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dimanche 23 août 2026

L'attention (IV, 45 à 48)

 

L'attention (IV, 45 à 48)

Commentaire du Bodhisattvacaryāvatāra de Shāntideva



45. Les ennemis expulsés d'un pays

S'établissent dans un autre,

Y refont leurs forces et reviennent ;

Mais l'ennemi passion n'est pas ainsi.


46. Passions ! Passions ! Où irez-vous une fois écartées de mon esprit,

Anéanties par l’œil de la sagesse ?

Où demeurerez-vous afin de me nuire ?

Mais, faible d'esprit, j'en suis arrivé à ne plus faire d'effort.


47. Les perturbations n'habitent pas les objets, ni les sens, ni l'intervalle, ni ailleurs,

Où vivent-elles pour tourmenter le monde entier ?

Elles s'apparentent à des illusions ; donc que mon cœur abandonne toute crainte et s'applique à la sagesse,

Car pourquoi, sans raison, devrais-je souffrir dans les enfers ?


48. Ayant réfléchi de cette manière à ces explications,

Je m'efforcerai d'accomplir les instructions telles qu'elles ont été énoncées,

Car, si l'on ignore la parole du médecin,

Comment le remède agira-t-il sur le malade qui cherche à guérir ?








Festival de Brégence (Autriche) sur le lac de Constance - 2007







Les passions relèvent de l'esprit uniquement ; et il n'y a nulle part où les passions peuvent se rendre en-dehors de cet esprit : on ne trouve les émotions perturbatrices ni dans les objets désirés ou détestés, ni dans les facultés sensorielles qui se contentent de rendre compte du réel, ni quelque part entre les facultés sensorielles et les objets de nos passions, ni quelque part d'autre, on ne sait où. Donc une fois chassées hors de notre esprit grâce à la sagesse qui voit leur manque de substance, les passions n'auraient aucun autre lieu pour se reconstituer.


Je serais cependant un peu moins optimiste que Shāntideva. Il me semble en effet que les passions peuvent subsister en-dessous, avant et tout autour. Je m'explique. Qu'est-ce que l'esprit ? Est-ce juste la conscience dont nous sommes conscients en ce moment même ? Où y a-t-il dans l'esprit des parts plus profondes dont il est beaucoup moins facile de prendre conscience ? On peut parler de « subconscient » ou d' « inconscient ». Dans le bouddhisme, on parlera de la septième et huitième conscience. Les six premières consciences sont les conscience liées à chaque sens matériel (conscience visuelle, conscience auditive, conscience olfactive, conscience gustative, conscience tactile) auxquelles on ajoute la conscience mentale. Les six consciences forment ce qu'on appelle au quotidien la « conscience » : en se succédant continuellement, les instants de conscience des six types de conscience donnent notre impression du réel, un peu comme un film est une succession rapide d'images photographiques séparées, discontinues : cette succession rapide fait que le spectateur a lui une impression de continuité et de fluidité dans l'histoire du film.


Mais ces consciences ne sont pas les seules : il y a d'abord une conscience émotionnelle ou conscience mentale souillée, une conscience qui forge notre relation au monde en laissant les émotions perturbatrices redessiner notre conception de soi-même et de notre environnement. Puis il y a la huitième conscience : la conscience fondamentale, la conscience base-de-tout ou conscience-demeure (ālaya vijñāna en sanskrit, kunshi namshé en tibétain) dans laquelle viennent se déposer nos prédispositions, la trace mentale de nos actes, paroles et pensées, cette gigantesque conscience devient alors le réservoir de notre réalité de vies en vies, mais elle forge aussi notre monde en faisant réémerger toutes ces traces, toutes ces imprégnations dans notre vie ici et maintenant.


La semaine passée, il y a eu un incendie dans les Hautes Fagnes en Belgique, un vaste espace de tourbières, et les spécialistes ont souligné le danger du feu dans les tourbières, à savoir que le feu pouvait couver souterrainement pendant des jours et des jours. Donc même si le feu est éteint en surface, il pouvait réapparaître après quelques jours, voire des semaines sans incendie du fait même de ce feu souterrain.










Je trouve que c'est très similaire avec ce qui se passe dans la septième conscience émotionnelle : le feu des passions peut avoir avoir été vaincu dans les six consciences émotionnelles, mais il faut être attentif au fait qu'il peut revenir parce qu'il a couvé dans cette septième conscience émotionnelle. Ce que je disais quand je parlais que les passions peuvent se trouver « en-dessous ». En apparence, les passions peuvent sembler avoir quitté l'esprit, mais en réalité, elles étaient toujours dans l'esprit, mais dans des étages inférieurs, plus profonds. Il faut être vigilant à cela.


