Pages

Affichage des articles dont le libellé est Dza Patrül Rimpotché. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Dza Patrül Rimpotché. Afficher tous les articles

vendredi 19 juillet 2019

Maître et disciple selon Dza Patrül Rimpotché




Le maître spirituel
2ème partie


Maître et disciple selon Dza Patrül Rimpotché



Je continue ma réflexion sur la relation au maître spirituel en abordant la question du point de vue d'un lama tibétain nyingmapa du XIXème siècle dans un livre important si on s'intéresse au bouddhisme tibétain : « Le Chemin de la Grande Perfection ». N'hésitez pas à consulter la première partie de ce travail où je tente une définition succincte de ce qu'est un maître spirituel.

dimanche 25 septembre 2016

Méditation et technique





   J'ai récemment posté un article intitulé « Simplement s'asseoir » où je me posais la question si la méditation devait s'accompagner de ritualisation (j'avais pris l'exemple des rites qui accompagnent le zazen dans le Zen Sōtō, mais j'aurais tout aussi bien pu prendre l'exemple du bouddhisme tibétain...) ou si la méditation devait se faire comme une chose spontanée, simplement s'asseoir pour reprendre un adage Zen. Une internaute a réagi sur les réseaux sociaux en écrivant ce petit commentaire : « Méditer, ce n'est pas forcément être assis sur l'herbe ou un coussin dans un temple ou un monastère....... c'est être présent... à l'écoute de ce qui nous entoure.... aux pensées qui passent tels des nuages..... ne rien retenir.... laisser circuler.... et surtout ne pas s'obliger à suivre une technique.... ».

mardi 5 avril 2016

Considérer autrui comme soi-même





Cet article fait suite à l'article sur l'esprit d’Éveil.



     L'esprit d’Éveil ou bodhicitta est le souhait et l'engagement d'aider tous les êtres sensibles à ce qu'ils soient entièrement et définitivement libérés de la souffrance et qu'ils puissent accéder au parfait et incomparable Éveil, c'est-à-dire à la bouddhéité. Cet esprit d’Éveil ou bodhicitta est vraiment le cœur de la doctrine du bouddhisme du Grand Véhicule. En effet, dans le bouddhisme ancien qu'on peut appeler Theravāda ou Voie des Anciens (si ce n'est que le Theravāda actuel que le nom des écoles du bouddhisme ancien, la seule école en fait du bouddhisme ancien qui ait subsisté) et qu'on peut appeler aussi Petit Véhicule (mais le terme a une connotation péjorative), la bouddhéité est un projet individuel : on se libère soi-même par son effort personnel du samsāra et de l'emprise existentielle de la souffrance. Dans le bouddhisme ancien, on part de principe que vous êtes le seul à pouvoir dissiper les illusions de votre esprit. Ce n'est pas un idéal égoïste comme on l'entend parfois dans les milieux mahāyānistes : il ne s'agit pas de se libérer tout seul en méprisant les autres ou en étant indifférent à leur sort. Les enseignements du bouddhisme ancien comprend la méditation sur l'amour bienveillant, la compassion, la joie et l'équanimité. Il fait valoir que le désir égoïste est la racine de la souffrance ; s'en libérer est la racine de la cessation de la souffrance. Il fait l'apologie de la générosité, et notamment l'idée de faire don du Dharma pour le bien-être du plus grand nombre. Mais voilà, les maîtres du bouddhisme ancien considère que si quelqu'un a entendu les enseignements du Dharma, mais ne les met pas en pratique, il ne se libérera jamais. On vous donne la carte, mais c'est à vous à faire le voyage. La libération est d'abord une entreprise individuelle dans le bouddhisme ancien.

dimanche 3 avril 2016

Esprit d’Éveil



     Un notion centrale dans le bouddhisme du Grand Véhicule est l'esprit d’Éveil, bodhicitta en sanskrit. L'esprit d’Éveil est le souhait ardent et l'effort pour que tous les êtres sensibles soient libérés complètement et définitivement libérés de la souffrance et qu'ils puissent connaître le parfait et incomparable Éveil des Bouddhas. Le travail spirituel de celui qui aspire à devenir un bodhisattva est justement d'engendrer en lui cet esprit d’Éveil et de le faire fructifier constamment tout au long de sa pratique du Dharma.

