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samedi 23 juin 2018

Analyse de l'asservissement et de la libération




Le Traité du Milieu


Nāgārjuna


Chapitre XVI : Analyse de l'asservissement et de la libération



1. Et si les agrégats transmigraient ?
S'ils sont permanents, ils ne transmigrent pas.
S'ils sont impermanents, ils ne transmigreront pas.
Le même raisonnement s'applique aux êtres animés.

2. Et si l'individu transmigrait ?
Si on le cherche avec le quintuple examen,
Dans les agrégats, les sphères de la connaissance et les éléments
Sans le trouver, qu'est-ce qui transmigrera ?

3. S'il transmigre d'existence
En existence, il passera par l'inexistence.
Qu'est-ce qui, donc, privé d'existence
Et d'agrégats, transmigrera ?

4. Les agrégats ne peuvent en aucune manière
Passer au-delà de la souffrance.
En aucune manière, l'être animé
Ne peut passer au-delà de la souffrance.

5. Sujets à la naissance et à la destruction,
Les agrégats ne sont ni liés, ni libérés.
Comme précédemment, les êtres
Ne sont ni liés, ni libérés.

6. Si l'appropriation enchaîne,
Celui qui a cette appropriation n'est pas enchaîné.
Si la non-appropriation n'enchaîne pas,
Dans quel état sera-t-on enchaîné ?

7. Si l'enchaînement précède ce qui est enchaîné,
Celui-ci dépendra de celui-là :
Ce qui n'est pas le cas.
Le reste de la réfutation a été enseignée lors des trois moments du mouvement.

8. Tout d'abord, ce qui est enchaîné n'est pas libéré
Et ce qui n'est pas enchaîné ne l'est pas non plus ;
Si ce qui est enchaîné se trouvait en cours de libération,
Il serait simultané à la libération.

9. « Sans attachement, je passerai dans le Nirvāna,
Le Nirvāna est mien »
Ceux qui prennent ainsi les choses
Tombent dans la plus grande appropriation !

10. Pour qui n'existe ni production du Nirvāna,
Ni cessation du samsāra,
Pour celui-là, comment le samsāra serait-il ?
Comment le Nirvāna serait-il ?


samedi 9 juin 2018

dimanche 4 février 2018

Analyse des éléments


Le Traité du Milieu


Nāgārjuna

Chapitre V : Analyse des éléments




(NB : les six éléments dans la philosophie bouddhique sont l'espace, la terre, l'eau, le feu, l'air et la conscience. L'espace est souvent décrit comme une absence d'éléments ou comme une place que peuvent occuper ou non les éléments matériels. Certaines écoles philosophiques du bouddhisme considèrent que l'espace n'est pas du tout un élément, un non-élément en somme. L'esprit ou conscience est un élément non-matériel qui n'est pas lié à un lieu particulier dans l'espace, ni à des éléments physiques, mais qui s'identifient à un corps physique, ce qu'on appelle le « nom et forme », et donc au lieu qu'occupe ce corps physique dans l'espace. La présente analyse de Nāgārjuna sur l'espace vaut pour les cinq autre éléments : terre, eau, feu, air, conscience).

dimanche 28 janvier 2018

Analyse des facultés sensorielles



Le Traité du Milieu


Nāgārjuna

Chapitre III : Analyse des facultés sensorielles





1. La vision, l'ouï, le goût,
L'odorat, le toucher, le mental,
Telles sont les six facultés sensorielles ;
Leur domaine est l'objet de vision et les autres.

2. La vision ne voit
Sa propre entité ;
Ce qui ne soit pas soi-même,
Comment verrait-il les autres ?

3. L'exemple du feu n'est pas à même
De démontrer la vision.
On y répond, ainsi que pour la vision,
Par le raisonnement appliqué au mouvement accompli, inaccompli et actuel.

4. Alors que rien de ce qui est non-vision
N'est vision,
Comment serait-il logique de dire :
« La vision voit » ?

5. La vision n'est pas vision,
La non-vision n'est pas non-vision.
Il faut savoir que la vision même
Explique l'agent de vision.

