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dimanche 30 août 2026

La garde de la vigilance (V, 19 à 23)

 

La garde de la vigilance (V, 19 à 23)

Commentaire du Bodhisattvacaryāvatāra de Shāntideva




19. De même qu'au sein d'une foule désordonnée,

Je serais attentif à protéger une blessure,

Au milieu de personnes méchantes,

Toujours, je protégerai mon esprit comme une plaie.


20. Si, par crainte d'une souffrance minime,

Je prends soin d'une blessure,

Pourquoi alors, menacé d'écrasement par les montagnes de l'enfer,

Ne protégerais-je pas cette blessure : mon esprit ?


21. En adoptant un tel comportement,

Même au sein des mauvaises gens,

Même parmi les femmes,

La fermeté dans l'effort de la discipline ne faiblit pas.


22. Que je perde biens,

Honneurs, corps et vie,

Que je perde d'autres vertus,

Mais que jamais ma conscience ne décline.


23. À ceux qui souhaitent protéger leur esprit,

Les mains jointes, j'adresse cette requête :

« Gardez à toute force

L'attention et la vigilance ».









Marvin Newman







L'image que Shāntideva emploie est forte : l'esprit comme une blessure, la réelle faiblesse de notre être, qui peut s'infecter et qu'il faut protéger à tout prix. Maintenir l'attention et la vigilance, même dans la solitude, n'est pas une chose facile : il faut beaucoup d'entraînement dans la méditation, cultiver notamment l'attention au va-et-vient du souffle et développer les quatre établissements de l'attention. Mais quand on se retrouve au milieu de personnes malveillantes, animées de passions mauvaises, la tâche est encore plus ardue. Les émotions sont très contagieuses et, à tout moment, on peut être emporté par la colère, la distraction, la cupidité qui est dominante tout autour de nous. La gageure à ce moment-là sera de ne pas perdre sa vigilance et son attention ainsi que conserver la compassion vivante et forte en nous.


Ce n'est pas d'ailleurs qu'avec des gens mauvais, Shāntideva parle des « femmes ». Il veut certainement parler de la distraction causée par les histoires d'amour, les jeux de séduction, les histoires de tromperie et de jalousie qui peuvent accaparer complètement notre attention hors de la spiritualité. On pourrait parler aussi du monde du travail avec ses conflits internes, les ambitions dévorantes des uns et des autres, les querelles entre employés, les luttes de pouvoir dans la structure hiérarchique. Tout cela peut constituer une gigantesque distraction. Sans même parler du monde du divertissement qui n'avait pas une telle ampleur à l'époque de Shāntideva, mais qui, aujourd'hui, est une entreprise florissante dont le but suprême est la distraction.


Toutes ces choses peuvent emporter l'attention comme un raz-de-marée. Et il faut se rappeler sans cesse notre faiblesse à maintenir la vigilance quand nous sommes seuls mais aussi et surtout quand notre vie sociale nous conduit à être au milieu de beaucoup de gens qui n'ont pas pour valeur centrale l'attention et la vigilance.


Shāntideva propose de tout axer dans notre vie autour du développement de cette attention et de cette vigilance, même si cela nous fait de nous des marginaux et des exclus dans le système social qui est le nôtre, même si cela nous coûte tous nos biens et notre réputation, même si, pour cela, nous perdons la vie ou que notre corps en pâtit.


C'est plus facile à dire qu'à faire. Souvent la vie en société nous pousse à faire des compromis : le travail, la vie de famille, le cercle des amis, les soirées, les fêtes, les activités sociales, tout cela nous écarte de l'attention qu'il serait opportun de cultiver pour s'éveiller. Il faut malgré tout essayer de cultiver l'attention à la moindre occasion, revenir à la conscience de l'instant présent le plus souvent possible. Comme le dit Shāntideva : « Gardez à toute force l'attention et la vigilance ».










