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lundi 13 avril 2020

Altruisme intéressé et altruisme désintéressé - 2ème partie




Altruisme intéressé et altruisme désintéressé


2ème partie





Je pense donc qu'il faut encourager les gens de bien à développer le plus possible l'altruisme, mais aussi à prendre conscience du pouvoir de notre ego et à se libérer le plus possible de celui-ci, ce qui revient à dire : à se transformer soi-même encore et encore, tout au long de sa vie pour tendre vers l'altruisme désintéressé. Néanmoins, je pense qu'il faut garder aussi conscience qu'on vit en société. L'altruisme désintéressé est une très belle chose, mais il ne faut pas oublier dans un excès d'idéalisme qu'il y a des gens égoïstes qui sont prêt à manipuler les personnes serviables pour les mettre à leur service.


Si je veux être très schématique, dans la société, il y a globalement trois types de personnes : des gens qui prennent, des gens qui donnent et enfin la catégorie intermédiaire des gens qui donnent et qui prennent avec un sens pointilleux de légalité et de la justice : « Je veux bien te donner pour autant que tu me rendes une quantité équivalente de services et de biens ». Je n'ai pas fait d'études sociologiques ou anthropologiques pour étayer mes dires, mais il me semble bien que cette catégorie intermédiaire des gens qui donnent et prennent est la plus représentée dans la société, et de loin. Les gens qui prennent tout sans rien donner en retour est vue avec méfiance par cette catégorie intermédiaire et à juste titre : des gens qui sont toujours à demander des choses « pour dépanner » et à toujours à réclamer notre aide, mais qui sont aux abonnés absents dès que nous sommes dans le besoin, ce ne sont pas là des amis très fiables.

Altruisme intéressé et altruisme désintéressé - 1ère partie




Altruisme intéressé et altruisme désintéressé

1ère partie



Aujourd'hui, j'ai relu le « Plaidoyer pour l'Altruisme » de Matthieu Ricard, et plus particulièrement les chapitres sur l'altruisme intéressé et l'altruisme désintéressé1. Je voudrais ici me pencher sur ces deux chapitres, car ceux-ci soulèvent de très anciennes questions de la philosophie : fait-on le bien avec une motivation pure, désintéressée ? Ou a-t-on toujours une idée derrière la tête quand on accomplit ce bien, une idée d'intérêt et d'égoïsme caché ? Un acte altruiste intéressé est-il réellement de l'altruisme ? Voire relève-t-il de la simple morale ? Ces questions ont hanté la philosophie occidentale, et plus particulièrement la figure d'Emmanuel Kant. Mais on les retrouve également dans la philosophie bouddhique : dans les grandes lignes, l'Arahant dans la Voie des Anciens réalise la libération pour lui-même tandis que le bodhisattva du Grand Véhicule cherche l’Éveil avant tout pour le bien des autres et œuvre à ce que tous les êtres sensibles soient libérés.

mercredi 22 août 2018

Discours et pratique





Discours et pratique





      Il y a deux ans, j'avais retrouvé une amie que je n'avais pas vue depuis des années. Entre autres discussions sur nos vies respectives, je lui avais expliqué que je rédigeais un blog : « Le Reflet de la Lune ». Elle s'était donné la peine de lire quelques uns de mes articles sur la méditation et la philosophie bouddhique. Et lors de notre rencontre suivante, elle m'avait demandé si ce que j'écrivais, je le mettais en pratique ou si c'était de la pure théorie. En fait, j'étais assez désarçonné par cette question tant la réponse me paraissait évidente : oui, bien sûr, je mets en pratique tout ce que j'écris. Je n'écris jamais des discours purement théoriques sur la méditation. Je n'ai pas un intérêt purement intellectuel concernant les différents stades et pratiques de la méditation, c'est quelque chose que je pratique tous les jours, que ce soit sur un coussin de méditation, dans les bois, en haut d'une colline, sous un arbre, et même dans de nombreux moments de ma vie quotidienne. Cela me paraissait à moi absolument évident, mais cela m'a fait prendre conscience que cela ne l'était pas nécessairement pour tout le monde, pour les gens qui découvriraient le Reflet de la Lune notamment.

mardi 20 juin 2017

La joie et le don







« Si je donne, comment jouirai-je ? »
Cette pensée égoïste appartient aux démons.
« Si je jouis, comment donnerai-je? »
Cette pensée altruiste est une qualité divine.


