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mardi 16 mai 2017

L'appétit et la joie de vivre





L'appétit et la joie de vivre





   « Tu as le droit de tuer un animal pour t'en nourrir à condition que ta joie de le manger soit plus grande que la joie qu'il avait à vivre ».


jeudi 1 septembre 2016

Les mauvaises justifications - 5ème partie

Les mauvaises justifications de l'exploitation animale


5ème justification
« Hitler était végétarien » (sic).



     Nous vivons dans une société où le débat fait rage de savoir quel traitement nous devons accorder aux animaux. Ceux qui ont l'habitude de lire ce blog savent qu'en tant que végane, je désapprouve toute souffrance inutile exercée contre les animaux et contre toute exploitation cruelle à leur encontre. À partir du moment où l'on se rend compte que les animaux sont des êtres doués de sensibilité et de conscience, la seule attitude morale logique est de tout faire pour minimiser la violence et la cruauté dont les êtres humains sont capables à leur encontre. Cela implique au niveau individuel, le véganisme, le fait de ne pas consommer de produits animaux, et au niveau sociétal, le combat pour le bien-être et contre l'exploitation cruelle des animaux. Mais on entend toutes sortes de justifications qui minimisent l'intérêt de ce combat en faveur des animaux ou qui justifient carrément que l'humanité exploite les animaux. Ces justifications reviennent de manière cyclique et je voudrais les traiter une par une. A chaque article, j'essayerai de démonter les arguments de ces mauvaises excuses du statu quo par rapport aux animaux.







5ème justification : « Hitler était végétarien » (sic)


jeudi 4 août 2016

La vertu du véganisme






    Hier, un ami m'a demandé ce que je pensais des mouvances « d'abolition du véganisme ». Qu'est-ce que c'est ? Non, ce ne sont pas des défenseurs du lobby de la viande qui voient dans les véganes les incarnations de Satan ! Ce sont en fait des défenseurs de la cause animale qui pensent qu'il faut avant tout une action politique globale pour abolir la viande et l'exploitation, et que l'action individuelle de devenir végane est inutile, voire contre-productive pour la libération animale globale. C'est un mouvement assez marginal au sein de la cause animale (et qui mériterait selon moi de le rester). Mais ils ont au moins le mérite de faire réfléchir sur la meilleure manière de coordonner l'action individuelle et l'action globale dans le cadre de la libération animale.

dimanche 5 juin 2016

Sade et les animaux - 1ère partie



    Le plus mauvais petit prince de l'Allemagne fait meilleure chère que moi, n'est-ce pas, mon ami ? me dit Zamé. Voulez-vous savoir pourquoi ? C'est qu'il nourrit son orgueil beaucoup plus que son estomac, et qu'il imagine qu'il y a de la grandeur et de la magnificence à faire assommer vingt bêtes pour en sustenter une (...). Ce n'est point par aucun principe religieux que nous nous abstenons de viande ; c'est par régime, c'est par humanité : pourquoi sacrifier nos frères, quand la nature nous donne autre chose ? (...)

     Vous voulez me prendre pour un disciple de Crotone1 ; vous serez bien surpris quand vous apprendrez que je ne suis rien de tout cela, et que j'ai adopté dans ma vie qu'un principe : travailler à réunir autour de moi la plus grande somme de bonheur possible, en commençant par celui des autres.


Donation Alphonse François, marquis de Sade, Aline et Valcour, lettre 35, 1793, cité dans : Jean-Baptiste Jeangène Vilmer, Anthologie d'éthique animale (Apologie des bêtes), PUF, Paris, 2011, pp. 115-116.








