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vendredi 20 mars 2020

L'humanité comme concept





Seul existe l'individu dans sa relation au monde
L'humanité est un concept qui ne recouvre rien
Soutenu pas les débats idéologiques.

Miche,



vendredi 24 mai 2019

L'homme n'est ni ange, ni bête





L’homme n’est ni ange ni bête, et le malheur veut que qui veut faire l’ange fait la bête.


Il est dangereux de trop faire voir à l’homme combien il est égal aux bêtes, sans lui montrer sa grandeur. Il est encore dangereux de lui trop faire voir sa grandeur sans sa bassesse. Il est encore plus dangereux de lui laisser ignorer l’un et l’autre. Mais il est très avantageux de lui représenter l’un et l’autre.


Il ne faut pas que l’homme croie qu’il est égal aux bêtes, ni aux anges, ni qu’il ignore l’un et l’autre, mais qu’il se sache l’un et l’autre.


S’il se vante, je l’abaisse ;
s’il s’abaisse, je le vante ;
et le contredis toujours,
jusqu’à ce qu’il comprenne
qu’il est un monstre incompréhensible.


Bassesse de l'homme jusqu'à se soumettre aux bêtes, jusqu'à les adorer.


Après avoir montré la grandeur et la bassesse de l'homme. Que l’homme maintenant s’estime à son prix. Qu’il s’aime, car il y a en lui une nature capable du bien ; mais qu’il n’aime pas pour cela les bassesses qui y sont. »


Blaise Pascal, Pensées,
fragments 557, 153, 154, 163, 86 & 151 de l'édition Sellier
(dans l'éd. Brunschvicg : 358, 418, 418, 420, 429 & 423 ;
dans l'éd. Lafuma : 678, 121, 121, 130, 53 & 119).


lundi 28 janvier 2019

Paul Ariès raconte n'importe quoi - 2ème partie




Paul Ariès raconte n'importe quoi



Paul Ariès continue son texte : « J’accuse les végans de mentir en faisant croire au grand public qu’ils seraient des écolos et même des superécolos, alors qu’ils haïssent l’écologie et les écologistes, puisque les écolos aiment la nature et qu’eux la vomissent, car elle serait intrinsèquement violente donc mauvaise. David Olivier, un des pères des Cahiers antispécistes, signait, dès 1988, un texte intitulé "Pourquoi je ne suis pas écologiste". Il confirme en 2015 : "Nous voyons l’antispécisme et l’écologisme comme largement antagonistes"».


Là encore, on est dans l'amalgame, je dirai même du « super-amalgame »... Certains antispécistes sont effectivement très critiques à l'encontre de l'écologie. C'est vrai, et notamment David Olivier. Mais là encore, cela ne veut pas dire que tous les antispécistes sont contre l'écologie. J'ai moi-même écrit une série d'articles pour contrer les thèses de David Olivier et de son camarade Yves Bonnardel : « Penser l'homme et l'animal au sein de la Nature ». Je me revendique personnellement de l'écologie et ne me reconnaît pas dans la pensée d'Olivier et Bonnardel sur ce point. Néanmoins, un intellectuel comme Paul Ariès devrait être soucieux de ne pas réduire une pensée au point où elle ne veut plus rien dire. David Olivier et Yves Bonnardel défendent un point de vue un peu plus subtil qu'un simple anti-écologisme primaire.

