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jeudi 10 septembre 2026

La garde de la vigilance (V, 59 & 60)

 

La garde de la vigilance (V, 59 & 60)

Commentaire du Bodhisattvacaryāvatāra de Shāntideva



59. Ô esprit, qu'un cadavre soit traîné ça et là

Par les vautours avides de chair,

Ne te rend pas malheureux ;

Pourquoi, alors, es-tu si concerné par ton corps présentement ?


60. Tenant ce corps comme « mien »,

Pourquoi, esprit, le protèges-tu ?

Puisque toi et lui êtes distincts,

Quelle est son utilité pour toi ?





Funéraille céleste - Monastère de Litang au Tibet







Un jour que j'étais en promenade dans la campagne, j'ai vu une vache morte au bord de la route, les quatre fers en l'air. C'était un peu dégoûtant. Cela m'avait fait penser au poème de Charles Baudelaire, « Une charogne », mais cela ne m'avait pas du tout rendu malheureux ! Je ne suis même pas sûr que j'ai eu une pensée de compassion pour la pauvre vache qui venait de passer de vie à trépas. Tout juste une méditation sur la vie et la mort comme s'y prêtait le poème de Baudelaire avec sa fascination morbide et grinçante pour la décomposition et la putréfaction.


Au Tibet et en Inde, il n'est pas rare de voir les vautours dévorer des cadavres. C'est même une pratique religieuse courante pour les bouddhistes du Tibet et les communautés zoroastriennes en Inde que de laisser les défunts comme repas aux charognards. On n'appelle cela les funérailles célestes. Et là-bas, cela ne choque, ni n'émeut personne.


Shāntideva part du fait qu'on n'est pas malheureux devant la vision d'un cadavre pour critiquer notre attachement au corps qui n'est jamais rien d'autre qu'un cadavre en devenir. C'est un thème bouddhique très classique avec notamment la méditation de l'observation des neufs stades de la décomposition d'un cadavre prôné par le Bouddha pour nous habituer à l'idée que ce corps que nous chérissons tant sera un jour ou l'autre, plus vite qu'on ne le pense un cadavre sans vie.


Shāntideva constate que nous nous attachons à notre corps en le considérant comme « mien », ce corps qui est « à moi », « mon corps ». Or l'esprit n'étant pas fait de matière, il devrait ne pas se sentir si concerné par ce corps dont il est complètement distinct. Il devrait se détacher de ce corps, observer ce qui arrive à ce corps sans passion, ni attachement.


Il me semble pourtant que c'est aller un peu vite en besogne de dire que le corps est distinct complètement de l'esprit. Cela me semble très dualiste, un peu comme dans la conception de Platon : « sôma sêma » en grec ancien, le corps, ce tombeau. L'idée que le corps est comme une tombe pour l'âme immatérielle, et donc une stricte limitation de la portée de l'âme. Chez Platon, l'esprit est clairement distinct du corps matériel.


Mais dans le bouddhisme, il me semble que c'est plus compliqué. Si l'on va voir dans l'Abhidharma, on se rend vite que six éléments constituent l'être humain. Quatre matériels : la terre, l'eau, le feu et l'air. Plus l'élément espace qui est tantôt présenté par certains bouddhistes comme un non-élément, une absence d'éléments, une place pour que les éléments puissent être là, tantôt présenté par d'autres bouddhistes comme un élément à part entière, constitué de vide, de rien.


Et enfin, le sixième élément immatériel, la conscience. Est-ce à dire que la conscience est complètement distincte du corps matériel ? Pas si vite ! Dans la perception ordinaire de l'existence, tous ces éléments se mélangent au point où il est parfois difficile d'isoler les éléments constitutifs de la mixture. D'abord la conscience n'apparaît jamais toute seule : nous avons la conscience de quelque chose qui apparaît pour un instant et un instant seulement en dépendance des facultés sensorielles. Il y a donc six consciences sensorielles tout comme il peut y avoir différents type de feu : feu de bois, feu de charbon, feu de tourbe, feu de phosphore... Dans tous les cas, c'est du feu, mais le feu apparaît en dépendance de tel ou tel combustible. Pareillement, nous avons la conscience visuelle, la conscience auditive, la conscience olfactive, la conscience gustative, la conscience corporelle et la conscience mentale.