6. Avec vision, l'agent de vision n'existe pas,
Sans vision, il n'existe pas non plus.
Sans agent de vision,
Comment l'objet de vision et la vision existeraient-ils ?

7. De même qu'un fils est dit naître
En dépendance du père et de la mère.
De même, la conscience est dite venir à l'existence
En dépendance de l’œil et de la forme visible.

8. Puisque l'objet de vision et la vision n'existent pas,
Les quatre : la conscience et le reste, n'existent pas.
Comment l'appropriation et les autres
Existeraient-ils ?

9. Il faut savoir que par la vision
Sont expliqués l'audition, l'odorat,
Le goût, le toucher, le mental,
L'agent d'audition, l'agent d'odorat, etc...

samedi 20 janvier 2018

Analyse des conditions


Le Traité du Milieu


Nāgārjuna


Chapitre premier : Analyse des conditions


1. Où quelles soient, quelles qu'elles soient,
Les choses ne sont jamais produites
À partir d'elles-mêmes, d'autres,
Des deux ou sans cause.


2. Hormis ces quatre-ci : causale,
En tant qu'objet d'observation,
Immédiate et souveraine,
Il n'existe pas de cinquième condition.


3. Une nature propre des choses
Ne se trouve pas dans leurs conditions ;
Et si une chose en soi n'existe pas,
Une chose autre n'existera pas non plus.


4. L'activité ne possède pas les conditions.
Il n'y a pas d'activité qui ne possède de conditions,
Il n'y a pas de conditions qui ne possèdent d'activité,
Les conditions ne possèdent pas l'activité.


5. Elles sont dites conditions
Parce que ce qui naît prend appui sur elles ;
Aussi longtemps que rien n'est engendré,
Pourquoi ne sont-elles pas des non-conditions ?


6. Pour l'existant comme pour l'inexistant
Des conditions sont inacceptables.
Que seront les conditions de l'inexistant ?
Que fera-t-on de conditions pour l'existant ?


7. Quand un phénomène existe, n'existe pas,
Ou existe et n'existe pas, il n'est pas établi ;
Comment un agent d'accomplissement serait-il dénommé cause ?
De ce fait, cela n'est pas logique.


8. Il est enseigné que la condition objective
D'un phénomène existant n'existe simplement pas ;
Si l'on observer un phénomène inexistant,
Où aura-t-on une condition objective ?


9. Si les phénomènes ne sont pas nés,
Leur cessation est impossible ;
Par conséquent, la cause immédiate n'est pas applicable.
Quelle sera la condition de ce qui a cessé ?


10. Puisque la nature propre des choses
N'existe pas, la déclaration :
« Ceci apparaît en raison de cela »
Est irrationnelle.


11. L'effet n'existe pas
Dans les conditions individuelles ou réunies.
En l'absence de conditions,
Comment naîtrait-il des conditions ?


12. Si, bien qu'existant, un effet
Est produit à partir de ces conditions,
Pourquoi un effet ne serait-il pas engendré
À partir de non-conditions ?


13. Si l'effet a la nature des conditions,
Les conditions n'ont pas de nature de conditions.
Comment un effet issu de ce qui n'est pas réellement soi-même
Posséderaient-ils la nature des conditions ?


14. En conséquence, un effet ne participe pas de la nature des conditions
Et n'existe pas dans la nature des non-conditions ;
Puisqu'un effet est inexistant,
Comment aurait-on des conditions et des non-conditions ?

jeudi 12 janvier 2017

Continuum








- Vénérable Nāgasena, demanda le roi Milinda, ce qui se produit est-il identique ou bien autre (que ce qui a précédé) ?

- Ce n'est ni identique, ni autre, répondit l'Ancien.

- Donne-moi une comparaison, demanda le roi Milinda.

- Qu'en penses-tu, ô roi ? Celui que tu as été : petit, jeune, faible, couché sur le dos, est-ce le même que tu es à présent, devenu adulte ?

- Non, Vénérable : autre était le petit enfant, autre je suis à présent.