lundi 25 septembre 2017

Choix et liberté




Choix et liberté




          Suite à un de mes articles récents (« Antispécisme et humanisme »), il y a eu une longue et intéressante discussion sur un cas moral sous forme d'expérience de pensée, que j'avais énoncé dans l'article en question : si, marchant le long d'un fleuve, vous voyez un homme et un chien, tous les deux en train de se noyer, et que vous plongez pour en sauver un des deux et le ramener à la berge, tandis que l'autre se noiera emporté par le courant, lequel allez-vous secourir ? Il y a toutes sortes d'arguments avancés de part et d'autre et de variantes de ce cas moral. Je ne reviendrai pas sur le cas moral en lui-même ; les personnes intéressées n'ont qu'à aller consulter la page de l'article. Je rappellerai juste que c'est une expérience de pensée, c'est-à-dire une situation qu'on ne risque pas de rencontrer dans la vie réelle. Il s'agit d'extraire de ce cas des principes philosophiques qui vont diriger des priorités dans l'action et les choix de société. Mais il ne faut pas non plus surinterpréter ce cas moral : si j'ai dit que je choisirai de sauver l'homme plutôt que le chien, il ne faut pas en tirer la conclusion que les chiens et les animaux ne méritent pas d'être aidés, et qu'on peut les exploiter sans vergogne. Au contraire, mon raisonnement cherchait à montrer que, même si on choisit l'homme plutôt que les animaux, on éprouver de la compassion envers les animaux et vouloir que ceux-ci ne soient pas chassés, maltraités, torturés ou abattus par la main de l'homme. L'humanisme n'est pas fondamentalement en contradiction avec l'antispécisme.


      Dans les commentaires de l'article, j'ai cité ce passage du « Plaidoyer pour les Animaux » de Matthieu Ricard que j'ai envie de citer à nouveau : « Ce livre a pour but de mettre en évidence les raisons et l'impératif moral d'étendre l'altruisme à tous les êtres sensibles, sans limitation d'ordre quantitatif ni qualitatif. Nul doute qu'il y a tant de souffrances parmi les êtres humains de par le monde que l'on pourrait passer une vie entière à n'en soulager qu'une partie infime. Toutefois, se préoccuper du sort de quelque 1,6 million d'autres espèces qui peuplent la planète n'est ni irréaliste, ni déplacé, car, la plupart du temps, il n'est pas nécessaire de choisir entre le bien-être des humains et celui des animaux. Nous vivons dans un monde essentiellement interdépendant, où le sort de chaque être, quel qu'il soit, est intimement lié à celui des autres. Il ne s'agit donc pas de ne s'occuper QUE des animaux, mais de s'occuper AUSSI des animaux ».






*****






         Enfin, une internaute, Tara, a aussi questionné le bien-fondé du choix dans la mesure où l'ego est une illusion qui se croit libre, mais en fait complètement déterminé par des causes extérieures. À quoi bon faire un choix, puisque nous sommes conditionnés à aller dans tel ou tel sens ?

mercredi 13 septembre 2017

Antispécisme et humanisme




Antispécisme et humanisme





      Je regardais hier un extrait d'une émission de Canal + où Tiphaine Lagarde, la porte-parole de l'association radicale 269Life était invitée à parler d'antispécisme, d'animalisme et de véganisme. Tiphaine Lagarde rabaissait notamment le véganisme pour mettre en avant l'antispécisme. J'ai déjà dit ailleurs les doutes que j'entretenais envers 269Life (ici). Mais ce qui m'a frappé dans l'interview de Tiphaine Lagarde, c'est l'intervention sur le plateau de l'intellectuel français Emmanuel Todd. Celui-ci s'est insurgé sur l'utilisation du terme « holocauste » revendiquée par Tiphaine Lagarde pour parler du massacre des animaux qui s'opère chaque jour et condamne des milliards d'animaux à une souffrance atroce en ce moment-même. Emmanuel Todd trouvait aussi inquiétant l'anti-humanisme supposé des antispécistes.

vendredi 7 juillet 2017

Nous qui ne sommes rien






Nous qui ne sommes rien








        La semaine passée, j'ai été profondément choqué par cette petite phrase que le président Emmanuel Macron a sorti lors de son discours pour l'inauguration de Station F : « Une gare, c'est un lieu où on croise des gens qui réussissent et des gens qui ne sont rien ». J'ai trouvé horrible cette façon de séparer le monde entre des gens qui ont la réussite et l'argent pour eux, et ceux qui ne sont rien, qu'on ne voit pas, qui ne comptent pour rien dans le devenir du monde, qu'on peut mépriser à l'aise. Ce déni de la dignité humaine est insupportable. D'autant que cela laisse présager une politique qui écrase les moins nantis dans la société pour garantir toujours plus de profits aux patrons et aux entrepreneurs dans le vent.


