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lundi 11 août 2025

Posture



Posture


Petits conseils de méditation

(Quatrième partie)





Une question qui revient quand on aborde la méditation est : quelle est donc la posture de méditation correcte ?


D'abord, une remarque importante : au moins en principe, on peut pratiquer l'attention juste dans n'importe quelle position ! Il n'est pas absolument nécessaire d'être dans la posture du lotus pour s'adonner à la méditation, même si c'est cette position qui est retenue pour les statues des Bouddhas en méditation. On peut tout aussi bien être assis en tailleur, assis sur une chaise, debout, couché, à genoux, à cloche-pied, en faisant le poirier, dans une posture improbable de yoga, etc... Quelle que soit la position de votre corps, vous pouvez pratiquer la méditation. Quelle que soit la position de votre corps, vous pouvez développer l'attention au corps, l'attention aux sensations, l'attention à l'esprit, l'attention aux objets de l'esprit, les phénomènes.


C'est important de rappeler cela, car il y a parfois dans les milieux de la méditation, un certain fétichisme de la posture. Je pense par exemple au bouddhisme Zen qui tombe assez souvent, me semble-t-il dans ce travers. L'insistance sur la posture correcte me paraît y être franchement excessive. Je me rappelle d'un livre de Taizen Deshimaru où celui-ci racontait que sa posture était apparue si bonne aux maîtres de son temple qu'on avait commandé une statue en zazen à son effigie. Taizen Deshimaru expliquait qu'il avait toujours essayer de ressembler le plus parfaitement à cette statue. Sauf le respect que je dois à ce maître emblématique, cela me paraît complètement délirant. Vous n'êtes pas une statue, vous n'êtes pas fait de pierre, mais d'os, de muscle et de chair. Et donc, il n'y a rien de sensé à vouloir ressembler à une statue. Vous êtes un être vivant avec vos démangeaisons, vos crampes et vos douleurs articulaires. L'attention juste, c'est précisément en prendre conscience avec la plus grande des minuties, plutôt que de nier votre corps parfois crispé, parfois tendu en cherchant l'idéal d'une statue.


En conséquence, je dis : la posture de lotus, c'est très bien. Mais cherchez d'abord la posture qui vous convient et dans laquelle vous vous sentez suffisamment bien pour rester ainsi de nombreuses minutes, voire des heures. Quand j'étais plus jeune, la posture du lotus était OK. Maintenant je suis plutôt en demi-lotus, voire en tailleur. Mais je comprendrais tout à fait que d'autres personnes pratiquent la méditation sur une chaise, voire en position couchée ou à genou sur un petit tabouret prévu pour la méditation. Chacun fait avec son corps et c'est très bien comme cela !


Il y a bien une rationalité à la posture de lotus. Quand vous êtes debout, la tentation de bouger est beaucoup plus forte. Pareillement, sur une chaise, l'envie de se lever et de partir est plus forte. Inversement couché, vous êtes bien ancré au sol, peu d'envie de bouger, mais par contre, la tentation de s'assoupir et de glisser dans le sommeil est maximale ! La posture de lotus est considérée comme idéale : vous êtes bien droit, peu d'envie de somnoler, et les jambes entrecroisées vous arriment au sol. D'où d'ailleurs le nom même de posture de lotus, votre corps est comme une fleur de lotus qui pousse dans le marécage de la matérialité.


La posture de lotus est donc considérée comme idéale, mais il n'échappera pas à tous ceux qui l'ont essayée que le lotus est très difficile à maintenir pour le commun des mortels, douloureux pour les articulations, voire impossible pour beaucoup de monde ! Donc je réitère l'idée qu'il faut trouver la position qui convient le mieux à votre morphologie pour que votre séance de méditation ne tourne pas à une forme de pratique sado-maso ! Le but est de pratiquer l'attention juste ; pas de revivre les stations du calvaire du Christ le jour de sa crucifixion ! J'ai vu trop de gens dans les centres de méditation déclarer fièrement qu'ils avaient été plus forts que la douleur dans le dos, les genoux ou les articulations sans chercher à prendre conscience de ce genou ou de ce dos douloureux, sans observer minutieusement cette sensation corporelle douloureuse.




*****




Ceci étant dit, il ne faut sombrer non plus dans l'extrême inverse : le relâchement total, l'apathie, la mollesse caractérisée ! Ne soyez pas tendu comme une crampe, mais ne soyez pas effrayé non plus du moindre inconfort ! Tout est une question de milieu ! Un jour, un moine bouddhiste qui avait été auparavant joueur de luth vint trouver le Bouddha et lui demanda comment pratiquer la méditation. Le Bouddha lui demanda comment il accordait son instrument de musique. Le moine lui répondit : « Les cordes ne doivent être ni trop tendues, ni trop relâchées ». Le Bouddha rétorqua alors : « Et bien, dans la méditation, c'est la même chose : vous ne devez ni être trop tendu, ni trop relâché ».