   On distingue traditionnellement l'esprit d’Éveil d'aspiration et l'esprit d’Éveil d'engagement. Le philosophe indien Shāntideva distingue ainsi ces deux bodhicittas :

« En résumé, l'esprit d’Éveil
Doit être connu comme ayant deux aspects :
L'esprit d'aspiration à la plénitude
Et l'esprit d'engagement à la plénitude.

Leur différence est la même que celle qui sépare
Le désir de partir et la mise en route.
Les sages comprennent ainsi
Leur spécificité respective 1 ».

samedi 4 juillet 2015

La toute simplicité

 Voici comment Patrül Rimpotché enseigna l'éveil à son disciple Nyoshül Lungtok Tenpe Nyima (1829-1901): 

   Chaque soir, au coucher du soleil, Patrül faisait une session de méditation sur la pratique de Namkha Sumtruk, étendu sur le dos sur un tapis de laine neuf posé sur un bout de terrain herbeux de la dimension d'un homme. Un soir qu'il était couché là, comme à l'ordinaire, il demanda à Lungtok:
    
« Lungche (cher Lung) ! As-tu dit que tu ne connaissais pas la véritable nature de l'esprit? Oh, il n'y a rien là qui ne doive être connu, dit Patrül. Viens donc ici ».

    Lungtok s'approcha.
« Étends-toi là, tout comme moi, continua Patrül, et regarde le ciel». 

    Lungtok s'exécuta, et la conversation continua:
« Vois-tu les étoiles dans le ciel!
- Oui.
- Entends-tu les chiens qui aboient au monastère de Dzogchen au loin?
- Oui.
- Eh bien, c'est cela la méditation ».

   A cet instant, Lungtok accéda à la confiance dans la réalisation en tant que telle. Il avait été libéré des chaînes conceptuelles de "est" ou "n'est pas". Il avait réalisé la sagesse primordiale, l'union nue de la vacuité et de la conscience intrinsèque, l'Esprit de Bouddha.»

Tulku Thondup, Les maîtres de la Grande Perfection, traduction par Nathalie Koralnik, éd. Le Courrier du Livre, Paris.

samedi 30 août 2014

Les tâches ménagères à l'aune de l'impermanence


      Jusqu'à quel point devons-nous nous imprégner de l'impermanence ? Il nous faut avoir la conviction de Guéshé Kharak Gomchoung. Il était allé méditer dans les solitudes de Jomo Kharak, dans la province de Tsang. Devant l'entrée de sa grotte, il y avait un buisson épineux qui arracha son vêtement. Il commença par se demander s'il fallait le couper, puis se dit : « Après tout, il se peut que je meure à l'intérieur de la grotte, je ne sais pas si j'en sortirai ; il est plus important que je m'occupe de ma pratique ». Et il laissa le buisson. Comme il passait sa porte à nouveau, le même épisode se reproduisit et il songea cette fois qu'il ne savait pas s'il retournerait à l'intérieur... C'est ainsi que nombre d'années passèrent et qu'il devint un maître spirituel accompli. Quand il s'en alla, le buisson était toujours là.

          Mon maître racontait aussi une histoire au sujet du Vidhyâdhara Jigme Lingpa. Il n'y avait pas de marches pour descendre à l'étang au bord duquel il demeurait en automne, pendant le passage de l'étoile rishi, ce qui en rendait l'accès et le séjour très difficiles. Mais lorsqu'on lui demanda s'il fallait faire un escalier, il répondit : « Pourquoi tant de peine alors que vous ne savez même pas si vous dormirez ici l'an prochain ? ». Ainsi parlait-il sans cesse de l'impermanence.