        Suite à la controverse qui s'est déclenchée après la mise en évidence de cette petite phrase, les macroniens ont répliqué en disant qu'il fallait écouter tout le discours, que cette phrase ne peut pas être sortie simplement de son contexte. Il est vrai que ce contexte mérite d'être mentionné pour essayer de saisir ce que voulait vraiment dire Emmanuel Macron. Ceci étant dit, je ne suis pas certain que cela éteint complètement la controverse.


       Je mets donc en lien deux vidéos de cette inauguration de Station F : une première assez courte, une autre plus longue du discours complet d'Anne Hidalgo, maire de Paris, et d'Emmanuel Macron pour s'assurer que le contexte soit pleinement restitué. Puis je me livrerai à deux interprétations de ce discours : une interprétation généreuse qui va dans le sens des macroniens et qui lisse la polémique, et puis une interprétation plus sévère qui émet des doutes face aux belles paroles du président. Je précise que j'ai attendu quelques jours avant d'écrire cet article pour ne pas l'écrire sous le coup de la colère.



mardi 7 juin 2016

Sade et les animaux - 2ème partie



     Nous allons sans doute humilier ici l'orgueil de l'homme, en le rabaissant au rang de toutes les autres productions de la nature, mais le philosophe ne caresse point les petites vanités humaines ; toujours ardent à poursuivre la vérité, il la démêle sous les sots préjugés de l'amour-propre, l'atteint, la développe et la montre hardiment à la terre étonnée.

     Qu'est-ce que l'homme, et quelle différence y a-t-il entre lui et les autres plantes, entre lui et tous les animaux de la nature ? Aucune assurément (...) Si les rapprochements sont tellement exacts qu'il devienne absolument impossible à l’œil examinateur du philosophe d'apercevoir aucune dissemblance, il y aura donc alors tout autant de mal à tuer un animal qu'un homme, ou tout aussi peu à l'un qu'à l'autre, et dans les préjugés de notre orgueil se trouvera seulement la distance, mais rien n'est malheureusement absurde comme les préjugés de l'orgueil ; pressons néanmoins la question. Vous ne pouvez disconvenir qu'il ne soit égal de détruire un homme ou une bête ; mais la destruction de tout animal qui a vie, n'est-elle pas décidément un mal, comme le croyaient les pythagoriciens, et comme le croient encore quelques habitants du Gange ?

Donation Alphonse François, marquis de Sade, La philosophie dans le boudoir, V, 1795, cité dans : Jean-Baptiste Jeangène Vilmer, Anthologie d'éthique animale (Apologie des bêtes), PUF, Paris, 2011, p. 116.





jeudi 24 mars 2016

Contre la haine



    Je voudrais réagir ici à la déferlante de haine qui se dessine suite aux attentats de Bruxelles, et notamment contre le hashtag #stopIslam qui a apparemment été plus employé que le hashtag #PrayForBrussels mardi le jour de l'attentat (102 000 tweets avec la hashtag #prayforBrussels, 250 000 pour #stopIslam). Je trouve déplorable cette utilisation bête et stupide de ce genre de slogan. Si les terroristes qui ont perpétré leurs crimes répugnants se revendiquaient bien de l'islam, tous les musulmans ne se reconnaissent pas dans cet islam-là. En fait, les combattants de Daesh combattent en priorité des musulmans : ils font la guerre aux musulmans chiites d'Irak, ils affrontent les forces de Bashar El-Assad qui sont composées de musulmans chiites, alaouites, druzes et aussi de sunnites. Ils massacrent aussi tous les musulmans sunnites qui s'opposent à leur vision totalitaire et barbare de leur pseudo-califat. Et en matière de terrorisme, les premiers pays touchés sont la Turquie à Ankara ou à Istanbul, l'Irak, la Tunisie, l’Égypte, la Libye, le Mali, tous des pays musulmans. Et je ne parle pas des pays ensanglantés depuis plus de vingt ans par les attentats à répétition et le climat de guerre civile féroce que l'on doit imputer aux jihadistes fidèles à Al-Qaida et sa nébuleuse : l'Afghanistan, le Pakistan, l'Inde, l'Indonésie, là aussi des pays musulmans ou des pays où la population musulmane est très représentée...

