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samedi 1 avril 2017

Principe de la méditation






        Il y a quelques jours, je me suis allé me promener avec une amie dans le printemps naissant sur un promontoire, et s'attardant sur le spectacle de la vallée en contrebas, mon amie me demandait de lui expliquer en quelques mots le principe de la méditation bouddhique. Au fond, le principe est très simple : il s'agit d'être attentif au va-et-vient de la respiration. La respiration est un processus physiologique que l'on oublie la plupart du temps, mais qui est absolument vital. S'abstenir de respirer, ne serait-ce que quelques minutes, nous entraîne inexorablement vers la mort. Par ailleurs, notre souffle est lié à notre état émotionnel : quand nous sommes angoissé, nous avons tendance à avoir le « souffle coupé ». Pareillement, l'émerveillement peut aussi nous amener à dire : « c'est à couper le souffle ».

            La méditation consiste donc à focaliser l'attention sur la respiration et à s'absorber complètement dans cette contemplation de l'air qui rentre et qui sort de nos poumons. Bien sûr, toutes les pensées qui nous traversent vont très vite nous détourner de cet exercice d'attention. Mais dès qu'on s'en rend compte, il s'agit de revenir à cette conscience du souffle. Encore et encore. Chaque fois que l'on est distrait de notre objet de méditation et qu'on réalise cet égarement, on revient calmement à cet objet, la respiration. Il n'y a pas de jugement à avoir : l'esprit dans son habituel est un petit singe fou qui saute d'un objet d'attention à un autre en permanence. L'agitation mentale est énorme chez les gens, et la plupart d'entre eux n'ont aucune idée de cette agitation. Il faut donc habituer l'esprit à pouvoir rester sereinement sur un seul objet d'attention. Cela vient avec la pratique répétée de la méditation.


       Plus l'esprit est capable de se focaliser sur un seul objet d'attention, plus il laissera partir les pensées et les émotions sans s'y attacher, plus notre être s'apaisera et goûtera la joie de l'instant présent. Il s'agit de parvenir à un état où on est comme le ciel qui ne s'accroche pas aux nuages qui s'y trouve. Les nuages passent et disparaissent. Ils n'ont pas le pouvoir de troubler le ciel immense. C'est comme si nous étions le ciel qui s'identifierait aux nuages blancs, noirs ou gris qui le traversent. Pareillement, ne nous identifions pas aux pensées blanches, noires, grises qui nous traversent, mais laissons être notre esprit vaste et lumineux en fixant le mental au poteau de l'attention à la respiration ! C'est cela la méditation ! 





















Ralf Hiemisch















Sur la méditation de manière générale : 





Pour un commentaire beaucoup plus détaillé des pratiques du Soûtra de l'Attention au Va-et-Vient de la Respiration, voir : 

En compagnie du souffle :  

     















Sur les méditation des Quatre Qualités Incommensurables :




Les différentes formes de l'amour et comment concilier ces différentes formes avec sagesse.


Les Quatre Demeures de Brahmā : amour illimité, compassion illimitée, joie illimité et équanimité illimitée


Méditation des Quatre Incommensurables



Qu'est-ce que la compassion?

        On pense parfois que la compassion consiste à s'affliger soi-même de la détresse des autres, mais, dans la philosophie du Bouddha, rien de tout cela : la compassion est définie comme le souhait ardent que les autres soient libérés de la souffrance et des causes de la souffrance.



- la compassion selon Shabkar




Joie 

   Qu'est-ce que la joie spirituelle prônée par le Bouddha ?





    L'équanimité dans la méditation, l'apaisement des remous de la vie. Comment la pratiquer ? Comment la mettre en œuvre dans la vie de tous les jours ?









Voir également : 


- Commentaires sur « L’Art de la Méditation » de Matthieu Ricard : voir le texte

     Pourquoi les enseignements du Bouddha sont-ils si rarement cités par les lamas du bouddhisme tibétains ? Est-ce que la méditation sur la nature de l'esprit n'occulte pas l'établissement de l'attention portée sur le corps (telle que le Bouddha l'enseigne dans le Soutra des Quatre Etablissements de l'Attention) ? Les soutras du Petit Véhicule ont-ils un intérêt dans la méditation sur la vacuité telle que l'expriment les soutras de la Perfection de Sagesse ? Comment intégrer les différents Véhicules du bouddhisme ?




