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samedi 11 juillet 2026

Le dévoilement des fautes (II, 1 à 7)

 

Le dévoilement des fautes (II, 1 à 7)

Commentaire du Bodhisattvacaryāvatāra de Shāntideva


1. Afin de saisir cette précieuse pensée,

Aux Ainsi-Allés,

Au sublime Dharma, joyau immaculé,

Aux fils des Vainqueurs, océans d'excellence,


2. J'offre toutes les fleurs et les fruits,

Toutes les formes de remèdes,

Tous les gemmes de l'univers

Et les eaux pures et délicieuses,


3. Les montagnes faites de pierres précieuses,

Et de même, les bois, les solitudes plaisantes,

Les arbres célestes aux parures de fleurs

Et les arbres dont les branches ploient sous le poids des fruits ;


4. Les parfums des mondes divins,

Les encens, les arbres à souhaits

Et les arbres de pierreries, les moissons non cultivées

Et tous les autres ornements digne d'être offerts ;


5. Les lacs et les bassins de lotus

Agrémentés du chant des cygnes ;

Toutes les choses qui n'appartiennent à personne

Dans les limites des sphères de l'espace immense ;


6. Les créant toutes en esprit,

Je les offre aux Vainqueurs, ces êtres suprêmes, et à leurs Fils.

Ô Grands Compatissants, sublimes objets d'offrandes,

Pensez à moi avec amour et acceptez-les !


7. Dénués de mérite, je suis très pauvre

Et n'ai rien d'autre à offrir.

Ô Protecteurs qui pensez au bien d'autrui,

Par votre puissance, acceptez ceci pour mon bien !



Shāntideva






Michael Fry






Afin de faire croître et fructifier l'esprit d’Éveil ou bodhicitta, Shāntideva fait des offrandes en pensées aux bouddhas et aux bodhisattvas : il s'agit de visualiser toutes sortes de richesses, de domaines et d'ornements et les offrir à tous les êtres éveillés. Bien sûr, ce n'est pas un don réel, et cela n'a pas d'impact direct sur le monde réel comme quelqu'un qui rêve de ce qu'il fera quand il aura gagné au loto. Mais justement, celui qui jouit dans ses rêves de richesses imaginaires payés avec le pactole imaginaire d'un gain imaginaire au loto cultive une obsession bien réelle cette fois-ci pour son intérêt personnel : « Qu'est-ce que je ferai si j'étais riche ? Comment est-ce que je profiterai de tout cet argent ? » Le rêveur du loto oriente insidieusement sa pensée vers l'égoïsme et la recherche du profit pour soi-même.

Ici, au contraire, les richesses imaginées ne sont pas pour le profit de nous-mêmes, mais pour le profit d'êtres qui ont dépassé l'égoïsme et rayonnent de bienveillance envers tous les êtres sensibles. Les richesses imaginées vont au service de l’Éveil et de sa propagation qui sera favorable au bien des êtres.


Il s'agit d'apporter aux bouddhas des biens qui se distinguent tant par leur beauté que par leur utilité ou la satisfaction comme des fleurs ou des fruits. Shāntideva veut aussi offrir « toutes les formes de remède » : on reconnaît là encore l'extinction de la souffrance comme but essentiel de la doctrine du Bouddha. Offrir « les bois, les solitudes plaisantes », on voit aussi la prédilection et l'intérêt pour les endroits calmes, propices à la méditation.


Offrir aussi les espaces, les lieux, les endroits, les domaines aux bouddhas pour que ceux-ci y puissent faire rayonner leur influence est aussi essentiel. Régulièrement, quand je me promène, j'offre aux bouddhas le paysage en récitant intérieurement la formule : « J'offre ce lieu, ce paysage au Bouddhas. Puisse ce lieu, ce paysage devenir un champ d’Éveil pour le profit de tous les êtres ».













Voir les commentaires sur le premier chapitre:

Chapitre I : Les bienfaits de l'esprit d'Eveil (liens vers les autres commentaires)




Deux traductions peuvent être trouvées en langue française du Bodhicaryāvatāra
- « La marche vers l'Éveil », Comité Padmakara, Saint-Léon-sur-Vézère (France), 2007 (2e édition), 
- « Vivre en héros pour l'Éveil », Georges Driessens, Seuil/Points Sagesse, Paris, 1993.




