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vendredi 5 février 2016

Portes battantes




    Lorsque nous pratiquons zazen, notre esprit suit toujours notre respiration. Quand nous respirons, l'air vient dans le monde intérieur. Quand nous expirons, l'air va dans le monde extérieur. Le monde intérieur est illimité, et le monde extérieur est illimité aussi. Nous disons « monde intérieur » et « monde extérieur », mais en fait, il n'y a qu'un seul monde total. Dans ce monde illimité, notre gorge est comme une porte battante. L'air entre et sort comme quelqu'un qui franchit une porte battante. Si vous pensez « je respire », le « je » est en trop. Il n'existe de vous pour dire je. Ce que nous appelons « je » est une porte battante qui va et vient quand nous inspirons et quand nous expirons. Elle bat ; c'est tout. Lorsque votre esprit est assez calme et pur pour suivre ce mouvement, il n'y a rien : pas de « je », pas de monde, pas d'esprit ni de corps, rien qu'une porte battante.

mardi 22 décembre 2015

Esprit du débutant



    On dit que pratiquer le Zen est difficile, mais il y a un malentendu sur la raison. Ce n'est pas parce qu'il est dur de s'asseoir en tailleur ou d'atteindre l'illumination que c'est difficile. C'est difficile parce qu'il est dur de garder l'esprit pur et la pratique pure dans le sens fondamental. L'école Zen s'est développée de plusieurs manières après son établissement en Chine, mais en même temps elle est devenue de plus en plus impure. Mais je ne veux pas parler du Zen chinois ou de l'Histoire du Zen. Ce qui m'intéresse, c'est de vous aider à ne pas laisser votre pratique devenir impure.

     Au Japon, nous avons l'expression shoshin qui signifie « esprit de débutant ». Le but de la pratique est de toujours garder notre esprit de débutant. Supposez que vous ne récitiez la Prajñā Pāramitā qu'une seule fois. Ce pourrait être une très bonne récitation. Mais que se passerait-il si vous la récitiez deux fois, trois fois, quatre fois ou plus ? Vous pourriez facilement perdre votre attitude originelle envers la Prajñā Pāramitā. Ce sera pareil dans vos autres pratiques zen. Pendant un certain, vous garderez votre esprit de débutant ; or si vous continuez à pratiquer un, deux, trois ans ou plus, vous pourrez peut-être faire des progrès, mais vous risquez de perdre la signification illimitée de l'esprit originel.

mardi 3 novembre 2015

Ouverture



Question au maître zen Shunryu Suzuki :
« Mais quand vous méditez, vous allez à l'intérieur, n'est-ce pas? »

Shunryu Suzuki :
« Non pas à l'intérieur, ni à l'extérieur. Juste ouvert. »




Vassily Kandinsky, Mouvement, 1935.




     On décrit souvent la méditation bouddhiste comme un art de cultiver son intériorité. Méditer reviendrait alors à aller le profondément à l'intérieur de soi-même. L'image est que nous avons un corps avec son extérieur (la peau, l'apparence physique) et son intérieur (le cœur et les organes, la sang et les artères, la moelle et les os), et à l'intérieur de cet intérieur du corps se trouverait notre âme, notre conscience, notre « Soi », une sorte de royaume mi-obscur, mi-lumineux à découvrir au plus profond de soi-même. Mais cette vision, pourtant profondément inscrite dans notre culture, n'a peut-être rien de vrai. La vérité de notre conscience ne se trouve ni à l'intérieur, ni à l'extérieur.