Slowly, slowly, slowly.... : voir le texte
       Le progrès lent et graduel de la méditation. Comment arriver à la pleine conscience ?




Méditer à la piscine 

       Beaucoup de gens aiment faire quelques longueurs à la piscine pour se relaxer. C'est effectivement quelque chose de délassant de se baigner dans l'eau et d'activer l’entièreté de son corps. Mais je trouve que la piscine est aussi excellent endroit pour pratiquer la méditation et l'attention. 





Faut-il une bonne respiration pour méditer ?


On m'a récemment posé la question : je ne peux pas pratiquer la méditation de l'attention portée à la respiration, puisque je suis asthmatique. Que dois-je faire ? Il se trouve que je suis, moi aussi, asthmatique. En fait, le fait de respirer bien ou mal n'a rien à voir avec la pratique de l'attention telle qu'est enseignée par le Bouddha. Il s'agit de prêter attention à la respiration, pas de la réguler à tout prix. Même pendant une crise d'asthme, on continue à inspirer et expirer. Vous le faites difficilement du fait de la crise, mais vous le faites, sinon vous seriez mort. Il faut seulement prendre conscience de cette conscience de cette respiration et laisser l'esprit se calmer et se libérer de lui-même.












Lever de soleil sur la Terre (vu de la Station Spatiale Internationale) - Thomas Pesquet









Voir tous les articles et les essais du "Reflet de la lune" autour de la philosophie bouddhique ici.

Voir toutes les citations du "Reflet de la Lune" ici.




jeudi 22 septembre 2016

L'attention au souffle








      Dans l'Ānāpānasati Sutta (le Soûtra de l'Attention au Va-et-vient du Souffle), le Bouddha recommande 16 exercices spirituels de méditation afin de mieux focaliser son attention. Chaque fois que nous inspirons et que nous expirons, nous pouvons adjoindre à ce mouvement du souffle dans et en-dehors de nos poumons une petite phrase qui va nous aider à focaliser notre attention.

    Les 4 premiers exercices sont reliés à l'attention au corps :


1. En inspirant longuement, il sait : ‘J’inspire longuement’. En expirant longuement, il sait : ‘J’expire longuement’.
2. En inspirant brièvement, il sait : ‘J’inspire brièvement’. En expirant brièvement, il sait ‘J’expire brièvement’.
3. ‘J’inspire et je suis conscient de tout mon corps. J’expire et je suis conscient de tout mon corps’. C’est ainsi qu’il pratique.
4. ‘J’inspire et j’apaise tout mon corps. J’expire et j’apaise tout mon corps’. Ainsi pratique-t-il.


Les 4 exercices suivant sont reliés à l'attention aux sensations :


5. ‘J’inspire et je me sens joyeux. J’expire et je me sens joyeux’. Ainsi pratique-t-il.
6. ‘J’inspire et je me sens heureux. J’expire et je me sens heureux’. Ainsi pratique-t-il.
7. ‘J’inspire et je suis conscient de mes formations mentales. J’expire et je suis conscient de mes formations mentales’. Ainsi pratique-t-il.
8. ‘J’inspire et j'apaise mes formations mentales. J’expire et j'apaise mes formations mentales’. Ainsi pratique-t-il.




Les 4 exercices suivants sont reliés à l'attention à l'esprit :


9. ‘J’inspire et je suis conscient de mon esprit. J’expire et je suis conscient de mon esprit’. Ainsi pratique-t-il.
10. ‘J’inspire et je rends mon esprit heureux. J’expire et je rends mon esprit heureux’. Ainsi pratique-t-il.
11. ‘J’inspire et je concentre mon esprit. J’expire et je concentre mon esprit’. Ainsi pratique-t-il.
12. ‘J’inspire et je libère mon esprit. J’expire et je libère mon esprit’. Ainsi pratique-t-il.




Les 4 derniers exercices sont eux reliés à l'attention aux objets de l'esprit.


13. ‘J’inspire et j’observe la nature impermanente de tous les phénomènes. J’expire et j’observe la nature impermanente de tous les phénomènes’. Ainsi pratique-t-il.
14. ‘J’inspire et j’observe l’extinction. J’expire et j’observe l’extinction’. Ainsi pratique-t-il.
15. ‘J’inspire et je contemple la cessation. J’expire et je contemple la cessation’. Ainsi pratique-t-il.
16. ‘J’inspire et je contemple le lâcher-prise. J’expire et je contemple le lâcher-prise’. Ainsi pratique-t-il.




