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dimanche 13 septembre 2026

La garde de la vigilance (V, 74 et 75)

 

La garde de la vigilance (V, 74 et 75)

Commentaire du Bodhisattvacaryāvatāra de Shāntideva



74. Je porterai à ma tête avec respect

La parole bénéfique et les conseils

Que me délivrent spontanément les personnes avisées ;

À chaque instant, je serai l'élève de tous.


75. J'exprimerai mon approbation

À tous ceux qui exposent bien le Dharma,

Et si je vois quelqu'un accomplir des bienfaits,

J'en serai ravi et le louerai.








Tōshi Yoshida (吉田 遠志,1911 – 1995), Une rue de Kikuzaka - 1939







Il faut être capable d'entendre les personnes qui nous donnent des bons conseils. Ce n'est pas toujours facile parce que, dans la société, tellement de gens parlent pour ne rien dire. Ou pour manipuler. Ou pour inciter à consommer ou pour inciter à avoir de la haine pour les uns et les autres. Savoir écouter les paroles de sagesse qui sont parfois juste murmurées et souvent couvertes en-dessous du fracas des propos insensés et malveillants, c'est une grande capacité d’Éveil dans la société.


Sachons aussi éprouver de la joie à l'écoute de ces enseignements. Considérons les personnes qui communiquent le message profond de l’Éveil comme une pluie bienfaisante qui vient toucher les terres arides du désert.


Ensuite, Shāntideva dit : « À chaque instant, je serai l'élève de tous ». C'est une phrase qu'il faut comprendre selon l'interlocuteur qui nous parle. Quand on a l'inestimable chance d'être en présence de personnes pleines de sagesse et d'expériences de l’Éveil, soyons toujours l'élève de ces personnes. Sachons les écouter, sachons réfléchir à leurs propos, inspirons-nous de leur exemple, sachons en tirer de la graine. Nous avons toujours à apprendre. Quel que soit notre niveau...


Quand, maintenant, on écoute des personnes qui parlent bien, connaissent bien les enseignements du Dharma, mais ne mettent pas vraiment ces enseignements en pratique, voire se comportent très mal. Soyons leur élève par rapport à leurs paroles, mais ne les prenons surtout pas en exemple ! Que ces gens soient pour nous un rappel constant que nous pouvons chuter quelle que soit notre progression spirituelle et qu'il faut constamment constamment se motiver pour améliorer son comportement. Rappelons-nous aussi le proverbe latin : « Corruptio optimi pessima », la corruption des meilleurs est la pire (des corruptions). Et comprenons que nous avons une responsabilité d'être un exemple pour les générations plus jeunes et à venir.


Enfin par rapport aux gens qui ne tiennent aucun discours de sagesse et se comportent mal. Soyons aussi leur élève, mais dans le sens que leur vie nous inspire à voir que les vices n'apportent rien de bon dans l'existence. Ils nous enseignent ce qu'il ne faut absolument pas faire ! Essayons également de comprendre l'enchaînement causal qui conduit une personne à avoir des idées stupides ou un comportement déplacé. En s'attaquant aux causes, on pourra diminuer ou réduire les tendances déplorables dans la société.


Frédéric Leblanc, Seraing (Liège), le 13 septembre 2026.









Le reste du commentaire du Bodhisattvacaryāvatāra de Shāntideva: 


Chapitre I : Les bienfaits de l'esprit d'Eveil


Chapitre II: Le dévoilement des fautes


Chapitre III : La prise de l'esprit d'Eveil


Chapitre IV : L'attention


Chapitre V: 

- La garde de la vigilance (V, introduction)

- La garde de la vigilance (V, 1 à 5)

- La garde de la vigilance (V, 6 à 8)

- La garde de la vigilance (V, 9 à 14)

- La garde de la vigilance (V, 15 à 18)

- La garde de la vigilance (V, 24 à 29)

- La garde de la vigilance (V, 30 à 33)

- La garde de la vigilance (V, 34 à 38)

- La garde de la vigilance (V, 39 à 42)

- La garde de la vigilance (V, 43 & 44)

- La garde de la vigilance (V, 45 à 53)

- La garde de la vigilance (V, 54 à 58)

- La garde de la vigilance (V, 59 & 60)

- La garde de la vigilance (V, 61 à 67)

- La garde de la vigilance (V, 68 à 70)

- La garde de la vigilance (V, 71 à 73)



Chapitre V: La garde de la vigilance




Deux traductions peuvent être trouvées en langue française du Bodhicaryāvatāra
- « La marche vers l'Éveil », Comité Padmakara, Saint-Léon-sur-Vézère (France), 2007 (2e édition), 
- « Vivre en héros pour l'Éveil », Georges Driessens, Seuil/Points Sagesse, Paris, 1993.