     On ne s'attend point à un éloge du végétarisme et de l'altruisme chez le divin marquis de Sade, lui qu'on associe beaucoup plus aisément à la cruauté et à la jouissance de faire souffrir et de voir souffrir. Dans le roman épistolaire Aline et Valcour, Sade imagine un royaume sur l'île de Tamoé gouverné dans l'harmonie par le roi Zamé dont il est question dans ce passage. Ce qui est étonnant pour l'époque, ce que Sade imagine un gouvernement idéal chercherait à trouver leur bonheur en assurant le bonheur de plus grand nombre, mais en outre, ce bonheur inclut le bonheur des animaux pour lesquels il faudrait avoir un minimum de considération. Pourquoi sacrifier vingt animaux pour nourrir un seul homme ? Et en plus tirer grand orgueil de ce sacrifice ! Non, si la Nature a permis que l'on puisse vivre en mangeant des végétaux, et par là même qu'on épargne la vie de toute une série d'animaux, pourquoi ne pas préférer ce régime à l'habitude de se nourrir du cadavre des animaux ? Pour le roi Zamé, nous sommes là sur Terre pour récolter le plus de bonheur pour soi-même et autrui, et l'acte de devenir végétarien est le premier acte altruiste que l'on poser.



1 Disciple de Crotone : pythagoricien, Pythagore venait de la colonie grecque de Crotone (dans l'actuelle Calabre).





Tadas Jucys - A meal of dandelions




Voir également : 

Plutarque:  -Pour quel motif ?
                     être sensible à la vie animale

Ovide : Vous avez le blé




Voir tous les articles et les essais du "Reflet de la lune" autour de la libération animale ici.

Voir tous les articles et les essais du "Reflet de la lune" autour du végétarisme et du véganisme ici




Voir toutes les citations du "Reflet de la Lune" ici.



lundi 11 avril 2016

La relation entre bouddhisme et végétarisme



      Quand on pense à la relation entre végétarisme et bouddhisme, on pense en général au principe de non-violence ou ahimsa en sanskrit, qui régit cette philosophie comme d'autres courants de pensée de l'Inde ancienne. Et de fait, le premier précepte moral dans le bouddhisme est de ne pas tuer, ne pas prendre inutilement la vie, ne pas blesser non plus et ne pas créer de souffrances par la violence physique que l'on pourrait exercer sur autrui. Et « autrui » désigne autant les personnes humaines que les animaux. Humains et animaux sont aux yeux du Bouddha des êtres sensibles, des êtres doués de conscience qui peuvent ressentir et éprouver autant le bien-être que la souffrance. La frontière nette que l'on a pu tracer dans la pensée occidentale entre l'homme et l'animal et qui culmine avec René Descartes qui voyait les animaux comme autant de machines ou d'automates incapables de penser et de vraiment éprouver la douleur, cette frontière n'a pas lieu d'être dans le bouddhisme, mais aussi dans les autres courants majeurs de la spiritualité indienne.

samedi 27 février 2016

Le mangeur de viande et le tortionnaire



     Il y a quelques jours l'association L214 qui lutte en faveur de la condition animale a révélé une vidéo des mauvais traitements réservés aux bêtes dans l'abattoir de Vigan dans le Gard. Ce n'est pas la première fois que L214 révèle ce genre d'images. Il y a quelques mois, les images de l'abattoir d'Alès avaient défrayé la chronique et créé un gigantesque scandale. Mais aujourd'hui, le malaise est que, dans l'abattoir de Vigan, on tue et on massacre des animaux issus de la filière bio. Or l'idée générale est que, dans le bio, on est forcément gentil avec les animaux, qu'on les traite avec humanité, qu'on est respectueux envers eux. La filière de l'élevage bio jouit de l'imagerie de la ferme traditionnelle où tout était beau et rayonnant pour les animaux. On se rappelle nos livres d'enfants où la ferme d'élevage est systématiquement présentée sous un jour radieux, où les bêtes paissent paisiblement dans des prairies verdoyantes et où les cochons tout roses gambadent dans la boue. Mais ces images de fermes heureuses n'ont jamais été rien d'autre que de la propagande. Les choses n'ont jamais été aussi roses que cela : la violence a toujours été présente dans l'élevage depuis que l'élevage existe, et a fortiori dans l'abattage des bêtes. Les images de L214 viennent nous rappeler avec vigueur ce fait.



dimanche 7 février 2016

Dieu qui fait les oiseaux ne fait pas le gibier.

