Pages

Affichage des articles dont le libellé est écologie. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est écologie. Afficher tous les articles

jeudi 23 avril 2020

Ne pas jeter les masques et les gants dans la Nature !



Ne pas jeter les masques et les gants dans la Nature !




Ceux qui suivent la page « Sortez masqué » savent que je défends l'intérêt des masques et des gants pour enrayer la pandémie du covid-19. Ces masques et ces gants sont un des moyens pour réduire le R(0) de la maladie, son taux de reproduction de base, c'est-à-dire sa capacité à se propager dans la population. C'est donc très bien de porter un masque et des gants quand vous faites vos courses ou quand vous allez travailler.


MAIS s'il vous plaît, s'il vous plaît, s'il vous plaît, ne jetez pas ces gants et ces masques dans la Nature. Hier, j'ai retrouvé un gant usagé devant le seuil de ma porte, puis je suis allé faire une petite balade en forêt où les sentiers étaient jonchés de ces masques et de ces gants.


Il faudrait arrêter de faire cela. Voici que j'aurais envie de dire à tous ceux qui jettent masques et gants n'importe où :

  • 1°) C'est dégueulasse. Il faudrait être un peu plus civilisé. Cela ne se fait pas de jeter les choses par terre au lieu de les mettre dans la poubelle. C'est une question de savoir-vivre.
  • 2°) C'est dégueulasse. Si vous êtes infecté par le coronavirus (ou une autre maladie), les personnes qui vont devoir ramasser votre gant ou votre masque vont peut-être contaminés à leur tour. Sans parler des enfants en bas-âge qui vont le ramasser pour jouer avec.
  • 3°) C'est dégueulasse. Tous ces masques et ces gants que vous jetez n'importe où contribuent à aggraver la pollution dans cette Nature qui agonise déjà de la pollution.



Il faudrait interroger le caractère jetable des gants et des masques. Si on peut comprendre cela pour le personnel hospitalier, ne faudrait-il pas privilégier pour la population des masques et des gants réutilisables ? On peut utiliser des masques en tissu qu'on peut mettre à la machine et, donc, ne pas envoyer sur les montagnes de déchets que produit notre société de consommation. Pareillement, j'utilise des gants en latex pour le ménage et la vaisselle. Quand je rentre chez moi, je me lave les mains AVEC mes gants, puis j'enlève ces gants. Et je me lave les mains nues ensuite. Cela me permet de réutiliser ces gants et de ne pas utiliser une nouvelle paire tous les jours.


Pensons à lutter contre la pandémie, mais pensons aussi à protéger l'environnement. Car si on ne fait rien et qu'on continue dans cette voie aberrante, la prochaine crise, ce sera la crise environnementale, et elle sera autrement plus violente que l'actuelle crise. Dans l'écologie, on parle des 3 « R » : réduire, réutiliser, recycler. Il faut d'abord chercher à réduire sa consommation de matériaux, de ressources, d'énergie et de produits manufacturés. Il faut réutiliser, réemployer tout ce qui peut l'être au lieu d'acheter de nouvelles choses. Et c'est le cas, je pense, pour les masques et les gants. Je pense aussi qu'il faut aussi encourager la conception de masques ffp2 réutilisables. Des initiatives existent, mais elles tardent à être développées à vaste échelle. Enfin, il faut recycler quand on ne peut pas réutiliser tel quel. Ce qui demande un processus industriel, mais c'est toujours mieux que d'aller puiser toujours plus dans les ressources naturelles de notre bonne vieille Terre.






Frédéric Leblanc,
le 23 avril 2020.



dimanche 9 juin 2019

Est-on foutu ?




Est-on foutu ?



Cette semaine, je suis tombé, via les réseaux sociaux, sur une interview de l'ancien parlementaire Yves Cochet qui nous explique tranquillement que l'humanité va disparaître en 2050 des suites de l'effondrement biologiques. Cela me rappelle qu'il y a un mois et demi, dans une des écoles où je travaille, un géographe était venu faire une conférence sur le réchauffement climatique. Son message était qu'on allait droit vers la catastrophe. J'avais l'impression qu'il se croyait très provocateur. Mais le problème est qu'il ne l'était absolument pas : il se contentait d'énoncer une idée que les jeunes partagent depuis longtemps.