    Par ailleurs, ce qui est gênant avec cette stigmatisation incessante des musulmans, c'est que cela contribue à un climat de haine propice à la discrimination, aux tensions sociales et aux différentes petites injustices. Or c'est exactement ce que veut le prétendu État Islamique : plus les populations musulmanes se sentiront malheureuses et mal intégrées dans les pays occidentaux, plus il sera facile facile de faire passer un message de haine et de faire basculer plus de jeunes paumés dans la radicalisation et l'extrémisme religieux.

samedi 27 février 2016

Le mangeur de viande et le tortionnaire



     Il y a quelques jours l'association L214 qui lutte en faveur de la condition animale a révélé une vidéo des mauvais traitements réservés aux bêtes dans l'abattoir de Vigan dans le Gard. Ce n'est pas la première fois que L214 révèle ce genre d'images. Il y a quelques mois, les images de l'abattoir d'Alès avaient défrayé la chronique et créé un gigantesque scandale. Mais aujourd'hui, le malaise est que, dans l'abattoir de Vigan, on tue et on massacre des animaux issus de la filière bio. Or l'idée générale est que, dans le bio, on est forcément gentil avec les animaux, qu'on les traite avec humanité, qu'on est respectueux envers eux. La filière de l'élevage bio jouit de l'imagerie de la ferme traditionnelle où tout était beau et rayonnant pour les animaux. On se rappelle nos livres d'enfants où la ferme d'élevage est systématiquement présentée sous un jour radieux, où les bêtes paissent paisiblement dans des prairies verdoyantes et où les cochons tout roses gambadent dans la boue. Mais ces images de fermes heureuses n'ont jamais été rien d'autre que de la propagande. Les choses n'ont jamais été aussi roses que cela : la violence a toujours été présente dans l'élevage depuis que l'élevage existe, et a fortiori dans l'abattage des bêtes. Les images de L214 viennent nous rappeler avec vigueur ce fait.



dimanche 8 février 2015

La conscience de soi - 1ère partie

La conscience de soi

Hier, j’ai regardé le film de science-fiction « Transcendance » de Wally Pfister avec Johnny Depp et Rebecca Hall, dont le thème tourne autour des intelligences artificielles et des théories transhumanistes qui prônent une amélioration continue de l’humanité jusqu’à atteindre la « singularité » ou la « transcendance », l’état d’évolution où notre conscience se détachera complètement de notre corps biologique. Le film évoque toutes les inquiétudes que peuvent faire naître ces théories transhumanistes et les sciences convergentes NBIC (nanotechnologie, biologie génétique, informatique, sciences cognitive et théories de l’information). Le transhumanisme est un vaste sujet extrêmement intéressant et préoccupant quand on sait que c’est l’idéologie officielle des patrons des grandes multinationales des nouvelles technologies (Google, notamment pour parler de l’entreprise la plus célèbre et la plus emblématique dans le domaine).


Mais ce à quoi je voudrais m’intéresser plus modestement, c’est un court passage du film où Will Casey (incarné par Johnny Depp) présente son super-ordinateur, appelé PINN et sensé renfermer une intelligence artificielle. Un scientifique présent, Joseph Taggert (incarné par Morgan Freeman), interroge alors la machine : « Quelle est la preuve que vous êtes conscient de vous-mêmes (self-aware) ? ». L’ordinateur répond : « C’est une question difficile. Pouvez-vous prouver que vous êtes conscient de vous-mêmes ? » 

La conscience de soi - 3ème partie

Voir la première et la seconde partie de cet article



Peut-on dès lors que l’on a pleinement réussi à mettre en œuvre cette pratique des quatre établissements de l’attention arriver à la pleine conscience de soi, je veux bien dire : « à un stade ultime de cette prise de conscience » ? C’est une question philosophique délicate car il se pose un problème majeur qui est que la conscience ultime en nous-mêmes ne peut pas prendre conscience d’elle-même. De la même façon que l’œil ne peut pas voir l’œil ou que le sabre ne peut pas se couper lui-même, la conscience ne peut se connaître elle-même. Pour certains philosophes bouddhistes, notamment ceux de l’école idéaliste de l’Esprit Seulement (Cittamâtra), les Bouddhas peuvent transcender ce problème en opérant dans la « méditation semblable au diamant » le « renversement du support » : la conscience qui était inéluctablement toujours conscience de quelque chose devient grâce à ce renversement « conscience qui se connaît et s’illumine elle-même », une conscience non-dualiste qui ne différencie plus entre le sujet et l’objet, entre le moi et le monde.

jeudi 8 janvier 2015

La haine ne s'apaise jamais par la haine

     Ce soir, je pense à cette formule du Bouddha :

« En vérité,
La haine ne s'apaise jamais par la haine,
La haine s'apaise par l'amour.
Ceci est une loi éternelle ».

