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dimanche 2 septembre 2018

Un nomade de la raison - 2ème partie




Un nomade de la raison 
sur les chemins d’Élis à Taxila

2ème partie






Le voyage de Pyrrhon


    Au tout début de la préface de sa « Critique de la Raison pure », Emmanuel Kant oppose les dogmatiques qui s’affrontent entre eux pour la conquête du pouvoir de la raison sur ce champ de bataille qu’est la métaphysique, aux sceptiques, « une espèce de nomades, qui ont en horreur tout établissement stable sur le sol, rompant de temps en temps le lien social1 ». 



   « Nomades », le mot est lancé, et il faut bien dire que l’histoire de la philosophie sceptique en Occident commence par une expérience du nomadisme, une oscillation entre deux mondes, à savoir la pérégrination de Pyrrhon jusqu’en Inde et la mutation qui s’exerça en lui, ce voyage intérieur qu’il accomplit vers la fin des certitudes. On peut d’ailleurs se demander si c’est le scepticisme qui conduit à l’errance loin de tout port d’attache, qui prédispose à cette transhumance, ou si c’est le voyage qui induit un sentiment de doute quant aux principes les mieux établis de notre éducation. Comme le dit Victor Brochard : « Ceux d’entre eux surtout qui avaient, comme Pyrrhon, accompagné Alexandre n’avaient pu passer à travers tant de peuples divers sans s’étonner de la diversité des mœurs, des religions, des institutions. On l’a souvent remarqué, il n’y a rien de tel que le contact des peuples étrangers pour inspirer aux âmes les mieux trempées des doutes sur leurs croyances, même les plus invétérées. (…) Les voyages sont une école de scepticisme2 ». 


      On peut se poser la question, d’autant plus que rien ne semblait prédisposer au départ le jeune Pyrrhon à l’attitude radicale d’annihilation de toute forme de jugement qui caractérisera par la suite sa vie philosophique. Il semble que c’est son voyage qui ait rompu en lui les amarres des vérités dogmatiques et des certitudes proclamées. Ou du moins peut-on dire que c’est son voyage qui a été le théâtre de sa transformation intérieure au point de disloquer en sa conscience le sens de l’intention première de son périple, à savoir : conquérir le monde au côté d’Alexandre dans une sorte de chevauchée fantastique, où rien ne semblait pouvoir résister au jeune roi fougueux et téméraire entouré de ses Compagnons, aucune muraille, aucune armée, aucune mer, aucun désert, aucune montagne, et pas même le gigantesque empire perse de Darius qui devait se disloquer après la défaite de Gaugamèles3.



    Pyrrhon, comme tant d’autres jeunes soldats grecs ou macédoniens avec lui, devait être alors tout obnubilé par ses rêves de gloire et de bravoure qu’autorisait sans retenue l’avancée fulgurante et impétueuse des troupes d’Alexandre à travers l’empire perse, qui volaient alors de victoires en victoires avec une assurance insolente. Et cette assurance, cet aplomb dans la conquête ne devait pas laisser beaucoup de place aux doutes, aux hésitations et tergiversations de l’âme, et pas non plus à l’indécision. Avancer, avancer, avancer toujours plus loin dans les terres de l’Asie pour arriver jusqu’au grand océan par-delà le Gange et rejoindre ainsi les sources du Nil jusqu’aux colonnes d’Hercule dans la Libye grecque, voilà l’aventure périlleuse toute auréolée de gloire dans laquelle s’étaient lancés Alexandre et ses Compagnons. On le voit, ses préoccupations n’avaient rien de très spirituel, et rien non plus de proprement philosophique (je veux dire ici « philosophique » au sens d’une recherche désintéressée de la sagesse ou d’une vie théorétique toute dévouée à la contemplation et à la cogitation). Pourtant, ce serait une erreur de ramener l’entourage d’Alexandre à de simples militaires rustres et braillards seulement intéressés par les conquêtes, les faits d’armes et les pillages de richesses des terres conquises. La dimension philosophique n’a jamais été absente dans la vie tumultueuse d’Alexandre. Il faut en souligner les contours pour comprendre l’influence que cela a pu exercer sur le jeune Pyrrhon, le préparant ainsi à être d’autant plus marqué par les « gymnosophistes » indiens :


      1°) On sait qu’Alexandre lui-même a été l’élève d’Aristote, élève pas toujours très docile, n’hésitant pas à contredire les positions dogmatiques notamment sur la question des rapports entre Grecs et barbares comme on va le voir, mais il porte certainement l’empreinte de la philosophie. « Son véritable viatique, nous dit Plutarque, était l’étude de la philosophie et le souvenir des leçons qui lui avaient été données sur l’intrépidité, le courage et aussi la modération et la grandeur d’âme4 ».