Il faut être vigilant aussi au fait de ce qui s'est passé « avant » : dans l'ici et maintenant, je peux avoir fait l'effort spirituel de me détacher des passions. Très bien ! Mais si dans le passé de cette vie-ci ou d'une vie antérieure, j'ai nourri ces passions et agi sous l'influence de ces passions, ces passions peuvent revenir sous la forme d'une suite de causes et de conséquences pour me remettre dans le même état émotionnel comme un pendule de Newton où une bille vient communiquer son énergie à la suivante qui la communique à la suivante jusqu'à heurter l'instant présent.








Enfin, les passions peuvent se trouver aussi « tout autour » : ce que je veux, c'est que la société tout autour de nous nous influence fortement. Et il se trouve que les émotions sont hautement contagieuses. Peut-être que dans votre coin, vous vous êtes libérés des émotions conflictuelles. Très bien ! Mais si tout le monde autour de vous est animé par la colère, la cupidité ou le ressentiment, il va être très difficile de ne pas céder vous-mêmes à ces émotions. Vous allez être conditionné d'une manière ou d'une autre par cette influence. C'est précisément pour cela que, dans le bouddhisme, on encourage tant les retraites spirituelles en-dehors de l'agitation mondaine, justement pour éviter cette contagion émotionnelle !


Voilà mes réserves à l'optimisme de Shāntideva. Ceci étant dit, il a parfaitement raison d'encourager à se libérer des émotions perturbatrices (quand bien ces émotions perturbatrices ne disparaîtront pas si facilement). Les passions n'ont ni bras, ni jambes, ni bravoure, ni intelligence, et n'ont d'autres repères que l'esprit. Elles ne se trouvent dans les objets convoités ou détestés, ni dans les facultés sensorielles, ni entre nos sens et les objets, ni ailleurs. Une fois que l'on voit cela avec la vision pénétrante de la sagesse, on peut libérer l'esprit de ces passions. Ce faisant, on sème des graines de sagesse dans la huitième conscience, la conscience base-de-tout, et on affaiblit progressivement la conscience émotionnelle. Cet instant présent devient alors un « avant » pour les moments futurs de notre conscience, ce qui facilitera notre libération future des passions. Et tout autour de nous, nous influons sur les autres et la société en diffusant de la sagesse, et non des émotions conflictuelles.


Il faudra revenir encore et encore à cette vision pénétrante de la sagesse qui voit les passions pour ce qu'elles sont : des illusions. Une seule victoire ne suffit pas ! C'est pourquoi il faut être attentif et vigilant toute votre vie, et même après !









Tony Tasset, "Eye", à Dallas, texas, devant le Joule Hotel








Le reste du commentaire du Bodhisattvacaryāvatāra de Shāntideva: 


Chapitre I : Les bienfaits de l'esprit d'Eveil


Chapitre II: Le dévoilement des fautes


Chapitre III : La prise de l'esprit d'Eveil


- L'attention (IV, 1 à 4)

- L'attention (IV, 5 à 11)

- L'attention (IV, 12 à 20)

- L'attention (IV, 21 à 25)

- L'attention (IV, 26 à 29)

- L'attention (IV, 30 à 35)

- L'attention (IV, 36 à 40)

- L'attention (IV, 41 à 44)



Chapitre IV : L'attention












Deux traductions peuvent être trouvées en langue française du Bodhicaryāvatāra
- « La marche vers l'Éveil », Comité Padmakara, Saint-Léon-sur-Vézère (France), 2007 (2e édition), 
- « Vivre en héros pour l'Éveil », Georges Driessens, Seuil/Points Sagesse, Paris, 1993.






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samedi 22 août 2026

L'attention (IV, 41 à 44)

 

L'attention (IV, 41 à 44)

Commentaire du Bodhisattvacaryāvatāra de Shāntideva



41. Quand je me suis engagé

À libérer des perturbations les migrants qui habitent

Les dix directions jusqu'aux confins de l'espace,

Je n'en étais pas moi-même libéré !


42. Ignorant ma capacité,

Une telle parole n'était-elle pas insensée ?

Par conséquent, jamais je ne me détournerai

De la destruction des perturbations.


43. Je m'attacherai à cela,

Et les combattrai avec ressentiment ;

Une perturbation de cette sorte

Qui détruit les perturbations, n'est pas provisoirement à rejeter !


44. Que je brûle, que je sois tué,

Que ma tête éclate,

Plutôt que de m'incliner

Devant les passions, ennemis omniprésents !







Tenzing Rigdol 







Au moment de s'engager dans le chemin vers l’Éveil, nous n'avons pas atteint l’Éveil, nous ne sommes pas éveillés. Au moment de s'engager à se délivrer les passions, les passions nous habitent encore. A fortiori, si nous nous engageons à délivrer tous les êtres partout dans le monde des passions, nous, le premier, ne sommes pas délivrés des passions !