Le reste du commentaire du Bodhisattvacaryāvatāra de Shāntideva: 


Chapitre I : Les bienfaits de l'esprit d'Eveil


Chapitre II: Le dévoilement des fautes


Chapitre III : La prise de l'esprit d'Eveil


Chapitre IV : L'attention


Chapitre V: 

- La garde de la vigilance (V, introduction)

- La garde de la vigilance (V, 1 à 5)

- La garde de la vigilance (V, 6 à 8)

- La garde de la vigilance (V, 9 à 14)

- La garde de la vigilance (V, 15 à 18)



Chapitre V: La garde de la vigilance







Deux traductions peuvent être trouvées en langue française du Bodhicaryāvatāra
- « La marche vers l'Éveil », Comité Padmakara, Saint-Léon-sur-Vézère (France), 2007 (2e édition), 
- « Vivre en héros pour l'Éveil », Georges Driessens, Seuil/Points Sagesse, Paris, 1993.



Sur la méditation : 







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vendredi 28 août 2026

La garde de la vigilance (V, 15 à 18)

 

La garde de la vigilance (V, 15 à 18)

Commentaire du Bodhisattvacaryāvatāra de Shāntideva



15. Les actions physiques et verbales

Associée à un mental faible

Ne portent pas de fruit tels qu'une naissance

Dans le monde de Brahma.


16. Le connaisseur de l'Ainsité a dit

Que, même longuement pratiquées,

Récitation et austérités

Sont vaines pour celui dont l'esprit est distrait.


17. Même ceux qui désirent abolir la souffrance et atteindre le bonheur

Devront errer longuement sans raison

S'ils ne connaissent pas le secret de l'esprit,

Secret essentiel du Dharma.


18. Par suite, je dois bien maintenir

Et garder mon esprit ;

Hormis la discipline de la garde de l'esprit,

Quelle est l'utilité des nombreuses autres ?
















L'attention et la vigilance sont des qualités essentielles dans l'accomplissement du bien et de la transformation de soi-même. Si l'on donne des biens matériels sans compter, c'est très bien, mais si, en même temps, nos pensées sont envahies de colère, de ressentiment, de mépris et d'orgueil, cela viendra amenuiser considérablement notre mérite. Et cela ne nous permettra pas de renaître dans les destinées supérieures, Shāntideva prend l'exemple de la renaissance dans le monde de Brahma qui exige une conduite particulièrement pure et le fait de manifester l'amour bienveillant, la compassion, la joie et l'équanimité, sans limitations aucune et sans partialité.


Pareillement, l'ascèse, la prière et les exercices de yoga n'auront qu'un impact faible dans vos efforts pour vous transformer vous-mêmes si l'esprit est dissipé, distrait et incapable de se concentrer. L'instruction essentielle en matière de discipline est donc de maintenir sa vigilance sur l'esprit. Shāntideva estime même que les autres règles de discipline spirituelle n'ont pas de sens, hormis la garde de cette vigilance.


Cela me semble exagéré : la règle qui demande de ne pas boire d'alcool va justement permettre de ne pas perdre sa vigilance et de ne pas voir sa conscience sombrer dans les brumes de l'inconscience ; la règle qui demande de ne pas se battre et de ne pas tuer, en dehors du fait qu'elle permet de ne pas sombrer dans le cycle de la violence, va permettre de maintenir cette vigilance aussi en ne consacrant pas toute notre précieuse attention à des bagarres et des faits de violence. Les autres règles de discipline ont donc une utilité fondamentale à côté de la garde de la vigilance sur le chemin vers l’Éveil. On ne peut pas tout ramener à l'esprit et la garde de la vigilance : nous ne sommes pas juste qu'un esprit, et la vigilance a besoin d'un cadre propice pour pouvoir se développer de manière optimale. Ce cadre propice, ce sont les règles de discipline qui permettent de le créer.










Le reste du commentaire du Bodhisattvacaryāvatāra de Shāntideva: 


Chapitre I : Les bienfaits de l'esprit d'Eveil


Chapitre II: Le dévoilement des fautes


Chapitre III : La prise de l'esprit d'Eveil


Chapitre IV : L'attention


Chapitre V: 

- La garde de la vigilance (V, introduction)

- La garde de la vigilance (V, 1 à 5)

- La garde de la vigilance (V, 6 à 8)

- La garde de la vigilance (V, 9 à 14)


- La garde de la vigilance (V, 19 à 23)



Chapitre V: La garde de la vigilance







Deux traductions peuvent être trouvées en langue française du Bodhicaryāvatāra
- « La marche vers l'Éveil », Comité Padmakara, Saint-Léon-sur-Vézère (France), 2007 (2e édition), 
- « Vivre en héros pour l'Éveil », Georges Driessens, Seuil/Points Sagesse, Paris, 1993.