De manière générale, quand je pose la à mes élèves: « Est-ce qu'on va vers l'effondrement ? Ou l'humanité va-t-elle trouver les ressources morales, scientifiques ou technologiques pour y échapper ? ». La réponse est en très grande majorité : oui, la société va vers l'effondrement, et non, on n'y échappera pas. Il y a quelques années, je parlais d'écologie à des jeunes de douze ans à peu près, et ils m'ont répondu très agressivement que cela ne servait à rien de parler d'écologie et de défense de l'environnement puisqu'on est de toute façon foutu !


Je pense donc que le catastrophisme ambiant, loin de susciter un électrochoc salutaire dans la conscience des citoyens et des jeunes, est le meilleur moyen de neutraliser tout changement de cap de la société vers une transition écologique. On me rétorquera certainement toutes ces manifestations de jeunes pour le climat ces derniers temps. Mais je constate que l'enthousiasme ne s'est pas propagé au point que les jeunes se soient investis en masse dans des actions concrètes en faveur de la Nature. En fait, l'enthousiasme était, me semble-t-il, surtout du à la perspective joyeuse d'échapper à quelques ennuyeuses journées de cours... Je pense que la catastrophisme mine les forces naissantes en les plongeant dans l'aquoibonisme ambiant. Il y a quelques années, le philosophe Jean-Pierre Dupuy, pour parer à ces effets regrettables du catastrophisme, prônait un « catastrophisme éclairé ». Pour lui, il faut avoir la conscience aiguë que la catastrophe est inévitable, mais que la raison ne doit pas pour autant abdiquer devant la peur, l'angoisse ou la terreur que peut susciter l'imminence de cette catastrophe. Mais force est de constater que le catastrophisme éclairé n'a jusqu'à présent pas éclairé grand-monde...

lundi 28 janvier 2019

Paul Ariès raconte n'importe quoi - 2ème partie




Paul Ariès raconte n'importe quoi



Paul Ariès continue son texte : « J’accuse les végans de mentir en faisant croire au grand public qu’ils seraient des écolos et même des superécolos, alors qu’ils haïssent l’écologie et les écologistes, puisque les écolos aiment la nature et qu’eux la vomissent, car elle serait intrinsèquement violente donc mauvaise. David Olivier, un des pères des Cahiers antispécistes, signait, dès 1988, un texte intitulé "Pourquoi je ne suis pas écologiste". Il confirme en 2015 : "Nous voyons l’antispécisme et l’écologisme comme largement antagonistes"».


Là encore, on est dans l'amalgame, je dirai même du « super-amalgame »... Certains antispécistes sont effectivement très critiques à l'encontre de l'écologie. C'est vrai, et notamment David Olivier. Mais là encore, cela ne veut pas dire que tous les antispécistes sont contre l'écologie. J'ai moi-même écrit une série d'articles pour contrer les thèses de David Olivier et de son camarade Yves Bonnardel : « Penser l'homme et l'animal au sein de la Nature ». Je me revendique personnellement de l'écologie et ne me reconnaît pas dans la pensée d'Olivier et Bonnardel sur ce point. Néanmoins, un intellectuel comme Paul Ariès devrait être soucieux de ne pas réduire une pensée au point où elle ne veut plus rien dire. David Olivier et Yves Bonnardel défendent un point de vue un peu plus subtil qu'un simple anti-écologisme primaire.

lundi 10 décembre 2018

À qui la faute de notre naissance ?



À qui la faute de notre naissance ?



Dans son article « Faire des enfants est-il immoral ? 1 », Ruwen Ogien envisage les réticences morales que l'on pourrait avoir vis-à-vis de la procréation. Bien sûr, c'est là une activité tout à fait naturelle ; mais le caractère naturel de la procréation n'est pas en soi une justification morale. Perpétuer l'espèce est-ce intrinsèquement une bonne chose ?

jeudi 30 août 2018

Du plomb dans l'aile et dans la nature






     Nous sommes à l'heure où les chasseurs de France font une campagne publicitaire où ils affirment être des « écologistes de terrain », et même : « les premiers écologistes de France » (sic). On peut cependant se poser la question de savoir si la chasse est vraiment bénéfique à la Nature, à défaut d'être d'être bénéfique aux animaux. Il y aurait beaucoup de choses à dire sur ce sujet, mais je voudrais aborder un sujet dont on parle peu : la toxicité des munitions d'armes de chasse. Une cartouche de fusil de chasse pèse grosso modo 35g et contient 200 à 300 petites billes de métal (le plus souvent de la grenaille de plomb). On estime que plus de 250 millions de cartouches sont tirées chaque année sur le territoire français. Cela équivaut à 6000 tonnes de métaux répandus dans la nature chaque année en France.