     J'y pense parce qu'il y a quelques heures, les bureaux du journal satyrique Charlie Hebdo ont été la cible d'une attaque terroriste de fanatiques islamistes hurlant au nom d'Allah qu'ils avaient vengé les caricatures du prophète Mohammed. Tuer un homme pour avoir fait un dessin, commettre le mal et justifier le meurtre pour défendre une certaine idée du sacrée, étrange idée ; ou plutôt idée répugnante, méprisable. C'est malheureusement la situation dans laquelle nous sommes où, aux yeux de fanatiques religieux, la vie d'un homme a moins de poids qu'un dessin irrévérencieux.

mercredi 24 décembre 2014

Regarde bien petit

Regarde bien petit
Regarde bien
Sur la plaine là-bas
À hauteur des roseaux
Entre ciel et moulins
Y a un homme qui vient
Que je ne connais pas
Regarde bien petit
Regarde bien

lundi 1 décembre 2014

Rien n'est plus utile

Rien n'est plus utile à l'homme que l'homme.

Baruch Spinoza, L’Éthique, IV,35, Corollaire I.


dimanche 16 novembre 2014

Je ne suis pas un amoureux des animaux...

Je ne suis pas un amoureux des animaux,
Et pourtant je suis vegan...

Extrait de la préface de 1975 de la « Libération animale » de Peter Singer.
(éd. Grasset, traduit par Louise Rousselle, 1993, pp. 9-11)

Peter Singer
    J'avais depuis peu entrepris cet ouvrage lorsque nous fûmes invités, mon épouse et moi, à prendre le thé - nous vivions à l'époque en Angleterre - par une dame qui avait entendu que je projetais d'écrire au sujet des animaux. Elle-même s'intéressait beaucoup aux animaux, nous dit-elle, et elle avait une amie qui avait déjà écrit sur eux et qui serait si heureuse de nous rencontrer.

   Quand nous arrivâmes, l'amie de notre hôtesse nous attendait, et elle était très impatiente effectivement de parler des animaux. « Je les aime tant, commença-t-elle. J'ai un chien et deux chats et savez-vous qu'ils s'entendent à merveille ? Vous connaisez Mrs Scott ? Elle tient un petit hôpital pour chiens et chats malades... » - et la voilà lancée. Elle s'interrompit lorsqu'on servit les rafraîchissements, prit un sandwich au jambon, et nous demanda quels animaux nous avions.

dimanche 16 février 2014

Dépasser l'homme : Sénèque, Nietzsche & Montaigne

 « Je vous enseigne le Surhumain. L'homme n'existe que pour être dépassé. Qu'avez-vous fait pour le dépasser ? »

dimanche 12 janvier 2014

Contre la soi-disant impossibilité de définir l'antisémitisme de Jean Bricmont

Je viens de voir l’émission « Ce soir ou jamais » sur France 2 où le débat quelque peu houleux portait l’interdiction des spectacles de Dieudonné. L’intervention du physicien belge Jean Bricmont y était particulièrement remarquable et surtout éminemment contestable. C’est pour contester ces arguments en faveur de Dieudonné que je voudrais m’attarder ici sur ce débat.

On pourra trouver ici le lien vers l’émission de France 2 et une interview de Jean Bricmont où celui-ci explique avec plus de sérénité, puisqu’il n’a pas de contradicteur, ces vues en matière de liberté d’expression.