Essayez donc d'avoir le dois le plus droit possible. Encore une fois : sans crispation, mais essayez quand même de vous redresser afin de ne pas finir courbé comme un bossu ! Quand je dis droit, ce n'est pas non plus une notion géométrique : certaines personnes ont un creux naturel dans le bas du dos. N'essayez pas de le résorber complètement. Et si le haut du dos est naturellement complètement voûté, ne vous acharnez pas non plus. Faites votre possible pour vous redresser sans entrer en guerre contre votre anatomie et votre physiologie


Dans le Zen, on donne cette image intéressante de pousser le ciel avec le crâne et de pousser le sol avec les genoux. Un coussin de méditation ou zafu est un accessoire tr ès recommandable pour cela : comme ça, votre bassin est plus haut que vos genoux. C'est un confort précieux, me semble-t-il, mais ce n'est complètement indispensable : dans la Nature, il m'arrive de pratiquer la méditation à même le sol. J'essaie alors de trouver des terrains légèrement en pente si c'est possible afin de retrouver cette situation où le bassin est au-dessus des genoux.


Rentrez également le menton tout en étirant votre colonne. Veillez régulièrement à cela car la somnolence peut nous faire piquer du nez. De manière générale, si vous êtes somnolent, raffermissez votre posture. Soyez plus souple et relâché par contre si vous êtes dans l'agitation et la nervosité.


Quant aux mains, vous avez le choix : vous pouvez poser simplement vos mains ou les poignets sur vos genoux. Ou alors adopter le mudra de la méditation : une main sur la paume de l'autre, les pouces se touchant l'un l'autre et étant parallèles grosso modo avec les paumes. On qualifie souvent cette position des pouces : « ni montagne, ni vallée ». Les pouces ne doivent pas être tombants et rabaissés, ce qui est un signe de somnolence, ni trop élevés, ce qui témoigne plutôt d'agitation interne. Précisons qu'il existe des variantes de cette position selon les écoles : dans le Zen Rinzai par exemple, les pouces sont écrasés sur les paumes. Dans le Zen Sôtô, on précise quelle main doit être sur quelle main, mais quand je fréquentais un centre Zen dans les années '90, j'avais remarqué que, dans les thangkas tibétaines (peintures sacrées) qui représentaient le Bouddha en méditation, c'était l'inverse. Ne soyez donc pas trop maniaque sur le sujet ! L'important est de cultiver l'attention, je ne le rappellerai jamais assez.


Enfin, n'oubliez pas de relâcher les épaules et d'avancer les coudes, qu'ils ne soient pas trop en arrière comme si vous étiez apeuré.


Voilà donc ces petits conseils pour une posture correcte en méditation. Reste à pratiquer encore et encore la méditation. Comme le dit le Bouddha : « Voici le pied des arbres, voici des endroits isolés. Engagez-vous dans la voie du progrès intérieur. Ne prenez pas de retard afin de n'avoir pas, plus tard, de regret. Cela est notre instruction pour vous tous1  ». Bonne méditation donc ! Cultivez bien l'attention et l'esprit d’Éveil !




1Majjhima Nikâya, III, 298 – 302. Mohan Wijayaratna, Sermons du Bouddha, Points / Sagesse, Paris, 2006, pp. 187-195.





















Sur la méditation : 





Pour un commentaire beaucoup plus détaillé des pratiques du Soûtra de l'Attention au Va-et-Vient de la Respiration, voir : 

- En compagnie du souffle :  

     





lundi 21 juillet 2025

L'attention au corps

 


L'attention au corps


Petits conseils de méditation

(Première partie)



D'ordinaire, la spiritualité est présentée comme l'accent mis sur l'esprit au détriment du corps et des choses matérielles. Le mot même de spiritualité vient du latin « spiritus », l'esprit. L'esprit est premier, au moins en importance dans la spiritualité. Il y a bien sûr toutes sortes de spiritualités différentes dans le monde, mais souvent la spiritualité cherche à conforter l'âme, l'esprit et la conscience face aux tentations auxquelles le corps nous soumet. La justification est le plus souvent que le corps est faillible, sujet à la maladie, à la mort, au pourrissement. Même vivant, le vivant ne manque pas de susciter le dégoût quand on voit le sang couler ou les entrailles d'une personne accidentée ou quand on voit toutes les substances impures qui en sortent, toutes les odeurs repoussantes qui en émanent. L'âme ou la conscience semble a contrario lumineuse et pure, une promesse d'éternité face à la mort et la putréfaction qui guette le corps.


