« Après que
l’expérience m’eut appris que tout ce qui arrive d’ordinaire
dans la vie commune est vain et futile, ayant vu que tout ce qui
était pour moi cause ou objet de crainte n’avait en soi rien de
bon ou de mauvais, mais dans la seule mesure où mon âme en était
émue, je me décidai enfin à chercher s’il n’existait pas un
bien véritable, communicable, et tel que mon âme, rejetant tout le
reste, pût être affecté par lui seul ; bien plus, s’il n’y
avait pas quelque chose dont la découverte et l’acquisition me
ferait jouir pour l’éternité d’une joie continue et
souveraine. »
Spinoza, « Traité
de la Réforme de l’Entendement »,
traduction du latin par Séverine Auffret, éd. Mille et une nuits,
Paris, 1996, p. 7.