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dimanche 17 mai 2020

Peu doué pour la sagesse





- Mais ce qu'il y a de grand, ce qu'il y a d'exceptionnel convient peut-être à d'autres, à Socrate et aux individualités de sa trempe. Pourquoi donc si nous sommes aptes par nature à de telles prouesses, tous les hommes ou la plupart des hommes ne leur ressemblent-ils pas ?


- Est-ce que tous les chevaux sont rapides ? Ou tous les chiens habiles à suivre une piste ? Non ! Mais après ? Parce que je ne suis pas bien doué, devrai-je pour cela renoncer à faire de mon mieux ? À Dieu ne plaise ! Moi, Epictète, je ne serai pas meilleur que Socrate, mais même si je n'arrive pas à son niveau, je m'en contente. Je ne serai pas non plus Milon, mais je ne néglige pas pour autant de mon corps, ni Crésus, et pourtant je ne me désintéresse pas de ma fortune. En un mot, il n'est aucune autre chose dont nous ne renoncions à prendre soin sous prétexte que nous désespérions d'atteindre le plus haut niveau dans ce domaine.


Épictète, Entretiens, Livre I, chapitre II.





vendredi 24 mai 2019

L'homme n'est ni ange, ni bête





L’homme n’est ni ange ni bête, et le malheur veut que qui veut faire l’ange fait la bête.


Il est dangereux de trop faire voir à l’homme combien il est égal aux bêtes, sans lui montrer sa grandeur. Il est encore dangereux de lui trop faire voir sa grandeur sans sa bassesse. Il est encore plus dangereux de lui laisser ignorer l’un et l’autre. Mais il est très avantageux de lui représenter l’un et l’autre.


Il ne faut pas que l’homme croie qu’il est égal aux bêtes, ni aux anges, ni qu’il ignore l’un et l’autre, mais qu’il se sache l’un et l’autre.


S’il se vante, je l’abaisse ;
s’il s’abaisse, je le vante ;
et le contredis toujours,
jusqu’à ce qu’il comprenne
qu’il est un monstre incompréhensible.


Bassesse de l'homme jusqu'à se soumettre aux bêtes, jusqu'à les adorer.


Après avoir montré la grandeur et la bassesse de l'homme. Que l’homme maintenant s’estime à son prix. Qu’il s’aime, car il y a en lui une nature capable du bien ; mais qu’il n’aime pas pour cela les bassesses qui y sont. »


Blaise Pascal, Pensées,
fragments 557, 153, 154, 163, 86 & 151 de l'édition Sellier
(dans l'éd. Brunschvicg : 358, 418, 418, 420, 429 & 423 ;
dans l'éd. Lafuma : 678, 121, 121, 130, 53 & 119).


vendredi 31 août 2018

Les huit préoccupations mondaines




Les huit préoccupations mondaines



  Dans la philosophie bouddhique, on compte 8 préoccupations mondaines ou dharmas mondains. Ces préoccupations occupent notre esprit comme une armée occupe un pays, et tout ce que nous faisons est une forme d'asservissement à ces objectifs du monde. Ces préoccupations détournent l'individu de la pratique du Dharma, la Voie du Bouddha. Ces huit préoccupations sont classées par pairs d'opposés, de la manière suivante :

mercredi 13 septembre 2017

Antispécisme et humanisme




Antispécisme et humanisme





      Je regardais hier un extrait d'une émission de Canal + où Tiphaine Lagarde, la porte-parole de l'association radicale 269Life était invitée à parler d'antispécisme, d'animalisme et de véganisme. Tiphaine Lagarde rabaissait notamment le véganisme pour mettre en avant l'antispécisme. J'ai déjà dit ailleurs les doutes que j'entretenais envers 269Life (ici). Mais ce qui m'a frappé dans l'interview de Tiphaine Lagarde, c'est l'intervention sur le plateau de l'intellectuel français Emmanuel Todd. Celui-ci s'est insurgé sur l'utilisation du terme « holocauste » revendiquée par Tiphaine Lagarde pour parler du massacre des animaux qui s'opère chaque jour et condamne des milliards d'animaux à une souffrance atroce en ce moment-même. Emmanuel Todd trouvait aussi inquiétant l'anti-humanisme supposé des antispécistes.

samedi 19 août 2017

Rien de certain




Rien de certain




La seule chose certaine, c'est que rien n'est certain ; et rien n'est à la fois plus pitoyable et plus prétentieux que l'homme.

(Solum certum, nihil esse certi, et homine nihil miserius aut superbius)

Pline l'Ancien, Histoire naturelle.