mercredi 21 mars 2018

Pourquoi les véganes sont dans le vrai - 2ème partie




Pourquoi les véganes sont dans le vrai

(2ème partie)



       Ce 18 mars 2018 paraissait dans le journal « Libération » une tribune très agressive à l'encontre des véganes, intitulé « Pourquoi les véganes ont tout faux », rédigé par Paul Ariès, Jocelyne Porcher et Frédéric Denhez. Je voudrais ici apporter une réponse argumentée à ce texte.


mardi 20 mars 2018

Pourquoi les véganes sont dans le vrai




Pourquoi les véganes sont dans le vrai


(1ère partie)




     Ce 18 mars 2018 paraissait dans le journal « Libération » une tribune très agressive à l'encontre des véganes, intitulée « Pourquoi les véganes ont tout faux », rédigée par Paul Ariés, Jocelyne Porcher et Frédéric Denhez. Je voudrais ici apporter une réponse argumentée à ce texte. Les auteurs se disent « convaincus de la nécessité d’en finir au plus vite avec les conditions imposées par les systèmes industriels et d’aller vers une alimentation relocalisée, préservant la biodiversité et le paysan, moins carnée, aussi ». Les véganes qui veulent en finir avec l'élevage et l'exploitation animale les insupportent car ceux-ci s'opposent à la viande, alors qu'eux ne s'opposent qu'à la « mauvaise viande » et aux « mauvais fruits ».


      Passons en revue ces arguments à l'encontre des véganes :

lundi 11 décembre 2017

Kobayashi Issa et les papillons




     Dans un précédent article sur la figure du papillon dans la philosophie et la spiritualité, j'avais évoqué un haïku du poète japonais Kobayashi Issa (小林 一茶, 1763 – 1828). Mais la figure du papillon se manifeste dans d'autres haïkus de ce maître. En voici deux occurrences.



Le papillon bat des ailes
Comme s'il désespérait
De ce monde.



      Dans un monde absurde où l'on a souvent l'impression que les choses ne peuvent aller mieux, que rien ne changera, ou alors en pire, y a-t-il une grâce de l'effort ? Comme le papillon qui s'acharne à battre frénétiquement des ailes pour amener de ci, de là sa beauté colorée au monde. Que le monde soit absurde et qu'il n'apporte aucun espoir, est-ce une raison pour se laisser à la veulerie et à la vulgarité ? Ne devons-nous pas insuffler quelques instants fragiles de beauté à ce monde ?





Francis Bruguière, Au-delà de ce point, 1929






*****




Couvert de papillons
L'arbre mort
Est en fleurs !



     J'aime beaucoup ce moment de contemplation. Cette juxtaposition de la vie et de la mort dans une image frappante. Cela nous aide à rappeler que, dans la nature, la vie n'est pas l'opposé de la mort, mais que tout n'est que transformation de l'un vers l'autre : la vie se transforme inévitablement en mort, mais la mort des êtres organiques permet à d'autres êtres organiques de se développer et de se propager dans le monde.



mercredi 1 novembre 2017

Mort et humusé




Mort et humusé




      L'homme pollue. L'homme pollue beaucoup. Ce n'est pas un scoop. Mais on sait moins que même après la mort, on continue à polluer. De manière assez évidente, la crémation pollue car elle nécessite de brûler en plus du corps l'équivalent d'une trentaine de litres de pétrole, tout cela à une température de 850° C. Ce processus de la crémation envoie dans l'atmosphère de la dioxine, du CO2, ainsi que toutes les prothèses ou plombage dentaire qui étaient intégrés au corps du défunt. Mais l'enterrement n'est pas neutre écologiquement parlant non plus. Il faut déjà construire les cercueils la plupart du temps en bois. On estime qu'il faut en moyenne 1m³ de bois pour fabriquer 6 cercueils. Dans un pays comme la France où plus ou moins 600 000 personnes sont enterrées chaque années, cela fait 100 000 stères de bois qui sont nécessaires à la fabrication de tous ces cercueils. Soit une forêt toute entière à raser pour nos morts : la mort qui s'ajoute à la mort. Par ailleurs, les pratiques de thanatopraxie pour embaumer nos morts rendent la décomposition de ces mêmes corps particulièrement difficiles et ces produits chimiques finissent par se répandre dans la Nature. Sans compter la production des pierres tombales et l'entretien des cimetières coûteux en pesticides et en énergie.