Alors, est-ce que ce n'est pas une prétention démesurée que d'avoir ce genre d'objectif, délivrer tous les êtres de leur passion, alors que nous sommes nous-mêmes submergés par ces passions ? Nous sommes comme l'homme qu'interprète Bourvil dans un sketch célèbre où il fait l'apologie de l'eau ferrugineuse pour combattre les méfaits de l'alcoolisme, alors qu'il est lui-même visiblement en état d'ébriété : « L'eau ferrugineuse comme son nom l'indique contient du fer. Le fer. Le dire, c'est bien, mais le fer, c'est mieux ». Or il n'est précisément de dire qu'il faut boire de l'eau, mais pas en train de la faire !


Nous sommes nous-mêmes présentement dans ce situation de contradiction évidente entre le dire et le faire. Nous disons que les passions destructrices sont mauvaises, mais les passions font ce qu'elles veulent de nous comme un pantin au main du marionnettiste. C'est pourquoi il y a urgence à nous sortir de cette contradiction le plus vite possible. Notre résolution à vaincre les passions doit être ferme, et nous ne devons pas compter nos efforts, comme nous avons déjà dit dans le commentaire des strophes précédentes.


Mais, en plus, nous dit Shāntideva, comme nous sommes toujours sujets aux passions, nous devons éprouver une passion dévorante à vouloir combattre les passions. Nous devons avoir le désir de vaincre le désir, nous devons être en colère contre la colère, et nous devons avoir l'orgueil de nous croire plus fort que l'orgueil et les autres passions. Il y a ici tout un vocabulaire guerrier : nous devons « combattre avec ressentiment » les émotions perturbatrices. Ces émotions perturbatrices contre les émotions perturbatrices ne sont pas à rejeter provisoirement, car elles nous donnent la force de mener le combat jusqu'à son terme.


Et Shāntideva de continuer ces métaphores guerrières : « Que je brûle, que je sois tué / que ma tête éclate / plutôt que de m'incliner / devant les passions, ennemis omniprésents ! » On sent l'ascète résolu à ne pas reculer, quelles qu'en soient les conséquences. C'est très noble évidemment, mais je dis : attention ! C'est un jeu dangereux que d'alimenter les passions, même si c'est pour éteindre ces mêmes passions. Parfois, les pompiers utilisent le feu pour brûler préventivement certains bouts de forêt pour que le feu de forêt ne puisse pas se répandre plus loin. Est-ce à dire que le feu est toujours une bonne méthode pour éteindre le feu ? J'en doute beaucoup !


Combien de religieux ne sont devenus des gens complètement aigris parce qu'ils ont validé la colère comme moyen de combattre nos mauvais penchants ? Combien de maîtres spirituels ne se sont perdus dans l'orgueil parce qu'ils ont obtenu quelques accomplissements spirituels ? Combien de moines n'éprouvent-ils que ressentiment à l'endroit d'un monde qu'ils jugent corrompus ? Les passions cherchent des justifications et peuvent devenir très nocives quand on leur accordent les marques honorifiques du combat spirituel.


Personnellement, je pense que la raison doit prévaloir, plutôt que les passions. Certes, notre progression sera très lente. Et pendant toute cette progression, nous serons dans la contradiction permanente. Et parfois on nous reprochera d'être encore dans les passions alors que notre idéal de vie est de nous en délivrer.


Une fois, par exemple, il y a une vingtaine d'années, j'étais dans le bus et je lisais un livre de soûtras du Bouddha. Dans le fond du bus, il y avait des racailles qui importunaient une jeune demoiselle et cherchaient à lui voler son téléphone portable. Je me suis énervé et je les ai engueulés. Je tiens à dire que j'ai été le seul à protester alors que le bus était bondé. Après quelques minutes de tensions, le chauffeur du bus a demandé aux racailles de dégager du bus, qu'il ne redémarrerait pas et qu'il allait appeler la police. Les racailles ont finalement déguerpi. Et le gars assis à côté de moi (qui n'avait pas bougé le petit doigt dans cette affaire) s'est cru intelligent de me faire remarquer que je devais être plus zen en pointant du doigt mon livre de soûtras. Et bien, ce jour-là, oui j'ai éprouvé de la colère de manière extérieure, probablement de la peur que je ne montrais évidemment pas, parce que la situation aurait pu dégénéré gravement. Mais j'ai fait ce qu'il y avait à faire : je me suis mis en colère, non pour faire du mal, mais pour protéger une jeune femme de ses agresseurs. J'ai fait mon devoir ce jour-là, même si on peut imaginer une réaction meilleure ou plus en phase avec qu'on attend d'un bouddha.