   2°) Alexandre vouait une fascination certaine pour Diogène le Chien. On connaît la célèbre sentence d’Alexandre à propos de Diogène : « Si je n’étais pas Alexandre, je voudrais être Diogène ». Si Alexandre n’avait pas l’amour de la sagesse au point de renoncer à son prestige et à son pouvoir ainsi que sa prodigieuse volonté de conquête, au moins considérait-il cette esthétique d’existence inspirée par la sagesse comme ce qu’il y avait de plus enviable et de plus beau directement après son exercice du pouvoir et sa vie d’empereur5.



 3°) Toute une série de philosophes accompagnaient Alexandre dans son périple: notamment Callisthène, un péripatéticien qui n’était autre que le neveu d’Aristote. On trouvait aussi Anaxarque d’Abdère dont Pyrrhon a été le disciple. Anaxarque se rattache à l’école démocritéenne puisqu’il a été le disciple de Diogène de Smyrne, lui-même disciple de Métrodore de Chios6, un étudiant de Démocrite d’Abdère. Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il n’a pas gagné les suffrages de Plutarque et d’Arrien qui, tous deux, le qualifient de vil sophiste et de courtisan parvenu. Néanmoins, ce personnage singulier que l’on surnommait le « Bienheureux », peut-être en référence à Démocrite, trouve les faveurs de Diogène Laërce. 


      Autre compagnon-philosophe d’Alexandre : Onésicrite, un cynique disciple de Diogène le Chien, qui jouissait d’une estime particulière auprès du fougueux empereur puisqu’il était le pilote de son navire lors du retour des Indes (périple de Néarque7). Alexandre devait avoir en lui une entière confiance à la fois dans ses capacités de marin, mais aussi et surtout dans sa fidélité. Ceci montre qu’Alexandre n’était pas dupe des conventions sociales qui valaient une mauvaise réputation aux cyniques pour leur comportement indécent et licencieux. Alexandre comprenait au contraire les soubassements moraux du cynisme, le rejet des apparences sociales pour revenir à un état de nature.



   4°) Il n’est pas interdit dans ce cadre de penser qu’Alexandre ait intimement vécu ses conquêtes comme une expérience philosophique exaltante qui repoussait la condition existentielle de l’homme dans un mouvement qui tenait à la fois de l’Hybris et du Logos. Hybris dans la mesure (ou plutôt dans la démesure) où Alexandre se voit animé d’un désir immodéré et obsessionnel d’aller toujours plus loin, de transgresser toutes les frontières, toutes les limites du monde connu, de faire vaciller l’ordre même du monde pour lui signifier sa royale emprise. Alexandre agit comme si même les montagnes et les océans devaient s’incliner sur son passage. Rien n’a semblé pouvoir l’arrêter, surtout pas sa conscience. Flavius Arrien, pourtant admiratif à son égard, lui reproche ainsi de manquer de sophrosuné (σωφροσύνη), cette sagesse intuitive faite de modération et de tempérance, et d’oublier dans son exaltation héroïque sa condition de simple mortel soumis aux lois du monde. Alexandre semblait être l’homme dont la carrure était de taille à s’affronter à la démesure, à la chevaucher pour accomplir de grandes œuvres, là où n’importe qui d’autre aurait été broyé par cette même démesure ; cette folie des grandeurs aurait conduit un autre chef d’armée à un désastre sans nom.


    Mais il n’y avait pas que la passion dévorante des conquêtes et de l’aventure qui animait Alexandre, on trouve chez lui une réelle disposition à l’universalité, une vision cosmopolite du monde qui est en même temps un autre regard sur l’homme. Alexandre s’écarte donc de la conception traditionnelle grecque ainsi que de la doctrine de son maître, Aristote. Ce dernier voyait en effet une supériorité de nature au peuple grec qui alliait des qualités innées de courage (thymos) et de raison. Aristote concevait dès lors que les grecs avaient un destin naturel à gouverner les autres peuplades : « C’est pourquoi elle (la race des Hellènes) mène une vie libre sous les meilleures auspices politiques et est capable de commander à tous les peuples, pour peu qu’elle arrive à une organisation politique unique8 ». 


