompt à se montrer indulgent envers lui, tandis que le penseur déontologique qui voit dans la propriété un caractère sacré et transcendant sera intraitable et, pour le coup, dans le camp des oppresseurs. L'utilitariste envisage les conséquences de son acte, et pas seulement l'acte lui-même.

      Mais dans le cas de tante Béa, une société qui légitimerait le meurtre pour des personnes innocentes risquerait de s'effondrer très vite dans le chaos et la guerre civile. Notre appréciation personnelle sur la tante Béa et notre volonté d'aider des enfants dans le besoin ne peuvent être un critère suffisant pour justifier de la tuer. Il y a quelque chose de malsain de baser sa réflexion sur une seule personne. Si on essayait de savoir s'il est justifié de tuer toutes les tantes acariâtres de la Terre, cela jetterait une ombre pesante de peur et de mena ces sur toute l'humanité ; et cela irait à l'encontre de tout critère d'utilité et cela ne pourrait être justifié d'un point de vue utilitariste. Par ailleurs, si on projette de commettre le crime parfait à l'encontre de la tante Béa, qui nous dit que la tante Béa n'est pas en train de se dire que son héritage profiterait beaucoup à une association de protection des animaux plutôt qu'à son fainéant de neveu et qu'il conviendrait d'éliminer celui-ci dans les plus brefs délais, en tous cas avant qu'elle ne vienne elle-même à décéder. Et d'engager un tueur à gages pour accomplir la sale besogne en toute discrétion....



  Plus sérieusement, Tom Regan, avec son exemple de tante Béa, met en exergue la possibilité qu'ont les utilitaristes de justifier certains actes immoraux comme le fait de tuer un terroriste ou de voler les riches pour Robin des Bois en vue d'un bien-être supérieur pour un plus grand nombre d'êtres conscients. Cela a le défaut aux yeux des tenants du droit des animaux de ne pas fermer complètement la porte de l'expérimentation animale, mais l'approche utilitariste est aussi plus souple et plus à même de convaincre des scientifiques de préférer des méthodes alternatives à ce genre de pratiques.













Autre article lié à Tom Regan :
- Une passion disciplinée 

Voir tous les articles et les essais du "Reflet de la lune" autour de la libération animale ici.

Voir tous les articles et les essais du "Reflet de la lune" autour du végétarisme et du véganisme ici

Voir toutes les citations du "Reflet de la Lune" ici.




Tom Regan 








6 commentaires:

  1. L'argumentation utilitariste ne me semble pas valable non plus mais peut-être pas pour les mêmes raisons.

    Je ne vois pas pourquoi on ne pourrait pas attendre la mort naturelle de la tante béa pour utiliser son argent.

    De même ce n'est pas le fait de manger de la viande que je trouve critiquable c'est uniquement les conditions de vie inhumaine des animaux dans les abattoirs.

    De même si tante béa était malade et souffrante et si elle en avait vraiment marre de vivre je ne vois pas pourquoi il faudrait s'acharner à la maintenir en vie avec tous les médicaments possibles et imaginables.

    Je ne vois pas pourquoi non plus notre compassion devrait s'arrêter à la vie animale et pas à la vie végétale (et même minérale)

    J'ai récemment rencontré une femme qui m'a dit qu'elle n'aimait pas la chasse mais que si on ne maintenait pas un équilibre (grâce à la chasse) les animaux détruiraient la forêt car l'espace dans le domaine dont elle parlait est limité.

    Je n'aime pas non plus la chasse mais son argumentation m'a laissé sans voix.

    Je suis plutôt végétarien mais comme en toutes choses il y a un équilibre à trouver en tenant compte de la souffrance de tout ce qui vit.




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  2. 1°) Concernant la chasse, on entend effectivement cet argument du rôle régulateur de la chasse. Cela fait sens dans la théorie darwinienne de l'évolution. Il y a néanmoins un problème avec ce soi-disant beau rôle des chasseurs dans nos contrées : c'est le nourrissage, pratique courante des chasseurs. Il faut savoir que les chasseurs nourrissent les animaux sauvages comme les sangliers pour que ceux-ci soient plus nombreux à survivre à l'hiver et donc avoir plus de gibier à chasser. Évidemment s'ils sont plus nombreux, ils occasionnent plus de dégâts et donc il est plus justifié de les chasser... Tout bénéf' pour les chasseurs qui se donnent ainsi le beau rôle de régulateur de la Nature.

    En outre, si les chevreuils et les grands animaux n'ont plus de prédateurs naturels, c'est parce que nous avons tué ces prédateurs : les loups notamment... Les chasseurs sont là pour pallier à une situation artificiellement créée par l'homme. (Notons aussi que les maladies jouent aussi un rôle de régulateur). Comme c'est une situation artificielle, je ne vois pas pourquoi il serait inconvenant d'avoir des solutions non-violentes à ces problèmes : je pense aux moyens de contraceptions et à la stérilisation pour les animaux en surnombre.

    2°) Les conditions de vie des animaux ne sont pas uniquement inhumaines dans les abattoirs ; elles le sont aussi malheureusement dans les élevages, et notamment les élevages industriels, mais aussi partout là où on exploite les animaux : cirque, corrida, laboratoire d'expérimentation animale, animaleries.... Isaac Bashevis Singer disait que « pour les animaux, la vie est un éternel Treblinka ».... Et il est vrai que la vie pour des milliards d'animaux est un enfer à cause des êtres humains.