- Ô roi, s'il en est ainsi, il ne peut y avoir ni père, ni mère, ni précepteur, ni personne qui ait appris les arts, personne qui soit doué de moralité et de sagesse pénétrante. Y a-t-il une mère différente pour l'embryon à chaque stade de son développement, une autre pour le petit enfant, une autre encore pour l'adulte ? Celui qui apprend les arts est-il différent de celui qui les sait ? Autre celui qui commet un acte mauvais, autre celui à qui on coupe les mains et les pieds ?

- Non, Vénérable. Mais que penses-tu de ce que nous venons de dire ?

jeudi 7 avril 2016

Soûtra d'Udaya


Soûtra d'Udaya

Udaya Sutta

Samyutta Nikāya, I, 173-174



    Ainsi ai-je entendu. Le Bienheureux séjournait alors à Sāvatthi. En ce temps-là, un jour, s'étant habillé de bon matin, le Bienheureux prit son manteau et son bol à aumône, puis s'approcha de la maison du brahmane Udaya. Le brahmane Udaya remplit alors le bol à aumônes du Bienheureux avec du riz bouilli.

    Le jour suivant aussi, s'étant habillé de bon matin, le Bienheureux prit son manteau et son bol à aumône, puis s'approcha de la maison du brahmane Udaya. Le brahmane Udaya remplit alors le bol à aumônes du Bienheureux avec du riz bouilli.

       Le troisième jour également, s'étant habillé de bon matin, le Bienheureux prit son manteau et son bol à aumône, puis s'approcha de la maison du brahmane Udaya. Le brahmane Udaya remplit alors le bol à aumônes du Bienheureux avec du riz bouilli et dit : « Ce religieux Gotama est vraiment ennuyant. Il revient encore et encore ».

samedi 8 août 2015

L'enseignement sur les trois natures

L'enseignement sur les trois natures

Vasubandhu


Hommage au Bienheureux, le Seigneur du Monde.


1. L'imaginaire, le dépendant
Et le parfaitement établi
Fondent les trois natures
Qui doivent être reconnues dans toute leur profondeur.

2. Induit par le pouvoir des conditions,
Ce qui existe n'est qu'une simple imagination:
Tout ce qui se manifeste est le dépendant,
Dont la façon d'apparaître est purement imaginaire.

3. Ce mode d'apparition de toute manifestation
Est à jamais inexistant.
Comme il est dit qu'il ne saurait en être autrement,
Il s'agit là de la nature parfaitement établie.


mercredi 5 août 2015

La Trentaine de Vasubandhu

La Trentaine
Trimśika

Vasubandhu

Hommage à Mañjushrîkumârabhûta !

1. Les métaphores du « soi » et des « phénomènes »
Qui se prêtent à toute une variété d'usages
Sont le fait des métamorphoses de la conscience ;
Il y a trois types de métamorphoses :

2. La maturation, la « pensée fixée sur le moi »
Et la perception des objets des sens.
La première, « la conscience base-de-tout »
Est la maturation pourvue de toutes les semences.

lundi 3 août 2015

La Vingtaine de Vasubandhu

La Vingtaine
Vimśatika

Vasubandhu

Hommage à Mañjushrîkumârabhûta !

1. Toutes choses sont seulement perception,
Elles n'ont pas d'existence réelle, mais sont perçues en tant qu'objets.
Comme l'illustre les malades atteints d'ophtalmie qui voient des cheveux ou une lune là où il n'y a rien,
Aucun objet n'a d'existence réelle.

2. (Objection) – Mais si la perception n'a pas d'objet extérieur,
Il ne saurait y avoir de lieux et de moments déterminés,
Il serait de même illogique que plusieurs esprits [perçoivent le même objet],
Et nul objet n'assumerait sa fonction !

vendredi 24 juillet 2015

Genjō Kōan

Genjō Kōan

現成公案



Dōgen Zenji



1. Lorsque tous les dharmas sont conformes au Dharma du Bouddha, il y a illusion et Éveil, pratique, naissance et mort, Bouddhas et êtres sensibles.
Lorsque les dix mille dharmas ne possèdent pas de soi, n’existent ni illusion, ni Éveil, ni Bouddhas, ni êtres vivants, ni naissance, ni extinction.
Comme, fondamentalement, la Voie du Bouddha transcende l’abondance et le manque, il y a naissance et mort, illusion et Éveil, être sensibles et bouddhas.
Même si nous le déplorons, les fleurs tombent et les mauvaises herbes poussent.

jeudi 4 juin 2015

L’équanimité d’un Arahant


Dialogue entre le roi indo-grec Milinda (Ménandre) et le moine bouddhiste Nāgasena.