Shāntideva, L'Entrée dans la Conduite des Bodhisattvas (Bodhisattvacaryāvatāra), VIII, 1251.






Mudra du don et de l'absence de peur 



lundi 11 juillet 2016

Les 8 types d'empathie selon Daniel Batson






     L'empathie est la capacité de se mettre à la place de l'autre et de comprendre intimement ce qu'il ressent. L'empathie est essentielle dans les sociétés humaines pour communiquer et souder chaque membre de la communauté les uns aux autres. L'empathie est souvent décrite par les évolutionnistes comme la source de la morale et de l'altruisme. Pour autant, l'empathie ne conduit pas nécessairement à une conduite éthique remarquable et à l'altruisme désintéressé. Une personne manipulatrice peut avec l'empathie comprendre le désarroi d'une personne et utiliser cette compréhension de ses états mentaux pour mieux la contrôler. Il est donc important de comprendre ce phénomène de l'empathie et de comprendre quand l'empathie est un facteur propice à l'apparition de l'altruisme et la volonté de faire le bien autour de soi. Daniel Batson a découvert 8 types d'empathie. Je les expose tel que Matthieu Ricard les expose dans son ouvrage « Plaidoyer pour l'altruisme » (éditions NiL, Paris, 2013, pp. 56-60).

Ces 8 types d'empathie sont :
  • 1°) la connaissance de l'état intérieur de l'autre
  • 2°) l'imitation motrice et cérébrale
  • 3°) la résonance émotionnelle
  • 4°) se projeter intuitivement dans la situation de l'autre
  • 5°) se représenter le plus clairement possible les sentiments d'autrui
  • 6°) imaginer ce que nous ressentirions si nous étions à la place d'autrui
  • 7°) la détresse empathique
  • 8°) la sollicitude empathique


   1°) La connaissance de l'état intérieur d'une personne nous permet de comprendre ce que l'autre ressent grâce aux signes qu'il donne et qui indiquent cet état présent : grimace, pleurs, agitation.... Cette connaissance peut nous conduire à vouloir aider quelqu'un, mais pas nécessairement : on peut très bien croiser quelqu'un qui pleure dans la rue. On sait que cette personne est malheureuse, mais on peut très bien rester complètement indifférent au sort de cette personne.

dimanche 5 juin 2016

Sade et les animaux - 1ère partie



    Le plus mauvais petit prince de l'Allemagne fait meilleure chère que moi, n'est-ce pas, mon ami ? me dit Zamé. Voulez-vous savoir pourquoi ? C'est qu'il nourrit son orgueil beaucoup plus que son estomac, et qu'il imagine qu'il y a de la grandeur et de la magnificence à faire assommer vingt bêtes pour en sustenter une (...). Ce n'est point par aucun principe religieux que nous nous abstenons de viande ; c'est par régime, c'est par humanité : pourquoi sacrifier nos frères, quand la nature nous donne autre chose ? (...)

     Vous voulez me prendre pour un disciple de Crotone1 ; vous serez bien surpris quand vous apprendrez que je ne suis rien de tout cela, et que j'ai adopté dans ma vie qu'un principe : travailler à réunir autour de moi la plus grande somme de bonheur possible, en commençant par celui des autres.


Donation Alphonse François, marquis de Sade, Aline et Valcour, lettre 35, 1793, cité dans : Jean-Baptiste Jeangène Vilmer, Anthologie d'éthique animale (Apologie des bêtes), PUF, Paris, 2011, pp. 115-116.