    3°) Les plantes et les pierres ne ressentent pas la douleur : elles n'ont pas de système nerveux qui leur permettrait de ressentir les choses comme nous les ressentons. Si on piétine des fleurs, c'est plus un problème pour les humains et les animaux qui se voient privés d'une partie de la beauté du monde que pour la fleur elle-même. Dans la méditation sur la compassion, je pense qu'il faut mettre dans la compassion dans les plantes ou les pierres comme il faut répandre la compassion en toutes choses, en tout point de l'univers. Mais ce n'est pas parce que les plantes et les pierres ont besoin de notre compassion. C'est parce que les êtres doués de conscience qui voient et qui verront ces plantes et ces pierres ont besoin d'être réconfortés et qu'on leur apporte de la sollicitude et de la bienveillance. Que tous les lieux qu'ils fréquentent soient comme un havre de paix, que cette compassion contenue dans les plantes et les pierres puissent rejaillir sur eux. Pierre et plante ont plus besoin de respect que de compassion, car cela contribue à la beauté du monde et à son harmonie pour ceux qui sont en mesure de prendre conscience de cette beauté et cette harmonie.

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  3. Ouch... Parler de contraception pour les animaux à des chasseurs... je sens que je vais être bien reçu.

    Je me suis mal exprimé, je pensais bien sûr aux élevages et pas seulement aux abattoirs. Je suis donc d'accord avec toi.

    Sur la dernière partie, en revanche. J'ai des doutes. Ok pour le monde minéral mais pour le monde végétal, il me semble que rien ne prouve qu'un arbre quand il est malade ou agressé ne souffre pas. A vrai dire tout prouve le contraire: morphologie et physiologie. Je ne dis pas que les plantes ont conscience de souffrir. La souffrance des plantes n'a peut-être rien à voir avec la souffrance humaine. Il y a de nombreux textes dans ma tradition qui incluent les êtres inanimés dans les êtres que le Bodhisattva doit aider.
    Il me semble que le bouddha ne dit pas qu'il faut seulement respecter le monde végétal mais qu'il faut aussi le protéger et en prendre soin avec compassion.

    Hans Wolfgang Schumann dans l'excellente biographie qu'il lui consacre : "Le Bouddha, dit-il, avait de la compassion en abondance et la dirigeait vers toutes les sphères du monde vivant. (...) Il abhorrait le sacrifice des animaux et avait même de la compassion pour les plantes lorsqu'il rejetait la destruction et le dommage causés au graines et aux plantes"

    La nature est généreuse et nous devrions manifester notre gratitude pour elle en en prenant soin. Je ne pense pas qu'il faut s'interdire ni de manger des animaux ni des végétaux mais changer notre manière de les considérer et arrêter de les maltraiter.

    Si le seul moyen d'agir contre la maltraitance des animaux est d'être végétarien alors soyons végétarien.

    J'aboutis à la même conclusion mais mon argumentation est différente.
    Je ne pense pas que l'homme soit supérieur ni à l'animal ni à la plante. Certains animaux se nourrissent d'autres animaux et lorsque les animaux meurent il nourrissent des micro-organismes qui nourrissent les plantes qui à leurs tour sont mangées par les animaux (dont font partie les hommes). Dans ces cycles les considérations sur la souffrance entre peu en ligne de compte.
    La souffrance est une donnée fondamentale de la vie. Tout ce qui nait, tombe malade et meurt, souffre (donc pas seulement les hommes et les animaux mais aussi les plantes).
    Dès que nous méditons, nous prenons conscience de cette souffrance et en même temps nous nous apercevons que nous pouvons y remédier. Seuls les êtres humains peuvent prendre conscience de l'universalité de la souffrance et de la nécessité d'y remédier. On y remédie d'abord en y étant attentif et en ne fermant pas les yeux sur les conditions dans lesquelles sont produit ce que nous mangeons... pas seulement les élevages mais aussi l'agriculture.

    Nous avons d'abord commencé par réduire la quantité de viande que nous mangeons tout en nous préoccupant des conditions d'élevage de ces animaux.
    Pour mes enfants, à l'age où il sont et pour ma femme qui a des soucis de santé, le fait d'être végétarien, ce n'est pas possible pour l'instant...
    Il faut aussi trouver des alternatives alimentaires à l'alimentation carné et c'est loin d'être facile dans notre petit monde. Je reconnais néanmoins que c'est un impératif (comme l'explique très bien Mathieu Ricard dans son plaidoyer pour les animaux)


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  4. Si on est vraiment préoccupé par la souffrance, en tous cas là sensitivité, des vegetaux, la seule solution, à moins de vivre sans manger ou de ne manger que les fruits tombés de l'arbre, c'est de manger végé dans la mesure où l'on consomme ainsi de 7 à 10 fois moins de végétaux en les mangeant directement plutôt qu'en les mangeant indirectement par l'intermédiaire de ceux qui les ont mangé pour être engraissés.

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    1. oui c'est l'un des arguments clefs utilisé par Mathieu Ricard. C'est même plus que la question de la souffrance (animale), c'est la question de la famine dans le monde (chez les humains). Moins de viande (pour les riches) c'est plus de légumes pour tout le monde et donc moins de famine.

      Avant de découvrir le bouddhisme, il y a quelques années, j'avais tendance à limiter la question de l’éthique uniquement à l'humain.
      Dans une logique chrétienne la souffrance animale peut sembler inévitable et très secondaire par rapport à la souffrance humaine.

      Dans la mesure où je ne m’adresse pas qu'à des bouddhistes, ce dernier argument me semble très important.

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    2. Il existe un bel ouvrage intitulé Théologie animale écrit par un prêtre chrétien anglican, traduit et édité chez One Voice : http://one-voice.fr/fr/presse/parution-aux-editions-one-voice-du-livre-d-andrew-linzey-theologie-animale?lang=fr

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