Je pense qu'il faut accepter cette contradiction quand bien même des gens stupides ou malintentionnés s'en servent pour nous rabaisser ou nous critiquer. Il faut faire effort pour se délivrer des passions, mais accepter dans le même temps que nous réagirons avec passion dans certaines situations parce que nous partageons la même condition de simple être humain avec l'ensemble des autres êtres humains dans ce monde !









Tenzing Rigdol 









Le reste du commentaire du Bodhisattvacaryāvatāra de Shāntideva: 


Chapitre I : Les bienfaits de l'esprit d'Eveil


Chapitre II: Le dévoilement des fautes


Chapitre III : La prise de l'esprit d'Eveil


- L'attention (IV, 1 à 4)

- L'attention (IV, 5 à 11)

- L'attention (IV, 12 à 20)

- L'attention (IV, 21 à 25)

- L'attention (IV, 26 à 29)

- L'attention (IV, 30 à 35)

- L'attention (IV, 36 à 40)


- L'attention (IV, 45 à 48)


Chapitre IV : L'attention












Deux traductions peuvent être trouvées en langue française du Bodhicaryāvatāra
- « La marche vers l'Éveil », Comité Padmakara, Saint-Léon-sur-Vézère (France), 2007 (2e édition), 
- « Vivre en héros pour l'Éveil », Georges Driessens, Seuil/Points Sagesse, Paris, 1993.






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jeudi 20 août 2026

L'attention (IV, 36 à 40)

 

L'attention (IV, 36 à 40)

Commentaire du Bodhisattvacaryāvatāra de Shāntideva



36. Donc, je n'abandonnerai pas mon effort

Avant que cet adversaire n'ait définitivement péri sous mes yeux ;

Les orgueilleux poursuivent de leur colère ceux qui leur ont causé de légers désagréments

Et ne trouvent pas le sommeil avant de les avoir écrasés.


37. Engagés dans un combat violent et désirant ardemment vaincre

Ceux dont les passions les amènent naturellement aux souffrances de la mort,

Ne comptent pour rien la douleur des coups de flèche et de lance,

Et ne se retirent pas avant de l'avoir emporté.


38. Et moi qui m'efforce d'abattre mes adversaires naturels,

Source perpétuels de tous les maux,

Même si cela me vaut des centaines de tourments,

Pourquoi céderais-je au découragement et à l'apathie ?


39. Si l'on arbore sur son corps comme des parures

Les blessures infligées par d'inutiles ennemis,

Pourquoi la souffrance serait-elle un mal pour moi

Qui travaille impeccablement à la réalisation du grand dessein ?


40. Si les pêcheurs, chasseurs et fermiers,

Uniquement concernés par leurs moyens d'existence,

Endurent le chaud et le froid,

Pourquoi ne les supporterais-je pas pour le bonheur du monde ?







Soldat grec ou troyen agonisant
Peut-être le roi de Troie Laomédon, père de Priam
Fronton de l'ancien temple d'Aphaia sur l'île d'Egine (Grèce)









Notre ennemi spirituel est donc l'ensemble des passions destructrices que je dois affronter et neutraliser le plus vite possible. Cela demande un effort constant parce que ces passions reviennent encore et encore. Je ne dois pas compter le temps ou l'énergie que cela me prendra. Shāntideva donne l'exemple des personnes orgueilleuses qui deviennent des ennemis implacables parce que quelqu'un leur a légèrement manqué de respect et ne connaissent aucun répit dans leur vengeance absurde. Shāntideva explique qu'il faut prendre pour modèle leur ténacité dans le combat, même si évidemment leur orgueil déplacé n'est absolument pas un modèle pour nous, l'orgueil étant une passion particulièrement destructrice.


Pareillement, ceux qui cèdent aux passions de la haine et de la guerre ne reculent pas quand le combat fait rage, même blessés par des flèches et des lances. Ils arborent même fièrement leurs cicatrices comme autant de trophées de guerre. Dans mon combat spirituel contre les passions, je ne devrai pas céder au découragement et à l'apathie, même si je rencontre beaucoup de tourments et si je subis beaucoup de coups, de moqueries et d'injustice dans ma quête du bien. Je devrai être capable de faire preuve d'endurance face à l'inconfort et aux situations difficiles. Le chemin spirituel n'est pas toujours une partie de plaisirs.





















Le reste du commentaire du Bodhisattvacaryāvatāra de Shāntideva: 


Chapitre I : Les bienfaits de l'esprit d'Eveil


Chapitre II: Le dévoilement des fautes


Chapitre III : La prise de l'esprit d'Eveil


- L'attention (IV, 1 à 4)

- L'attention (IV, 5 à 11)

- L'attention (IV, 12 à 20)

- L'attention (IV, 21 à 25)

- L'attention (IV, 26 à 29)

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- L'attention (IV, 41 à 44)

- L'attention (IV, 45 à 48)



Chapitre IV : L'attention




















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