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jeudi 27 août 2026

La garde de la vigilance (V, 9 à 14)

 

La garde de la vigilance (V, 9 à 14)

Commentaire du Bodhisattvacaryāvatāra de Shāntideva



9. Si la perfection de générosité consistait à soulager

Le monde de la pauvreté,

Puisque l'on trouve encore des miséreux,

De quelle manière les Protecteurs passés l'auraient-ils parachevée ?


10. La perfection de générosité est expliquée

Comme la pensée de donner à l'ensemble des êtres

Toutes les possessions et les fruits du don.

Elle n'est donc qu'esprit.


11. Nulle part le meurtre des poissons

Et autres êtres n'a disparu.

La perfection d'éthique est définie

Comme l'obtention de l'esprit d'abandon du mal.


12. On ne saurait dominer l'ensemble

Des êtres insoumis infinis comme l'espace.

Toutefois, la seule destruction des pensées de colère

S'apparente à celle de tous les ennemis.


13. Où trouverait-on assez de cuir

Pour recouvrir la surface de la terre ?

Mais le cuir d'une simple semelle

Équivaut à en couvrir la terre entière.


14. De même, je ne peux renverser

Le cours des choses ;

Néanmoins, si je me détourne de l'esprit (d'aversion)

Quel besoin aurai-je de m'opposer à d'autres (objets de colère) ?








Van Gogh, Les souliers, 1886








Selon Shāntideva, tout se ramène à l'esprit. C'est l'esprit qui crée le monde, c'est l'esprit qui crée les bonheurs de la vie. C'est l'esprit qui crée donc les tourments qui viennent nous frapper. Tenir son esprit avec la vigilance et l'attention est donc le maître-mot pour définir ce que doit être la pratique et la discipline d'un bodhisattva ou aspirant-bodhisattva.


Dans cet ordre d'idées, la perfection de générosité n'est pas définie par le fait de donner aux gens qui sont dans le besoin. Si c'était le cas, les bouddhas et les bodhisattvas n'auraient pas accompli une « perfection » de générosité puisqu'il y a encore de la pauvreté et de la misère dans le monde. La perfection de générosité d'un bodhisattva doit d'abord être conçue comme la pensée sincère de donner à tous les êtres, la volonté profonde de soulager toute la pauvreté et toute la misère du monde dans son entier.


Pareillement, la perfection de discipline ne peut se définir comme le seul respect des règles éthiques et des codes de discipline monastique, car, partout dans le monde, on voit des gens enfreindre les principes éthiques. Shāntideva prend l'exemple du meurtre des poissons : aucun pays bouddhiste n'a aboli la pêche ou la chasse, alors même qu'il est clair quand on connaît la doctrine bouddhique que ce sont des morts violentes qu'on inflige aux animaux. Même le dalaï-lama ne peut se passer de manger de la viande. Pour répondre à cette carence évidente, Shāntideva définit la perfection d'éthique comme l'aspiration dans l'esprit d'abandonner définitivement le mal. Ce seul souhait souhait suffit, lui semble-t-il pour accomplir la perfection d'éthique.


Pareillement, concernant la perfection de sagesse, un bodhisattva n'a pas à avoir établi la paix dans le monde entier, il doit seulement avoir déraciné la colère dans son cœur. Shāntideva emploie alors une image qui est restée célèbre dans le bouddhisme tibétain : pour me protéger des épines et des cailloux tranchants sur les chemins, je pourrai recouvrir la terre entière d'une couche de cuir moelleuse qui me permettra d'avancer pieds nus en toute sécurité partout où j'irai. Mais recouvrir la terre entière de cette couche protectrice est un ouvrage d'une ampleur démesurée ! Il est en fait plus simple de protéger la plante de pieds en chaussant une paire de chaussures qui me protégeront efficacement de tout ce qui pourrait entailler mes petits pieds. L'image est claire : plutôt que de changer le monde, changeons notre esprit sur lequel nous avons prise !