À un homme partant pour la chasse
Victor Hugo


Oui, l’homme est responsable et rendra compte un jour.
Sur cette terre où l’ombre et l’aurore ont leur tour,
Sois l’intendant de Dieu, mais l’intendant honnête.
Tremble de tout abus de pouvoir sur la bête.
Te figures-tu donc être un tel but final
Que tu puisses sans peur devenir infernal,
Vorace, sensuel, voluptueux, féroce,
Échiner le baudet, exténuer la rosse,
En lui crevant les yeux engraisser l’ortolan,
Et massacrer les bois trois ou quatre fois l’an ?
Ce gai chasseur, armant son fusil ou son piège,
Confine à l’assassin et touche au sacrilège.
Penser, voilà ton but ; vivre, voilà ton droit.
Tuer pour jouir, non. Crois-tu donc que ce soit
Pour donner meilleur goût à la caille rôtie
Que le soleil ajoute une aigrette à l’ortie,
Peint la mûre, ou rougit la graine du sorbier ?

Dieu qui fait les oiseaux ne fait pas le gibier.


Victor Hugo, Dernière Gerbe (Œuvre posthume).



Scène de Dead man, de Jim Jarmusch, 1995.




    Voilà un très beau poème contre la chasse de Victor Hugo. L'homme a peut-être un raison d'être dans la Création du fait de son intelligence, de son esprit, de sa civilisation, mais cela ne lui donne pas tous les droits sur la Création. En fait, beaucoup plus que de droits, l'homme reçoit une responsabilité envers les créatures qui peuplent la Nature : « Sois l’intendant de Dieu, mais l’intendant honnête. Tremble de tout abus de pouvoir sur la bête ». Nos capacités et notre ingéniosité à dominer la Nature et les animaux qui y vivent ne nous donne pas un pouvoir absolu sur eux, ni la liberté de les exploiter sans scrupule. L'homme a une destinée tellement plus haute que celle de se vautrer dans le meurtre et la destruction : « Penser, voilà ton but ; vivre, voilà ton droit. Tuer pour jouir, non ». J'aime ce poème de Victor Hugo, car il nous invite à repenser la tyrannie infernale que les hommes ont fait peser sur les animaux depuis des siècles, mais dont l'ampleur s'est considérablement accrue depuis le XXème siècle et l'industrialisation de l'élevage et de la pêche. Il redonne à l'homme un rôle d'intendant honnête dont la gloire est de développer sa pensée, un intendant honnête qui respecte et aime le jardin qu'est ce monde. Or l'exploitation féroce des animaux telle qu'elle existe encore malheureusement aujourd'hui n'est évidemment pas bonne pour les animaux, êtres doués de sensibilité, mais pas bonnes non plus pour les écosystèmes, et donc pas bonne pour l'Homme en dernier ressort. Une invitation encore à repenser notre rapport aux animaux. 






Kobi Refaeli




Autre poème de Victor Hugo : 




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ici.



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jeudi 10 décembre 2015

Y a-t-il un troisième choix ?



     Dans un article très récent daté du 4 décembre intitulé « There is no third choice », l'activiste et philosophe abolitionniste Gary Francione nous explique qu'il n'y a que deux choix possibles : soit on se participe au système qui exploite les animaux, soit on n'y participe pas. En clair, soit on est végane abolitionniste et on est un gentil, soit on n'est pas végane abolitionniste et on est donc un méchant. Évidemment, « ne pas être végane abolitionniste » ouvre un champ très vaste de personnes dans la société : cela va du mangeur de viande invétéré, de l'aficionado qui ne raterait pour rien au monde une corrida au flexitarien qui essaye de manger moins de viande. Mais dans la tête de Gary Francione, cela comprend également les végétariens qui n'ont pas encore cessé de manger des œufs et des produits laitiers, mais aussi les véganes welfaristes. Tous sont logés à la même enseigne : ils participent honteusement à l'exploitation animale. On navigue dans l'extrémisme pur et dur, et je pense qu'il est important de dénoncer le discours de Francione parce qu'il est très en vogue dans les milieux de la libération animale et qu'il crée des dissensions inutiles et néfastes au sein de ces mouvances.

