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samedi 22 août 2026

L'attention (IV, 41 à 44)

 

L'attention (IV, 41 à 44)

Commentaire du Bodhisattvacaryāvatāra de Shāntideva



41. Quand je me suis engagé

À libérer des perturbations les migrants qui habitent

Les dix directions jusqu'aux confins de l'espace,

Je n'en étais pas moi-même libéré !


42. Ignorant ma capacité,

Une telle parole n'était-elle pas insensée ?

Par conséquent, jamais je ne me détournerai

De la destruction des perturbations.


43. Je m'attacherai à cela,

Et les combattrai avec ressentiment ;

Une perturbation de cette sorte

Qui détruit les perturbations, n'est pas provisoirement à rejeter !


44. Que je brûle, que je sois tué,

Que ma tête éclate,

Plutôt que de m'incliner

Devant les passions, ennemis omniprésents !







Tenzing Rigdol 







Au moment de s'engager dans le chemin vers l’Éveil, nous n'avons pas atteint l’Éveil, nous ne sommes pas éveillés. Au moment de s'engager à se délivrer les passions, les passions nous habitent encore. A fortiori, si nous nous engageons à délivrer tous les êtres partout dans le monde des passions, nous, le premier, ne sommes pas délivrés des passions !


Alors, est-ce que ce n'est pas une prétention démesurée que d'avoir ce genre d'objectif, délivrer tous les êtres de leur passion, alors que nous sommes nous-mêmes submergés par ces passions ? Nous sommes comme l'homme qu'interprète Bourvil dans un sketch célèbre où il fait l'apologie de l'eau ferrugineuse pour combattre les méfaits de l'alcoolisme, alors qu'il est lui-même visiblement en état d'ébriété : « L'eau ferrugineuse comme son nom l'indique contient du fer. Le fer. Le dire, c'est bien, mais le fer, c'est mieux ». Or il n'est précisément de dire qu'il faut boire de l'eau, mais pas en train de la faire !


Nous sommes nous-mêmes présentement dans ce situation de contradiction évidente entre le dire et le faire. Nous disons que les passions destructrices sont mauvaises, mais les passions font ce qu'elles veulent de nous comme un pantin au main du marionnettiste. C'est pourquoi il y a urgence à nous sortir de cette contradiction le plus vite possible. Notre résolution à vaincre les passions doit être ferme, et nous ne devons pas compter nos efforts, comme nous avons déjà dit dans le commentaire des strophes précédentes.


Mais, en plus, nous dit Shāntideva, comme nous sommes toujours sujets aux passions, nous devons éprouver une passion dévorante à vouloir combattre les passions. Nous devons avoir le désir de vaincre le désir, nous devons être en colère contre la colère, et nous devons avoir l'orgueil de nous croire plus fort que l'orgueil et les autres passions. Il y a ici tout un vocabulaire guerrier : nous devons « combattre avec ressentiment » les émotions perturbatrices. Ces émotions perturbatrices contre les émotions perturbatrices ne sont pas à rejeter provisoirement, car elles nous donnent la force de mener le combat jusqu'à son terme.


Et Shāntideva de continuer ces métaphores guerrières : « Que je brûle, que je sois tué / que ma tête éclate / plutôt que de m'incliner / devant les passions, ennemis omniprésents ! » On sent l'ascète résolu à ne pas reculer, quelles qu'en soient les conséquences. C'est très noble évidemment, mais je dis : attention ! C'est un jeu dangereux que d'alimenter les passions, même si c'est pour éteindre ces mêmes passions. Parfois, les pompiers utilisent le feu pour brûler préventivement certains bouts de forêt pour que le feu de forêt ne puisse pas se répandre plus loin. Est-ce à dire que le feu est toujours une bonne méthode pour éteindre le feu ? J'en doute beaucoup !


Combien de religieux ne sont devenus des gens complètement aigris parce qu'ils ont validé la colère comme moyen de combattre nos mauvais penchants ? Combien de maîtres spirituels ne se sont perdus dans l'orgueil parce qu'ils ont obtenu quelques accomplissements spirituels ? Combien de moines n'éprouvent-ils que ressentiment à l'endroit d'un monde qu'ils jugent corrompus ? Les passions cherchent des justifications et peuvent devenir très nocives quand on leur accordent les marques honorifiques du combat spirituel.