      Alexandre réalisera bien ce dernier vœu, mais pour unifier aussi le genre humain sous sa férule. Ce qui n’alla pas sans faire grincer les dents de ses généraux… Alexandre respecta en effet les us et coutumes des peuples conquis, mais aussi leur culture et leur religion. Alexandre assurait à ces peuples qu’ils garderaient leur dignité et leur intégrité, et que, par ailleurs, ils auraient des responsabilités et des pouvoirs dans la gestion de son immense Empire. On voyait ainsi des Perses et des Iraniens porter le titre de satrape. Plutarque décrit ainsi le projet d’Alexandre : « Le dessein même de son expédition pose Alexandre en philosophe, dès lors qu’elle ne devait pas lui procurer les délices du luxe, mais assurer entre tous les hommes la concorde, la paix et la communauté des intérêts9 ». 


        Alexandre se démarque donc sensiblement de son maître Aristote quand ce dernier lui recommande de se comporter en despote envers les peuples asservis : « Aristote lui conseillait de conduire les Grecs en roi (hégeminikôs), et les Barbares en maîtres (despotès), de traiter les premiers comme des proches ou des amis, et les autres, comme des animaux ou des plantes10 ». 


      Alexandre, au contraire, prône une conception plus égalitaire et universaliste entre les peuples (même si pour autant, ce n’est pas du tout une conception égalitaire de la société) dans un idéal de fraternité et de concorde. « Il voulait soumettre la Terre entière à une même loi de raison, à une forme unique de gouvernement, faire de l’humanité toute entière un peuple unique : tel était l’idéal auquel il conformait son personnage11 ». Cette vision cosmopolite doit être rapprochée au cosmopolitisme des cyniques comme Diogène et Onésicrite.


        Avec Alexandre, le monde grec centré autour de la notion de « Cité », comme c’est le cas dans la République de Platon ou la Politique d’Aristote, c’est-à-dire une ville entourée des campagnes et des bourgs environnants, parfois dotée de quelques colonies, ce monde grec de la Cité disparaît en s’ouvrant à un empire constellé d’une myriade de petits royaumes gouvernés par des satrapes, mais sans même que les Hellènes y occupent la place centrale qui leur semblait naturellement promise. Toutes les valeurs des Grecs ainsi que la pensée politique qui s’est incarnée à Athènes dans Périclès, dans Platon ou dans Aristote se trouvent périmées et caduques du fait même de la disparition de son fondement, la Cité grecque. Alexandre est dès lors lui-même la césure, l’homme du basculement entre l’âge démocratique et l’âge hellénistique. Anaxarque et Pyrrhon ont dû être sensibles à ce revirement radical de situation et à la perte de repères déconcertante pour les Hellènes qui en a découlé.


      5°) Cet antagonisme philosophique va éclater au grand jour lors de deux événements douloureux : le meurtre de Clitus et la controverse de la prosternation (proskynesis). Arrien, qui nous narre ces deux histoires l’une à la suite de l’autre pour bien illustrer les dérives et la démesure qui saisissaient Alexandre de temps en temps, et de rappeler à cette occasion quelques principes moraux à la saveur toute stoïcienne : « rien de tout cela (les conquêtes et les victoires) n’est de quelque utilité pour le bonheur de l’homme, si l’homme qui accompli des hauts faits, à ce qu’il semble, ne possède pas, en même temps la maîtrise des passions12 ». 


       Clitus (ou Kleitos en grec), alors complètement saoul tout comme Alexandre d’ailleurs, en vient à se disputer avec lui sur une obscure affaire de sacrifices à faire soit à Dionysos, soit aux Dioscures. Le ton monte, les reproches deviennent plus personnels ; et Alexandre, dans un accès de rage, finit par lui planter une lance dans le ventre. Tout de suite après, Alexandre se repent de ce meurtre et se lamente trois jours durant, sans rien manger, sans rien boire, sans prendre soin aucunement à son bien-être, tout inconsolable qu’il est d’avoir tué l’ami de toujours, l’ami de son père, le fidèle parmi les fidèles, et se traite lui-même d’assassin.


     Or ce qui est frappant, c’est l’intervention d’Anaxarque, mandé à son chevet afin de le consoler. Son argument était le suivant : Alexandre n’était pas coupable puisqu’un roi, par son action même de roi, redéfinit et redessine les contours du bien et du mal. « Pourquoi les anciens philosophes avaient-ils placé la Justice assise aux côtés de Zeus ? C’était parce que tout ce qui était décidé par Zeus était accompli avec justice ; en conséquence, il était nécessaire que fussent considérées comme justes aussi toutes les actions d’un grand roi, d’abord par ce souverain lui-même, ensuite par les autres hommes13 ». 