Néanmoins, le Bouddha nous indique dans un court soûtra que l'on se tromperait grandement si l'homme spirituel ne nourrissait pas du même scepticisme face à l'esprit après avoir constaté tous les désavantages du corps :


« Même, un individu non-instruit pourrait avoir du dégoût envers son corps matériel, composé des quatre éléments principaux. Pourquoi ? Parce qu'il peut voir le changement, la détérioration et la destruction arrivant à ce corps matériel composé des quatre éléments principaux. Ainsi, il pourrait avoir du dégoût à propos de son corps, il pourrait arrêter son attachement au corps, il pourrait se libérer de son corps.


Cependant (...), un individu non-instruit est incapable d'avoir du dégoût à propos de ce qui est appelée « pensée », « mental » ou « conscience ». Pourquoi ? Parce que, depuis longtemps, l'individu non-instruit a pris l'habitude de chérir, d'admirer cette idée et de s'y attacher : « Ceci est à moi, je suis ceci, ceci est mon Soi ». » (Soûtra de l'homme non-instruit, Samyutta Nikāya, II, 94-95. Toutes les autres citations du Bouddha dans cet article sont tirées du même soûtra.)


Si on rejette le corps comme le centre de notre identité et qu'on rejette l'attachement à notre corps, c'est là une bonne chose pour le Bouddha, mais pas si c'est pour tout de suite après instaurer l'esprit ou la conscience comme centre de cette même identité. Se dire : « je suis cette conscience, cet esprit est Moi, mon âme est le véritable Je, etc... ». Pour le Bouddha, cet attachement à l'esprit est même pire que l'attachement au corps :


« Pourtant, il vaut mieux que cet individu non-instruit concède comme son soi ce corps matériel, composé des quatre éléments principaux au lieu de considérer ce qu'on appelle « pensée », « mental » ou « conscience » comme son Soi. Pourquoi ? Parce que ce corps matériel, composé des quatre éléments principaux persiste un an, deux ans, trois ans, quatre ans, vingt ans, trente ans, quarante ans, cinquante ans, et même il persiste cent ans ou encore plus. Cependant, ce qu'on appelle « pensée », « mental » ou « conscience » change sans cesse, jour et nuit, se produit comme une chose et se disperse comme une autre chose ».


Le corps est impermanent certes : il vieillit, il se dégrade avec l'âge et nous finissons tous par mourir. Cela, tout le monde peut le voir. Mais malgré durant sa période de vie, il conserve une apparence assez similaire : vous ne changez pas du tout au tout en un instant. Vous ne devenez pas très grand ou très petit d'une seconde à l'autre comme Alice au Pays des Merveilles. Vous conservez une apparence relativement stable, et donc le « moi » qu'on accolerait à un corps aurait une certaine durée dans le temps : quelques années, voire quelques dizaines d'années vraisemblablement.


La conscience, elle, change constamment d'apparence : vous pouvez penser à la Chine un moment puis imaginer la Tour Eiffel à Paris l'instant d'après. Vous pouvez philosopher un instant pour devenir la seconde qui suit ce que vous allez manger ce soir. Vous pouvez être très en colère un moment pour être très joyeux le moment d'après. Votre vie mentale est une succession d'instants de pensées très diverses, d'émotions diverses, de souvenirs très divers, d'anticipations de l'avenir diverses, d'images mentales variées. Un kaléidoscope baroque et fort incohérent.


Cette conscience ne peut donc pas être la base solide d'une identité, d'un moi, encore moins d'un Soi avec un grand S. La conscience est comme un singe un peu fou qui bondit de branche en branche et éprouve beaucoup de difficultés à rester en place ne serait-ce que deux instants consécutifs. C'est ce que l'on réalise quand on pratique la méditation : la difficulté à maintenir en place l'attention de notre esprit. Notre esprit part dans tous les sens : un souvenir par ci, une réflexion par là, une émotion qui nous traverse et nous envahit, une crainte qui s'exprime, un remords pour une faute passée, notre ego qui s'enfle d'un coup sous l'effet d'un orgueil démesuré. Et même quand on revient à l'attention, le mental commence à réfléchir sur à quel point on est bien attentif, comment on est un bon méditant, comme c'est génial la méditation... avant de repartir dans d'autres considérations, d'autres jugements, d'autres pensées captivantes, d'autres souvenirs lancinants, d'autres inflations de l'ego, d'autres commentaires sur notre genou qui fait mal, d'autres émotions perturbatrices. Et tout cela nous éloigne bien loin de l'attention encore et encore...



Comme le dit le Bouddha : « Tout comme, ô moines, un singe dans une forêt ou un bois, en se jetant d'arbre en arbre, saisit une branche, puis la laisse et en saisit une autre, de même ce qu'on appelle « pensée », « mental » ou « conscience » change sans cesse, jour et nuit, se produit comme une chose et se disperse comme une autre chose ».


