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samedi 10 octobre 2015

Un bien véritable

 « Après que l’expérience m’eut appris que tout ce qui arrive d’ordinaire dans la vie commune est vain et futile, ayant vu que tout ce qui était pour moi cause ou objet de crainte n’avait en soi rien de bon ou de mauvais, mais dans la seule mesure où mon âme en était émue, je me décidai enfin à chercher s’il n’existait pas un bien véritable, communicable, et tel que mon âme, rejetant tout le reste, pût être affecté par lui seul ; bien plus, s’il n’y avait pas quelque chose dont la découverte et l’acquisition me ferait jouir pour l’éternité d’une joie continue et souveraine. »


Spinoza, « Traité de la Réforme de l’Entendement », traduction du latin par Séverine Auffret, éd. Mille et une nuits, Paris, 1996, p. 7.

lundi 11 août 2014

L'homme, l’Éternité et son passage dans le temps

      Nous ne cessons de nous étonner du passage du temps : "Comment ! Hier à peine, ce père de famille chauve et moustachu était encore un gosse en culottes courtes !" Cela montre que le temps n'est pas notre élément naturel. Imagine-t-on un poisson qui s'étonnerait de la mouillure de l'eau ? C'est que notre vraie patrie est l'éternité ; dans le temps nous ne sommes que des visiteurs de passage. 

    N'empêche, c'est dans le temps que l'homme construit la cathédrale de Chartres, peint le plafond de la Sixtine et joue de la cithare à sept cordes — ce qui inspira la fulgurante intuition de William Blake : "L’Éternité est amoureuse des œuvres du temps".

Simon Leys, Le bonheur des petits poissons, 2008.