« - Vénérable, celui qui ne renaîtra pas éprouve-t-il des sensations douloureuses ?

- Il en éprouve certaines, d’autres non.

- Quelles sont-elles ?

- Il éprouve des sensations physiques, mais pas de sensations mentales.

- Comment cela, Vénérable ?

- Il éprouve des sensations physiques de par la non-cessation de toute cause, de toute condition qui font que ces sensations se produisent. Le Bienheureux a dit ceci : «  Il n’éprouve qu’une sorte de sensation : physique, et non mentale ».


lundi 1 juin 2015

La douleur d’un Arahant

La douleur d’un Arahant


Dialogue entre le roi indo-grec Milinda (Ménandre) et le moine bouddhiste Nāgasena.
Commentaire de ce texte ici.


« Vénérable Nāgasena, vous dites, toi et tes pareils, que l’Arahant éprouve uniquement des sensations physiques, non pas mentales. Est-ce à dire qu’il est sans autorité, ni maîtrise sur son corps, qui est le soutien grâce auquel procède sa pensée ?

- Oui, ô roi.

- Il est tout de même contradictoire, vénérable, qu’il n’ait pas d’autorité sur son corps grâce auquel procède sa pensée, alors qu’un simple oiseau exerce son autorité, sa maîtrise, son contrôle sur le nid qu’il habite !

- Ô roi, dix phénomènes inhérents au corps le pourchassent, et suivent continuellement ses mouvements tout au long du devenir. Quels sont-ils ? Ce sont le froid, la chaleur, la faim, la soif, l’excrétion, la miction, l’apathie ou torpeur, le vieillissement, la maladie et la mort. L’Arahant n’a ni autorité, ni maîtrise, ni contrôle sur eux.

jeudi 28 mai 2015

Illusion du sujet connaissant



Dialogue entre le roi indo-grec Milinda (Ménandre) et le moine bouddhiste Nāgasena.

Voir le commentaire de ce texte ici.




       « - Vénérable, y a-t-il un sujet connaissant ?

       - Ô roi, qu’entends-tu par « sujet connaissant » ?

    - Le principe vital interne qui voit les formes matérielles avec l’œil, entend les sons avec l’oreille, respire les odeurs par le nez, goûte les saveurs sur la langue, touche les objets tangibles avec le corps, connaît les objets mentaux par l’entendement.
De même qu’assis ici dans le belvédère, nous pouvons voir par chacune des fenêtres selon notre désir – par celle de l’est, celle de l’ouest, celle du nord, celle du sud -, de même ce principe vital interne peut voir par chacune des portes sensorielles selon son désir.

Olivia Fraser, Soleil


- Ô roi, je vais te parler des cinq portes sensorielles, répondit le thera1 ; écoute et sois bien attentif.
Si le principe vital interne voit les formes avec l’œil de la même façon qu’assis ici dans le belvédère, nous pouvons voir les formes par chacune des fenêtres des quatre orients selon notre désir, ce principe vital interne peut-il voir de même les formes avec l’oreille, le nez, la langue, le corps, l’entendement ? Peut-il entendre les sons avec l’œil, le nez, la langue, le corps, l’entendement ? Peut-il sentir les odeurs  avec l’œil, l’oreille, la langue, le corps, l’entendement ? Peut-il goûter les saveurs avec l’œil, l’oreille, le nez, le corps, l’entendement ? Peut-il toucher un objet tangible avec l’œil, l’oreille, le nez, la langue, l’entendement ? Peut-il connaître un objet mental avec l’œil, l’oreille, le nez, la langue, le corps ?

dimanche 16 novembre 2014

Je ne suis pas un amoureux des animaux...

Je ne suis pas un amoureux des animaux,
Et pourtant je suis vegan...