Il en ressort que vous ne pouvez pas vous baser sur l'esprit sur échapper à l'esprit puisque vous êtes plongés dedans. Plongés dans ce flot impétueux et incessant de pensées conflictuelles. C'est pourquoi le Bouddha conseille de pratiquer l'attention au corps. Cette attention au corps pour avoir un piquet qui sera comme un point fixe face au déluge de pensées que provoque l'esprit. Certes, le corps n'est pas entièrement fixe et immuable, il change aussi, le sang coule dans vos veines, votre cœur bat, il se passe un nombre prodigieux de choses dans votre corps à chaque instant, votre corps change certes, mais beaucoup moins que l'esprit qui peut changer complètement d'un instant à l'autre, qui peut être une chose à un moment donné, et tout autre chose l'instant d'après. C'est comme être sur une falaise face à la mer déchaînée. Ce corps est un point fixe relativement au chaos produit par la conscience.


C'est pourquoi le premier des quatre établissements de l'attention prônés par le Bouddha est précisément l'attention au corps. Pour rappel, ces quatre établissements de l'attention sont :


  • 1°) l'attention au corps,

  • 2°) l'attention aux sensations,

  • 3°) l'attention à l'esprit,

  • 4°) l'attention aux objets de l'esprit, aux phénomènes.


L'image que l'on donne souvent en méditation est que l'attention au corps est comme le piquet auquel on attache la vache. La corde est plus ou moins longue selon votre degré de concentration, mais le point important est que l'attention au corps est le centre de la méditation à laquelle on peut revenir quand on s'est égaré dans toutes sortes de pensées et d'émotions.


L'attention au corps, elle-même, est diversifiée : on peut pratiquer par exemple l'attention au va-et-vient de la respiration qui a l'avantage d'associer l'attention à un mouvement, ce qui laisse envisager le flux, le changement, la transformation constante à l’œuvre dans l'univers et dans vous-mêmes tout en étant suffisamment répétitive pour être ce « piquer » dont je parle et qui sert à fixer l'attention. On peut aussi envisager tout le corps, ce qui a le mérite de mettre en valeur le fait que l'on est complètement inattentif, voire dans le déni par rapport à beaucoup de parties de notre corps. On peut aussi être attentif à certaines parties du corps, ce qui se passe au niveau du nombril ou légèrement en dessous, ce que les Japonais appellent le hara. Ce qui intéressant pour observer notre rapport émotionnel au monde. On peut aussi observer les éléments constitutifs de notre corps dans une démarche analytique. On peut observer chaque organe de notre corps, la peau, le sang, les poumons, la rate, etc... On peut aussi observer aussi le caractère mortel de ce corps, voir qu'il n'est finalement rien d'autre qu'un cadavre en devenir.


Mon but ici n'est pas d'être exhaustif concernant l'attention au corps telle que le Bouddha l'a enseignée. Mais de juste rappeler l'intérêt de cette attention au corps et combattre l'idée fausse que la spiritualité consiste à combattre le corps, à s'en détourner pour ne voir que l'esprit ou l'âme. Ce que le Bouddha nous a appris, c'est qu'on gagne à observer minutieusement le corps pour mieux connaître l'esprit. L'un n'est pas complètement séparé de l'autre.


Surtout l'attention au corps permet de prendre conscience d'une chose absolument essentielle : la production interdépendante des phénomènes dans le monde. Comme le dit le Bouddha :


« Le noble disciple bien instruit considère soigneusement et uniquement la production interdépendante en se rappelant :

Ceci est parce que cela est.

Ceci apparaît parce que cela apparaît.

Ceci n'est pas parce que cela n'est pas.

Ceci disparaît parce que cela disparaît. »


Votre corps a besoin d'air pour respirer, il ne peut exister sans toute l'atmosphère tout autour de lui, et les arbres, les végétaux qui produisent l'oxygène que vous respirez. Les arbres ne peuvent pas exister sans la lumière du soleil et l'eau de la pluie, et l'eau de pluie doit son existence aux nuages et aussi au vent qui apporte les nuages... Votre corps a besoin de manger pour subsister, et donc de la production de nourriture, de l'environnement, de la société, etc... Votre corps est, votre corps existe parce que telle ou chose existe qui lui permet d'exister. Votre corps est apparu parce que d'autres êtres ont permis son apparition en ce monde. Et toutes ces causes et conditions feront aussi que vous n'existerez plus un jour ou l'autre, et que la matière de votre corps se transformera en autre chose dans l'univers pour alimenter d'autres phénomènes qui apparaîtront et disparaîtront en vertu de la production interdépendante.


Votre corps est le lieu premier de cette prise de conscience de la production interdépendante. Et vous ne pourrez libérer votre être qu'en comprenant intimement cette gigantesque chaîne de causalité qu'est la production interdépendante. Voilà pourquoi je vous conseille chaudement de ne pas négliger cette attention au corps, mais au contraire, de la pratiquer le plus souvent possible, encore et encore, tout au long de votre existence.