Si je vois un arbre, je ne peux avoir une conscience visuelle de l'arbre que dans la dépendance de l’œil, du nerf optique, du cerveau, de la lumière et de l'arbre. Il faut tous ces éléments matériels pour que j'ai une conscience visuelle. Et même la conscience mentale n'est pas seulement immatérielle : pour penser, j'ai besoin d'un cerveau en bon état de marche. La conscience mentale est immatérielle certes, mais les processus de pensée ne sont possible qu'avec le fonctionnement neuronal du cerveau. L'image traditionnelle dans le bouddhisme est que l'esprit est comme l'océan et la pensée est comme la vague. Or ce mouvement de vague n'est possible qu'avec l'activité des neurones. Une pure conscience ne pourrait conceptualiser les idées que vous êtes en train de lire : il faut un cerveau pour que se produisent les pensées, les émotions, les souvenirs et tous les mouvements du mental.


Donc même si esprit et matière du corps sont distincts comme l'affirme Shāntideva, il est très difficile de démêler leur entrelacement. C'est tout un travail de méditation de faire le tri. Et on peut raisonnablement se poser la question de savoir si ce « dénouement » est à notre portée. Cet entrelacement d'esprit et d'éléments matériels ne se produit-il pas avant même que notre perception s'établisse et devienne quelque chose de conscient ?


En conclusion, je suis d'accord avec Shāntideva pour essayer de cultiver le détachement par rapport au corps, ne pas systématiquement le voir comme « moi » ou comme « mien » car tôt ou tard, il faudra l'abandonner. Néanmoins, je ne pense pas qu'il soit si facile de le considérer comme distinct de notre esprit, simplement parce que notre esprit hante le corps et l'habite, qu'on le veuille ou non. Notre corps est certes voué à devenir un cadavre. Un jour. Il est important de s'en souvenir. Memento mori... Mais voilà, ici et maintenant, ce corps n'est pas encore un cadavre. Il y a la vie, il y a l'esprit.


Et je ne suis pas certain qu'il faille forcer l'esprit à mépriser complètement le corps comme déjà un rebut, car il y a de l'esprit dans le corps et du corps dans l'esprit.












Funérailles célestes au Tibet







Le reste du commentaire du Bodhisattvacaryāvatāra de Shāntideva: 


Chapitre I : Les bienfaits de l'esprit d'Eveil


Chapitre II: Le dévoilement des fautes


Chapitre III : La prise de l'esprit d'Eveil


Chapitre IV : L'attention


Chapitre V: 

- La garde de la vigilance (V, introduction)

- La garde de la vigilance (V, 1 à 5)

- La garde de la vigilance (V, 6 à 8)

- La garde de la vigilance (V, 9 à 14)

- La garde de la vigilance (V, 15 à 18)

- La garde de la vigilance (V, 24 à 29)

- La garde de la vigilance (V, 30 à 33)

- La garde de la vigilance (V, 34 à 38)

- La garde de la vigilance (V, 39 à 42)

- La garde de la vigilance (V, 43 & 44)

- La garde de la vigilance (V, 45 à 53)

- La garde de la vigilance (V, 54 à 58)



Chapitre V: La garde de la vigilance






Deux traductions peuvent être trouvées en langue française du Bodhicaryāvatāra
- « La marche vers l'Éveil », Comité Padmakara, Saint-Léon-sur-Vézère (France), 2007 (2e édition), 
- « Vivre en héros pour l'Éveil », Georges Driessens, Seuil/Points Sagesse, Paris, 1993.




Sur ce thème de la vie et de la mort, voir également : 




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mercredi 9 septembre 2026

La garde de la vigilance (V, 54 à 58)

 

La garde de la vigilance (V, 54 à 58)

Commentaire du Bodhisattvacaryāvatāra de Shāntideva



54. Ayant ainsi examiné l'esprit troublé par les passions

Et appliqué à l'inutile,

Le bodhisattva le maintient ferme

Par la méthode des antidotes.


55. Déterminé, plein de foi,

Ferme, respectueux et poli,

Ayant la pudeur et la crainte des fautes, apaisé,

Je m'appliquerai à satisfaire autrui.


56. Les désirs des gens confus en désaccord

Ne me décourageront pas ;

Sachant que ces désirs s'élèvent en leur esprit à cause des passions,

J'éprouverai à leur égard de la compassion.