     On ne s'attend point à un éloge du végétarisme et de l'altruisme chez le divin marquis de Sade, lui qu'on associe beaucoup plus aisément à la cruauté et à la jouissance de faire souffrir et de voir souffrir. Dans le roman épistolaire Aline et Valcour, Sade imagine un royaume sur l'île de Tamoé gouverné dans l'harmonie par le roi Zamé dont il est question dans ce passage. Ce qui est étonnant pour l'époque, ce que Sade imagine un gouvernement idéal chercherait à trouver leur bonheur en assurant le bonheur de plus grand nombre, mais en outre, ce bonheur inclut le bonheur des animaux pour lesquels il faudrait avoir un minimum de considération. Pourquoi sacrifier vingt animaux pour nourrir un seul homme ? Et en plus tirer grand orgueil de ce sacrifice ! Non, si la Nature a permis que l'on puisse vivre en mangeant des végétaux, et par là même qu'on épargne la vie de toute une série d'animaux, pourquoi ne pas préférer ce régime à l'habitude de se nourrir du cadavre des animaux ? Pour le roi Zamé, nous sommes là sur Terre pour récolter le plus de bonheur pour soi-même et autrui, et l'acte de devenir végétarien est le premier acte altruiste que l'on poser.



1 Disciple de Crotone : pythagoricien, Pythagore venait de la colonie grecque de Crotone (dans l'actuelle Calabre).





Tadas Jucys - A meal of dandelions




Voir également : 

Plutarque:  -Pour quel motif ?
                     être sensible à la vie animale

Ovide : Vous avez le blé




Voir tous les articles et les essais du "Reflet de la lune" autour de la libération animale ici.

Voir tous les articles et les essais du "Reflet de la lune" autour du végétarisme et du véganisme ici




Voir toutes les citations du "Reflet de la Lune" ici.



mardi 5 avril 2016

Considérer autrui comme soi-même





Cet article fait suite à l'article sur l'esprit d’Éveil.



     L'esprit d’Éveil ou bodhicitta est le souhait et l'engagement d'aider tous les êtres sensibles à ce qu'ils soient entièrement et définitivement libérés de la souffrance et qu'ils puissent accéder au parfait et incomparable Éveil, c'est-à-dire à la bouddhéité. Cet esprit d’Éveil ou bodhicitta est vraiment le cœur de la doctrine du bouddhisme du Grand Véhicule. En effet, dans le bouddhisme ancien qu'on peut appeler Theravāda ou Voie des Anciens (si ce n'est que le Theravāda actuel que le nom des écoles du bouddhisme ancien, la seule école en fait du bouddhisme ancien qui ait subsisté) et qu'on peut appeler aussi Petit Véhicule (mais le terme a une connotation péjorative), la bouddhéité est un projet individuel : on se libère soi-même par son effort personnel du samsāra et de l'emprise existentielle de la souffrance. Dans le bouddhisme ancien, on part de principe que vous êtes le seul à pouvoir dissiper les illusions de votre esprit. Ce n'est pas un idéal égoïste comme on l'entend parfois dans les milieux mahāyānistes : il ne s'agit pas de se libérer tout seul en méprisant les autres ou en étant indifférent à leur sort. Les enseignements du bouddhisme ancien comprend la méditation sur l'amour bienveillant, la compassion, la joie et l'équanimité. Il fait valoir que le désir égoïste est la racine de la souffrance ; s'en libérer est la racine de la cessation de la souffrance. Il fait l'apologie de la générosité, et notamment l'idée de faire don du Dharma pour le bien-être du plus grand nombre. Mais voilà, les maîtres du bouddhisme ancien considère que si quelqu'un a entendu les enseignements du Dharma, mais ne les met pas en pratique, il ne se libérera jamais. On vous donne la carte, mais c'est à vous à faire le voyage. La libération est d'abord une entreprise individuelle dans le bouddhisme ancien.

jeudi 31 mars 2016

L'empathie est-elle une calamité ?