Personnellement, je pense que la raison doit prévaloir, plutôt que les passions. Certes, notre progression sera très lente. Et pendant toute cette progression, nous serons dans la contradiction permanente. Et parfois on nous reprochera d'être encore dans les passions alors que notre idéal de vie est de nous en délivrer.


Une fois, par exemple, il y a une vingtaine d'années, j'étais dans le bus et je lisais un livre de soûtras du Bouddha. Dans le fond du bus, il y avait des racailles qui importunaient une jeune demoiselle et cherchaient à lui voler son téléphone portable. Je me suis énervé et je les ai engueulés. Je tiens à dire que j'ai été le seul à protester alors que le bus était bondé. Après quelques minutes de tensions, le chauffeur du bus a demandé aux racailles de dégager du bus, qu'il ne redémarrerait pas et qu'il allait appeler la police. Les racailles ont finalement déguerpi. Et le gars assis à côté de moi (qui n'avait pas bougé le petit doigt dans cette affaire) s'est cru intelligent de me faire remarquer que je devais être plus zen en pointant du doigt mon livre de soûtras. Et bien, ce jour-là, oui j'ai éprouvé de la colère de manière extérieure, probablement de la peur que je ne montrais évidemment pas, parce que la situation aurait pu dégénéré gravement. Mais j'ai fait ce qu'il y avait à faire : je me suis mis en colère, non pour faire du mal, mais pour protéger une jeune femme de ses agresseurs. J'ai fait mon devoir ce jour-là, même si on peut imaginer une réaction meilleure ou plus en phase avec qu'on attend d'un bouddha.


Je pense qu'il faut accepter cette contradiction quand bien même des gens stupides ou malintentionnés s'en servent pour nous rabaisser ou nous critiquer. Il faut faire effort pour se délivrer des passions, mais accepter dans le même temps que nous réagirons avec passion dans certaines situations parce que nous partageons la même condition de simple être humain avec l'ensemble des autres êtres humains dans ce monde !









Tenzing Rigdol 









Le reste du commentaire du Bodhisattvacaryāvatāra de Shāntideva: 


Chapitre I : Les bienfaits de l'esprit d'Eveil


Chapitre II: Le dévoilement des fautes


Chapitre III : La prise de l'esprit d'Eveil


- L'attention (IV, 1 à 4)

- L'attention (IV, 5 à 11)

- L'attention (IV, 12 à 20)

- L'attention (IV, 21 à 25)

- L'attention (IV, 26 à 29)

- L'attention (IV, 30 à 35)

- L'attention (IV, 36 à 40)


Chapitre IV : L'attention












Deux traductions peuvent être trouvées en langue française du Bodhicaryāvatāra
- « La marche vers l'Éveil », Comité Padmakara, Saint-Léon-sur-Vézère (France), 2007 (2e édition), 
- « Vivre en héros pour l'Éveil », Georges Driessens, Seuil/Points Sagesse, Paris, 1993.






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jeudi 20 août 2026

L'attention (IV, 36 à 40)

 

L'attention (IV, 36 à 40)

Commentaire du Bodhisattvacaryāvatāra de Shāntideva



36. Donc, je n'abandonnerai pas mon effort

Avant que cet adversaire n'ait définitivement péri sous mes yeux ;

Les orgueilleux poursuivent de leur colère ceux qui leur ont causé de légers désagréments

Et ne trouvent pas le sommeil avant de les avoir écrasés.


37. Engagés dans un combat violent et désirant ardemment vaincre

Ceux dont les passions les amènent naturellement aux souffrances de la mort,

Ne comptent pour rien la douleur des coups de flèche et de lance,

Et ne se retirent pas avant de l'avoir emporté.


38. Et moi qui m'efforce d'abattre mes adversaires naturels,

Source perpétuels de tous les maux,

Même si cela me vaut des centaines de tourments,

Pourquoi céderais-je au découragement et à l'apathie ?


