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dimanche 8 février 2015

La conscience de soi - 1ère partie

La conscience de soi

Hier, j’ai regardé le film de science-fiction « Transcendance » de Wally Pfister avec Johnny Depp et Rebecca Hall, dont le thème tourne autour des intelligences artificielles et des théories transhumanistes qui prônent une amélioration continue de l’humanité jusqu’à atteindre la « singularité » ou la « transcendance », l’état d’évolution où notre conscience se détachera complètement de notre corps biologique. Le film évoque toutes les inquiétudes que peuvent faire naître ces théories transhumanistes et les sciences convergentes NBIC (nanotechnologie, biologie génétique, informatique, sciences cognitive et théories de l’information). Le transhumanisme est un vaste sujet extrêmement intéressant et préoccupant quand on sait que c’est l’idéologie officielle des patrons des grandes multinationales des nouvelles technologies (Google, notamment pour parler de l’entreprise la plus célèbre et la plus emblématique dans le domaine).


Mais ce à quoi je voudrais m’intéresser plus modestement, c’est un court passage du film où Will Casey (incarné par Johnny Depp) présente son super-ordinateur, appelé PINN et sensé renfermer une intelligence artificielle. Un scientifique présent, Joseph Taggert (incarné par Morgan Freeman), interroge alors la machine : « Quelle est la preuve que vous êtes conscient de vous-mêmes (self-aware) ? ». L’ordinateur répond : « C’est une question difficile. Pouvez-vous prouver que vous êtes conscient de vous-mêmes ? » 

La conscience de soi - 3ème partie

Voir la première et la seconde partie de cet article



Peut-on dès lors que l’on a pleinement réussi à mettre en œuvre cette pratique des quatre établissements de l’attention arriver à la pleine conscience de soi, je veux bien dire : « à un stade ultime de cette prise de conscience » ? C’est une question philosophique délicate car il se pose un problème majeur qui est que la conscience ultime en nous-mêmes ne peut pas prendre conscience d’elle-même. De la même façon que l’œil ne peut pas voir l’œil ou que le sabre ne peut pas se couper lui-même, la conscience ne peut se connaître elle-même. Pour certains philosophes bouddhistes, notamment ceux de l’école idéaliste de l’Esprit Seulement (Cittamâtra), les Bouddhas peuvent transcender ce problème en opérant dans la « méditation semblable au diamant » le « renversement du support » : la conscience qui était inéluctablement toujours conscience de quelque chose devient grâce à ce renversement « conscience qui se connaît et s’illumine elle-même », une conscience non-dualiste qui ne différencie plus entre le sujet et l’objet, entre le moi et le monde.