57. Dans ce qui, par nature, n'est pas erroné,

Pour mon propre bien et celui des êtres,

Agissant telle une création magique, sans orgueil,

Toujours, je garderai mon esprit.


58. Réfléchissant encore et encore

À cette suprême latitude obtenue après si longtemps,

Je maintiendrai mon esprit immuable

Comme le mont Meru.





Mont Mérou, Chine, dynastie Yuan (XIIIème - XIVème siècle)
Metropolitan Museum of Art, New-York






Il faut maintenir l'attention ferme en notre esprit. Pour y parvenir, il est nécessaire d'employer les antidotes adéquats. Par exemple, cultiver la bienveillance pour contre la malveillance, le détachement par rapport au désir et la convoitise, etc... Ayant établi en notre esprit l'attention ainsi qu'une forte détermination et une confiance envers les enseignements et la Voie du Bouddha, manifestant une attitude polie et courtoise dans la vie de tous les jours, craignant principalement de tomber dans les fautes morales, nous en venons à nous focaliser sur comment aider autrui, comment apporter une réponse aux problèmes des autres.


Évidemment, il y aura toujours des gens pour critiquer notre mode de vie et tenter de nous dissuader à avancer sur la Voie du Bouddha. Ces critiques et cette volonté de nous décourager n'est rien d'autre que le produit des passions qui plongent les individus dans l'ignorance et la confusion. On ne devrait pas détester ces gens, mais éprouver de la compassion à leur égard car c'est eux qu'ils perdent dans le samsāra pour très longtemps.


Nous devrions agir uniquement pour notre propre bien et le bien des autres, sans développer une fierté déplacée pour cela et sans chercher à vouloir absolument laisser une trace derrière nous. Shāntideva dit qu'il faut agir comme une créature magique, c'est-à-dire un être sans consistance, un fantôme bienveillant, une illusion colorée qui rayonne dans le monde, mais qui n'aurait pas de substance lourde et pesante.


Notre but devrait être aussi d'établir notre esprit parfaitement focalisé et concentré. Shāntideva parle de maintenir notre esprit immuable comme le mont Mérou. Le mont Mérou (Meru, aussi appelé Sumeru) est l'axe du monde dans la cosmologie bouddhique et indienne. Le monde est présenté comme un parallélépipède rectangle inversé ; et au milieu, le mont Mérou comme colonne vertébrale de l'ensemble. Je pense que cette idée de maintenir notre esprit immuable et inamovible comme l'axe du monde doit être vue plus comme un idéal de vie que comme une règle de vie. Notre but est de tendre vers un esprit complètement apaisé ; mais dans la réalité de la vie de tous les jours, notre esprit est instable à l'image du chaos du monde. Et même une pratique longue et assidue de la méditation n'empêche pas complètement l'agitation de l'esprit. Il faut sans cesse revenir à cette tâche d'apaiser l'esprit et renforcer notre attention. Shamatha & vipashyanā.







Mont Mérou, Chine, dynastie Yuan (détail)






Le reste du commentaire du Bodhisattvacaryāvatāra de Shāntideva: 


Chapitre I : Les bienfaits de l'esprit d'Eveil


Chapitre II: Le dévoilement des fautes


Chapitre III : La prise de l'esprit d'Eveil


Chapitre IV : L'attention


Chapitre V: 

- La garde de la vigilance (V, introduction)

- La garde de la vigilance (V, 1 à 5)

- La garde de la vigilance (V, 6 à 8)

- La garde de la vigilance (V, 9 à 14)

- La garde de la vigilance (V, 15 à 18)

- La garde de la vigilance (V, 24 à 29)

- La garde de la vigilance (V, 30 à 33)

- La garde de la vigilance (V, 34 à 38)

- La garde de la vigilance (V, 39 à 42)

- La garde de la vigilance (V, 43 & 44)

- La garde de la vigilance (V, 45 à 53)




Chapitre V: La garde de la vigilance







Deux traductions peuvent être trouvées en langue française du Bodhicaryāvatāra
- « La marche vers l'Éveil », Comité Padmakara, Saint-Léon-sur-Vézère (France), 2007 (2e édition), 
- « Vivre en héros pour l'Éveil », Georges Driessens, Seuil/Points Sagesse, Paris, 1993.