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mardi 7 juillet 2026

Les bienfaits de l'esprit d'Éveil (I, 34, 35 & 36)

 

Les bienfaits de l'esprit d'Éveil (I, 34, 35 & 36)

Commentaire du Bodhisattvacaryāvatāra de Shāntideva


34. Le Vainqueur a déclaré que quiconque entretient des pensées malveillantes

À l'endroit d'un bienfaiteur tel le Fils des Vainqueurs

Demeurera dans les enfers pour autant d'ères cosmiques

Qu'il a formé de mauvaises pensées.


35. Mais qu'il développe (à son égard) une attitude d'esprit salutaire,

Et les fruits en seront plus grands encore.

Même souffrant atrocement les Fils des Vainqueurs n'engendrent pas de fautes

Et leurs vertus s'accroissent naturellement.


36. Je m'incline devant le corps de celui

En lequel cette précieuse et sublime aspiration est née ;

Je prends refuge en cette source de joie

Qui amène au bonheur ceux-là mêmes qui lui nuisent.


Shāntideva




Avoir des pensées malveillantes à l'égard des bouddhas et des bodhisattvas est certainement une chose excessivement néfaste. Les conséquences karmiques peuvent être désastreuses pour ceux qui se complaisent à répandre la haine envers les personnes éveillées : cela peut nous conduire vers des chemins sombres pleins de terreurs et d'ignorance pendant des temps considérablement longs ; Shāntideva parle de kalpas, le temps que dure un univers, soit des milliards et milliards d'années.


Pour autant, le contraire, entretenir des pensées bienveillantes à l'égard des bouddhas et des bodhisattvas apportent plus de bienfaits que nourrir des pensées malveillantes n'apportent de méfaits. Pourquoi cela ? Simplement parce que les bouddhas et les bodhisattvas, Vainqueurs et fils des Vainqueurs, trouvant leur énergie dans l'esprit d’Éveil – bodhicitta – cultivent la patience et l'amour bienveillant, même quand ils sont directement confrontés à la haine et à la volonté de nuire. Même face à une personne qui cherche à nuire, le bodhisattva souhaite ardemment le bonheur de cette personne malveillante, et il souhaite sa libération de tous les affects négatifs comme de l'ignorance. N'engendrant pas de fautes morales comme une volonté de vengeance ou de représailles, leurs vertus s'accroissent naturellement, et la force de malveillance est amoindrie par la force de cette patience et cet amour bienveillant.



*****




Voilà pour le premier chapitre du Bodhisattvacaryāvatāra de Shāntideva sur les bienfaits de l'esprit d’Éveil. L'intérêt de cet esprit d’Éveil, c'est justement d'inviter le pratiquant bouddhiste à élargir le cercle de sa compassion. Nous avons une certaine tendance à chercher le bonheur ou l'intérêt des gens qui nous sont chers ou qui font partie de notre « camp », que ce camp soit notre famille, notre groupe d'amis, notre pays, notre religion. L'esprit d’Éveil fait éclater les frontières entre ceux qui bénéficient de notre compassion et ceux qui n'en bénéficient, voire qui attisent notre hostilité. L'esprit d’Éveil suggère que tous les êtres sensibles sont susceptibles de bénéficier de cette bienveillance et de cette compassion, et qu'on peut souhaiter la libération pour chacun d'entre eux, qu'ils soient proches ou lointains, voire très très lointains, comme des êtres évoluant quelque part loin dans d'autres galaxies.


