La patience (VI, 6 à 9)
Commentaire du Bodhisattvacaryāvatāra de Shāntideva
6. La colère, cet ennemi,
Est l'auteur de tous ces maux ;
Mais quiconque avec effort a vaincu la colère
Trouvera le bonheur dans cette vie et les autres.
7. Se nourrissant du mécontentement,
Né de l'accomplissement de ce que je veux pas
Et des obstacles à ce que je veux,
L'aversion s'accroît et me détruit.
8. Donc, je détruirai
L'aliment de cet ennemi,
Car celui-ci n'a d'autre fonction
Que de me nuire.
9. Quoi qu'il m'advienne,
Ma joie ne sera pas troublée ;
Car, même mécontent, je n'accomplirai pas mon désir,
Et mes vertus faibliront.
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| Kunichika (1835 - 1900) |
La colère est notre ennemi qu'il faut combattre, beaucoup plus que les ennemis que notre colère désigne à notre vindicte. La colère est la racine d'une plante toxique et vénéneuse qui produit des raisins particulièrement amers et empoisonnés : énormément de maux, énormément de conflits, énormément de tragédies insupportables. La sagesse est de couper au plus vite cette racine infernale au plus profond de notre conscience (même si, bien sûr, c'est plus vite dit que fait). Celui qui déracine en lui les racines de la colère pourra trouver une vie plus apaisée, plus heureuse, moins tourmentée et moins chaotique.
Le processus qui permet à cette racine de colère de pousser est très simple et se compose de deux choses :
1°) il arrive ce que je ne veux pas qu'il arrive,
2°) il n'arrive pas ce que je veux qu'il arrive.
La frustration et l'aversion alimente alors mon mécontentement et mon mal-être ; et la colère commence à me ronger et à s'emparer de moi. Il faut donc se détacher au plus vite de cette frustration et de cette aversion avant qu'elle n'ait le temps de s'embraser en colère : je dois cultiver la patience face à ce qui m'arrive et que je ne veux pas et la patience face à ce qui ne m'arrive pas, mais que je voudrais ardemment.
La patience est la solution, jamais la colère ! En effet, quand je cultive la patience, j'accumule des mérites (ou je fais des provisions de mérite), j'apaise mon esprit et je conserve ma joie. Quand je suis en colère, je n'ai rien de tout cela : j'accumule une quantité phénoménale de démérite, je plonge mon esprit dans le bouillonnement de colère, je perds toute joie de vivre pour sombrer dans le désespoir et la noirceur d'âme. Et comme si cela ne suffisait pas, ma colère ne change rien à ma frustration et mon aversion : j'ai beau exploser de colère, les choses déplaisantes qui ont suscité mon aversion ne partent pas de mon existence ; et la frustration de ne pas voir les choses plaisantes venir dans mon existence continue puisque ma colère ne fait pas venir non plus les choses plaisantes ! Que du contraire, la colère est plutôt un aimant puissant à problèmes et toute une série de tourments que je n'ai aucune envie de vivre non plus !
Le reste du commentaire du Bodhisattvacaryāvatāra de Shāntideva:
Chapitre I : Les bienfaits de l'esprit d'Eveil
Chapitre II: Le dévoilement des fautes
Chapitre III : La prise de l'esprit d'Eveil
Chapitre V: La garde de la vigilance
Chapitre VI : La patience
NB : Cet article comme tous les autres précédemment sont écrits sans l'aide de l'intelligence artificielle générative. Je suis le seul auteur de ce commentaire.

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