         La mort n'est plus quelque chose de naturel. Et c'est bien dommage que l'humanité soit si en rupture avec le cycle de la vie et de la mort. L'être humain s'est vécu lui-même comme un long et processus d'arrachement à la culture en créant la culture, la civilisation, l'architecture et les constructions de plus en plus imposantes qui empiètent sur la Nature. La conséquence en est une humanité qui détruit les écosystèmes à grande vitesse et contribue dangereusement au réchauffement climatique. Et si la mort était l'occasion d'un retour à la Nature, la possibilité de contribuer à nouveau à la vie. C'est le pari que font les partisans de l'humusation.


       L'idée de l'humusation se base sur le compost. Le compost est l'endroit du jardin où la matière organique redevient par un long processus de transformation naturelle du terreau fertile sur lequel les plantes et les végétaux vont pouvoir croître et se développer. Tout comme on peut peut composter vos trognons de pommes, vos pelures de légumes et les feuilles de l'arbre dans votre jardin. On peut aussi composter un être humain en prenant certaines précautions pour rendre le processus sain et inodore.

vendredi 30 décembre 2016

Contre l'obsolescence programmée




   L'obsolescence programmée est vraiment un problème fondamental dans notre société de consommation : tous les objets, tous les produits que nous achetons s'usent à une vitesse effroyable. Parfois, c'est simplement le constructeur qui a économisé sur la qualité des matériaux pour minimiser son prix de revient et accroître ses marges. Mais souvent, c'est une stratégie délibérée des constructeurs qui demandent à leurs ingénieurs de concevoir des engins qui tiendront le temps de la garantie, mais qui tomberont en panne le plus tôt possible pour qu'on soit obligé d'en racheter et donc alimenter le système économique à nos dépens. Ce phénomène a très bien été décrit dans le documentaire « Prêt à jeter ». On peut le constater tous les jours avec nos smartphone, nos ordinateurs, nos imprimantes prévues pour s'enrayer après deux mille ou cinq mille copies, nos machines à laver, etc...

    Je me demande dans quelle mesure l’État ne devrait pas créer des entreprises publiques qui produiraient ces objets, mais sans toute l'obsolescence programmée et en cherchant même un but de durabilité. Ces entreprises publiques existeraient à côté des entreprises privées. Tout ce serait conçu pour que les objets technologiques soient ouverts et compréhensibles par le consommateur. Par exemple, la plupart des smartphones des marques privées ont une batterie à laquelle le consommateur ne peut pas accéder, parce qu'on a collé la coque. En cas de panne de la batterie, il faut casser le smartphone pour changer de batterie. Et encore, uniquement dans le cas où la batterie serait disponible sur la marché... Les pièces de rechange des objets technologiques sont souvent soit non-disponibles, soit vendues à un prix prohibitifs. Tout est fait pour qu'on rachète un nouveau smartphone : c'est plus rentable pour la multinationale qui les manufacture en Chine ou en Asie du Sud-Est, mais ce n'est pas rentable pour le citoyen, et ce n'est pas rentable pour l'environnement, parce qu'on épuise les ressources de la planète, sans parler de la production de gaz à effet de serre.

    L'entreprise publique à laquelle je pense faciliteraient le remplacement des pièces défectueuses. Elles organiseraient même des ateliers pour apprendre aux consommateurs à repérer et à réparer toutes les avaries du système. Les objets technologiques seraient eux-mêmes conçus pour repérer et identifier les sources de problèmes tant au niveau des matériaux que du code des programmes et applications qui font tourner l'engin. Pour bien faire, ces codes devraient être en open-source pour que les problèmes soient plus facilement identifiables. Nos smartphones, ordinateurs, imprimantes ne devraient pas être des boîtes noires totalement hermétiques pour le citoyen, et que les multinationales contrôleraient en faisant ce qu'ils en veulent, en extrayant les données de vie privée qui les intéresse à des fins qui nous restent inconnues. Les citoyens ou des groupes de citoyens devraient avoir la possibilité d'observer, de comprendre, voire de modifier les codes des machines qui sont omniprésentes dans notre vie quotidienne.