À la suite de Shāntideva, je ne peux que vous souhaiter de développer cet esprit d’Éveil, cette bodhicitta encore et encore, le plus souvent possible et dans toutes les occasions : en méditation bien entendu, quand vous prenez refuge, quand vous récitez les soûtras du Bouddha, quand vous entonnez une prière de souhait ; quand vous étudiez le Dharma, mais aussi quand vous marchez dans la rue, quand vous êtes dans le bus, quand vous faites du sport ou quand vous êtes au travail. Il n'est pas besoin d'être très démonstratif : une simple pensée pour revenir à l'esprit d’Éveil suffit, un simple moment de bénédiction dans notre for intérieur. Cela peut être une pensée abstraite comme le souhait que tous les êtres de l'univers soient libérés, mais cela peut être aussi plus concret comme quand on croise un inconnu dans la rue et qu'on lui souhaite de bénéficier de toutes les qualités de l’Éveil, et que cet Éveil se manifeste comme un feu d'artifice de lumières qui viendraient toucher les êtres dans les toutes les directions, eux-mêmes produisant ce feu d'artifice de lumières spirituelles propageant l’Éveil dans toutes les directions.


Puissiez-vous ne jamais être séparé de cet esprit d’Éveil et faire en sorte de toujours fortifier l'esprit d’Éveil déjà présent dans votre conscience pour le bien de tous les êtres dans l'univers !









Statue du Bouddha à Prasat Nakhon Luang, Ayutt, Thaïlande.








Liens des autres commentaires :


- Les bienfaits de l'Esprit d'Eveil (I, 1 à 3)

- Les bienfaits de l'Esprit d'Eveil (I, 4)

- Les bienfaits de l'Esprit d'Eveil (I, 5)

- Les bienfaits de l'esprit d'Eveil (I,6)

- Les bienfaits de l'esprit d'Eveil (I,7)

- Les bienfaits de l'esprit d'Eveil (I,8)

- Les bienfaits de l'esprit d'Eveil (I, 9, 10 & 11)

- Les bienfaits de l'esprit d'Eveil (I, 12)

- Les bienfaits de l'esprit d'Eveil (I, 13-14)

- Les bienfaits de l'esprit d'Eveil (I, 15-16)

- Les bienfaits de l'esprit d'Eveil (I, 17)

- Les bienfaits de l'esprit d'Eveil (I, 18, 19 & 20)

- Les bienfaits de l'esprit d'Eveil (I, 21, 22 & 23)

- Les bienfaits de l'esprit d'Eveil (I, 24, 25 & 26)

- Les bienfaits de l'esprit d'Eveil (I, 27)

- Les bienfaits de l'esprit d'Eveil (I, 28, 28 & 30)

- Les bienfaits de l'esprit d'Eveil (I, 31, 32 & 33)



Chapitre I : Les bienfaits de l'esprit d'Eveil (liens vers les autres commentaires)





Deux traductions peuvent être trouvées en langue française du Bodhicaryāvatāra
- « La marche vers l'Éveil », Comité Padmakara, Saint-Léon-sur-Vézère (France), 2007 (2e édition), 
- « Vivre en héros pour l'Éveil », Georges Driessens, Seuil/Points Sagesse, Paris, 1993.




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vendredi 3 juillet 2026

Analyse du je et des phénomènes

 



Le Traité du Milieu

Nāgārjuna





Chapitre XVIII : Analyse du je et des phénomènes



1. Si le je était les agrégats,

Il serait sujet à la production et à la destruction.

S'il était autre que les agrégats,

Il n'aurait pas le caractère des agrégats.



2. Si un « je » n'existe pas,

Comment un mien existerait-il ?

Puisque je et mien sont apaisés,

Les conceptions de « je » et de « mien » sont anéanties.



3. Celui qui est sans appréhension d'un « je » et d'un « mien »

N'est pas non plus existant.

Celui qui voit l'absence d'appréhension d'un « je » et d'un « mien »

Ne voit pas.



4. Lorsque est détruite l'idée du je et du mien

Relativement à l'interne et à l'externe,

L'appropriation prend fin,

Et, avec sa destruction, la naissance est détruite.



5. La libération a lieu par l'élimination des actes et des passions ;

Les actes et les passions proviennent des imaginations,

Les imaginations proviennent de la pensée discursive.

La pensée discursive est arrêtée par la vacuité.



6. Les Bouddhas ont mentionné : « Le je existe »,

Ils ont aussi enseigné : « Le je n'existe pas » ;

Mais ils ont encore proclamé

Que n'existe ni je, ni non-je.



