Bardo
En
tibétain, le mot « bardo » signifie « intervalle »,
« état intermédiaire ». Il est surtout connu dans un
titre célèbre de la littérature mystique tibétaine : le
« Bardo Thödröl Chenmo », littéralement « La
Grande Libération par l’Écoute dans l'Intervalle »
(sous-entendu, l'intervalle qui va de la mort à la renaissance de
l'individu). Le « Bardo Thödröl » est plus connu
en Occident sous le nom de « Livre des Morts Tibétains ».
Le « Bardo Thödröl » est un recueil de prières
et de pratiques méditatives qui doivent être récitées aux
personnes mourantes et aux morts pour que ceux-ci passent plus
facilement le cap difficile de la mort. Dans la pensée bouddhiste
tibétaine, la mort n'est pas la finalité ou le terme final de
l'existence, mais bien un passage, un intervalle de temps dans lequel
notre existence va connaître un grand bouleversement, un changement
radical et va s'aiguiller vers d'autres existences possibles. Dans la
vision spirituelle du Dzogchen, le bardo de la mort est aussi un
moment privilégié pour se libérer de ce cycle des existences, la
samsâra, et demeurer dans la claire lumière de l'esprit, la
véritable nature de la conscience, sans être le prisonnier des
hallucinations de l'existence conditionnée et individuelle.
Donc
un « bardo » est en ce sens un intervalle de temps que
l'on peut mettre à profiter pour se libérer des conditionnements
malsains de l'existence, n'importe quel intervalle de temps, pas
seulement celui qui court du moment de la mort à la renaissance vers
une autre existence. Dans le bouddhisme tibétain, on parle
habituellement des six bardos :
- le bardo de vie,
- le bardo de la méditation,
- le bardo du rêve,
- le bardo du moment de la mort,
- le bardo de la réalité absolue,
- le bardo du devenir.