   Je suis tombé hier sur un étrange article en ligne du Courrier International. Il parlait d'un professeur de psychologie et de sciences cognitives de l'université de Yale aux États-Unis, Paul Bloom qui pense que l'empathie est une calamité pour le monde. Cela fait quelques années que des philosophes, des psychologues, des éthologues, des spécialistes de la neuro-évolution mettent en exergue l'empathie comme le facteur qui permet une communication complexe entre les hommes, qui permet des comportements moraux et qui est une base forte pour le développement de l'altruisme. Ces penseurs et ces scientifiques s'opposent à une idée jusque là largement dominante qui veut que les hommes soient mauvais par nature, que jusqu'à leurs gènes soient égoïstes et qu'ils ne se montrent pacifiques que par crainte d'une sanction de l'autorité qui les contrôle et les surveille. Un éthologue comme Frans de Waal a écrit un livre au titre évocateur : « L'âge de l'empathie : leçons de la nature pour une société plus apaisée » (Éditions Les Liens qui libèrent,‎ 2010). Il y aurait en nous une prédisposition à la bonté qui serait précisément cette empathie que l'évolution a donné aux hommes, mais pas seulement puisqu'on la retrouve chez les singes, les dauphins, les chiens, etc... Dans la nature, tout ne serait pas que prédation et combat incessant pour la survie comme une certaine interprétation des théories de Charles Darwin a voulu nous le faire croire. Il y aurait aussi une place pour la coopération, l'entraide, la solidarité. Ces penseurs et ces scientifiques comme Frans de Waal annoncent avec cette mise en lumière de l'empathie le retour en grâce de Jean-Jacques Rousseau contre Thomas Hobbes. La bonté naturelle contre la guerre de tous contre chacun.





mercredi 30 mars 2016

Empathie et altruisme


      Arte a récemment diffusé un documentaire de Sylvie Gilman et Thierry de Lestrade intitulé « Vers un monde altruiste ? » et qui s'inspire clairement de l'ouvrage de Matthieu Ricard, « Plaidoyer pour l'altruisme ». La thèse générale tant du livre que du documentaire est de dire que nous ne sommes pas seulement motivés par les intérêts égoïstes, le désir de conquête et d'affirmation de soi, comme cela a été martelé par la philosophie, l'économie et les sciences humaines depuis fort longtemps, mais les motivations se teintent aussi largement d'entraide, de fraternité et de solidarité, en un mot : d'altruisme. Preuve à l'appui dans le monde animal et chez les bébés : l'altruisme et le sens moral sont présents dès le plus jeune âge. Ainsi des bébés à qui on présente une gentille peluche chat qui aide une autre peluche et une méchante peluche qui fait tout pour l'embêter, les bébés dans leur immense majorité choisiront de préférence la gentille peluche.

mercredi 3 février 2016

Le bonheur et les autres



    Dans le milieu du développement personnel et de la spiritualité, on n'entend souvent que le bonheur est en nous, et nulle part ailleurs, et que ce bonheur ne dépend pas des situations heureuses (comme la richesse, la réussite, la réputation, la chance, la santé) ou de telles ou telles personnes (la famille, les personnes aimées, les amis, les collègues...). Il faut chercher ce bonheur en soi-même, au plus profond de son être et savoir rester équanime face aux aléas heureux ou malheureux de la vie. Ce n'est pas faux, cela recèle même une part fondamentale de vérité : je défends personnellement l'idée que le bonheur véritable est d'abord le fruit d'un travail spirituel et philosophique sur soi-même. Néanmoins affirmer que le bonheur ne dépend pas du tout des autres me laisse sceptique. Il me semble que la problématique est plus complexe que cela.