7. L'objet d'expression disparaît

En se détournant du domaine de la pensée.

Non-produite, non-détruite,

La nature des choses est comme le Nirvāna.



8. Tout est vrai, non-vrai,

Vrai et non-vrai,

Ni vrai, ni non-vrai ;

Tel est l'enseignement des Bouddhas.



9. Non-connue par l'intermédiaire d'autrui, apaisée,

Non-élaborée par la pensée discursive,

Non-conceptuelle, sans diversité,

Tels sont les caractères de l'ainsité.



10. Ce qui apparaît en dépendance d'une chose,

Cela n'est pas cette chose

Et n'est pas non plus différent d'elle.

Par suite, il n'y a ni annihilation, ni permanence.



11. Ni identité, ni diversité,

Ni anéantissement, ni permanence,

Tel est le nectar de l'enseignement

Des Bouddhas, protecteurs du monde.



12. Que les Bouddhas n'apparaissent pas

Et que les Auditeurs aient disparu,

La sagesse fondamentale des Bouddhas-par-eux-mêmes

Se produit en l'absence de soutien.













Gonkar Gyatso - Buddha in Our Times










Liens vers les différents chapitres du "Traité du Milieu



- Chapitre XII : Analyse de la souffrance

- Chapitre XIII : Analyse des formations

- Chapitre XIV : Analyse du contact

- Chapitre XV: L'analyse de la nature propre

- Chapitre XVI : L'analyse de l'asservissement et de la libération

- Chapitre XVII : L'analyse de l'acte













Nāgārjuna, Mūlamadhyamakakārikā, (Stances-racines de l'Ecole du Milieu), plus simplement appelé Madhyamaka shastra, le Traité du Milieu, chapitre 1. Nāgārjuna, Traité du Milieu (avec un commentaire d'après Tsongkhapa Losang Drakpa et Choné Drakpa Chédrub), traduit par Georges Driessens, éd. du Seuil, Paris, 1995.







jeudi 2 juillet 2026

Analyse de l'acte (Nāgārjuna)

 



Le Traité du Milieu

Nāgārjuna





Chapitre XVII : Analyse de l'acte



1. La discipline personnelle,

L'altruisme et l' amour,

Ces qualités sont les graines

Qui portent des fruit dans cette vie et les autres.



2. Le Sage suprême a déclaré que l'acte

Est constitué de l'acte mental et de l'acte pensé.

La spécificité des actes

A été proclamée de multiples façon.



3. L'acte dit « mental »

Est de l'esprit ;

L'acte dit « pensé »

Est du corps et de la parole.



4. La parole, le geste,

Ce qui est dit non-information de non-abandon,

Et, de même, l'autre dit

Non-information d'abandon,



5. Le mérite, le démérite,

Nés de la jouissance,

Ainsi que la volition,

Ces sept facteurs sont acceptés comme acte.



6. Si l'acte dure jusqu'au moment du fruit,

Il est permanent ;

S'il cesse, comment ce qui a cessé

Engendrera-t-il un fruit ?


7. Le continuum de la pousse, etc.,

Vient à l'existence à partir de la graine ;

De là, la fruit. En l'absence de graine,

Le continuum ne se développe pas.


8. Puisque le continuum est issu de la graine

Et le fruit naît du continuum,

La graine précède le fruit.

Par conséquent, il n'y a ni permanence, ni annihilation.


9. Le continuum de l'esprit

Vient à l'existence à partir de l'esprit ;

De là, le fruit. En l'absence de l'esprit,

Le continuum de l'esprit ne se développe pas.


10. Puisque de l'esprit est issu le continuum

Et du continuum apparaît l'esprit,

L'acte précède le fruit.

Par conséquent, il n'y a ni permanence, ni annihilation.


11.Les dix voies de l'action blanche

Constituent la méthode pour accomplir le bien ;

Les fruits du bien, ce sont les cinq formes

Du plaisir sensoriel dans cette vie et les autres.


12. Si l'on applique cette investigation,

De nombreuses erreurs graves ont lieu ;

Par suite, cette investigation

Ne vaut pas ici.