       Tout l'article de Francione repose sur la dénonciation du « welfarisme » et l'accusation que ce welfarisme contribue à l'exploitation animale, même si le but est d'aider les animaux. Mais d'abord répondons à une question qui viendra de celui qui n'est pas accoutumé au langage de la libération animale : qu'est-ce que le « welfarisme » ? Ce terme vient du mot anglais « welfare », bien-être. Le welfarisme est donc l'idée qu'il faut agir pour le bien-être des animaux par tous les moyens possibles, y compris en composant avec le monde de l'élevage, des abattoirs, des cirques, des zoos, les laboratoires scientifiques qui font de l'expérimentation animale, etc... Pour prendre un exemple tout à fait typique de l'action des welfaristes, ceux-ci feront pression sur le grand public (qui n'est pas nécessairement acquis à la cause végane, c'est le moins que l'on puisse dire) et sur le monde de l'élevage industriel (qui est franchement opposé à la cause végane) pour augmenter la taille des cages des poules. Parfois cette augmentation n'est que de cinq centimètres, autant dire pas grand chose... Mais l'idée est qu'après une progression lente certes, mais certaine, les animaux verront une amélioration substantielle de leur condition.

vendredi 13 novembre 2015

Commentaire au Soûtra de Jīvaka




   
    Jīvaka était un médecin proche du Bouddha. Il a eu l'occasion de prodiguer ses soins. À plusieurs reprises, il a l'occasion de dialoguer à propos du Dharma. Dans ce soûtra, Jīvaka interpelle le Bienheureux sur la question du végétarisme. Les moines pratiquaient la non-violence. Or dans la pensée indienne, être non-violent implique de ne pas blesser non plus les animaux, ni les tuer évidemment. Or un des meilleurs moyens de s'abstenir de tuer les animaux est évidemment de ne pas les manger. Beaucoup d'ascètes de l'époque du Bouddha étaient donc strictement végétariens. Les plus célèbres et qui existent encore de nos jours étaient les jaïns qui mettent le principe de non-violence au centre de leur doctrine philosophique. Les laïcs jaïns sont normalement végétariens, et les moines sont même végétaliens. On pourrait s'attendre à ce que les moines disciples du Bouddha fassent de même vu que le premier précepte éthique des bouddhistes est de ne pas tuer les autres sensibles, mais ils arrivaient que les moines bouddhistes mangent de la viande. Jīvaka s'en inquiètent donc auprès du Bouddha : « Vénérable, voici ce que j’ai entendu : « On tue des êtres vivants pour nourrir l’ascète Gotama[1], qui mange délibérément de la chair d’animaux tués pour lui ». Vénérable, ceux qui s’expriment ainsi disent-ils vrai ? »

jeudi 5 novembre 2015

Vers un monde végane - 1ère partie






Vers un monde végane – lentement, mais sûrement
1ère partie





   Le chemin vers un monde végane passe-t-il par la promotion du flexitarisme ? Faut-il encourager les gens à réduire progressivement leur consommation de viande et de produits animaux et à végétaliser de plus en plus leur alimentation ? C'est l'approche que défend depuis longtemps l'association végétarienne belge EVA et celui qui a été son président pendant plus de dix ans, Tobias Leenaert. EVA a notamment mis en place la campagne « Donderdag Veggiedag » (le Jeudi Veggie) dans la ville de Gand où on encourage tout le monde à consacrer une journée par semaine à végétaliser ses repas. L'idée de cette campagne est qu'il ne sert à rien de vouloir à tout prix imposer le véganisme qu'il faudrait adopter du jour au lendemain, mais encourager à changer leurs habitudes par petites touches où ils vont pouvoir s'accoutumer à l'alimentation végétarienne, puis végane. Selon Tobias Leenaert, cette stratégie s'avère plus efficace à long terme que la volonté de convertir les gens au véganisme d'un seul coup en leur présentant des images d'abattoir et des exemples de la maltraitance des hommes à l'égard des animaux. Il défend sa vision stratégique sur son site « Vegan Strategist » et je voudrais évoquer ici ses articles de ces derniers jours car ils m'ont interpellé.




