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dimanche 8 mai 2016

Éros, philia et agapé




    Dans la spiritualité et dans la religion, on parle souvent d'amour. Jésus disait : « Aimez-vous les uns les autres » ou « Aime ton prochain comme toi-même ». Dans le Soûtra de l'Amour, le Bouddha appelle à aimer chaque être dans l'univers comme une mère aime et chérit son unique enfant : « Ainsi qu'une mère au péril de sa vie, surveille et protège son unique enfant, ainsi avec un esprit sans limite, doit-on chérir tout être vivant, aimer le monde en son entier, au-dessus, au-dessous et tout autour, sans limitation, avec une bonté bienveillante et infinie ». Mais que signifie l'amour dans ce cas précis ? Le mot semble évident, mais au nom de l'amour, on fait toutes sortes de choses déraisonnables, voire même condamnables. Telle personne bat sa femme qu'il croit infidèle, telle autre fait une crise de jalousie, telle autre se suicide de désespoir parce que la personne aimée le ou la rejette.... On sait tous que la passion amoureuse peut avoir des conséquences funestes. Toute la littérature est remplie de ces histoires d'amour qui finissent mal, très mal parfois... De Roméo & Juliette à Tristan & Iseult en passant par Autant en emporte le vent....

    Est-ce que c'est cet amour qu'ont prôné Jésus et le Bouddha ? Non, évidemment. Poser la question revient évidemment à y répondre ! Mais la volonté de se mettre à distance des conséquences délétères de la passion amoureuse a conduit les courants religieux et spirituels à fermement condamner l'amour charnel d'une façon souvent très dure. Les religions se sont attelées à refréner les pulsions sexuelles des hommes et des femmes, à les encadrer strictement dans le cadre du mariage et encore dans la seule optique de la reproduction et la perpétuation de la société. L'amour charnel qui déborderait d'une manière ou d'une autre de ce cadre strict a été lourdement frappé du sceau du péché, de l'impureté ou de l'infamie. Pourtant, dans l'amour charnel, il y a de l'amour, peut-être entaché d'imperfections et de manque de sagesse, mais de l'amour quand même, un amour qui jaillit et qui persiste dans la conscience des gens.

lundi 28 mars 2016

Logique indienne



    Les logiciens du Moyen-âge ont longtemps étudié les syllogismes d’Aristote, et leur travail a notamment porté sur le fait d’extraire tous les syllogismes valides parmi les 256 possibilités. Néanmoins, les logiciens contemporains qui ont repris ces études à leur compte ont été nettement plus réservés sur ces syllogismes valides distinguant les pleinement valides (BARBARA par exemple) des quasi-valides (BARBARI notamment). Ainsi :

« Tous les philosophes sont des hommes.
Tous les hommes sont mortels.
Donc certains philosophes sont mortels. »

      Cette conclusion sous forme d’affirmation particulière (I) est apparue aux yeux de Thomas d’Aquin et de ses contemporains scolastiques comme parfaitement valide, même si elle est nettement moins forte dans sa portée que celle du syllogisme de type « Barbara » que l’on pourrait attendre en droit des deux prémisses universelles : « Tous les philosophes sont mortels ». Pour les logiciens contemporains, sa validité est nettement plus problématique, et cela se manifeste clairement quand on traduit ce syllogisme de type « Barbari » en langage formel :

samedi 1 novembre 2014

La notion de sagesse - 6ème partie : Aristote



L’Éthique à Nicomaque.


L’Éthique à Nicomaque[1] reprend les trois concepts de sophia, de phronésis et de sôphrosuné qui recouvrent la notion de sagesse, en les redéfinissant et en leur donnant un ordre respectif dans l’agencement de l’éthique. La sophia est la sagesse théorique ou théorétique, la phronésis que l’on a souvent traduit par prudence (du latin prudentia chez Thomas d’Aquin) et que l’on traduit parfois aujourd’hui par « sagacité » est la sagesse pratique, tandis que la sôphrosuné est la tempérance, la continence, c’est-à-dire la capacité à accomplir la vertu quand on la reconnu comme telle. Sagesse et prudence font partie des vertus théoriques car elles sont liées à l’âme raisonnable, tandis que la tempérance qui est là pour contrôler et canaliser les ardeurs de l’âme irrationnelle est une vertu pratique[2]