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samedi 12 septembre 2026

La garde de la vigilance (V, 71 à 73)

 

La garde de la vigilance (V, 71 à 73)

Commentaire du Bodhisattvacaryāvatāra de Shāntideva



71. Ainsi libre,

Que je sois toujours souriant ;

Évitant de montrer une figure renfrognée,

Je serai l'ami véridique du monde.


72. J'éviterai de déplacer inconsidérément

Et avec fracas chaises et autres objets,

D'ouvrir les portes avec violence ;

Je me plairais en tout temps à l'humilité.


73. Le chat, le héron, le voleur,

Silencieux et discrets,

Accomplissent leur propos ;

Toujours, le pratiquant agit de même.







Bouddha enseignant le Dharma (Musée de Sarnath, Inde)






Soyez souriants et arrêtez de tirer la gueule en permanence ! Voilà un conseil très en phase avec l'éthique bouddhique. D'une part, on exprime la joie par le sourire, et la joie est une des quatre qualités de Brahma. D'autre part, vous êtes plus avenant, d'une compagnie plus agréable quand vous souriez. Ce n'est pas rien d'être capable de laisser ses tracas et ses problèmes derrière soi et d'offrir un visage souriant. Ce n'est pas obligé de sourire tout le temps : un sourire figé est plus dérangeant qu'autre chose ! Mais un visage souriant franchement est plus apaisant qu'une mine renfrognée de manière générale.


La discrétion est aussi une qualité importante : certaines personnes essayent à tout prix qu'on les remarque en parlant fort et en faisant des scandales. Ne soyons pas ces personnes ! Ne soyons pas non plus ces personnes qui n'ont aucun attention à l'égard des personnes environnantes et qui font un bruit d'enfer en manipulant les chaises ou d'autres objets, exprimant ainsi leur brutalité et leur peu d'égard à la personne d'autrui.


Dans le même ordre d'idées, faites en sorte de ne pas trop faire de bruit pour ne pas importuner vos voisins. Ne roulez pas avec votre mobylette avec le pot d'échappement délibérément rendu plus bruyant ou une sono tonitruante pour que tout le voisinage puisse entendre chacune de vos allées et venues ! Essayez de développer un minimum d'empathie et de comprendre que le bruit est une réelle nuisance pour la plupart des gens. Le gens ont le droit de dormir et de se reposer. Et cela se fait dans un environnement calme.


Comme le dit la strophe 57, agissez telle une création magique, comme un fantôme bienveillant qui n'impose pas sa présence par sa lourdeur et son bruit. Soyez comme le chat qui avance furtivement. Soyez aussi comme le héron volant silencieusement et majestueusement au-dessus des campagnes et des vallées. Et prenez exemple sur le cambrioleur qui fait tout pour ne pas être remarqué. Évidemment, ne prenez exemple que sur la discrétion de ce voleur, pas sur les forfaitures et les crimes qu'il commet ! Cela va de soi !






 Leonard Freed, Naples, Italie, 1958






Le reste du commentaire du Bodhisattvacaryāvatāra de Shāntideva: 


Chapitre I : Les bienfaits de l'esprit d'Eveil


Chapitre II: Le dévoilement des fautes


Chapitre III : La prise de l'esprit d'Eveil


Chapitre IV : L'attention


Chapitre V: 

- La garde de la vigilance (V, introduction)

- La garde de la vigilance (V, 1 à 5)

- La garde de la vigilance (V, 6 à 8)

- La garde de la vigilance (V, 9 à 14)

- La garde de la vigilance (V, 15 à 18)

- La garde de la vigilance (V, 24 à 29)

- La garde de la vigilance (V, 30 à 33)

- La garde de la vigilance (V, 34 à 38)

- La garde de la vigilance (V, 39 à 42)

- La garde de la vigilance (V, 43 & 44)

- La garde de la vigilance (V, 45 à 53)

- La garde de la vigilance (V, 54 à 58)

- La garde de la vigilance (V, 59 & 60)

- La garde de la vigilance (V, 61 à 67)

- La garde de la vigilance (V, 68 à 70)

- La garde de la vigilance (V, 74 et 75)



Chapitre V: La garde de la vigilance




Deux traductions peuvent être trouvées en langue française du Bodhicaryāvatāra
- « La marche vers l'Éveil », Comité Padmakara, Saint-Léon-sur-Vézère (France), 2007 (2e édition), 
- « Vivre en héros pour l'Éveil », Georges Driessens, Seuil/Points Sagesse, Paris, 1993.