Tobias Leenaert




    Tobias Leenaert explique que le groupe de gens qui sont le plus à même de réduire la souffrance animale ne sont ni les véganes, ni les végétariens, mais bien les « flexitariens ». Pour rappel, un flexitarien (reducetarian en anglais, celui qui réduit) est quelqu'un qui s'autorise encore à manger de la viande ou du poisson, au contraire d'un végétarien ou a fortiori d'un végane, mais il en limite le plus possible la consommation. Du point de la lutte contre la souffrance animale et de l'exploitation honteuse des animaux, ce n'est évidemment pas aussi bien que l'attitude du végane. Mais le flexitarien est pourvu d'une qualité puissante qui joue en sa faveur : le nombre. Il y a beaucoup plus de flexitariens dans notre société que de végétariens ou de véganes. Donc, si même les flexitariens ne réduisent que de moitié leur consommation animale, cela a beaucoup plus d'impact que la réduction de 100% de consommation animale par un nombre très réduit de véganes. En Belgique, les végétariens représentent à peu près 2% de la population et les véganes ne sont qu'un fraction de ces 2%. D'où il est justifié de faire des campagnes pour une progression douce vers une alimentation complètement végétalisée.

jeudi 30 avril 2015

Dans quel camp sont les végétariens ?

      Gary Yourofsky est un militant bien connu et très zélé de la cause animale. Il a donné des conférences dans le monde entier sur le véganisme et la condition animale. Ses vidéos sur le net où il fait l'apologie d'un mode de vie végan avec une énorme force de conviction connaissent un énorme succès. Récemment, ses textes ont été traduits en langue française par (voir son site : http://garyyourofskytraductionfrancaise.blogspot.be/). Un passage a retenu mon attention car il est emblématique d'une certaine mentalité très vivace chez nombre de végans quand ils parlent des végétariens.

vendredi 17 avril 2015

L’œuf et la poule



    Récemment j'ai participé à un débat entre végétariens et véganes sur la question de la production des œufs. Une végétarienne se demandait pourquoi exactement les véganes ne mangent-ils pas d’œufs, si ceux-ci sont recueillis dans de bonnes conditions. Cela a entraîné un débat assez vif, surtout entres les véganes eux-mêmes. Je me suis dit alors que la question était suffisamment riche pour essayer de structurer mes arguments dans un texte suivi.

   Tout d'abord, il y a une logique profonde à s'abstenir de manger des œufs dès lors que l'on est animé d'un esprit de compassion à l'égard des poules ou que l'on soutient la cause animale. Les élevages industriels réservent un sort infernal aux poules pondeuses, enfermées dans des cages minuscules où aucun mouvement ne leur est permis avec des milliers de congénères dans une odeur pestilentielle. Comme l'explique Jonathan Safran Foer dans son ouvrage « Faut-il manger les animaux ? » (Éditions de l'Olivier, 2010, pp. 63-64) :