Sur la méditation de manière générale :







samedi 8 septembre 2018

Un nomade de la raison - 6ème partie



Un nomade de la raison 
sur les chemins d’Élis à Taxila

6ème partie




Pour lire les précédentes parties d'un Nomade la Raison, voir le sommaire.




Le Bouddhisme



     Le Bouddha a eu deux très grands disciples : Shâriputra et Maudgalyâyana. Il serait intéressant de se pencher sur le parcours spirituel de ces deux-là parce que leur évolution est emblématique d’une relation au doute et au scepticisme et du dépassement de ceux-ci. Shâriputra et Maudgalyâyana1, tous deux issus d’une famille de brahmanes, avaient décidé de quitter la vie laïque pour devenir ascètes errants dans la quête résolue de trouver la vérité. Après avoir écouté toutes sortes de doctrines de différents maîtres, les deux se rallièrent à un maître qui s’appelait Sanjaya Belatthiputta. 

mercredi 6 décembre 2017

S'habituer






      En tibétain, méditer se dit par le mot « gompa » (sgom pa) qui signifie littéralement « habituer ». L'idée est que la méditation consiste à s'habituer à un autre mode de pensée, de comportement et de concentration de l'esprit. Mais s'habituer à quoi exactement, voilà l'objet de cet article. En fait, s'habituer dans le contexte de la méditation signifie plusieurs choses, des choses qui peuvent très différentes les unes des autres, voire qui peuvent sembler contradictoires. Et c'est ces différentes significations et implications, parfois contradictoires, mais toujours complémentaires de ce processus d'habituation qu'est la méditation que je voudrais aborder ici.

dimanche 22 octobre 2017

Le poids d'un végane






Bonjour tout le monde,


    Aujourd'hui, une petite réflexion autour d'un tweet de Gurren Vegan, youtubeur bien connu dans la véganosphère. Si, d'ailleurs, vous ne connaissez pas sa chaîne YouTube, je vous recommande chaudement d'y jeter un œil. Dans ce tweet en question, daté du 20 ocotobre 2017, Gurren Vegan exprimait son ras-le-bol devant les attaques envers son physique : « Marre de me faire valider mon physique sur Youtube » et il y joignait une capture d'écran d'un commentaire d'une de ses vidéos :

dimanche 18 décembre 2016

Ne rien faire






  Je me suis lancé dans la méditation. C'est mieux que de rester bêtement assis par terre sans rien faire.

Jean Yanne






     J'aime cette boutade de Jean Yanne. J'imagine que son but était juste de faire rire l'assemblée. Mais cela pose une question qui droit au cœur de ce qu'est la méditation. Au fond, c'est le genre de propos irrévérencieux que ne renierait pas un maître Zen. Qu'est-ce qui distingue au fond la personne qui s'adonne à la méditation de celle qui reste assise là à ne rien faire du tout ? Et au fond, il n'y a qu'une différence très mince, mais essentielles entre ces deux activités, ou plutôt ces non-activités: c'est la pratique de l'attention. Pour moi, la méditation, c'est une façon extrêmement active de ne rien faire. 

jeudi 22 septembre 2016

L'attention au souffle








      Dans l'Ānāpānasati Sutta (le Soûtra de l'Attention au Va-et-vient du Souffle), le Bouddha recommande 16 exercices spirituels de méditation afin de mieux focaliser son attention. Chaque fois que nous inspirons et que nous expirons, nous pouvons adjoindre à ce mouvement du souffle dans et en-dehors de nos poumons une petite phrase qui va nous aider à focaliser notre attention.

    Les 4 premiers exercices sont reliés à l'attention au corps :


1. En inspirant longuement, il sait : ‘J’inspire longuement’. En expirant longuement, il sait : ‘J’expire longuement’.
2. En inspirant brièvement, il sait : ‘J’inspire brièvement’. En expirant brièvement, il sait ‘J’expire brièvement’.
3. ‘J’inspire et je suis conscient de tout mon corps. J’expire et je suis conscient de tout mon corps’. C’est ainsi qu’il pratique.
4. ‘J’inspire et j’apaise tout mon corps. J’expire et j’apaise tout mon corps’. Ainsi pratique-t-il.


Les 4 exercices suivant sont reliés à l'attention aux sensations :


5. ‘J’inspire et je me sens joyeux. J’expire et je me sens joyeux’. Ainsi pratique-t-il.
6. ‘J’inspire et je me sens heureux. J’expire et je me sens heureux’. Ainsi pratique-t-il.
7. ‘J’inspire et je suis conscient de mes formations mentales. J’expire et je suis conscient de mes formations mentales’. Ainsi pratique-t-il.
8. ‘J’inspire et j'apaise mes formations mentales. J’expire et j'apaise mes formations mentales’. Ainsi pratique-t-il.