39. Si l'on arbore sur son corps comme des parures

Les blessures infligées par d'inutiles ennemis,

Pourquoi la souffrance serait-elle un mal pour moi

Qui travaille impeccablement à la réalisation du grand dessein ?


40. Si les pêcheurs, chasseurs et fermiers,

Uniquement concernés par leurs moyens d'existence,

Endurent le chaud et le froid,

Pourquoi ne les supporterais-je pas pour le bonheur du monde ?







Soldat grec ou troyen agonisant
Peut-être le roi de Troie Laomédon, père de Priam
Fronton de l'ancien temple d'Aphaia sur l'île d'Egine (Grèce)









Notre ennemi spirituel est donc l'ensemble des passions destructrices que je dois affronter et neutraliser le plus vite possible. Cela demande un effort constant parce que ces passions reviennent encore et encore. Je ne dois pas compter le temps ou l'énergie que cela me prendra. Shāntideva donne l'exemple des personnes orgueilleuses qui deviennent des ennemis implacables parce que quelqu'un leur a légèrement manqué de respect et ne connaissent aucun répit dans leur vengeance absurde. Shāntideva explique qu'il faut prendre pour modèle leur ténacité dans le combat, même si évidemment leur orgueil déplacé n'est absolument pas un modèle pour nous, l'orgueil étant une passion particulièrement destructrice.


Pareillement, ceux qui cèdent aux passions de la haine et de la guerre ne reculent pas quand le combat fait rage, même blessés par des flèches et des lances. Ils arborent même fièrement leurs cicatrices comme autant de trophées de guerre. Dans mon combat spirituel contre les passions, je ne devrai pas céder au découragement et à l'apathie, même si je rencontre beaucoup de tourments et si je subis beaucoup de coups, de moqueries et d'injustice dans ma quête du bien. Je devrai être capable de faire preuve d'endurance face à l'inconfort et aux situations difficiles. Le chemin spirituel n'est pas toujours une partie de plaisirs.





















Le reste du commentaire du Bodhisattvacaryāvatāra de Shāntideva: 


Chapitre I : Les bienfaits de l'esprit d'Eveil


Chapitre II: Le dévoilement des fautes


Chapitre III : La prise de l'esprit d'Eveil


- L'attention (IV, 1 à 4)

- L'attention (IV, 5 à 11)

- L'attention (IV, 12 à 20)

- L'attention (IV, 21 à 25)

- L'attention (IV, 26 à 29)

- L'attention (IV, 30 à 35)


Chapitre IV : L'attention




















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mercredi 19 août 2026

L'attention (IV, 30 à 35)

 

L'attention (IV, 30 à 35)

Commentaire du Bodhisattvacaryāvatāra de Shāntideva



30. Même si les dieux et les dieux jaloux

Se dressaient tous contre moi en ennemis,

Ils ne pourraient me conduire, ni me faire entrer

Dans le feu intolérable de l'enfer.


31. Mais les passions, ce puissant adversaire

Au contact duquel les cendres même

Du mont Mérou disparaîtraient,

En un instant, me jetteront dans ce brasier.


32. Aucun autre adversaire n'est capable

D'une vie aussi longue

Que mes ennemis, les passions,

Dont l'extrême longévité est sans commencement, ni fin.


33. Tous ceux que j'honore et sers

M'apportent bonheur et profit ;

Mais à qui les sert

Les passions ne réservent dans le futur que maux et peines.


34. Si, assurément, je laisse une place dans mon cœur

À cet ennemi incessant et de longue durée,

L'unique cause de l'augmentation des maux,

Comment, dans le samsāra, pourrais-je vivre heureux et sans crainte ?


35. Alors que dans le filet de l'attachement en mon esprit

Se tiennent les gardiens de la prison du samsāra,

Bourreaux des enfers et autres tourmenteurs,

Comment goûterais-je le bonheur ?







Manjushri, bodhisattva de la Sagesse,
avec les Soûtras de la Perfection de Sagesse
et l'épée, tranchant le voile des illusions et le voile des passions.