mercredi 4 février 2015

Plutarque : être sensible à la vie animale



Voilà cependant ce que nous faisons ; nous ne sommes sensibles ni aux belles couleurs qui parent quelques uns de ces animaux, ni à l'harmonie de leurs chants, ni à la simplicité et à la frugalité de leur vie, ni à leur adresse et à leur intelligence; et, par une sensualité cruelle, nous égorgeons ces bêtes malheureuses, nous les privons de la lumière des deux, nous leur arrachons cette faible portion de vie que la nature leur avait destinée. Croyons-nous d'ailleurs que les cris qu'ils font entendre ne soient que des sons inarticulés, et non pas des prières et de justes réclamations de leur part? Ne semblent-ils pas nous dire : Si c'est la nécessité qui vous force à nous traiter ainsi, nous ne nous plaindrons pas, nous ne réclamons que contre une violence injuste. Avez-vous besoin de nourriture? égorgez-nous. Ne cherchez-vous que des mets plus délicats ? laissez-nous vivre, et ne nous traitez pas avec tant de cruauté. C'est un spectacle dégoûtant que devoir servir sur les tables des riches ces corps morts que l'art des cuisiniers déguise sous tant de formes différentes ; mais c'en est un plus horrible encore que de les voir desservir. Les restes sont toujours plus considérables que ce qu'on a mangé. Combien donc d'animaux tués inutilement ! D'autres ne touchent point à une partie des mets qu'on leur a servis, ils ne souffrent pas qu'on coupe les viandes qu'ils ont laissées, et eux-mêmes ils n'ont pas honte de mettre en pièces des animaux vivants.

Plutarque, Sur l'usage des viandes, Œuvres morales, tome IV, 994 d-f.



mercredi 10 décembre 2014

Pour quel motif ?

Vous me demandez pour quelle raison Pythagore s'abstenait de manger de la chair de bête ; mais moi; je vous demande avec étonnement quel motif ou plutôt quel courage eut celui qui le premier approcha de sa bouche une chair meurtrie, qui toucha de ses lèvres les membres sanglants d'une bête expirante, qui fit servir sur sa table des corps morts et des cadavres, et dévora des membres qui, le moment d'auparavant, bêlaient, mugissaient, marchaient et voyaient? Comment ses yeux purent-ils soutenir l'aspect d'un meurtre? comment put-il voir égorger, écorcher, déchirer un faible animal? comment put-il en supporter l'odeur? comment ne fut-il pas dégoûté et saisi d'horreur quand il vint à manier l'ordure de ces plaies, à nettoyer le sang noir qui les couvrait ? 

Plutarque, De l'usage des viandes, Œuvres morales (tome IV).

dimanche 16 novembre 2014

Je ne suis pas un amoureux des animaux...

Je ne suis pas un amoureux des animaux,
Et pourtant je suis vegan...

Extrait de la préface de 1975 de la « Libération animale » de Peter Singer.
(éd. Grasset, traduit par Louise Rousselle, 1993, pp. 9-11)

Peter Singer
    J'avais depuis peu entrepris cet ouvrage lorsque nous fûmes invités, mon épouse et moi, à prendre le thé - nous vivions à l'époque en Angleterre - par une dame qui avait entendu que je projetais d'écrire au sujet des animaux. Elle-même s'intéressait beaucoup aux animaux, nous dit-elle, et elle avait une amie qui avait déjà écrit sur eux et qui serait si heureuse de nous rencontrer.

   Quand nous arrivâmes, l'amie de notre hôtesse nous attendait, et elle était très impatiente effectivement de parler des animaux. « Je les aime tant, commença-t-elle. J'ai un chien et deux chats et savez-vous qu'ils s'entendent à merveille ? Vous connaisez Mrs Scott ? Elle tient un petit hôpital pour chiens et chats malades... » - et la voilà lancée. Elle s'interrompit lorsqu'on servit les rafraîchissements, prit un sandwich au jambon, et nous demanda quels animaux nous avions.

mercredi 20 novembre 2013

Être bouddhiste implique-t-il d’être végétarien ?


Être bouddhiste implique-t-il d’être végétarien ?


            Dans son ouvrage « Le bouddhisme, une philosophie du bonheur ? [1]» qui vient d’être publié, Philippe Cornu aborde toutes sortes de questions ayant trait au bouddhisme contemporain tel qu’il se profile en Occident. Le bouddhisme est-il une religion ? Une philosophie ? La méditation est-elle le centre de la pratique bouddhiste ou non ? Comment définir des concepts comme le karman ? Le non-ego ? Le bouddhisme est-il sexiste ? Propose-t-il des projets de transformation de la société ou reste-t-il centré sur l’individu et sa transformation personnelle ?....