Les 4 exercices suivants sont reliés à l'attention à l'esprit :


9. ‘J’inspire et je suis conscient de mon esprit. J’expire et je suis conscient de mon esprit’. Ainsi pratique-t-il.
10. ‘J’inspire et je rends mon esprit heureux. J’expire et je rends mon esprit heureux’. Ainsi pratique-t-il.
11. ‘J’inspire et je concentre mon esprit. J’expire et je concentre mon esprit’. Ainsi pratique-t-il.
12. ‘J’inspire et je libère mon esprit. J’expire et je libère mon esprit’. Ainsi pratique-t-il.




Les 4 derniers exercices sont eux reliés à l'attention aux objets de l'esprit.


13. ‘J’inspire et j’observe la nature impermanente de tous les phénomènes. J’expire et j’observe la nature impermanente de tous les phénomènes’. Ainsi pratique-t-il.
14. ‘J’inspire et j’observe l’extinction. J’expire et j’observe l’extinction’. Ainsi pratique-t-il.
15. ‘J’inspire et je contemple la cessation. J’expire et je contemple la cessation’. Ainsi pratique-t-il.
16. ‘J’inspire et je contemple le lâcher-prise. J’expire et je contemple le lâcher-prise’. Ainsi pratique-t-il.




*****




      Il serait intéressant de lire ces 16 exercices, de les relire fréquemment et même de les connaître par cœur pour les avoir à disposition quand on pratique la méditation. Ces 16 pratiques couvrent tous les aspects de l'existence sur lequel il est bon de se focaliser pour progresser sur le chemin de la méditation. Il est bon de les connaître et de pouvoir en disposer comme un ouvrier dispose de ses outils dans sa boîte à outils. On peut aussi réciter le Soûtra de l'Attention au Va-et-Vient de la Respiration. Certes, sa structure est assez répétitive, mais justement cette répétition a le mérite de faire comprendre qu'il faut sans cesse revenir à ces différents points de l'attention pour aller toujours plus loin dans le pouvoir de la vision pénétrante. Par ailleurs, le soûtra met en perspective ces 16 techniques de l'attention au souffle avec d'autres techniques de méditation bouddhiste. Le soûtra indique également la finalité de ces techniques, produire ainsi les sept facteurs de l’Éveil afin de connaître la sagesse et la libération du cycle des existences.


     Les 4 premières exercices se rapportent à l'attention au corps. Le corps est la base de notre expérience de la vie. Il est donc important de connaître ce corps et de l'observer dans ses moindres détails. Plus spécifiquement, le souffle est cet élément physiologique qui nous fait vivre et que, pourtant, nous négligeons la plupart du temps. C'est seulement quand on étouffe ou qu'on se retrouve sous l'eau que l'on prend conscience de la nécessité vitale de pouvoir inspirer et expirer l'air frais. Attention ! Le Bouddha ne demande pas de contrôler sa respiration, de respirer brièvement ou plus longuement. Il s'agit ici de prendre attention à ce phénomène qu'est la respiration, pas de vouloir le contrôler à tout prix. On entend parfois dans les cours de yoga qu'on va « apprendre à respirer ». C'est une ineptie : vous savez comment respirer. Si vous ne le saviez pas, vous seriez mort depuis longtemps. En fait, vous ne savez pas : la respiration se produit en vous, indépendamment de votre volonté. Elle se produit même quand vous n'y pensez pas. C'est ce phénomène étonnant de la respiration, si proche, et pourtant si méconnu, qu'il s'agit d'observer dans sa spontanéité première.


       Une fois que l'on a observé ce corps, on peut l'apaiser. C'est le sens du dernier des quatre exercices d'attention au corps : « J’inspire et j’apaise tout mon corps. J’expire et j’apaise tout mon corps ». Le corps est souvent le champ de bataille de nos émotions : gorges serrés, estomac noué, cœur qui bat la chamade, mais qui se crispent, etc... La méditation est le lieu où on peut laisser tout cela se dénouer. Ne plus alimenter cette tension du corps d'une part et les laisser se dissoudre dans la conscience silencieuse de l'instant présent d'autre part. Il s'agit d'entretenir une nouvelle relation à notre corps, plus apaisée.


      Les 4 exercices suivants se rapportent à l'attention aux sensations. On est constamment traversés de sensations physiques et mentales ; et celles-ci affectent grandement notre humeur. Il s'agit dans la méditation de comprendre qu'on peut être autre chose que le pantin de nos sensations. Ainsi les exercices 5 et 6 ont trait à la joie et au bonheur qui peut naître en méditation malgré les sensations douloureuses ou pénibles qui nous traversent : « J’inspire et je me sens joyeux. J’expire et je me sens joyeux. J’inspire et je me sens heureux. J’expire et je me sens heureux ». Là encore, ce n'est pas une joie et un bonheur qu'on impose au mental envers et contre tout. On a tous des moments où on est malheureux ; mais il y a des ressources positives au plus profond de nous-mêmes qui nous permettent d'affronter les difficultés, qui nous donnent des ailes pour aller au-delà des épreuves de l'existence. C'est cette joie-là et ce bonheur-là qu'il s'agit de découvrir et de sentir dans la méditation.