L’argument de Bricmont est donc de dire que l’on ne parvient pas à définir clairement ce qu’est l’antisémitisme. Lui-même rappelle qu’il est un scientifique confirmé et qu’à ce titre il aime pouvoir définir clairement avec des concepts précis le phénomène qu’il est en train d’analyser et d’observer. Mais le fait qu’il est physicien ne rentre en rien en ligne de compte : c’est juste pour lui un moyen commode de se faire passer pour quelqu’un de compétent et de cohérent dans son analyse des choses, ce qu’on appelle en philosophie un « argument d’autorité » : je suis physicien, donc je suis nécessairement plus rigoureux dans ma pensée que des littéraires, et donc vous devez me croire. Il me semble néanmoins que l’on ne peut sérieusement étudier le phénomène de l’antisémitisme de la même façon qu’on étudie le boson de Higgs…

dimanche 5 janvier 2014

Humanisme et égalité : réponse à Yves Bonnardel et David Olivier (2ème partie)

  

             Yves Bonnardel a répondu à mon article « L’animalisme est-il un humanisme ?» qui défendait l’humanisme dans une perspective antispéciste et qui critiquait l’antihumanisme d’Yves Bonnardel dans une interview que l’on peut trouver sur le net. Sa réponse n’a néanmoins pas été une réfutation de mes propres arguments, mais une suite de liens vers des articles de David Olivier, autre collaborateur des « Cahiers Antispécistes ». Et en particulier, il met en exergue un de ses articles : « Je trouve que la première partie de l'article de David, "Pour un radicalisme réaliste"[1], met bien en lumière que c'est abusivement que nous rapportons à l'idée d'humanité (de même qu'à l'humanisme) diverses caractéristiques positives... ». C’est donc à cet article de David Olivier que je répondrai ici.

               La première partie de cet article se trouve ici.
               Voici donc ici la deuxième partie.

lundi 16 décembre 2013

Humanisme et égalité : réponse à Yves Bonnardel et David Olivier (1ère partie)

Yves Bonnardel a répondu à mon article « L’animalisme est-il un humanisme ?» qui défendait l’humanisme dans une perspective antispéciste et qui critiquait l’antihumanisme d’Yves Bonnardel dans une interview que l’on peut trouver sur le net. Sa réponse n’a néanmoins pas été une réfutation de mes propres arguments, mais une suite de liens vers des articles de David Olivier, autre collaborateur des « Cahiers Antispécistes ». Et en particulier, il met en exergue un de ses articles : « Je trouve que la première partie de l'article de David, "Pour un radicalisme réaliste"[1], met bien en lumière que c'est abusivement que nous rapportons à l'idée d'humanité (de même qu'à l'humanisme) diverses caractéristiques positives... ». C’est donc à cet article de David Olivier que je répondrai ici.

mardi 10 décembre 2013

Blaise Pascal, Epictète, Montaigne et la question du stoïcisme au XVIIe siècle



           L'article qui va suivre est une étude d'un dialogue entre des jansénistes au XVIIème siècle. Le jansénisme est ce courant intégriste chrétien qui a occupé une place importante dans la vie intellectuelle et spirituelle du XVIIème siècle. Il s'agit d'une doctrine résolument anti-humaniste qui refuse la possibilité pour l'homme de s'améliorer de lui-même et qui insiste de manière centrale sur la grâce que Dieu peut donner ou pas à l'homme empli de foi. Blaise Pascal avec Jean Racine ont été certainement parmi les jansénistes les plus célèbres.

           Le dialogue de Blaise Pascal avec un autre janséniste a pour thème l'opposition frontale des jansénistes aux thèses de l'humanisme symbolisé ici par deux de ses deux courants: d'une part, le courant  de Juste Lipse et La Mothe Le Vayer qui remet au goût du jour le stoïcisme et défend l'idée d'un homme fort, volontaire, maître de lui-même et de ses passions, grandiose dans ses aspirations philosophiques et spirituelles, et d'autre part, le courant de Michel de Montaigne où l'homme se retrouve face à ses contradictions et ses faiblesses et tente de développer un art de vivre simple et joyeux.    

         Donc, au-delà de ces considérations chrétiennes sur le salut et la misère de l'homme, le dialogue entre monsieur de Sacy et Blaise Pascal nous laisse une réflexion sur l'humanisme et l'anti-humanisme ainsi que sur les différentes façons de considérer l'homme et la nature humaine au sein de l'humanisme.