Je ne cache pas être un peu circonspect devant une telle conception des choses : l'insistance portée à l'esprit éblouit un peu trop les adeptes du Grand Véhicule. Il ne faut pas oublier la générosité réelle, l'éthique réelle et la patience réelle qui s'incarnent dans des actes concrets. Bien sûr, il faut travailler sur notre aspiration au bien : vouloir donner aux êtres sensibles, vouloir abandonner les tendances au mal, vouloir déraciner la colère. Ce sont des aspirations très salutaires ! Mais cela reste un rêve si cela ne devient pas à un acte concret à un moment donné.


Bien sûr, mes actes de générosité, ma discipline et ma pratique de la patience ne vont pas changer le monde entier. Quand je donne, seules quelques personnes au maximum bénéficient de ce don. Quand je m'abstiens de manger du poisson ou de la viande, c'est seulement un cochon ou une truite qui sont épargnés au moment même où des milliards d'animaux sont massacrés au nom de la cruauté des hommes. Quand je retiens ma colère et que je m'en délivre, cela n'empêche pas la guerre de faire rage en Ukraine ou en Palestine. Mais ce n'est pas une raison pour dévaloriser mes actes aussi petits soient-ils.


Admettons pour un instant la thèse idéaliste de l'Esprit Seulement (Cittamātra) pour qui le monde entier est une création de l'esprit. Ce qui est très important à comprendre, c'est que, dans cette logique, le monde entier n'est pas ma seule création, mais la création de l'infinité d'êtres doués de conscience qui peuplent l'univers. C'est pour cela d'ailleurs qu'il est difficile de percer l'illusion de ce monde contrairement à un rêve dont il faut quelques minutes pour que l'on se rende compte qu'on est dans un rêve et que ce rêve s'évanouisse comme de la fumée dans les airs.


Cela explique pourquoi la misère ne disparaît pas, même quand un Bouddha apparaît dans le monde. Tout simplement parce que le Bouddha est un seul esprit, une seule conscience au milieu de milliards et de milliards de consciences égarées dans les ténèbres de l'ignorance. Oui, la lumière d'un Bouddha peut nous toucher et nous encourager à nous éveiller à notre tour. Mais cette lumière des Bouddhas et des Bodhisattvas rayonnent dans un forêt d'ombres et de faux semblants qui en atténuent la portée.


C'est pourquoi la perfection de générosité ne soulage pas toute la misère du monde, pourquoi la perfection de discipline ne tranche pas toutes les racines du mal en ce monde et pourquoi la perfection de patience n'amène pas le règne de la paix perpétuelle. Nous qui sommes un seul être doué de conscience face à l'infinité des êtres doués de conscience, nous pouvons changer petitement le monde. Cela semblera presque rien à l'échelle du monde, mais il faut se rappeler que nos gestes vertueux se mesurent à l'échelle des individus qui reçoivent nos bienfaits. Et c'est à ce niveau-là, certes modeste, qu'il faut consacrer nos efforts. Mais du point de vue de ces quelques individus, cet agir « petitement » sera d'une grande importance, d'une grande ampleur, d'un grand secours. Il ne faut jamais l'oublier.


















Le reste du commentaire du Bodhisattvacaryāvatāra de Shāntideva: 


Chapitre I : Les bienfaits de l'esprit d'Eveil


Chapitre II: Le dévoilement des fautes


Chapitre III : La prise de l'esprit d'Eveil


Chapitre IV : L'attention


Chapitre V: 

- La garde de la vigilance (V, introduction)

- La garde de la vigilance (V, 1 à 5)

- La garde de la vigilance (V, 6 à 8)


- La garde de la vigilance (V, 15 à 18)

- La garde de la vigilance (V, 19 à 23)


Chapitre V: La garde de la vigilance







Deux traductions peuvent être trouvées en langue française du Bodhicaryāvatāra
- « La marche vers l'Éveil », Comité Padmakara, Saint-Léon-sur-Vézère (France), 2007 (2e édition), 
- « Vivre en héros pour l'Éveil », Georges Driessens, Seuil/Points Sagesse, Paris, 1993.