*****




      Il serait intéressant de lire ces 16 exercices, de les relire fréquemment et même de les connaître par cœur pour les avoir à disposition quand on pratique la méditation. Ces 16 pratiques couvrent tous les aspects de l'existence sur lequel il est bon de se focaliser pour progresser sur le chemin de la méditation. Il est bon de les connaître et de pouvoir en disposer comme un ouvrier dispose de ses outils dans sa boîte à outils. On peut aussi réciter le Soûtra de l'Attention au Va-et-Vient de la Respiration. Certes, sa structure est assez répétitive, mais justement cette répétition a le mérite de faire comprendre qu'il faut sans cesse revenir à ces différents points de l'attention pour aller toujours plus loin dans le pouvoir de la vision pénétrante. Par ailleurs, le soûtra met en perspective ces 16 techniques de l'attention au souffle avec d'autres techniques de méditation bouddhiste. Le soûtra indique également la finalité de ces techniques, produire ainsi les sept facteurs de l’Éveil afin de connaître la sagesse et la libération du cycle des existences.


     Les 4 premières exercices se rapportent à l'attention au corps. Le corps est la base de notre expérience de la vie. Il est donc important de connaître ce corps et de l'observer dans ses moindres détails. Plus spécifiquement, le souffle est cet élément physiologique qui nous fait vivre et que, pourtant, nous négligeons la plupart du temps. C'est seulement quand on étouffe ou qu'on se retrouve sous l'eau que l'on prend conscience de la nécessité vitale de pouvoir inspirer et expirer l'air frais. Attention ! Le Bouddha ne demande pas de contrôler sa respiration, de respirer brièvement ou plus longuement. Il s'agit ici de prendre attention à ce phénomène qu'est la respiration, pas de vouloir le contrôler à tout prix. On entend parfois dans les cours de yoga qu'on va « apprendre à respirer ». C'est une ineptie : vous savez comment respirer. Si vous ne le saviez pas, vous seriez mort depuis longtemps. En fait, vous ne savez pas : la respiration se produit en vous, indépendamment de votre volonté. Elle se produit même quand vous n'y pensez pas. C'est ce phénomène étonnant de la respiration, si proche, et pourtant si méconnu, qu'il s'agit d'observer dans sa spontanéité première.


       Une fois que l'on a observé ce corps, on peut l'apaiser. C'est le sens du dernier des quatre exercices d'attention au corps : « J’inspire et j’apaise tout mon corps. J’expire et j’apaise tout mon corps ». Le corps est souvent le champ de bataille de nos émotions : gorges serrés, estomac noué, cœur qui bat la chamade, mais qui se crispent, etc... La méditation est le lieu où on peut laisser tout cela se dénouer. Ne plus alimenter cette tension du corps d'une part et les laisser se dissoudre dans la conscience silencieuse de l'instant présent d'autre part. Il s'agit d'entretenir une nouvelle relation à notre corps, plus apaisée.


      Les 4 exercices suivants se rapportent à l'attention aux sensations. On est constamment traversés de sensations physiques et mentales ; et celles-ci affectent grandement notre humeur. Il s'agit dans la méditation de comprendre qu'on peut être autre chose que le pantin de nos sensations. Ainsi les exercices 5 et 6 ont trait à la joie et au bonheur qui peut naître en méditation malgré les sensations douloureuses ou pénibles qui nous traversent : « J’inspire et je me sens joyeux. J’expire et je me sens joyeux. J’inspire et je me sens heureux. J’expire et je me sens heureux ». Là encore, ce n'est pas une joie et un bonheur qu'on impose au mental envers et contre tout. On a tous des moments où on est malheureux ; mais il y a des ressources positives au plus profond de nous-mêmes qui nous permettent d'affronter les difficultés, qui nous donnent des ailes pour aller au-delà des épreuves de l'existence. C'est cette joie-là et ce bonheur-là qu'il s'agit de découvrir et de sentir dans la méditation.