            Il faut dire que Philippe Cornu n’est pas n’importe qui dans le domaine des études bouddhiques. On lui doit des traductions importantes comme la traduction de soutras du Grand Véhicule[2] ou la traduction du « Livre des morts tibétain », le Bardo Thodröl[3]. On lui doit également des études et des traductions de maître tibétain, ainsi son livre essentiel sur le maître tibétain du XIVème siècle, Longchenpa[4]. Mais on lui doit surtout le monumental « Dictionnaire encyclopédique du bouddhisme[5] ».


            Donc, l’avis de Philippe Cornu est un avis qui compte au sein du bouddhisme français ou européen. Or dans son livre « Le bouddhisme, une philosophie du bonheur », ce dernier examine la question du végétarisme au sein du bouddhisme[6]. Et même si son avis est quelque peu nuancé par des citations issues du Lankâvatâra Sûtra, favorable au végétarisme, le texte est clairement orienté en faveur des consommateurs bouddhistes de viande. Philippe Cornu se fait ici le porte-parole de ses maîtres tibétains, grands consommateurs de viande. Cela a suscité en moi un grand malaise, parce que la question du végétarisme touche à des points absolument essentiels de la doctrine bouddhique et que les évincer ou les minimiser revient à se détourner du Dharma et à donner de ce Dharma une image fallacieuse et détournée. C’est pourquoi je voudrais démonter dans ces quelques lignes l’argumentaire de Philippe Cornu sur cette question du végétarisme, argumentaire qui n’est jamais que l’écho des propos tenus par les lamas tibétains.


lundi 11 novembre 2013

Végétarisme & inter-être

Une idée importante de Thich Nhat Hanh est sans conteste son insistance sur la notion d’inter-être. Les phénomènes n’existent qu’en interdépendance les uns vis-à-vis des autres. Nous n’existons pas indépendamment du monde, de manière séparée des autres êtres ; au contraire, notre existence ne peut être pensée sans la multitude des êtres qui composent le monde. Thay prend l’exemple d’une feuille de papier toute simple, objet de la vie courante complètement banal à nos yeux, sans intérêt si ce n’est celui de coucher nos pensées par écrit ou d’esquisser un dessin dessus. Quand nous voyons la feuille, nous avons l’impression que celle-ci existe comme un phénomène séparé : il y a une feuille de papier et elle existe sous nos yeux et sous nos doigts. Et cette feuille se pare d’un caractère d’évidence : elle existe, elle est bien là et elle est séparée des autres choses. Cette évidence fait en sorte que nous n’ayons pas à porter plus d’attention à cette feuille.

Seconde réponse à Kryss sur le bouddhisme et le végétarisme

Suite à mon article « Bouddhisme et végétarisme », Kryss avait formulé quelques objections auxquelles j’avais répondu ici.

Kryss m’a ensuite écrit par courriel que je ne répondais pas vraiment à sa question, à savoir ce qu’il appelle « l’aspect publicitaire » de la conduite d’un moine bouddhiste respectant la règle alimentaire dite des « trois puretés ». En d’autres mots, est-ce que l’exemplarité de la conduite d’un moine n’est pas entachée par cette acceptation de plats de viande dans certaines conditions (quand le moine n’a pas vu, n’a pas entendu et ne pouvait pas savoir que cette viande a été cuisiné à son intention propre) ? Est-ce que ce moine ne va pas contribuer à donner un mauvais exemple en laissant croire aux gens ignorants qui voient le moine manger de la viande ou un « curry de poulet » qu’un moine mange couramment de la viande et qu’il n’y a aucune faute morale à manger de la viande, de la volaille ou du poisson ? Je pense avoir répondu en réalité, mais je vais préciser ici ma réponse et éclaircir ma pensée à ce sujet tant que se faire se peut…

lundi 28 octobre 2013

vendredi 25 octobre 2013

Jîvaka Sutta

Jîvaka Sutta
(Sermon pour Jîvaka, “Celui de la Vie”)
Sutta Pitaka, Majjhima-Nikâya nº 55