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lundi 5 juin 2017

Bardo





Bardo





     En tibétain, le mot « bardo » signifie « intervalle », « état intermédiaire ». Il est surtout connu dans un titre célèbre de la littérature mystique tibétaine : le « Bardo Thödröl Chenmo », littéralement « La Grande Libération par l’Écoute dans l'Intervalle » (sous-entendu, l'intervalle qui va de la mort à la renaissance de l'individu). Le « Bardo Thödröl » est plus connu en Occident sous le nom de « Livre des Morts Tibétains ». Le « Bardo Thödröl » est un recueil de prières et de pratiques méditatives qui doivent être récitées aux personnes mourantes et aux morts pour que ceux-ci passent plus facilement le cap difficile de la mort. Dans la pensée bouddhiste tibétaine, la mort n'est pas la finalité ou le terme final de l'existence, mais bien un passage, un intervalle de temps dans lequel notre existence va connaître un grand bouleversement, un changement radical et va s'aiguiller vers d'autres existences possibles. Dans la vision spirituelle du Dzogchen, le bardo de la mort est aussi un moment privilégié pour se libérer de ce cycle des existences, la samsâra, et demeurer dans la claire lumière de l'esprit, la véritable nature de la conscience, sans être le prisonnier des hallucinations de l'existence conditionnée et individuelle.

      Donc un « bardo » est en ce sens un intervalle de temps que l'on peut mettre à profiter pour se libérer des conditionnements malsains de l'existence, n'importe quel intervalle de temps, pas seulement celui qui court du moment de la mort à la renaissance vers une autre existence. Dans le bouddhisme tibétain, on parle habituellement des six bardos :
  • le bardo de vie,
  • le bardo de la méditation,
  • le bardo du rêve,
  • le bardo du moment de la mort,
  • le bardo de la réalité absolue,
  • le bardo du devenir.

mercredi 6 janvier 2016

Bouddhisme et don d'organes




     Le don d'organes suscite souvent des interrogations en matière de bioéthique : l'idéal du médecin de sauver des vies se heurte parfois au respect que les religions demandent d'avoir par rapport au corps du défunt. Mais qu'en est-il de la position de la philosophie bouddhiste ? Est-ce un bien? Est-ce un mal ? Que faut-il en penser à l'aune des enseignements du Bouddha ? Je commencerai tout de suite par dire que je ne prétends pas ici parler au nom de tous les bouddhistes, j'essaye ici de produire une réflexion pertinente tant vis-à-vis du problème éthique ici posé que des différentes approches de la mort qui peuvent exister dans le bouddhisme. Cette réflexion qui est mienne peut converger ou diverger d'autres penseurs bouddhistes ou d'approches culturelles qui peuvent exister dans les différents pays bouddhistes comme la Thaïlande, la Chine, le Japon ou le Tibet.

  Les enseignements originels du Bouddha parlent fréquemment de la mort, mais se concentre plutôt sur notre peur et notre appréhension de la mort. Pour trouver la sérénité, nous dit le Bouddha, on ne peut pas se détourner de cette réalité qu'est la mort qui tôt ou tard nous frappera et engloutira notre être. L'idée est de méditer sur l'impermanence et la mort pour que nous nous détachions de ce qui nous occupe dans cette vie. De ce détachement peuvent naître la sérénité et la béatitude. L'idéal bouddhiste est de pouvoir mourir sans peur, ni attachement à cette vie, de manière sereine et apaisée.