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mardi 9 juin 2015

La vie d’un homme est une allégorie continuelle

John Keats (peint par William Hilton)




   Dans une lettre écrite au printemps de 1819 adressée à son frère George et sa belle sœur Georgiana, John Keats, un poète romantique anglais, parle d’un de ses amis, un jeune pasteur du nom de Bailey dont la légèreté en matière sentimentale avait choqué, scandalisé ou déçu plus d’une personne dans son entourage. Commentant cette petite histoire de mœurs, John Keats écrit :





   « Cela leur apprendra que l’homme qui se moque du romanesque peut bien être le plus romanesque de tous ; que celui qui insulte les femmes et fait profession de les mépriser les aime plus qu’un autre ; que si quelqu’un parle de jeter un homme au feu, il n’en ferait rien au moment de pousser pour de bon ; et surtout que ceux-là sont bien superficiels qui prennent toutes choses à la lettre. La vie d’un homme de quelque valeur est une allégorie continuelle, et très peu de regards savent en percer le mystère ; c’est une vie qui, comme les Écritures, figure autre chose, et ces gens-là ne peuvent pas plus la déchiffrer que la Bible en hébreu. Lord Byron est une figure, mais il ne figure rien. La vie de Shakespeare fut une allégorie ; ses œuvres en sont le commentaire ».


John Keats, Poèmes choisis, éd. Aubier-Flammarion, traduction et préface d’Albert Laffay, Paris, 1968, p. 18.