      Les sensations nous amènent de toutes sortes de réactions, parfois trop hystériques ou destructrices. Le premier temps est de prendre conscience comment nous réagissons à des stimulus sensoriels : « J’inspire et je suis conscient de mes formations mentales. J’expire et je suis conscient de mes formations mentales ». Puis, à partir, de cette prise de conscience, on peut graduellement apaiser notre manière de réagir aux événements : « J’inspire et j'apaise mes formations mentales. J’expire et j'apaise mes formations mentales ». Par exemple, au lieu de réagir à une insulte par une autre insulte, à un coup de poing par un autre coup de poing, à un coup de couteau par un autre coup de couteau, on apprend à dégager plus d'espace et à avoir une réaction plus constructive : entamer un dialogue, parer ou éviter un coup, calmer le jeu, apaiser les situations conflictuelles. Dans la méditation, il s'agira surtout d'apaiser toutes les pensées de vengeance, de ressentiment ou au contraire, se ressaisir face aux réactions dépressives ou désespérées face aux événements. On pourra aussi apaiser notre avidité par rapport à ce qui nous obsèdent et vivre dans le contentement de ce qu'on a, sans vouloir à tout prix toutes les richesses du monde.


     Les 4 exercices suivants se rapportent à l'attention à l'esprit. Là encore il s'agit de connaître et comprendre son propre esprit ainsi que le fonctionnement de son esprit, sa dynamique qui le conduit à produire telle ou telle pensée, telle ou telle émotion, à vivre dans le passé ou à fantasmer sur le futur. Cela correspond au vieil adage de l'oracle de Delphes : « Connais-toi toi-même ». À partir de cette connaissance intime de soi-même, peut rendre l'esprit heureux, plus à même de trouver des solutions aux défis de l'existence : « J’inspire et je rends mon esprit heureux. J’expire et je rends mon esprit heureux ». Étant plus satisfait de sa propre vie, ayant un mental plus radieux, on peut d'autant plus facilement concentrer cet esprit sur un point : « J’inspire et je concentre mon esprit. J’expire et je concentre mon esprit ». Cette concentration permet de franchir les étapes supérieures de la méditation, ce qu'on appelle les absorptions méditatives (dhyāna en sanskrit, jhāna en langue pâlie). « J’inspire et je concentre mon esprit. J’expire et je concentre mon esprit ». Cette capacité de se concentrer et d'entrer dans les hauts états d'absorption méditative permet aussi d'augmenter son pouvoir de se libérer des conditionnements de l'existence. « J’inspire et je libère mon esprit. J’expire et je libère mon esprit ».


      Les 4 derniers exercices se rapportent aux objets de l'esprit, à tout ce dont l'esprit peut prendre conscience. Le monde est bien trop vaste pour commencer à observer tous les phénomènes qui composent ; mais quand nous percevons quelque chose. On peut commencer par voir l'impermanence de ces phénomènes. Tout en ce monde est transitoire. Tout passe, rien n'est figé dans une existence durable. D'instant en instant, le monde et les choses changent. C'est pour quoi le Bouddha nous demande d'observer : « J’inspire et j’observe la nature impermanente de tous les phénomènes. J’expire et j’observe la nature impermanente de tous les phénomènes ». À partir de ce constat de l'impermanence, on peut commencer à se détacher par rapport à eux. Notre envie de se saisir d'eux s'estompe en nous : « J’inspire et j’observe l’extinction. J’expire et j’observe l’extinction ». On peut alors réaliser que tous les phénomènes arrivent tôt ou tard à leur cessation d'une part, et voir aussi que notre esprit est susceptible d'entrer dans le degré ultime de la méditation : la sphère méditative de cessation des sensations et des perceptions, qui correspond à la vision du Nirvāna. « J’inspire et je contemple la cessation. J’expire et je contemple la cessation ». Enfin, une fois que l'on a vu cet état de cessation des sensations et des perceptions, on regarde le monde beaucoup plus librement et on cultive le lâcher-prise par rapport aux phénomènes : « J’inspire et je contemple le lâcher-prise. J’expire et je contemple le lâcher-prise ».