      Les sensations nous amènent de toutes sortes de réactions, parfois trop hystériques ou destructrices. Le premier temps est de prendre conscience comment nous réagissons à des stimulus sensoriels : « J’inspire et je suis conscient de mes formations mentales. J’expire et je suis conscient de mes formations mentales ». Puis, à partir, de cette prise de conscience, on peut graduellement apaiser notre manière de réagir aux événements : « J’inspire et j'apaise mes formations mentales. J’expire et j'apaise mes formations mentales ». Par exemple, au lieu de réagir à une insulte par une autre insulte, à un coup de poing par un autre coup de poing, à un coup de couteau par un autre coup de couteau, on apprend à dégager plus d'espace et à avoir une réaction plus constructive : entamer un dialogue, parer ou éviter un coup, calmer le jeu, apaiser les situations conflictuelles. Dans la méditation, il s'agira surtout d'apaiser toutes les pensées de vengeance, de ressentiment ou au contraire, se ressaisir face aux réactions dépressives ou désespérées face aux événements. On pourra aussi apaiser notre avidité par rapport à ce qui nous obsèdent et vivre dans le contentement de ce qu'on a, sans vouloir à tout prix toutes les richesses du monde.


     Les 4 exercices suivants se rapportent à l'attention à l'esprit. Là encore il s'agit de connaître et comprendre son propre esprit ainsi que le fonctionnement de son esprit, sa dynamique qui le conduit à produire telle ou telle pensée, telle ou telle émotion, à vivre dans le passé ou à fantasmer sur le futur. Cela correspond au vieil adage de l'oracle de Delphes : « Connais-toi toi-même ». À partir de cette connaissance intime de soi-même, peut rendre l'esprit heureux, plus à même de trouver des solutions aux défis de l'existence : « J’inspire et je rends mon esprit heureux. J’expire et je rends mon esprit heureux ». Étant plus satisfait de sa propre vie, ayant un mental plus radieux, on peut d'autant plus facilement concentrer cet esprit sur un point : « J’inspire et je concentre mon esprit. J’expire et je concentre mon esprit ». Cette concentration permet de franchir les étapes supérieures de la méditation, ce qu'on appelle les absorptions méditatives (dhyāna en sanskrit, jhāna en langue pâlie). « J’inspire et je concentre mon esprit. J’expire et je concentre mon esprit ». Cette capacité de se concentrer et d'entrer dans les hauts états d'absorption méditative permet aussi d'augmenter son pouvoir de se libérer des conditionnements de l'existence. « J’inspire et je libère mon esprit. J’expire et je libère mon esprit ».


      Les 4 derniers exercices se rapportent aux objets de l'esprit, à tout ce dont l'esprit peut prendre conscience. Le monde est bien trop vaste pour commencer à observer tous les phénomènes qui composent ; mais quand nous percevons quelque chose. On peut commencer par voir l'impermanence de ces phénomènes. Tout en ce monde est transitoire. Tout passe, rien n'est figé dans une existence durable. D'instant en instant, le monde et les choses changent. C'est pour quoi le Bouddha nous demande d'observer : « J’inspire et j’observe la nature impermanente de tous les phénomènes. J’expire et j’observe la nature impermanente de tous les phénomènes ». À partir de ce constat de l'impermanence, on peut commencer à se détacher par rapport à eux. Notre envie de se saisir d'eux s'estompe en nous : « J’inspire et j’observe l’extinction. J’expire et j’observe l’extinction ». On peut alors réaliser que tous les phénomènes arrivent tôt ou tard à leur cessation d'une part, et voir aussi que notre esprit est susceptible d'entrer dans le degré ultime de la méditation : la sphère méditative de cessation des sensations et des perceptions, qui correspond à la vision du Nirvāna. « J’inspire et je contemple la cessation. J’expire et je contemple la cessation ». Enfin, une fois que l'on a vu cet état de cessation des sensations et des perceptions, on regarde le monde beaucoup plus librement et on cultive le lâcher-prise par rapport aux phénomènes : « J’inspire et je contemple le lâcher-prise. J’expire et je contemple le lâcher-prise ».




*****


      Deux petites remarques pour conclure. Tout d'abord, en méditation, on n'est pas du tout obligé de pratiquer ces exercices dans l'ordre. Selon les besoins du moment, on utilisera tel ou tel exercice à la meilleure convenance. Parfois, il importera de se recentrer sur le corps. Parfois il faudra faire le point sur le mental. Parfois contempler l'impermanence des phénomènes nous apportera un bienfait ; à d'autres moments, ce sera le fait de cultiver la sensation de joie et de bonheur. C'est là tout un processus. Ces petits exercices sont là pour nous aider dans la méditation. Bien sûr, avec l'expérience et la sagesse, on apprendra à mieux utiliser ces exercices. Au début, c'est toujours un peu maladroit, mais il faut bien se lancer un moment où à un autre ! On ne devient pas un nageur hors-pair avec une seule séance à la piscine !