     L'entreprise publique devrait produire des objets ouverts, qui n'enchaînent pas le consommateur à la marque. Je pense par exemple aux imprimantes qui exigent que l'on achète un encre hors de prix. Certains se mis à produire une encre meilleure marché, mais les multinationales ont trouvé la parade en imposant que l'encre soit de la même marque que leur machine. Tout cela n'est pas sain. La plupart des options sur une imprimantes ne sont que de la frime. Pourquoi ne pourrais-je pas acheter une imprimante à un prix raisonnable avec une encre à un prix minime ? Franchement, je ne demande pas à mon imprimante qu'elle soit capable de reproduire un tableau de Michel-Ange !

     Cette entreprise publique ne serait pas dans un logique de vente à tout prix, où tous les bobards sont bons pour leurrer le gogo, où on vous raconte que « telle produit de lessive lave plus blanc que blanc ». Au contraire, cette entreprise publique veillerait à délivrer l'information la plus objective possible au consommateur : quelles sont les caractéristiques réelles de l'appareil ? Quelle est son espérance de vie ? Sa solidité ? Où a-t-il été produit ? Comment ? Dans quelle condition ? Il faudrait qu'un plan détaillé accompagne la notice.

    Ce ne serait pas peut-être les appareils les plus performants du marché, ni ceux avec le design le plus à la mode. Mais au moins, ils rendraient un service certain à la population qui n'a pas nécessairement envie ou moins du dernier machin à la mode !


     Voilà. Je pense que c'est une idée intéressante à creuser. À ce stade, ce n'est qu'une idée. Je ne fais aucune étude de faisabilité, que ce soit sur plan technique, un plan économique ou même un plan juridique et politique. Je pense tout d'abord que les multinationales qui contrôlent le marché ne vont pas franchement être ravies de voir débarquer un concurrent potentiel qui ne joue pas les mêmes règles et les mêmes stratégies. Les multinationales jettent constamment de la poudre aux yeux du consommateur et cherchent systématiquement à le rendre passif. Ce projet de rendre à ce consommateur un pouvoir d'action et de lui fournir un appareil qui ne serait pas assujetti à l'obsolescence programmée risque donc d'être combattu impitoyablement. Mais l'idée vaut quand même la peine d'être avancée !










Voir aussi sur l'obsolescence programmée :








Menau, Portugal






Voir aussi : 





(sur l'horreur des travailleurs migrants accomplissant un travail de forçat dans les usines chinoises)




Voir toutes les citations du "Reflet de la Lune" ici.






La machine à rêves - Kashink, Mister Pee, Gilbert, Graffarter et Konu


mercredi 7 décembre 2016

La voiture et le travail






Ces derniers jours, je repense à cette caricature qu'on retrouve dans les revues d'écologie radicale et de décroissance. On y voit un homme qui dit détester la voiture, mais qui en a besoin pour aller travailler. Et puis, on voit le même homme qui dit qu'il déteste son boulot, mais qu'il doit travailler pour payer sa voiture. Cercle particulièrement vicieux. C'est dans ce cercle vicieux dans lequel j'ai vraiment l'impression d'être enfermé ces derniers temps. Depuis un an et demi, j'ai une voiture et je multiplie les difficultés financières pour la payer. Or si j'ai acheté une voiture, c'est pour pouvoir me rendre au boulot parce que je travaille dans plusieurs écoles et qu'il est difficile de faire la jonction en temps et en heures sans une voiture... Cercle vicieux et infernal....










      Avant, j'allais en vélo et en train au boulot. Je faisais de l'effort physique et je prenais l'air. Ce n'était pas toujours commode, surtout pas temps de grand vent, par temps de pluie ou de neige (le vent étant le pire des trois en fait). Mais j'étais heureux d'avoir accompli l'effort et heureux de vivre en accord avec mes principes écologiques.Comme je me bouge moins qu'avant, je fréquente désormais une salle de sport. C'est très bien de faire de l'exercice physique, mais là encore, c'est complètement absurde. Je passe une heure à pédaler sur des vélos immobiles alors qu'avant, je passais nettement plus de temps à pédaler sur un vrai vélo.

        La voiture pollue, la voiture coûte cher, la voiture fait un bruit d'enfer, la voiture prend des vies. Pourquoi a-t-on un tel culte de la voiture dans notre société ? Parfois, c'est certainement utile, mais on devrait partager la voiture à plusieurs au lieu de la prendre tout le temps et d'en faire le rempart ultime de l'existence individualiste.