*****


      Deux petites remarques pour conclure. Tout d'abord, en méditation, on n'est pas du tout obligé de pratiquer ces exercices dans l'ordre. Selon les besoins du moment, on utilisera tel ou tel exercice à la meilleure convenance. Parfois, il importera de se recentrer sur le corps. Parfois il faudra faire le point sur le mental. Parfois contempler l'impermanence des phénomènes nous apportera un bienfait ; à d'autres moments, ce sera le fait de cultiver la sensation de joie et de bonheur. C'est là tout un processus. Ces petits exercices sont là pour nous aider dans la méditation. Bien sûr, avec l'expérience et la sagesse, on apprendra à mieux utiliser ces exercices. Au début, c'est toujours un peu maladroit, mais il faut bien se lancer un moment où à un autre ! On ne devient pas un nageur hors-pair avec une seule séance à la piscine !


      Enfin, ces exercices mentaux impliquent de produire des pensées : « J'inspire et je.... J'expire et je... », alors que la méditation consiste à laisser passer les pensées qui nous obsèdent, un peu comme le ciel laisse passer les nuages sans s'accrocher à eux. C'est vrai, mais nous sommes tellement envahis par les pensées que nous avons besoin parfois d'une petite pensée qui va nous aider à nous recentrer sur nous-mêmes et la méditation. Si une pensée nous aide à éviter la dispersion des pensées, c'est une bonne chose. Pour autant, il ne faudrait pas non plus s'accrocher à ces techniques de méditation, croire qu'on est obligé de constater mentalement toutes ses inspirations et ses expirations avec ce genre de petites pensées. Si on est suffisamment détaché des pensées et concentré sur le moment présent, on peut observer silencieusement notre respiration et ce qui se passe en nous. Le Bouddha comparait la pratique du Dharma à un radeau. Le radeau sert à traverser la rivière, mais une fois la rivière traversée, rien ne sert de porter le radeau sur son dos ! Pareillement, ces seize techniques de méditation nous aident à nous concentrer ; mais une fois que cela est fait, on n'est pas obligé d'alimenter ces pensées et troubler le calme mental. Mais tôt ou tard, la dispersion et l'agitation reviendront ; à ce moment, on pourra reprendre l'un des 16 techniques de l'Ānāpānasati Sutta, la plus appropriée au moment présent.



     


     Voilà. Je souhaite à tous de progresser le plus loin dans la méditation. 



F.L., le 22 septembre 2016.









 Phra Ajan Jerapunyo, abbé de Watkungtaphao, en méditation










Pour un commentaire beaucoup plus détaillé des pratiques du Soûtra de l'Attention au Va-et-Vient de la Respiration, voir : 

En compagnie du souffle :  

     Commentaire au Soûtra de l'Attention au Va-et-vient de la Respiration 









Voir également : 


- Commentaires sur « L’Art de la Méditation » de Matthieu Ricard : voir le texte

     Pourquoi les enseignements du Bouddha sont-ils si rarement cités par les lamas du bouddhisme tibétains ? Est-ce que la méditation sur la nature de l'esprit n'occulte pas l'établissement de l'attention portée sur le corps (telle que le Bouddha l'enseigne dans le Soutra des Quatre Etablissements de l'Attention) ? Les soutras du Petit Véhicule ont-ils un intérêt dans la méditation sur la vacuité telle que l'expriment les soutras de la Perfection de Sagesse ? Comment intégrer les différents Véhicules du bouddhisme ?




Slowly, slowly, slowly.... : voir le texte
       Le progrès lent et graduel de la méditation. Comment arriver à la pleine conscience ?




Méditer à la piscine 

       Beaucoup de gens aiment faire quelques longueurs à la piscine pour se relaxer. C'est effectivement quelque chose de délassant de se baigner dans l'eau et d'activer l’entièreté de son corps. Mais je trouve que la piscine est aussi excellent endroit pour pratiquer la méditation et l'attention. 





Faut-il une bonne respiration pour méditer ?


On m'a récemment posé la question : je ne peux pas pratiquer la méditation de l'attention portée à la respiration, puisque je suis asthmatique. Que dois-je faire ? Il se trouve que je suis, moi aussi, asthmatique. En fait, le fait de respirer bien ou mal n'a rien à voir avec la pratique de l'attention telle qu'est enseignée par le Bouddha. Il s'agit de prêter attention à la respiration, pas de la réguler à tout prix. Même pendant une crise d'asthme, on continue à inspirer et expirer. Vous le faites difficilement du fait de la crise, mais vous le faites, sinon vous seriez mort. Il faut seulement prendre conscience de cette conscience de cette respiration et laisser l'esprit se calmer et se libérer de lui-même.