     On croirait entendre un autre citoyen d’Abdère, le sophiste Protagoras… L’argument est redoutable parce que plus rien ne sert alors de fondement pour les actions bonnes ou mauvaises. La divinité ou la proximité d’avec le divin suffit à transformer la conception que l’on se fait de la morale. Mais réciproquement aussi, les actes, comme les actes posés lors d’une conquête ou d’une investiture royale remodèlent à leur façon le divin, en tous cas les frontières entre le divin et le profane. Les fondements du sacré se voient aussi menacés. La thèse d’Anaxarque fait tenir en dépendance réciproque les vertus de ce monde avec les qualités divines de l’au-delà, comme deux cartes qui se tiennent l’une contre l’autre, sans que l’on puisse retirer l’une sans faire tomber l’autre. L’argument a évidemment marqué les esprits, et certainement celui de Pyrrhon.



   6°) Venons-en maintenant à la controverse sur la prosternation qui oppose Anaxarque et Callisthènes, le neveu d’Aristote. Alexandre avait commencé par se voir nommé « fils d’Ammon-Zeus » par l’oracle en Lybie14, et puis au fil de sa progression en Asie, il se mit à exiger que l’on imitât les us et coutumes des régions conquises, à savoir la prosternation devant sa personne divine. Cela n’alla pas sans faire grincer les dents au sein des Compagnons d’Alexandre, tout imbus qu’ils étaient de l’idéal d’homme libre, si cher à la culture des Grecs et des Macédoniens.


       Pour Anaxarque, il était tout à fait légitime de considérer Alexandre comme un dieu de son vivant, parce « qu’il serait plus indiqué de l’honorer de son vivant plutôt que mort, quand les honneurs ne lui seraient plus d’aucune utilité15 ! » Anaxarque réduisait donc ouvertement la divinité à un rôle pratique et politique sans le moindre scrupule ! La prosternation pouvait servir le pouvoir, donc elle était de facto fondée !


       Callisthènes répond à cela en opérant des distinctions de niveau existentiel et en rétablissant la hiérarchie naturelle qui sied aux hommes et aux dieux. « Alexandre n’est indigne d’aucun des honneurs qui conviennent à l’homme. Mais les hommes ont établi de nombreuses distinctions entre les honneurs qui conviennent aux hommes et ceux qui conviennent aux dieux16 ». 


      Le principe hiérarchique vaut même pour les dieux entre eux : « même entre les dieux, il y a des distinctions dans les honneurs qu’on leur rend ». Alexandre lui-même ne supporterait pas qu’un imposteur vienne se proclamer roi sans raison ; voilà pourquoi il ne faut pas honorer un homme, simple mortel, comme un dieu, ce serait une transgression insupportable selon l’ordre divin.


      Mais on sait que la prosternation fut désormais la règle ; et les Hellènes n’avaient plus qu’à ravaler leur orgueil d’homme libre et d’accepter sans broncher la démesure de leur roi. Quant à Callisthènes, ses relations avec Alexandre ne firent que se dégrader jusqu’au point où il fut impliqué à tort ou à raison dans le complot des pages. On l’enchaîna alors à la suite de l’armée, puis il fut mis à mort. Comme le dit Victor Brochard : « Les survivants durent se résigner et garder pour eux leurs réflexions. Mais ils avaient vu comment on fait un dieu17 ».





Voir la troisième partie.


Pour consulter les autres parties d'un Nomade la Raison, voir le sommaire.

























1 Emmanuel KANT, « Critique de la Raison Pure », traduction de Delamarre et Marty sous la direction de Ferdinand Alquié, Gallimard, Paris, 1980, p. 32, A IX.

2 Victor BROCHARD, « Les sceptiques grecs », (Livre I, chap. II), Librairie générale française, Paris, 2002, p. 56.

3 L’expédition d’Alexandre nous est connue principalement par deux textes assez tardifs, puisqu’ils sont l’œuvre d’une part de Flavius Arrien, le disciple d’Epictète, qui se base sur les récits de Ptolémée de Lagos (un des Compagnons qui régna ensuite sur l’Alexandrie d’Egypte) et d’Aristobule, et d’autre part de Plutarque.