Steve McCurry












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vendredi 11 septembre 2026

La garde de la vigilance (V, 68 à 70)

 

La garde de la vigilance (V, 68 à 70)

Commentaire du Bodhisattvacaryāvatāra de Shāntideva


68. On ne donne pas de vêtements

À un serviteur que l'on ne peut employer ;

Si le corps, dont on a pris soin, partira un jour ailleurs,

Pourquoi t'épuiser à nourrir la chair ?


69. À présent que je lui ai donné son salaire,

Je peux agir pour mon propre bien propre ;

Mais s'il n'est d'aucun profit,

Je ne lui donnerai rien.


70. Je dois concevoir ce corps comme un vaisseau,

Simple support pour aller et venir ;

Et, pour accomplir le bien des êtres,

J'en ferai une gemme à souhait.







Steve McCurry 







Ici, Shāntideva réfléchit en patron un peu radin qui ne va pas donner un nouveau costume à un employé qui va bientôt partir à la retraite et qui n'accordera pas non plus si facilement d'augmentation de salaire à ces salariés, surtout si ceux-ci ne justifient pas d'une activité bénéfique à l'entreprise. Notre rapport au corps devrait être le même : comme si le corps était notre employé et que nous lui accorderons sa pitance, ses vêtements et son confort uniquement si ce corps est utile à l'étude du Dharma, à la pratique de la méditation et au service pour autrui. Autrement, il ne faut pas nourrir ce corps, ni le vêtir, ni lui accorder du sommeil !


Ce corps ne devrait pas être considéré comme un but en soi, mais plutôt comme un vaisseau, un moyen pour aller d'un point à un autre ainsi qu'un moyen d'accomplir des actions bénéfique aux autres. Shāntideva explique aussi que, idéalement, ce corps devrait être une « gemme à souhait », un artefact magique qui exauce les souhaits des gens : votre corps devrait donc être un outil au service des envies des êtres sensibles. C'est là un idéal de bodhisattva qui essaye de comprendre et d'anticiper les besoins des gens et d'y répondre au mieux, avec la seule réserve que ces envies et ces besoins doivent s'accorder avec la décence et le respect des personnes (comme je l'avais expliqué dans mon commentaire des strophes 11 à 15 du chapitre III).









Anna & the Willow






Le reste du commentaire du Bodhisattvacaryāvatāra de Shāntideva: 


Chapitre I : Les bienfaits de l'esprit d'Eveil


Chapitre II: Le dévoilement des fautes


Chapitre III : La prise de l'esprit d'Eveil


Chapitre IV : L'attention


Chapitre V: 

- La garde de la vigilance (V, introduction)

- La garde de la vigilance (V, 1 à 5)

- La garde de la vigilance (V, 6 à 8)

- La garde de la vigilance (V, 9 à 14)

- La garde de la vigilance (V, 15 à 18)

- La garde de la vigilance (V, 24 à 29)

- La garde de la vigilance (V, 30 à 33)

- La garde de la vigilance (V, 34 à 38)

- La garde de la vigilance (V, 39 à 42)

- La garde de la vigilance (V, 43 & 44)

- La garde de la vigilance (V, 45 à 53)

- La garde de la vigilance (V, 54 à 58)

- La garde de la vigilance (V, 59 & 60)

- La garde de la vigilance (V, 61 à 67)



- La garde de la vigilance (V, 71 à 73)

- La garde de la vigilance (V, 74 et 75)





Chapitre V: La garde de la vigilance






Deux traductions peuvent être trouvées en langue française du Bodhicaryāvatāra
- « La marche vers l'Éveil », Comité Padmakara, Saint-Léon-sur-Vézère (France), 2007 (2e édition), 
- « Vivre en héros pour l'Éveil », Georges Driessens, Seuil/Points Sagesse, Paris, 1993.



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La garde de la vigilance (V, 61 à 67)

 

La garde de la vigilance (V, 61 à 67)

Commentaire du Bodhisattvacaryāvatāra de Shāntideva


61. Esprit confus, pourquoi ne tiens-tu pas

À une figure de bois qui est propre ?

Quel est le sens de protéger

Cette machine, pourrissant amas d'impureté ?


62. En premier lieu, enlève par la pensée

Cette enveloppe de peau,

Puis, avec le scalpel de la sagesse,

Sépare la chair de l'armature des os.