La formule de Pline "Solum certum, nihil esse certi"
sur les poutres de la librairie du château de Montaigne en Dordogne




    Je regardais récemment une émission de tourisme à la télévision à propos des châteaux de la région de Bordeaux. À un moment donné, les présentateurs allaient visiter le château de Montaigne où le philosophe Michel Eyquem de Montaigne a vécu et a écrit ses Essais. Ils ont montré le haut de la tour dans laquelle se trouvait la chambre où il dormait et sa bibliothèque où il rédigeait ses réflexions sur la vie et lui-même, sa Librairie comme il l'appelait. La particularité de cette pièce est que Montaigne avait fait graver des sentences de sagesses en grec et en latin de ses philosophes favoris sur les poutres du plafond. Et notamment cette formule de Pline : « La seule chose certaine, c'est que rien n'est certain ». Dans tous les domaines et dans toutes les choses, le doute est de mise. On ne peut jamais être certain d'avoir une connaissance véritable et complète de ces domaines et ces choses que nous essayons de connaître. La sagesse est de reconnaître l'ampleur de ce doute au lieu de toujours vouloir s'accrocher à des certitudes ou vouloir imposer sa conviction contre vents et marées.

dimanche 11 janvier 2015

Penser l’homme et l’animal au sein de la Nature - 3ème partie

1ère partie - 2ème partie - 3ème partie - 4ème partie - 5ème partie - 6ème partie - 7ème partie 


         Voilà donc : je me rallie à David Olivier et Yves Bonnardel sur ce point du refus de l’idée de Nature comme un ordre hiérarchique émanant d’elle-même, la Nature, ou émanant de Dieu, ordre qui imposerait une conduite et une attitude aux êtres humains (« il est naturel d’agir ainsi », « tel acte est contre-nature ; donc il faut l’éviter à tout prix »), ordre qui assignerait une place déterminée aux êtres sensibles (à la tête de la société pour les hommes blancs de classe supérieure, au foyer pour les femmes, dans le champ ou dans la mine pour l’esclave, dans l’enclos ou à l’abattoir pour les animaux). La Nature n’est pas un ordre immuable et parfait ; ce sont les hommes qui interprètent de manière intéressée la Nature pour fonder un ordre social déterminé uniquement par des consciences humaines.


dimanche 16 février 2014

Dépasser l'homme : Sénèque, Nietzsche & Montaigne

 « Je vous enseigne le Surhumain. L'homme n'existe que pour être dépassé. Qu'avez-vous fait pour le dépasser ? »

samedi 14 décembre 2013

Les animaux aussi intelligents que les hommes, voire plus intelligents qu'eux ?

Je suis tombé hier sur cet article du Huffington Post :

Selon cet article, les humains ne seraient pas les créatures les plus intelligentes de la Terre, selon les déclarations du docteur Maciej Henneberg, professeur à l’Université d'Adélaïde. Les animaux, du fait de leurs modes de perception du monde différents des nôtres, ont des capacités mentales supérieures aux nôtres dans certains domaines : « Le fait que les animaux ne puissent apparemment pas nous comprendre, et que nous ne les comprenons pas, ne veut pas dire que nos 'intelligences' se situent à des niveaux différents, elles sont juste de nature différente", affirme Henneberg. Certains animaux marquent leur territoire de manière complexe pour communiquer. Les humains ne peuvent pas interpréter ces marquages, a-t-il déclaré, mais "ils sont peut-être aussi riches en information que le monde visuel."

mardi 10 décembre 2013

Blaise Pascal, Epictète, Montaigne et la question du stoïcisme au XVIIe siècle



           L'article qui va suivre est une étude d'un dialogue entre des jansénistes au XVIIème siècle. Le jansénisme est ce courant intégriste chrétien qui a occupé une place importante dans la vie intellectuelle et spirituelle du XVIIème siècle. Il s'agit d'une doctrine résolument anti-humaniste qui refuse la possibilité pour l'homme de s'améliorer de lui-même et qui insiste de manière centrale sur la grâce que Dieu peut donner ou pas à l'homme empli de foi. Blaise Pascal avec Jean Racine ont été certainement parmi les jansénistes les plus célèbres.

           Le dialogue de Blaise Pascal avec un autre janséniste a pour thème l'opposition frontale des jansénistes aux thèses de l'humanisme symbolisé ici par deux de ses deux courants: d'une part, le courant  de Juste Lipse et La Mothe Le Vayer qui remet au goût du jour le stoïcisme et défend l'idée d'un homme fort, volontaire, maître de lui-même et de ses passions, grandiose dans ses aspirations philosophiques et spirituelles, et d'autre part, le courant de Michel de Montaigne où l'homme se retrouve face à ses contradictions et ses faiblesses et tente de développer un art de vivre simple et joyeux.    

         Donc, au-delà de ces considérations chrétiennes sur le salut et la misère de l'homme, le dialogue entre monsieur de Sacy et Blaise Pascal nous laisse une réflexion sur l'humanisme et l'anti-humanisme ainsi que sur les différentes façons de considérer l'homme et la nature humaine au sein de l'humanisme.

mercredi 16 octobre 2013

L'animalisme est-il un humanisme ? Critique de l'anti-humanisme d'Yves Bonnardel

L'animalisme est-il un humanisme ?

Critique de l'anti-humanisme d'Yves Bonnardel

    Voici une interview du philosophe antispéciste Yves Bonnardel sur la question de l'égalité:


   J'ai trouvé cette interview d'Yves Bonnardel très intéressante ; mais elle suscite en moi un malaise certain. Surtout quand le philosophe se met à attaquer l'humanisme (18'). Pour lui, l'humanisme est une idéologie de la domination ; l'humanisme met l'homme au centre du monde ; et tous les êtres lui sont alors soumis. En outre, il n'y a pas lieu de conférer une quelconque valeur à ce qui fait notre humanité. Cela suscite le malaise ; parce que d'abord, Bonnardel réduit l'humanisme à une seule théorie : la suprématie de l'homme sur le reste de la création, et donc sur les animaux. Or l'humanisme a toujours été beaucoup plus pluriel que ce que veut bien dire Bonnardel.