Qu'est-ce que la compassion?


        On pense parfois que la compassion consiste à s'affliger soi-même de la détresse des autres, mais, dans la philosophie du Bouddha, rien de tout cela : la compassion est définie comme le souhait ardent que les autres soient libérés de la souffrance et des causes de la souffrance.




Joie 

   Qu'est-ce que la joie spirituelle prônée par le Bouddha ?




    L'équanimité dans la méditation, l'apaisement des remous de la vie. Comment la pratiquer ? Comment la mettre en œuvre dans la vie de tous les jours ?







Méditation dans le creux du séquoia "Heart Tree" dans le parc national de Californie









Voir tous les articles et les essais du "Reflet de la lune" autour de la philosophie bouddhique ici.


Voir toutes les citations du "Reflet de la Lune" ici.

dimanche 27 mars 2016

Faut-il une bonne respiration pour méditer ?





    On m'a récemment posé la question : je ne peux pas pratiquer la méditation de l'attention portée à la respiration, puisque je suis asthmatique. Que dois-je faire ? Il se trouve que je suis, moi aussi, asthmatique. En fait, le fait de respirer bien ou mal n'a rien à voir avec la pratique de l'attention telle qu'est enseignée par le Bouddha. Il s'agit de prêter attention à la respiration, pas de la réguler à tout prix. Même pendant une crise d'asthme, on continue à inspirer et expirer. Vous le faites difficilement du fait de la crise, mais vous le faites, sinon vous seriez mort. Il faut seulement prendre conscience de cette conscience de cette respiration et laisser l'esprit se calmer et se libérer de lui-même.

    Dans le yoga, on vous explique souvent qu'il faut une respiration parfaite. Toutes les personnes qui ont de l'asthme pourront témoigner que c'est toujours plus agréable pour bien vivre. En effet, c'est vraiment pénible d'avoir le souffle coupé. C'est quand on manque d'air qu'on se rend compte à quel point il est précieux de pouvoir respirer à plein poumon. Les gens qui n'ont pas de problème de souffle peuvent s'en rendre compte quand ils ont fait un sprint et qu'ils peinent à reprendre leur respiration. Essayez de parler quand vous venez d'accomplir un sprint ! Ils peuvent aussi s'en rendre compte quand ils font de l'apnée à la piscine ou dans la mer. Cette chose toute simple qu'on tend à oublier devient soudainement si précieuse quand on est sous l'eau sans possibilité de reprendre de l'air dans ses poumons ! Bien respirer est important pour bien vivre, tous n'ont malheureusement pas cette chance. Mais une respiration parfaite n'est pas nécessaire pour bien pratiquer la méditation de l'attention au va-et-vient du souffle. L'essentiel est de prêter une attention fine à cette respiration sans la juger. Si on respire de manière rauque, on est conscient de notre respiration rauque. Si a le souffle coupé, on est conscient de ce souffle coupé. Si on a le souffle court, on est conscient de ce souffle court. On peut même voir le côté positif des choses : les problèmes respiratoires permettent d'être plus facilement conscient de son souffle ! Maigre consolation, me direz-vous, mais il est important de se dire que les problèmes respiratoires ne sont jamais un obstacle à la méditation.

samedi 16 janvier 2016

Méditer à la piscine




     Beaucoup de gens aiment faire quelques longueurs à la piscine pour se relaxer. C'est effectivement quelque chose de délassant de se baigner dans l'eau et d'activer l’entièreté de son corps. Mais je trouve que la piscine est aussi excellent endroit pour pratiquer la méditation et l'attention. La méditation bouddhiste est notamment axée sur l'attention au va-et-vient de la respiration. L'air entre et sort de nos poumons, et la plupart du temps, on ne fait absolument pas attention à cela. On traite le phénomène de la respiration comme quelque chose de tout à fait insignifiant ; et pourtant, si la respiration cessait soudain, cela entraînerait inévitablement notre mort. Or justement à la piscine ou de manière générale quand nous nageons, la respiration prend une place essentielle dans la mesure où cela dicte quand nous sortirons la tête hors de l'eau pour reprendre notre souffle. La piscine est donc un lieu idéal pour prendre conscience de la respiration alors que nous sommes occupés à faire des longueurs. Être attentif à l'air qui rentre dans les poumons, l'air que l'on retient quand on a la tête sous l'eau et qu'on expire progressivement et l'air que l'on reprend quand notre tête émerge à nouveau.

