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vendredi 13 juillet 2018

Bon végane, méchant végane




Bon végane, méchant végane




     Un reproche que les détracteurs de la cause végane adressent souvent aux véganes, c'est d'être des extrémistes qui tiennent absolument à imposer leur régime alimentaire alors que, eux, les mangeurs de viande laissent libres les véganes de manger comme ils en ont envie (ils ne manqueraient plus que ça, qu'ils nous imposent de manger leur viande!). Puis, très souvent, ils font une différence entre les véganes : ceux qui les laissent tranquilles et ceux qui viennent les importuner avec leur prosélytisme, leurs manifestations spectaculaires, leurs photos et leurs vidéos d'abattoirs et d'élevages industriels.


     Il y a certes des véganes qui sont plus ou moins communicatifs dans leur envie de convertir les gens au véganisme ; il y a des véganes qui sont plus ou moins envahissants avec des slogans, des vidéos et des photos en faveur de la libération animale qu'ils postent sur leurs réseaux sociaux ; il y a des véganes qui sont agressifs dans les débats, d'autres plus tolérants ; il y a des véganes particulièrement intransigeants, d'autres plus accommodants. Mais par contre, je suis contre le fait de classer les véganes selon leur propension au prosélytisme et le fait de laisser tranquille les mangeurs de viande.


         Pour moi, il y a dans le véganisme une aspiration à ce que tout le monde devienne végane. C'est inhérent à l'idéologie qui sous-tend ce style d'alimentation et de consommation. Cela n'a aucun sens que vous restiez tout seul au monde à être végane. En soi, c'est très bien d'être un végane. Mais si vous êtes tout seul au monde à avoir une alimentation et une consommation libérées de toute de cruauté envers les animaux, vous ne faites pas avancer d'un iota la cause concrète des animaux. Le véganisme n'a de sens que si une large partie de la population adopte le véganisme et, à défaut de cet idéal, réduit drastiquement sa consommation de produits animaux. C'est pourquoi le véganisme porte en lui le prosélytisme et l'envie de convaincre du bien-fondé du véganisme.


       Les mangeurs de viande voudraient pourtant qu'on les laisse tranquilles : « Vous mangez ce que vous voulez tant que vous ne m'obligez pas à adopter votre régime alimentaire et que vous me laissez libre de manger mon bout de viande ». C'est un peu le contrat que les défenseurs de la viande voudraient faire signer aux véganes. Mais ce n'est pas possible. Cela reviendrait à admettre que les régimes carnés et comportant des produits animaux équivaudrait à un régime végétal. Ce n'est pas une question de choix ou une question de goût, mais c'est une question éthique qui se joue là. Ce n'est pas comme si on faisait l'apologie d'un régime uniquement à base de pizzas. Il n'y a pas plus de raison éthique de privilégier les pizzas aux frites ou aux épinards. Donc en face d'un activiste qui voudrait un régime à base de pizzas, les mangeurs de frites et d'épinard pourraient légitimement se sentir importunés par ce prosélytisme envahissant : « Mangez vos pizzas, mais laissez-moi manger mes frites ou mes épinards! Que chacun fasse comme il a envie ! »


        Mais face à un végane, il faut répondre à la question : « Est-il légitime de manger de la viande et des produits animaux ? Est-il moral pour les êtres humains d'exploiter les animaux ? » Les véganes répondant non à ces deux questions, il est moral et légitime de convaincre le reste de la société et d'essayer de changer cette société, de lui apporter un progrès moral. On ne peut pas dire : « Non, il n'est pas légitime de se nourrir du cadavre des animaux, il n'est moral d'exploiter honteusement les animaux » et ne rien faire pour changer cette injustice. Si vous voyez quelqu'un se faire assassiner dans la rue et que vous désapprouvez moralement ce meurtre du fond de votre cœur, il semblerait étrange de ne rien faire pour essayer de sauver la victime et ne pas avertir les forces de l'ordre. Ce serait un cas de non-assistance à une personne en danger. Face à toutes ces victimes innocentes que sont les animaux confrontés à la cruauté humaine, un végane se doit de faire l'apologie du véganisme, même si cela ne plaît pas à ceux qui sont culpabilisés et remis en question dans leur habitude alimentaire.




Frédéric Leblanc
12 juillet 2018

































Voir également : 


Vers un monde végane - lentement mais sûrement


Antispécisme et humanisme 


- Pourquoi les véganes sont dans le vrai (1ère partie et 2ème partie)


Le carnisme intériorisé


La notion de zoocide chez Matthieu Ricard


La vertu du véganisme


Souffrance et exploitation




Les mauvaises justifications de l'exploitation des animaux et de la production de la viande ainsi que les arguments pour les contredire  :


1ère justification : "les humains sont plus intelligents que les animaux".


2ème justification : "les animaux ne ressentent pas la douleur".


- 3ème justification : "la conscience des plantes".


4ème justification : "la priorité aux humains".


- 5ème justification : "Hitler était végétarien" (sic).
























Voir tous les articles et les essais du "Reflet de la lune" autour de la libération animale ici.


Voir tous les articles et les essais du "Reflet de la lune" autour du végétarisme et du véganisme ici


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Je suis quelqu'un.... pas quelque chose





3 commentaires:

  1. Récemment j'étais invité à un mariage et le marié qui savait que j'étais végétarien m'a dit en parlant de la viande "mais vas'y tu verras c'est bon"
    Là je me suis qu'il y avait un gros boulot à faire pour expliquer que ce n'est pas une question de goût.
    Rigolo aussi ma belle sœur (agrégé d'anglais, quand même) qui me dit comme t'es végétarien je t'ai fait du poisson, parce que vous les végétariens vous ne mangez pas de viande, hein!. Oh la panique quand j'ai dit que ça incluait le poisson... oh attend je vais te cuire une omelette vite fait... comme si on ne pouvait pas faire un seul repas sans protéines.

    Alors oui, un peu de prosélytisme ne leur ferait pas de mal.

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  2. Je repensais à ton article en écoutant cette émission:
    https://www.franceculture.fr/emissions/la-suite-dans-les-idees/les-temps-de-la-fin-avant-la-fin-des-temps
    l'auteur, Pierre-Henri Castel, pose la question de la violence légitime. Avec la catastrophe qui vient on pourra très difficilement se contenter de faire le bien sans sortir les dents pour s'opposer au pire.

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  3. Merci Sb,

    J'écouterai cela avec intérêt.

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