4 PLUTARQUE, « Sur la fortune et la vertu d’Alexandre », 328 a, dans les « Œuvres morales », tome V, p. 118, Les Belles Lettres, Paris, 1990.

5 Enfin, du moins est-ce ainsi que j’interprète la réplique d’Alexandre. Plutarque lui donne une toute autre signification : si je ne pratiquais pas la philosophie par mes actions, je la professerais par des paroles. Plutarque, dans sa manie d’encenser sans retenue les grands hommes, voit donc en Alexandre l’incarnation même du philosophe à l’œuvre dans sa splendide mission civilisatrice et éducatrice, et même plus, il voit en Alexandre la sagesse même qui surgit dans le monde, et vainc les obstacles par la puissance de sa vertu.
Arrien est plus modéré sur le sujet : quand bien même il admire Alexandre en soulignant ses grandes qualités de courage et de générosité, il ne manque pas non plus de rappeler les excès et la démesure de l’homme ainsi que ses errements et ses fautes morales.

6 Diogène LAËRCE, « Vies et doctrines des philosophes illustres », (Livre IX, 58), Librairie générale française, Paris, 1999. Marcel CONCHE, « Pyrrhon ou l’apparence », Presses Universitaires de France, Paris, 1994 (2e éd.), p. 34.

7 Marcel CONCHE, op. cit., pp 34-35.

8 ARISTOTE, « Les politiques », (traduction et présentation par Pierre Pellegrin), GF Flammarion, Paris, 1990, livre VII, chap. 7, p. 471.

9 PLUTARQUE, « Sur la fortune ou la vertu d’Alexandre », op. cit., 330 e, p.123.

10 PLUTARQUE, « Sur la fortune ou la vertu d’Alexandre », op. cit., I, 6, 329b.

11 PLUTARQUE, ibid., 330 d, p. 123.

12 Flavius ARRIEN, « Histoire d’Alexandre. L’Anabase d’Alexandre le Grand », (traduction de Pierre Savinel), Editions de Minuit, Paris, 1984, p. 129, IV, 7, 5. Cependant, dans ce même passage, Arrien, un Romain qui a vécu entre le premier et le deuxième siècle et qui fut l’étudiant du célèbre stoïcien Epictète, condamne aussi les concessions faite par Alexandre aux cultures barbares, par exemple son adoption de l’accoutrement des Mèdes et des Perses, attitude qui tranche avec le cosmopolitisme des tous premiers stoïciens tels que Zénon ou Chrysippe. Plutarque, lui, est beaucoup plus enthousiaste quant au cosmopolitisme d’Alexandre.
Pour Arrien, c’est la perte de repère due à la contamination des coutumes barbares qui plonge Alexandre dans tous ces excès, notamment la beuverie qui va être fatale à Clitus et qui est une habitude « tout à fait digne des barbares » selon lui.

13 ARRIEN, ibidem, p. 131, IV, 9, 7. Inutile de préciser qu’Arrien désapprouve avec force ce genre d’argument sophistique…

14 ARRIEN, ibid., p. 89, III, 3, 1-2.

15 ARRIEN, ibid., p. 133, IV, 10, 7.

16 ARRIEN, ibid., p. 133, IV, 11, 2.

17 Victor BROCHARD, op. cit., p. 56. On voit par là qu’il est périlleux, voire impossible d’appliquer tels quels nos propres critères politiques d’hommes modernes pour comprendre la mentalité qui prévalait dans l’Antiquité : la prosternation d’un homme devant un autre homme nous semble un acte parfaitement rétrograde et indigne de la condition humaine. On ne peut que s’identifier à la conception de l’homme libre qui existait chez Aristote et Callisthène. Cependant, la conception aristotélicienne d’une supériorité des Hellènes sur les « Barbares » nous semble réactionnaire et colonialiste. L’action d’Alexandre est donc complètement ambivalente de notre point de vue moderne.











Alexandre le Grand sur son cheval Bucéphale,
détail de la mosaïque romaine de Pompéi représentant la bataille d'Issos,
musée national archéologique de Naples.
(Photographie : Berthold Werner)















Concernant Pyrrhon, voir également : 











Voir aussi : 

La notion de sagesse selon les philosophes grecs
       
     Quelles sont les différentes acceptation du terme "sagesse" dans la philosophie grecque. "Sophia", "phronésis" et "sophrosyné" dans les textes de Platon, Aristote et Épicure.



























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Textes et essais sur la philosophie gréco-romaine ici.


Voir toutes les citations du "Reflet de la Lune" ici.




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