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lundi 7 septembre 2026

La garde de la vigilance (V, 45 à 53)

 

La garde de la vigilance (V, 45 à 53)

Commentaire du Bodhisattvacaryāvatāra de Shāntideva



45. Si je me trouve mêlé

À des conversations futiles

Ou à des représentations spectaculaires,

J'abandonnerai l'attachement pour elles.


46. Quand, sans raison, j'entreprends de creuser la terre,

De couper des herbes ou de tracer des figures sur le sol,

Me rappelant les instructions des Allés-en-la-Joie,

Par crainte, j'y renoncerai.


47. Quand j'ai le désir

De bouger ou de parler,

Je commencerai par examiner mon esprit,

Puis, avec fermeté, j'agirai comme il convient.


48. Lorsque je vois l'attachement en mon esprit

Ou que je veux céder à la colère,

Je n'agirai, ni ne parlerai

Mais doit rester de bois.


49. Lorsque j'ai l'esprit agité,

Que je me révèle railleur, orgueilleux, fat,

Fourbe et dissimulateur,

Ou habité par la pensée d'exposer la faute d'autrui,


50. Lorsque je recherche les louanges,

Souhaitant abaisser autrui,

Être injurieux ou querelleur,

Je dois rester de bois.


51. Lorsque je souhaite gains, honneurs et renommée,

Suis en quête d'un entourage et de serviteurs,

Que mon esprit aspire aux hommages,

Je dois alors rester de bois.


52. Quand je néglige le bien des autres,

Aspire au mien propre

Et qu'animé par ces pensées, je désire parler,

Je dois alors rester de bois.


53. Quand je suis impatient, paresseux, timoré,

Et, de même, téméraire, futile en paroles

Ou que s'élèvent des pensées partiales,

Je dois alors rester de bois.







Troll restant de bois (Thomas Dambo)









Socrate avait un démon. Un démon dans la mythologie grecque est un esprit qui n'est pas nécessairement mauvais comme c'est le cas dans la religion chrétienne. Certains démons de la mythologie grecque étaient bons, d'autres étaient néfastes. Le démon de Socrate était bon. Et il ne prononçait qu'un mot : « non ». Non, tu ne feras pas ça ! La morale commence par un « non » : le « non » qu'on oppose aux petits enfants sur le point de faire une bêtise, le « non » qu'on oppose aux tentations, le « non » avec lequel on rejette le mal. Et la conduite éthique bouddhique commence également par une négation : les dix préceptes ont d'abord une formulation négative, ne pas tuer, ne pas voler, ne pas mentir.... Ensuite seulement vient la formulation positive : « ne pas tuer » revient à « protéger la vie », « ne pas voler » revient à « faire preuve de générosité », « ne pas mentir » revient à « dire la vérité »...


Shāntideva reprend ici le même principe : plutôt que d'agir en commettant des fautes morales, il faut s'abstenir d'agir. Il faut rester de bois. Ne pas participer au bavardage intempestif qui n'amène que de la distraction et des commérages. Ne pas participer aux divertissements sans intérêt. Ne pas faire des choses insensées pour passer le temps comme tracer des formes sans signification au sol ou griffonner des traits ou des bonhommes dans un cahier pour faire passer le cours plus vite. Quand je n'ai rien à faire, au lieu de trépigner en tout sens ou de noircir nerveusement mon cahier, je devrai plutôt mettre à profit ce temps pour cultiver la pleine conscience et l'esprit d’Éveil.


Il faut examiner minutieusement son esprit avant d'agir et interroger sa motivation : est-ce une motivation altruiste ? Est-ce que j'agis sous l'emprise des émotions perturbatrices ? Est-ce que ce que je fais est honorable ou pas ? Si je vois de la colère ou de l'attachement dans cette motivation, il faut s'abstenir des paroles que je voulais prononcer ainsi que des actes que je voulais faire. Et c'est pareil pour les autres émotions perturbatrices comme l'agitation, le mépris, l'orgueil, la méchanceté, l'hypocrisie, la dissimulation, la propension à dire des mensonges, etc... Dans tous ces cas, je dois rester de bois.


Pareillement, lorsque je constate que ma motivation est entachée par des considérations de position en société, par exemple, quand je me fais mousser et que je mets en valeur devant les autres, quand je rabaisse les autres pour paraître plus intelligent ou plus brillant ou quand je cherche la discorde, je dois aussi rester de marbre et me retenir d'agir ou de raconter n'importe quoi.