      Enfin, ces exercices mentaux impliquent de produire des pensées : « J'inspire et je.... J'expire et je... », alors que la méditation consiste à laisser passer les pensées qui nous obsèdent, un peu comme le ciel laisse passer les nuages sans s'accrocher à eux. C'est vrai, mais nous sommes tellement envahis par les pensées que nous avons besoin parfois d'une petite pensée qui va nous aider à nous recentrer sur nous-mêmes et la méditation. Si une pensée nous aide à éviter la dispersion des pensées, c'est une bonne chose. Pour autant, il ne faudrait pas non plus s'accrocher à ces techniques de méditation, croire qu'on est obligé de constater mentalement toutes ses inspirations et ses expirations avec ce genre de petites pensées. Si on est suffisamment détaché des pensées et concentré sur le moment présent, on peut observer silencieusement notre respiration et ce qui se passe en nous. Le Bouddha comparait la pratique du Dharma à un radeau. Le radeau sert à traverser la rivière, mais une fois la rivière traversée, rien ne sert de porter le radeau sur son dos ! Pareillement, ces seize techniques de méditation nous aident à nous concentrer ; mais une fois que cela est fait, on n'est pas obligé d'alimenter ces pensées et troubler le calme mental. Mais tôt ou tard, la dispersion et l'agitation reviendront ; à ce moment, on pourra reprendre l'un des 16 techniques de l'Ānāpānasati Sutta, la plus appropriée au moment présent.



     


     Voilà. Je souhaite à tous de progresser le plus loin dans la méditation. 



F.L., le 22 septembre 2016.









 Phra Ajan Jerapunyo, abbé de Watkungtaphao, en méditation










Pour un commentaire beaucoup plus détaillé des pratiques du Soûtra de l'Attention au Va-et-Vient de la Respiration, voir : 

En compagnie du souffle :  

     Commentaire au Soûtra de l'Attention au Va-et-vient de la Respiration 









Voir également : 


- Commentaires sur « L’Art de la Méditation » de Matthieu Ricard : voir le texte

     Pourquoi les enseignements du Bouddha sont-ils si rarement cités par les lamas du bouddhisme tibétains ? Est-ce que la méditation sur la nature de l'esprit n'occulte pas l'établissement de l'attention portée sur le corps (telle que le Bouddha l'enseigne dans le Soutra des Quatre Etablissements de l'Attention) ? Les soutras du Petit Véhicule ont-ils un intérêt dans la méditation sur la vacuité telle que l'expriment les soutras de la Perfection de Sagesse ? Comment intégrer les différents Véhicules du bouddhisme ?




Slowly, slowly, slowly.... : voir le texte
       Le progrès lent et graduel de la méditation. Comment arriver à la pleine conscience ?




Méditer à la piscine 

       Beaucoup de gens aiment faire quelques longueurs à la piscine pour se relaxer. C'est effectivement quelque chose de délassant de se baigner dans l'eau et d'activer l’entièreté de son corps. Mais je trouve que la piscine est aussi excellent endroit pour pratiquer la méditation et l'attention. 





Faut-il une bonne respiration pour méditer ?


On m'a récemment posé la question : je ne peux pas pratiquer la méditation de l'attention portée à la respiration, puisque je suis asthmatique. Que dois-je faire ? Il se trouve que je suis, moi aussi, asthmatique. En fait, le fait de respirer bien ou mal n'a rien à voir avec la pratique de l'attention telle qu'est enseignée par le Bouddha. Il s'agit de prêter attention à la respiration, pas de la réguler à tout prix. Même pendant une crise d'asthme, on continue à inspirer et expirer. Vous le faites difficilement du fait de la crise, mais vous le faites, sinon vous seriez mort. Il faut seulement prendre conscience de cette conscience de cette respiration et laisser l'esprit se calmer et se libérer de lui-même.







Qu'est-ce que la compassion?


        On pense parfois que la compassion consiste à s'affliger soi-même de la détresse des autres, mais, dans la philosophie du Bouddha, rien de tout cela : la compassion est définie comme le souhait ardent que les autres soient libérés de la souffrance et des causes de la souffrance.




Joie 

   Qu'est-ce que la joie spirituelle prônée par le Bouddha ?




    L'équanimité dans la méditation, l'apaisement des remous de la vie. Comment la pratiquer ? Comment la mettre en œuvre dans la vie de tous les jours ?







Méditation dans le creux du séquoia "Heart Tree" dans le parc national de Californie









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