      Conclusion : vive le vélo ! Vive la mobilité douce ! (Et je vais commencer à réfléchir à revendre cette putain de bagnole).













Voir également ce documentaire de la série "Data Gueule" : ne voiture rien venir ?






Voir toutes les citations du "Reflet de la Lune" ici.







Fernand Flausch, La mort de l'automobile, Sart-Tilman (Liège, Belgique), 1980
Dans les années '80, quelqu'un a malicieusement tagué sur le toit de la voiture :
"La voiture, c'est la liberté"





mercredi 17 août 2016

Approches du véganisme












    Je suis récemment tombé sur cette vidéo très bien faite qui expose un débat au sein de la communauté végane : est-il pertinent d'avancer des arguments de santé et des arguments d'écologie pour faire avancer la cause des véganes ? Certains véganes avancent que les arguments avancés devraient uniquement tourner autour des animaux, de leur bien-être et de leur droit à ne pas êtres exploités, massacrés et torturés pour le plaisir des hommes. C'est ce qu'on appelle l'approche « zoocentrée ». Delphine La Belette explique très bien dans sa vidéo que c'est vraisemblablement un faux débat. Les gens sont souvent plus préoccupés par leur intérêt égoïste que par les problèmes rencontrées par des personnes à l'autre bout du monde ou par les souffrances qui subit le monde animal. Invoquer des problématiques de santé ou d'écologie peut donc les inciter à s'intéresser au véganisme beaucoup plus que les seuls arguments « zoocentrés ».

      Delphine explique très bien aussi en quoi cela ne contredit pas l'abolitionnisme. Pour elles, les arguments éthiques concernant le bien-être et le droit des animaux sont les arguments qui vont faire que l'on va rester végane. Je pense qu'on ne peut pas mieux dire. Moi-même, j'étais végétarien depuis longtemps, mais ce qui m'a fait venir au véganisme, c'est un argument écologique. Si l'élevage est la cause de quantité monstrueuse d'émissions de gaz à effet de serre (CO2, méthane,...) et que je reste végétarien (que je fais donc appel à l'élevage pour le lait, les œufs, le fromage...), je participe encore à ces productions monstrueuses de gaz à effet de serre (peut-être moins qu'un mangeur de viande, mais quand même de manière très significative). Cette prise de conscience m'a obligé à admettre que si je voulais rester en phase avec mes idéaux écologiques, je devais adopter un régime végane.

     Donc, dans un premier temps, je suis devenu végane pour des raisons environnementales. Et c'est seulement après que les arguments purement éthiques concernant les animaux ont commencé à me toucher. En fait, il faut bien comprendre un ressort de la psychologie humaine. On a souvent l'idée fausse (défendue par Descartes dans le champ de la philosophie) que l'on évalue une situation avec sa raison et puis qu'on agit en conséquence avec sa volonté. En réalité, c'est souvent le contraire qui se passe : on change de comportement pour une raison x et y, et puis une fois le comportement modifié, on modifie sa vision du monde et ses arguments rationnels en conséquence. « On ne désire pas ce qu'on juge bon ; on juge bon ce qu'on désire », disait Spinoza. Concrètement, une fois que vous êtes devenu végane pour une raison x ou y (soit anthropocentrée, soit biocentrée, soit encore théocentrée), vous allez adopter beaucoup plus facilement les arguments zoocentrés : il est mal d'exploiter les animaux, les animaux sont des êtres sentients (doués de conscience et de sensibilité), il faut prendre en compte les droits des animaux, etc...

      Dans un commentaire de la vidéo sur YouTube, quelqu'un émettait l'objection qu'une personne devenant végane pour des raisons de santé ou écologiques pourrait très bien continuer à aller au cirque. Aller au cirque en effet ne nuit pas à votre santé ; et aller en voiture jusqu'au cirque pollue peut-être un peu, mais beaucoup moins que partir en voyage en Espagne ou au Mexique. Deux remarques contre cet argument : d'abord, le phénomène psychique dont je viens de parler. Une fois que l'on est devenu végane, même pour de « mauvaises raisons », on va être beaucoup plus perméable aux idées qui défendent l'intérêt des animaux, puisque notre mode de consommation est devenu soudain compatible avec la cause de la libération animale. Tant qu'on est pas végane, notre psychisme aura tendance à minimiser, voire à nier la tragédie vécue par les animaux. Par exemple, quand j'étais encore avec végétarien, une amie qui vivait dans une ferme en biodynamie m'avait expliqué que les veaux étaient séparés de leur mère pour qu'elles produisent du lait à destination des humains, et que, très souvent, le veau était envoyé à l'abattoir. J'avais l'information, mais je minimisais l'affaire. Je me disais que c'est parce qu'on tue les animaux qu'on se comporte de cette manière. C'est seulement une fois devenu végane que cet argument des veaux qui sont écartés de leur mère est devenu un argumentqui a renforcé et consolidé mon véganisme.