dimanche 31 janvier 2016

Ma petite entreprise




      L'idéologie dominante nous pousse à devenir notre propre entrepreneur, l'entrepreneur de nous-mêmes. Comme si nous avions à vendre la marque d'un produit auprès des autres dans la société, et cette marque n'est autre que nous-mêmes, notre nom, notre histoire, notre personne. Mais tout le monde est le promoteur de sa propre personne, tout est le monde est en concurrence avec tout le monde. Tout le monde est le rival de tout le monde. Margaret Thatcher martelait qu'il n'existait rien de tel qu'une société. Dans l'idéologie ultra-libérale, il n'y a que des individus œuvrant dans le sens de leur propre égoïsme. Dans cette idéologie, il ne peut pas y avoir de bien commun ou alors de manière paradoxale avec la main invisible d'Adam Smith qui transformerait les égoïsmes individuels en machine à produire de la richesse pour les nations. Et si on augmente la taille du gâteau, il restera quelques miettes pour les délaissés du grand jeu du marché libéralisé.

mercredi 30 décembre 2015

Commentaire au Soûtra des Bénédictions




    Le Mangala Sutta ou Soûtra des Bénédictions est un enseignement bien connu du Bouddha. Il frappe autant par sa simplicité que par sa puissance. Le contexte dans lequel a eu lieu cet enseignement touche au merveilleux : un dieu d'une radieuse beauté vient trouver le Bouddha à minuit quand tout le monde dort pour lui poser une question relative à ce qui cause le bonheur. À l'époque, le fait que les dieux puissent demander conseil au Bouddha ne devait étonner personne, qu'on soit bouddhiste ou non. L'existence des dieux passait pour évidente dans l'Antiquité, et la plupart des gens ressentaient leur présence. C'est vrai pour l'Inde ancienne, mais la même mentalité prévalait dans la Grèce antique. Épicure que l'on range dans la catégorie des philosophes matérialistes disait dans la Lettre à Ménécée : « Les dieux existent : la connaissance que nous en avons est évidente ». Aujourd'hui, cette sentence résonne de manière étrange : s'il y a bien quelque chose qui n'est pas évident, c'est bien l'existence des dieux ou de Dieu. Mais à l'époque où la science était beaucoup plus rudimentaire qu'aujourd'hui, les dieux expliquaient les phénomènes physiques, la météorologie, les victoires ou les défaites, la réussite ou les échecs dans les affaires commerciales, etc...

dimanche 25 octobre 2015

Notre relation aux autres

Si je ne suis pas pour moi, qui le sera ?
Si je ne suis que pour moi, qui suis-je ?
Si ce n'est pas maintenant, quand ?

Hillel (Mishna, Pirke Avot,1:14)


Rembrandt, Philosophe lisant ou Saint-Anastase, 1631,
musée national de Stockholm




     Hillel était un rabbin important du premier siècle avant notre ère. On lui doit toutes sortes de commentaires et d'interprétations de la Torah juive. Ce qui est intéressant dans cette aphorisme, c'est qu'il indique qu'on ne peut répondre à la question métaphysique « Qui suis-je ? » sans passer par la question de savoir quelle est notre relation aux autres et sans trouver une relation harmonieuse avec les autres. Je ne peux pas vivre dans l'abnégation totale où je me dévouerai entièrement aux autres. Si je n'existe pas pour moi, qui existera-t-il pour lui-même ? De quel droit pourrait-il se dévouer à lui-même alors que, moi, je dois me dévouer à lui ? Et si tout le monde est sensé être entièrement altruiste, qui bénéficiera en fin de compte de cet altruisme ?

      À l'inverse, l'égoïsme total qui consiste à n'exister que pour soi est également une aberration. « Si je ne suis que pour moi, qui suis-je ? » Qui suis-je pour penser que seul compte mon intérêt ? Qui suis-je, dès lors que j'oblitère complètement l'existence de l'autre ? Qui suis-je si je ne me pense pas dans la relation aux autres ? Toute la question selon Hillel, c'est de trouver la relation la plus équilibrée entre ces deux pôles : l'abnégation totale envers les autres et l'égoïsme le plus crasse où l'existence des autres ne compte pas. Et c'est maintenant qu'il faut trouver cet équilibre. Si vous reportez constamment ce questionnement, vous allez rater un enjeu essentiel de cette vie qui passe vite, très vite.