dimanche 13 septembre 2015

En compagnie du souffle - 6ème partie



Commentaire au Soûtra de l'Attention au Va-et-vient de la Respiration (Ānāpānasati Sutta)



4ème groupe : l'attention aux objet de l'esprit dans les objets de l'esprit


« 13. ‘J’inspire et j’observe la nature impermanente de tous les phénomènes. J’expire et j’observe la nature impermanente de tous les phénomènes’. Ainsi pratique-t-il.

14. ‘J’inspire et j’observe l’extinction. J’expire et j’observe l’extinction’. Ainsi pratique-t-il.

15. ‘J’inspire et je contemple la cessation. J’expire et je contemple la cessation’. Ainsi pratique-t-il.

16. ‘J’inspire et je contemple le lâcher-prise. J’expire et je contemple le lâcher-prise’. Ainsi pratique-t-il ».



La quatrième et dernière série de techniques des quatre établissement de l'attention exposée dans la Soûtra de l'Attention au Va-et-Vient de la Respiration. Il s'agit ici de prêter attention aux dharmas ; et l'on traduira ici ce terme sanskrit par « objet de l'esprit » ou par « phénomène » ; mais il faut bien se rendre compte que le mot « dharma » est particulièrement polysémique. Il peut désigner la Voie et l'Enseignement du Bouddha, sa doctrine autant que sa mise en pratique. Dans le contexte de l'hindouisme, « dharma » désigne l'ordre cosmique du monde dans le quel il faut s'intégrer pour réaliser la réalité absolue en respectant les prescriptions sociales, rituelles, religieuses et s'adonnant aux différents yogas. Le dharma au sens hindouiste du terme justifie ainsi le système des castes ; alors que dans le bouddhisme, la position sociale s'explique par le karma, les actes des vies passées, mais cette position dans la société peut tout à fait évoluer. De manière plus générale, le mot « dharma » peut désigner n'importe quelle doctrine ou une façon particulière de penser. Par extension, « dharma » désigne aussi tout objet dont on peut prendre conscience. On pourrait aussi traduire ce terme par « phénomène » si l'on revient au sens étymologique du terme : phénomène vient du grec « phainomenon », ce qui apparaît (sous entendu : dans le champ de la conscience ».




Après avoir examiné le corps, les sensations, l'esprit, le Bouddha nous demande d'être attentif à tous les objets qui se présentent à l'esprit, qu'ils soient matériels ou mentaux. Les objets de l'esprit sont tout ce par quoi nous nous relions au monde et aux autres. Or notre problème existentiel est précisément l'attachement à ces objets de l'esprit : nous nous attachons à certains choses ou êtres et nous éprouvons de la répulsion pour d'autres. Or plus nous créons d'attachement, plus nous voilà enchaînés à ce monde. Et plus nous sommes enchaînés à ce monde, plus nous sommes contraints de connaître les souffrances de ce monde, les souffrances existentielles comme la faim, la soif, la chaleur, le froid, la maladie, la vieillesse, la mort, la perte des êtres chers, mais aussi les souffrances psychologiques comme la peur, le désespoir, le désarroi ainsi que les souffrances qui naissent des situations conflictuelles dans lesquelles nous sommes jetés inexorablement.

mercredi 26 août 2015

En compagnie du souffle - 5ème partie

Commentaire au Soûtra de l'Attention au Va-et-vient de la Respiration (Ānāpānasati Sutta)
5ème partie

3ème groupe : l'attention à l'esprit dans l'esprit


« 9. ‘J’inspire et je suis conscient de mon esprit. J’expire et je suis conscient de mon esprit’. Ainsi pratique-t-il.

10. ‘J’inspire et je rends mon esprit heureux. J’expire et je rends mon esprit heureux’. Ainsi pratique-t-il.


11. ‘J’inspire et je concentre mon esprit. J’expire et je concentre mon esprit’. Ainsi pratique-t-il.


12. ‘J’inspire et je libère mon esprit. J’expire et je libère mon esprit’. Ainsi pratique-t-il. »