Extrait de la préface de 1975 de la « Libération animale » de Peter Singer.
(éd. Grasset, traduit par Louise Rousselle, 1993, pp. 9-11)

Peter Singer
    J'avais depuis peu entrepris cet ouvrage lorsque nous fûmes invités, mon épouse et moi, à prendre le thé - nous vivions à l'époque en Angleterre - par une dame qui avait entendu que je projetais d'écrire au sujet des animaux. Elle-même s'intéressait beaucoup aux animaux, nous dit-elle, et elle avait une amie qui avait déjà écrit sur eux et qui serait si heureuse de nous rencontrer.

   Quand nous arrivâmes, l'amie de notre hôtesse nous attendait, et elle était très impatiente effectivement de parler des animaux. « Je les aime tant, commença-t-elle. J'ai un chien et deux chats et savez-vous qu'ils s'entendent à merveille ? Vous connaisez Mrs Scott ? Elle tient un petit hôpital pour chiens et chats malades... » - et la voilà lancée. Elle s'interrompit lorsqu'on servit les rafraîchissements, prit un sandwich au jambon, et nous demanda quels animaux nous avions.

dimanche 5 octobre 2014

La déconstruction du moi par Nâgasena

Milinda demanda au vénérable Nâgasena : « Sous quel nom connaît-on le vénérable ? Comment t’appelles-tu ?
- Ô roi, on me connaît sous le nom de Nâgasena ; c’est par ce nom que mes coreligionnaires s’adressent à moi. Cependant, bien que les parents choisissent un nom tels que Nâgasena, Sûrasena, Vîrasena ou Sîhasena, ce n’est là qu’une dénomination, une désignation, une appellation, un usage commun ; ce n’est rien de plus que le nom « Nâgasena » : aucune personne ne s’y trouve.
- Ecoutez-moi, vous les cinq cents Yonakas, vous les quatre-vingt mille moines ! dit le roi Milinda ; ce Nâgasena afffirme : « Aucune personne ne s’y trouve ! » Convient-il d’accepter cela ? »

jeudi 28 août 2014

Alceste et Philinte dans le "Misanthrope" de Molière

     Voici le début savoureux du Misanthrope de Molière. S'y affrontent deux amis que tout oppose, ou plutôt deux ex-amis, car Alceste, le Misanthrope, est très fâché à l'encontre de Philinte, car celui-ci a fait preuve de courtoisie chaleureuse et d'amabilités convenues envers un homme qu'il connaît à peine. « Je vous vois accabler un homme de caresses, et témoigner pour lui les dernières tendresses ; de protestations, d' offres et de serments, vous chargez la fureur de vos embrassements ; et quand je vous demande après quel est cet homme, à peine pouvez-vous dire comme il se nomme  ». C'en est trop pour Alceste qui ne veut pas d'un tel hypocrite, un tel bonimenteur comme ami. « Moi, votre ami ? Rayez cela de vos papiers ».




lundi 18 août 2014

Dialogue du chapon et de la poularde


    Voltaire met en scène dans ce dialogue peu connu de 1763 un chapon (coq castré) et une poularde qui discutent de la cruauté des hommes. C'est l'occasion pour Voltaire de faire l'apologie du végétarisme et d'une alimentation qui ne serait pas basée sur la cruauté.

   Voltaire en profite pour attaquer la religion, mais aussi Descartes qu'il accuse d'être complice et partie prenante de cette cruauté permanente à l'encontre des animaux. Il montre en quoi cette cruauté est indissociable de la cruauté des puissants à l'encontre du genre humain.



LE CHAPON.

Eh, mon Dieu! ma poule, te voilà bien triste, qu’as-tu?

LA POULARDE.
Mon cher ami, demande-moi plutôt ce que je n’ai plus. Une maudite servante m’a prise sur ses genoux, m’a plongé une longue aiguille dans le cul, a saisi ma matrice, l’a roulée autour de l’aiguille, l’a arrachée et l’a donnée à manger à son chat. Me voilà incapable de recevoir les faveurs du chantre du jour, et de pondre.

vendredi 18 octobre 2013

Le Sandokai (參同契) est un poème écrit au huitième siècle par le maître zen chinois Shitou Xiqian (Sekito Kisen en Japonais). Ce texte fondamental du zen sôtô est chanté quotidiennement dans les temples zen du monde entier.