       Seconde remarque : ne vaut-il pas mieux un végane ou végétalien qui va encore au cirque qu'un mangeur invétéré de viande qui va aussi au cirque, qui chasse et qui aime la corrida ? Chez les défenseurs de la position « zoocentrée », il y a une certaine logique déplorable du « tout ou rien ». Soit vous êtes végane à 100 %, soit vous êtes un partisan de l'exploitation animale à 100%. Le philosophe américain Gary Francione résume cette position par une formule très douteuse : « Il n'y a pas de troisième choix ». Et bien en fait si. Il y a un troisième choix, il y a même toutes sortes de choix. En l'occurrence, entre le véganisme pur et le carnisme pur, il y a tout un éventail de possibilités. L'idéal étant de se rapprocher le plus possible du véganisme pur. Je rappelle au passage que le véganisme pur, absolu n'existe pas concrètement : même un végane très rigoureux qui n'achète rien qui contiendrait des traces de cruauté à l'encontre des animaux mange des légumes. Et ces légumes ont été produits par l'agriculture qui tue chaque années toutes sortes de petits animaux comme des insectes ou des mulots au moment de la moisson ou du labourage. En conséquence, on peut juste se rapprocher d'un idéal qui est le véganisme pur sans jamais l'atteindre à 100%.


*****


       En outre, l'approche zoocentrée a cette faiblesse de ne pas voir que tout est lié dans ce monde, tout est interconnecté. Si le réchauffement climatique continue à s'intensifier, ce n'est seulement l'humanité qui va en pâtir, mais bien l'ensemble des espèces animales. Combien d'animaux ne connaissent pas actuellement une détresse horrible, du fait que les ressources naturelles viennent à se tarir, que leur milieu de vie se transforme sans qu'ils aient le temps de s'adapter à cette transformation ? Une végane qui prendrait plaisir à rouler en hummer, qui prendrait sans cesse l'avion, qui ferait l'apologie des gaz de schistes seraient un végane qui fait du mal aux animaux, même s'il est « zoocentré ».

     De la même façon, l'approche végane de la santé peut paraître trop égoïste, encore plus l'idée de garder la ligne ou d'être dans une forme athlétique. Mais ce sont là des choses qui apparaissent aux yeux des gens dans la société. Un régime va-t-il me permettre de rester en bonne santé ? Va-t-il me permettre de garder la ligne ? Est-ce que j'aurai de la force physique si je deviens végane ? Est-ce que je ne vais pas devenir un gringalet si je ne mange plus que des carottes et du tofu ?

     On le voit bien avec la récente demande d'une députée italienne de mettre en prison les parents véganes qui imposeraient leur véganisme à leurs enfants. Face à cette menace, on ne peut pas répondre dogmatiquement avec l'approche zoocentrée. En fait, l'approche zoocentrée est typiquement ce qui semble extrêmement dogmatique et fanatique aux yeux de non-véganes. Les animaux y semblent plus importants que les enfants. Aux yeux du grand public, cette approche ressemble à l'attitude d'une secte dangereuse.

      Justement, en ayant une approche plus ouverte, les véganes apparaîtront comme ayant un rôle positif à jouer dans la société. Les véganes doivent communiquer beaucoup plus qu'ils ne le font sur la nutrition et les bienfaits d'un régime végane. Il ne suffit pas dire qu'on peut être en bonne santé, de répéter pour la millième fois qu'on n'a pas pas de carence en protéines et en calcium. Mais il faut montrer, études scientifiques à l'appui, que le véganisme est une bonne chose pour la santé et que des parents carnistes consciencieux se devraient de donner une nourriture végane pour les enfants dans le souci constant de leur bien-être et de leur santé.