On est ici dans la suite du questionnement des strophes 26 à 29 : comment les émotions perturbatrices, les passions qui n'ont ni bras, ni jambes et qui ne font preuve d'aucune intelligence, d'aucune ruse peuvent-elles avoir une telle emprise sur la personne ? Rappelons si c'est nécessaire que le terme « passion » n'a ici absolument pas la signification moderne de ce que l'on adore faire, de ce qui nous fait vibrer. « Passion » vient du latin « passio » : souffrance. Quand on parle de « passion du Christ », on parle de la souffrance extrême infligée lors de sa crucifixion. Le mot « passio » signifie également le fait de subir quelque chose (ce qui a donné en français « passif », « passivité »). Dans le vocabulaire de la philosophie morale du XVIIème siècle, « passion » signifie tous ces mouvements de l'esprit qui viennent troubler notre raison et détournent notre volonté, nous rendant par là même passif, captif de ces émotions. Et ces passions nous conduisent généralement à un destin malheureux et à de la souffrance. D'où le terme « passion » qui n'a aucune connotation positive, contrairement à aujourd'hui.


Probablement que le terme a bénéficié d'un changement de sens quand on a commencé à parler de « passions amoureuses ». Au départ, il s'agissait vraisemblablement de nous alerter sur les dangers et les malheurs d'un amour immodéré. Mais au gré de l'influence du romantisme, il est probable que l'expression « passion amoureuse » a cessé d'être condamné pour devenir une chose enviable quand bien même elle colportait toujours son lot de tragédies et de déchirures comme dans « Carmen » ou la passion de « Roméo & Juliette ». Puis le terme s'est complètement édulcoré pour désigner notre passion pour les échecs ou notre passion pour le tango. Toujours est-il le mot « passion » doit dans ce texte-ci se comprendre dans le sens que la philosophie morale lui a attribué : émotion destructrice qui prend le contrôle de notre personne.


Shāntideva s'interrogeait, dubitatif, sur la puissance des passions dans les strophes 26 à 29, mais ici il dégage deux principes explicatifs : leur durée depuis des temps immémoriaux et la puissance du karma. En effet, les passions sont un ennemi mortel pour notre bonheur depuis la nuit des temps. Ils sont inscrits en nous comme réaction habituelle aux difficultés que pose notre existence dans le monde. Pris individuellement, une par une dans l'instant présent, les passions semblent ne pas avoir de puissance autre que fantomatique : elles n'ont ni bras, ni jambe, aucune ruse, aucune intelligence. Mais comme elles se manifestent depuis extrêmement longtemps, elles ont acquis une force extraordinaire sur les personnes.


Par ailleurs, les passions nous poussent à commettre toutes sortes d'actes regrettables et aggraver considérablement notre karma. C'est pourquoi Shāntideva explique que les dieux et les dieux jaloux n'ont pas la puissance de nous conduire au porte de l'enfer tandis que le karma a cette force inéluctable.


Pour Shāntideva, il est donc essentiel de comprendre l'ampleur de la tromperie que ce sont les passions : il n'y a rien à attendre de bon à attendre du fait de suivre aveuglément ces passions. Cela ne sera d'autre que des conflits incessants, des misères tragiques, des désillusions amères et l'angoisse tout au long de ce sentier cahoteux. Il est essentiel de comprendre aussi la durée de cette emprise sur nous tout au long de nos vies en nombre incalculable. Et que l'enjeu essentiel de se délivrer durablement de cette emprise pour pouvoir espérer vivre heureux et sans crainte.












Le reste du commentaire du Bodhisattvacaryāvatāra de Shāntideva: 


Chapitre I : Les bienfaits de l'esprit d'Eveil


Chapitre II: Le dévoilement des fautes


Chapitre III : La prise de l'esprit d'Eveil


- L'attention (IV, 1 à 4)

- L'attention (IV, 5 à 11)

- L'attention (IV, 12 à 20)

- L'attention (IV, 21 à 25)

- L'attention (IV, 26 à 29)


- L'attention (IV, 36 à 40)


Chapitre IV : L'attention







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lundi 17 août 2026

L'attention (IV, 26 à 29)

 

L'attention (IV, 26 à 29)

Commentaire du Bodhisattvacaryāvatāra de Shāntideva



26. J'ai atteint, je ne sais comment,

Cet état bénéfique, très malaisé à obtenir ;

Si, alors que je suis capable de discernement,

Je suis reconduit aux enfers,


27. Alors, c'est comme si j'étais obscurci par un charme,

L'esprit réduit à néant.