63. Romps également les os,

Regarde jusqu'à la moelle,

Et, menant cet examen, demande-toi :

« Qu'y a-t-il d'essentiel ? »


64. Si, en dépit de cet effort de recherche,

Tu ne vois aucune essence,

Pourquoi, à présent, gardes-tu

Ce corps avec attachement ?


65. Que veux-tu faire de ce corps ?

On ne peut en manger les impuretés,

Ni en boire le sang,

Ni en sucer les entrailles.


66. En second, s'il est utile à garder,

C'est pour servir de pâture aux vautours et aux chacals.

Le corps des humains

Devrait être employé exclusivement pour le bien.


67. Quoique tu le préserves de la sorte,

Que ferais-tu quand l'impitoyable

Seigneur de la Mort s'en emparera

Et qu'il sera jeté aux chiens et aux oiseaux ?







Bodhisattva Kshitigarbha (Jizō en japonais),
en bois de cyprès du Japon, 1291 (MET Museum, New-York)





L'esprit s'attache au corps. Mais pourquoi l'esprit ne s'attache pas plutôt à une jolie statue en bois, qui est beaucoup plus propre que cette machine remplie de chair, d'entrailles et de liquides répugnants comme le sang ou l'urine ? Les gens qui disent aimer le corps aiment en fait l'apparence du corps, mais pas le corps lui-même. Qu'on fasse l'exercice spirituel d'enlever mentalement sa peau, et ce que notre corps écorché donne à voir n'a rien de plaisant ou d'attirant : toutes ces viscères, ces veines et ces artères nous inspirent un dégoût profond.


Si, en outre, on utilise le « scalpel de la sagesse », comme le dit Shāntideva, pour chercher l'essence de notre corps en ouvrant les os, allant voir au cœur de notre moelle, on se rend bien compte qu'il n'y a aucune essence, aucune substance permanente. Tout dans le corps est voué à la dissolution, à la putréfaction, à la désagrégation. Pourquoi nourrir de l'attachement à l'égard du corps dès lors qu'on garde à l'esprit cette manque d'essence et son inéluctable destin de charogne ?


Le corps en lui-même ne produit aucun élément qui puisse nous être utile comme le fraisier qui donne des fraises ou le pommier qui nous donne des pommes. On ne mange pas les excréments qui sortent du corps, on ne boit pas notre sang, et nos entrailles ne sont un plat de gourmet pour personne dans notre société. Notre corps sera surtout une nourriture appréciée par les vautours, les hyènes, les chacals, les mouches et les vers de terre.


Gardant cela en tête, on devrait conclure que notre corps doit se rendre utile aux autres comme principale raison d'exister. Notre obsession pour le corps est rendu assez absurde par la conscience de la mort qui s'approche toujours un peu plus et qui frappera plus rapidement qu'on ne le croit. Aider les autres, servir les autres est la meilleure façon de donner une dignité à ce corps qui n'a pas beaucoup de raison d'être admiré et honoré, une fois qu'on voit au-delà de l'apparence du corps.











Le reste du commentaire du Bodhisattvacaryāvatāra de Shāntideva: 


Chapitre I : Les bienfaits de l'esprit d'Eveil


Chapitre II: Le dévoilement des fautes


Chapitre III : La prise de l'esprit d'Eveil


Chapitre IV : L'attention


Chapitre V: 

- La garde de la vigilance (V, introduction)

- La garde de la vigilance (V, 1 à 5)

- La garde de la vigilance (V, 6 à 8)

- La garde de la vigilance (V, 9 à 14)

- La garde de la vigilance (V, 15 à 18)

- La garde de la vigilance (V, 24 à 29)

- La garde de la vigilance (V, 30 à 33)

- La garde de la vigilance (V, 34 à 38)

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- La garde de la vigilance (V, 43 & 44)

- La garde de la vigilance (V, 45 à 53)

- La garde de la vigilance (V, 54 à 58)

- La garde de la vigilance (V, 59 & 60)



- La garde de la vigilance (V, 68 à 70)

- La garde de la vigilance (V, 71 à 73)

- La garde de la vigilance (V, 74 et 75)



Chapitre V: La garde de la vigilance






Deux traductions peuvent être trouvées en langue française du Bodhicaryāvatāra
- « La marche vers l'Éveil », Comité Padmakara, Saint-Léon-sur-Vézère (France), 2007 (2e édition), 
- « Vivre en héros pour l'Éveil », Georges Driessens, Seuil/Points Sagesse, Paris, 1993.





Corps plastinés - exposition "Body World" -  Gunthers von Hagens








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