Le pouce du panda
Quelles
sont les preuves de la théorie de l'évolution de Charles Darwin ?
On prend souvent l'exemple de la girafe : les cous des girafes
qui étaient le plus longs étaient favorisés dans la lutte pour la
survie, car ces girafes au cou long pouvaient manger les feuilles des
plus hautes branches. La sélection naturelle explique que ces
girafes au cou long ont transmis leurs gènes à leur descendance, et
cela explique l'évolution de la longueur du cou chez les girafes.
Mais si l'on réfléchit dans un schéma créationniste ou dans celui
d'un dessein intelligent, ne peut-on pas dire que Dieu a conçu un
plan pour les girafes ? Lui qui sait tout, n'a-t-Il pas eu
l'idée d'allonger le cou de ces herbivores pour augmenter leur
chance de survie ? Un plan divin, un plan génial. Pareillement,
quand on regarde les ailes d'un albatros, on se rend compte que ces
ailes sont un modèle d'aérodynamisme ! N'est-il pas plus
probable que ces ailes aient été conçues par un Créateur avec un
grand C, plutôt que produites par ce long processus, aveugle et
hasardeux qu'est l'évolution des espèces grâce à la sélection
des espèces ?
Pour
le biologiste et paléontologue Stephen Jay Gould (1941-2002), s'il y
a une preuve à chercher, ce n'est pas dans la perfection des formes
du règne animal ou végétal, mais bien justement dans les
imperfections et les anomalies de l'évolution. Une de ces
bizarreries, c'est justement le pouce du panda. Le panda géant a six
doigts, un de plus que nous, les humains, mais un de plus aussi que
ses cousins directs, les ours. Or quand on étudie de plus près le
pouce du panda, on se rend compte que ce pouce n'est pas constitué à
partir des os classiques de doigts. Les cinq autres doigts ont
l'ossature habituelle des doigts comme chez les ours, mais les os du
pouce et ses muscles dérivent d'une excroissance du sésamoïde
radial dans l'os du poignet. Ce faisant, ce sixième doigt du panda
qui constitue un pouce opposable donne un avantage évolutionnel très
important pour ces grands animaux végétariens qui ont besoin de
manipuler avec dextérité des branches de bambou toute la sainte
journée pour se nourrir des pousses tout en se débarrassant des
feuilles, là où leurs cousins ours sont omnivores et ne partagent
pas cet appétit prononcé pour les pousses de bambou.