Je ne sais même pas ce qui me trouble,

Ce qui se tient en moi.


28. Les ennemis tels que l'aversion et la soif

N'ont ni jambe, ni bras,

Et ne sont ni braves, ni intelligents.

Comment ont-ils pu faire de moi leur esclave ?


29. Tandis qu'ils habitent mon esprit,

À leur guise, ils me frappent.

Sans m'irriter, envers eux je suis patient.

Pourtant, ce ne sont pas des objets de patience, mais de blâme.






Tornade à Wray, est du Colorado, le 7 mai 2016
Tori Shea-Ostberg








On a ici un passage crucial du Bodhisattvacaryāvatāra. D'où vient la puissance des émotions perturbatrices ? D'où vient qu'elles prennent le contrôle d'individus pourtant conscients et éduqués, qui savent que ce qu'ils font est mal ? D'où vient que les émotions perturbatrices sont capables de me pousser dans les actions les plus regrettables, aux conséquences désastreuses ? D'où vient leur magie obscure qui trouble notre jugement ? D'où vient leur influence néfaste ?


Ces ennemis de mon bonheur n'ont ni bras, ni jambes, et donc aucun pouvoir de coercition sur mon corps ou sur les mots que ma bouche prononce. Ces émotions perturbatrices n'ont ni intelligence, ni ruse, ni stratégie bien établie qui pourrait déjouer sérieusement ma volonté et ma raison. Mais pour autant, la colère peut s'emparer de moi, le ressentiment peut me ronger, la peur me submerger, l'envie de boire plus que de raison me travailler comme un appel lancinant. La jalousie peut me rendre invivable, l'orgueil me faire regarder les autres de haut, le désir me rendre fou et obsédé.


Les émotions perturbatrices peuvent me dominer au point de faire un pantin ou esclave servile. Je tolère leur présence en moi ainsi que leur emprise. D'où vient toute cette complaisance ? Toute cette patience étonnante à l'égard d'elles ? Moralement, le bouddhisme demande d'éprouver de la patience envers nos ennemis qui nous font du mal. Mais c'est une patience à l'égard du mauvais comportement de personnes douées de conscience. Cette patience ne s'applique nullement aux émotions perturbatrices que l'on ne devrait pas tolérer en nous.


La question revient : d'où vient l'empire que les passions destructrices et les émotions perturbatrices ont sur notre personne ? En fait, ici, avant même de chercher à répondre, il est bon de poser encore et encore la question. Quand vous sentez que des émotions perturbatrices animent votre mental comme des vagues qui commencent à soulever la mer, posez-vous la question : d'où vient que les passions ont ce pouvoir sur moi ? D'où vient qu'elles troublent à ce point ma raison et mon jugement ? Observez profondément en vous et laissez la question faire son chemin en vous. Laissez la question affaiblir les prétentions de pouvoir et d'influence de ces émotions perturbatrices. Laissez la question révéler l'absurdité de cette emprise. Et puis enfin laissez la place au silence et à la liberté.










Kawanabe Kyōsai  (1831–1889)







Le reste du commentaire du Bodhisattvacaryāvatāra de Shāntideva: 


Chapitre I : Les bienfaits de l'esprit d'Eveil


Chapitre II: Le dévoilement des fautes


Chapitre III : La prise de l'esprit d'Eveil


- L'attention (IV, 1 à 4)

- L'attention (IV, 5 à 11)

- L'attention (IV, 12 à 20)

- L'attention (IV, 21 à 25)


- L'attention (IV, 30 à 35)

- L'attention (IV, 36 à 40)


Chapitre IV : L'attention







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