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La garde de la vigilance (V, 6 à 8)

 

La garde de la vigilance (V, 6 à 8)

Commentaire du Bodhisattvacaryāvatāra de Shāntideva



6. Celui-qui-parle-vrai a enseigné

Que toutes les frayeurs

Et les souffrances sans limites

Procèdent de l'esprit.


7. Qui a créé intentionnellement

Les armes pour les êtres des enfers ?

Qui a créé le sol de métal brûlant ?

D'où surgissent les femmes des enfers ?


8. Le Puissant a déclaré que toutes ces choses

Sont issues de l'esprit mauvais ;

Donc, dans les trois mondes,

Rien d'autre n'est à craindre que l'esprit.





Rouleau des Enfers, Jigoku-Zoshi, Japon, XIIème siècle





On retrouve ici une théorie très proche de l'école idéaliste de l'Esprit Seulement (Cittamātra) : le monde entier est une création de l'esprit. Je précise que Shāntideva était un tenant de l'école du Milieu (Madhyamaka) : pour l'école du Milieu, l'esprit n'a aucune existence ultime, rien n'a d'existence ultime. Je reviendrai plus en détail sur cette opposition fondamentale entre Cittamātra et Madhyamaka dans mon commentaire du chapitre 9. Mais toujours est-il que Shāntideva reprend à son compte ici la théorie de l'Esprit Seulement : les six mondes, dieux, dieux jaloux, humains, animaux, monde des esprits avides et enfers, sont une création pleine et entière de l'esprit.


Dans le commentaire des strophes 1 à 5 de ce cinquième chapitre, j'avais cité les deux premières strophes du Dhammapada :


« « Tous les phénomènes expérimentés sont précédés par l'esprit,

Gouvernés par l'esprit, créés par l'esprit.

Si quelqu'un parle ou agit sur la base d'un esprit impur,

La souffrance le suit comme la roue de la charrue la patte du bœuf.


Tous les phénomènes expérimentés sont précédés par l'esprit,

Gouvernés par l'esprit, créés par l'esprit.

Si quelqu'un parle ou agit sur la base d'un esprit pur,

Le bonheur le suit comme une ombre qui ne le quitte jamais ».  »


Cela se rapproche de cette conception. Néanmoins, dans le Dhammapada, l'esprit, le mental est un créateur et un avant-coureur des événements vécus dans le sens où ce mental crée la situation comme l'artisan façonne sa matière première, le bois, l'argile, la pierre. Ici, c'est l'esprit qui crée le monde même avec sa pierre, sa roche, sa terre, son métal, son feu. Un esprit dominé par la colère et la malveillance va ainsi créer un monde infernal fait de tourments et de tortures horribles selon l'intensité de notre colère.


D'où l'insistance de Shāntideva à nous exhorter à transformer d'urgence et en profondeur notre esprit. Le monde que l'on va connaître sera coloré de nos passions destructions d'aujourd'hui, mais aussi de notre sagesse, de notre amour bienveillant, de notre volonté d'améliorer les choses et de notre lumière intérieure que nous faisons rayonner en ce jour avec persévérance et enthousiasme. Il ne faut pas l'oublier.





Rouleau des Enfers, Jigoku-Zoshi, Japon, XIIème siècle







Le reste du commentaire du Bodhisattvacaryāvatāra de Shāntideva: 


Chapitre I : Les bienfaits de l'esprit d'Eveil


Chapitre II: Le dévoilement des fautes


Chapitre III : La prise de l'esprit d'Eveil


Chapitre IV : L'attention


Chapitre V: 

- La garde de la vigilance (V, introduction)

- La garde de la vigilance (V, 1 à 5)



- La garde de la vigilance (V, 9 à 14)

- La garde de la vigilance (V, 15 à 18)

- La garde de la vigilance (V, 19 à 23)


Chapitre V: La garde de la vigilance










Deux traductions peuvent être trouvées en langue française du Bodhicaryāvatāra
- « La marche vers l'Éveil », Comité Padmakara, Saint-Léon-sur-Vézère (France), 2007 (2e édition), 
- « Vivre en héros pour l'Éveil », Georges Driessens, Seuil/Points Sagesse, Paris, 1993.




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