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samedi 8 juillet 2017

John Rawls et l'utilitarisme



John Rawls et l'utilitarisme



La justice selon Rawls – 2ème partie






Pour une explication des grandes lignes de la pensée de John Rawls, je recommande vivement de d'abord lire la première partie de « La justice selon Rawls » : « John Rawls et la justice sociale ».








        « La Théorie de la Justice » se veut implicitement comme une critique de l'utilitarisme très influent dans la philosophie anglo-saxonne. Que reproche John Rawls à l'utilitarisme ? L'utilitarisme est cette philosophie qui met en avant l'utilité d'une action morale ou politique : quel bien-être ou quel plaisir produit une action ? Tel doit être le critère pour juger le bienfait ou non d'une action. Attention, certaines actions produisent de la peine ou de la douleur, mais c'est en vue d'un plus grand bien. Par exemple, étudier pour ses examens est la plupart du temps pénible et fastidieux, mais c'est pour s'assurer l'accès à une carrière plaisante ou qui rapporte de l'argent. Dans ce cas, le moindre mal qu'est l'étude est compensée par le plus grand bien, l'accès à la profession recherchée. Les utilitaristes généralise ce principe à la sphère politique : certaines décisions politiques peuvent créer de la peine du moment que cette peine soit compensée par un profit plus grand pour l'ensemble de la société. Par exemple, augmenter les impôts est pénible pour beaucoup de gens, mais cette augmentation d'impôt est compensée par l'utilité pour l'ensemble de la société que peut avoir la création d'un hôpital ou la construction d'une autoroute. Il faut mettre dans la balance les utilités par rapport aux peines que provoquent l'action politique, et choisir la meilleure balance en faveur des utilités en terme de bien-être ou de plaisir. « L'idée principale de l'utilitarisme est qu'une société bien ordonnée et, par là même, juste, quand ses institutions majeures sont organisées de manière à réaliser la plus grande somme totale de satisfactions pour l'ensemble des individus qui en font partie 1 ».

jeudi 28 juillet 2016

La question de la conscience




     Suite à mon article « Réflexions sur le monde végétal – 2ème partie », Sb m'a objecté ceci : « Se servir de la conscience comme critère pour introduire une discontinuité entre le monde animal (et humain) d'avec le végétal ne me semble pas plus pertinent comme si nous pourrions alors tuer et exploiter le monde végétal à défaut des animaux. Je maintiens néanmoins que ces choses volontairement colorés quand ils sont murs qu'on appelle fruits et légumes sont fait pour être mangés par les animaux et les humains. De même l'indien qui ne tue qu'un seul bison pour nourrir toute sa tribu est davantage en harmonie avec la nature que le cow-boy qui tue depuis le train un maximum de bisons pour jouer sans en manger aucun. Là où je veux en venir c'est que l'on peut faire passer les lignes de partage à différents endroits et faire varier les critères à l'infini ».

      Il me semble au contraire que le critère de la conscience est totalement pertinent dans ce débat. Un être pourvu d'une conscience peut expérimenter le plaisir et la douleur. Et cette capacité d'expérimenter le plaisir et la douleur offre de facto un statut de sujet moral à ces êtres si on prend au sérieux une éthique antispéciste. Cette conscience en tant que capacité d'éprouver bien-être et mal-être n'est pas un critère que l'on aurait décidé arbitrairement parmi d'autres pour décider qui on défend et qui on mange, pour tracer une ligne de démarcation. Si je casse un caillou à grand coups de marteau par pure méchanceté envers le caillou, parce que j'ai envie de me défouler et de passer ma colère, la caillou ne réagira pas, cela ne l'affectera pas parce qu'il n'est qu'un objet inerte perdu dans l'univers, sans la moindre conscience d'être un caillou, sans la moindre identité de caillou. Il ne souffrira pas d'être cassé en deux, il ne pâtira pas de ma colère et de mon zèle destructeur. Il n'est donc pas mal de casser un caillou, même pour le simple plaisir de briser des cailloux. Il est mal par contre de couper en deux un cochon ou une vache dans un abattoir parce qu'ils vont souffrir terriblement de cette mise à mort atroce.

samedi 21 mai 2016

Tante Béa





  Dans la cause animale, on compte deux courants philosophiques majeurs : le courant utilitariste et le courant du droit des animaux. La figure principale de l'utilitarisme est Peter Singer à qui on doit la Libération Animale rédigé en 1975. L'utilitarisme prône qu'il faut prendre compte l'intérêt du maximum d'individus capables de ressentir du bien-être et de la douleur pour établir ce qui est juste ou injuste. Or les animaux ressentant plaisir et douleur rentre dans cette catégorie. Manger ces animaux procure un plaisir dérisoire par rapport à la douleur considérable occasionnée aux animaux, alors que les humains peuvent très bien vivre en s'abstenant de manger des animaux. Quand on met dans la balance de la justice ces deux « utilités », l'utilité de manger de la viande ou des produits animaux et l'utilité de vivre sa vie sans crainte et sans connaître la violence, on parvient à la conclusion qu'il est juste de s'abstenir de manger de la viande et des produits animaux et il est donc juste d'adopter un régime végane.

   Les tenants de l'approche du droit des animaux comme Tom Regan (ou Gary Francione pour une version plus radicale et plus vindicative) estiment qu'il ne suffit pas d'évaluer les différentes utilités humaines ou animales et de faire un « calcul des intérêts » pour reprendre l'expression de Jeremy Bentham, fondateur du courant utilitariste au XVIIIème siècle. Il faut fonder son action en faveur des animaux sur des principes moraux solides, et notamment un respect fondamental pour la vie des animaux. Tout comme la déclaration Universelle des Droits de l'Homme accorde des droits inaliénable aux êtres humains comme le droit de vivre, le droit de s'éduquer, de s'exprimer et de bénéficier de conditions justes d'existence (peu importe que cela soit utile ou non au plus grand nombre de l'humanité). Tom Regan voit ainsi dans l'animal le « sujet d'une vie », ce qui lui donne des droits au même titre que les humains. Les droits ne sont pas absolument identiques : il n'y a aucune raison d'accorder le droit de vote aux animaux, car ils ne peuvent avoir aucune idée de ce que cela signifie. Néanmoins, il est juste et raisonnable d'accorder aux animaux le droit de vivre, de ne pas être exploité et de ne pas voir son intégrité physique menacée.