Quand ma motivation est gouvernée par la recherche de mon seul intérêt personnel, quand je poursuis le gain, le prestige, des avantages, quand je cherche à étendre ma domination et faire des autres mes serviteurs, quand je poursuis mon bien aux dépens de celui des autres, là encore, je devrai stopper cet élan égoïste et me demander comment je peux être utile aux autres, comment je peux leur venir en aide efficacement.


Enfin, si je ne suis pas à la hauteur de la situation, étant trop impatient, trop paresseux, trop lâche ou inversement, si je prends trop de risques inconsidérés en étant trop téméraire, si ce que je raconte n'a vraiment aucun intérêt ou si ma partialité fait que j'analyse plus la situation avec justesse ou que je suis injuste, là encore, il convient de rester de bois et ne pas faire ce que nos mauvais penchants allaient me pousser à faire ou à dire. « Un homme, ça s'empêche », disait Albert Camus (dans son roman « Le premier homme »).














Le reste du commentaire du Bodhisattvacaryāvatāra de Shāntideva: 


Chapitre I : Les bienfaits de l'esprit d'Eveil


Chapitre II: Le dévoilement des fautes


Chapitre III : La prise de l'esprit d'Eveil


Chapitre IV : L'attention


Chapitre V: 

- La garde de la vigilance (V, introduction)

- La garde de la vigilance (V, 1 à 5)

- La garde de la vigilance (V, 6 à 8)

- La garde de la vigilance (V, 9 à 14)

- La garde de la vigilance (V, 15 à 18)

- La garde de la vigilance (V, 24 à 29

- La garde de la vigilance (V, 30 à 33)

- La garde de la vigilance (V, 34 à 38)

- La garde de la vigilance (V, 39 à 42)

- La garde de la vigilance (V, 43 & 44)



- La garde de la vigilance (V, 54 à 58)


Chapitre V: La garde de la vigilance







Deux traductions peuvent être trouvées en langue française du Bodhicaryāvatāra
- « La marche vers l'Éveil », Comité Padmakara, Saint-Léon-sur-Vézère (France), 2007 (2e édition), 
- « Vivre en héros pour l'Éveil », Georges Driessens, Seuil/Points Sagesse, Paris, 1993.



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dimanche 6 septembre 2026

La garde de la vigilance (V, 43 & 44)

 

La garde de la vigilance (V, 43 & 44)

Commentaire du Bodhisattvacaryāvatāra de Shāntideva



43. Je dois entreprendre ce que j'avais l'intention de faire

Et ne pas penser à autre chose ;

La pensée fixée à cela,

Il me faut d'abord l'achever.


44. De la sorte, tout sera bien fait,

Et l'accroissement des perturbations secondaires

Qui se produit en l'absence de vigilance n'aura pas lieu,

Autrement, l'une et l'autre (action) seraient manquées.





Cody Coink







Il nous faut de la détermination de ce que nous entreprenons : ne pas constamment tergiverser, ne pas céder à tout bout de champ à la distraction et au papillonnage. Le risque d'un manque de détermination serait de laisser entrer toutes sortes d'émotions perturbatrices comme le découragement, la déprime, la paresse qui vont très venir à bout de nos velléités !


Évidemment, on suppose ici qu'un examen préalable de l'action entreprise a été accomplie avec prudence et discernement : il faut que cette action aille dans le sens du bien pour soi-même et autrui. Si mon projet était de cambrioler une banque, il est normal que je sois saisi de doute et que je tergiverse !











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Chapitre I : Les bienfaits de l'esprit d'Eveil


Chapitre II: Le dévoilement des fautes


Chapitre III : La prise de l'esprit d'Eveil


Chapitre IV : L'attention


Chapitre V: 

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- La garde de la vigilance (V, 54 à 58)



Chapitre V: La garde de la vigilance







Deux traductions peuvent être trouvées en langue française du Bodhicaryāvatāra
- « La marche vers l'Éveil », Comité Padmakara, Saint-Léon-sur-Vézère (France), 2007 (2e édition), 
- « Vivre en héros pour l'Éveil », Georges Driessens, Seuil/Points Sagesse, Paris, 1993.



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