       Il faudrait dire à cette députée italienne : OK, peut-être que le véganisme est dangereux pour la santé. Faisons donc des études scientifiques neutres et objectives, financées par le gouvernement italien, pour vérifier cette assertion, et dégageons le vrai du faux sur les conséquences d'une alimentation 100% végétale sur la santé. En fait, ils se rendront que c'est pas nocif pour la santé, et que c'est même bon pour le développement des enfants. Il y a déjà des études significatives qui vont dans ce sens, mais plus d'études ne fera pas de mal et enfoncera le clou que le véganisme est bon pour la santé. Au fond, cette proposition de loi de la députée italienne risque de se retourner contre les carnistes qui emmènent leurs enfants aux McDo et qui les gavent de produits animaux !

    Stratégiquement, les véganes ne peuvent pas faire l'impasse sur la santé. Sauf à accepter le fait de ne pas avoir d'enfants et de laisser les enfants aux mains des carnistes. L'attitude éthique qui consisterait à dire que : « je serai végane, même cela devait nuire à ma santé » peut susciter l'admiration devant tant d'abnégation, un peu comme devant le martyr qui accepte de mourir pour sa cause religieuse, mais elle ne fait pas avancer la cause végane auprès du grand public qui va associer véganisme à une vie sainte, mais pas à une vie saine !



*****



       Dernière remarque par rapport à la vidéo de Delphine La Belette : il n' y a pas que la dimension de santé et la dimension écologique. Il y a aussi toute la dimension humanitaire de la problématique de l'élevage. Comme il faut bien nourrir le bétail, on utilise des superficies extrêmement importantes de champs agricoles pour faire pousser du maïs, du soja ou d'autres végétaux qui vont nourrir le bétail, alors qu'on pourrait nourrir les humains avec ces champs. Par ailleurs, en mettant en concurrence les champs destinés à nourri les animaux et les champs destinés à nourrir les humains, on met une pression considérable sur les prix des ressources alimentaires, sur lesquels les spéculateurs jouent de plus en plus au détriment des consommateurs des pays pauvres, qui ont de plus en plus de difficultés de à nouer les deux bouts et à nourrir leurs enfants et leurs familles. Dans les cas les plus sévères, tous les jours, des personnes humaines, dont beaucoup d'enfants, meurent de cette famine et cette malnutrition. Le véganisme permet de soulager cette faim dans le monde. Et c'est encore une raison de mettre en avant le véganisme.




*****



     Voilà. Je pense qu'on peut faire la promotion du véganisme en adoptant une approche anthropocentrique (la dimension sociale et humanitaire dont je viens de parler ici, la santé des êtres humains, l'écologie en tant que préservation d'abord de l'espèce humaine) ou l'approche biocentrique (la défense de la Nature en elle-même, indépendamment du sort de cette espèce nuisible invasive que les scientifiques appellent homo sapiens sapiens) sans nécessairement trahir la cause abolitionniste. Bien sûr, il ne faut pas perdre de vue l'intérêt des animaux. Les arguments éthique en faveur des animaux ont toute leur pertinence, mais ce n'est pas parce qu'on développe certains arguments anthropocentrés ou biocentrés que l'on va perdre de vue la noble cause de la libération animale.









Maman Carotte





Sur la proposition de loi de la députée italienne Elvira Savino, voir : 




Pour des conseils très pratiques lié au véganisme et à la santé, voir notamment le site de L214 : Vegan pratique





Voir aussi : 


    Pour Gary Francione, la seule position morale cohérente par rapport à l'exploitation animale est le véganisme éthique (dans l’intérêt des animaux). Il refuse tout approche du véganisme qui prendrait en compte l'homme soit dans ses intérêts, soit dans sa psychologie. Que faut-il penser de cette approche ?



    Tout est lié, tout est interdépendant.

- Penser l’homme et l’animal au sein de la Nature


    Yves Bonnardel et David Olivier, deux contributeurs des Cahiers Antispécistes, ont critiqué l'idée de Nature dans une perspective antispéciste. D'une part, parce que l'idée de Nature suppose une hiérarchie naturelle où les animaux sont considérés comme inférieurs aux être humains. Et d'autre part, parce que l'idée de Nature suppose de voir une harmonie qui régit les écosystèmes, là où il n'y a qu'une lutte infernale pour la survie. Cet article se propose de considérer ces arguments et de se demander si une mystique de la Nature est tout de même possible.




















Voir tous les articles et les essais du "Reflet de la lune" autour de la libération animale ici.



Voir tous les articles et les essais du "Reflet de la lune" autour du végétarisme et du véganisme ici. 


Voir toutes les citations du "Reflet de la Lune" ici.