13. Je vais dire ici

L'investigation appropriée

Qu'ont exprimées les Bouddhas,

Les Pratyeka-Bouddhas et les Shravakas.


14. L'acte qui ne se perd pas est comme

Une dette inscrite sur son registre.

Elle comporte quatre aspects selon son domaine ;

Sa nature est indéterminée.


15. Elle n'est pas abandonnée par la vision

Mais par la méditation, ou encore par une autre cause.

En conséquence, le fruit des actes

Sont engendrés par ce qui ne se perd pas.


16. Si elle était éliminée par les abandons (de la vision)

Ou par le passage des actes,

Il s'ensuivrait, entre autres, la faute

De la destruction des actes.


17. Au moment de la jonction,

La conservation de toutes les actions,

Semblables ou dissemblables,

S'engendre dans un unique domaine du même type.


18. Dans le phénomène visible,

La conservation de chaque action

S'engendre distinctement selon deux aspects.

Elle subsiste même après maturation.


19. Elle cesse lors du passage dans les fruits

Et à la mort.

Sachez qu'elle se différencie

En pure et impure.


20. La conservation des actes

Étant vacuité, échappe à l'annihilation.

Étant le cycle (des naissances et des morts), échappe à la permanence.

Telle est la doctrine enseignée par les Bouddhas.


21. Puisque l'acte est sans production,

Ainsi, il est sans nature propre ;

Parce qu'il est non né,

Pour cette raison, il ne perd pas.


22. Si l'acte avait une nature propre,

Sans aucun doute, il serait permanent.

Il ne serait pas accompli

Car ce qui est permanent est privé d'activité.


23. Si l'acte n'était pas accompli,

On appréhenderait de rencontrer l'inaccompli,

Et il s'ensuivrait la faute

De ne pas suivre la vie pure.


24. Toutes les conventions

Seraient assurément contredites,

La distinction entre personnes méritantes

Et déméritantes deviendrait impossible.


25. L'acte qui a porté fruit

Porterait fruit encore et encore ;

Possédant une nature propre,

Pour cette raison, il perdurait.


26. Les actes sont issus des passions ;

Les passions ne sont pas vraies ;

Et si les passions ne sont pas vraies,

Comment les actes le seront-ils ?


27. Il est enseigné que les actes et les passions

Sont les conditions des corps ;

Si les actes et les passions sont vides ?

Comment parlera-t-on des corps ?


28. Le mangeur, c'est l'être avide

Que voile l'ignorance ;

Il n'est ni différent,

Ni identique à l'agent.


29. Puisque l'acte

Ne naît pas de conditions,

Ni de non-conditions,

Un agent n'existe pas non plus.


30. Si l'acte et l'agent n'existent pas,

Où aura-t-on des effets nés des actes ?

Et en l'absence d'effets,

Où aura-t-on un mangeur ?


31. De même que le Seigneur,

Grâce à son pouvoir surnaturel parfait,

Crée un être factice, et cet être factice créé

Crée un autre être factice.


32. De même, l'agent est semblable (au premier)

Et l'acte accompli par lui

Est comme l'action du second être factice

Créé par le premier être factice.


33. Les passions, les actes, le corps

Les agents, les effets

Sont semblables à une ville de musiciens célestes,

À un mirage, à un songe.









Nāgārjuna, Mūlamadhyamakakārikā, (Stances-racines de l'Ecole du Milieu), plus simplement appelé Madhyamaka shastra, le Traité du Milieu, chapitre 1. Nāgārjuna, Traité du Milieu (avec un commentaire d'après Tsongkhapa Losang Drakpa et Choné Drakpa Chédrub), traduit par Georges Driessens, éd. du Seuil, Paris, 1995.



Liens vers les différents chapitres



- Chapitre XII : Analyse de la souffrance

- Chapitre XIII : Analyse des formations

- Chapitre XIV : Analyse du contact

- Chapitre XV: L'analyse de la nature propre

- Chapitre XVI : L'analyse de l'asservissement et de la libération



Liens vers les différents chapitres du "Traité du Milieu"






Jon Carling - Summoning tree












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