Pages

samedi 15 août 2026

L'attention (IV, 12 à 20)

 

L'attention (IV, 12 à 20)

Commentaire du Bodhisattvacaryāvatāra de Shāntideva


12. Donc, comme je l'ai promis,

Je dois agir avec respect ;

Si, de ce jour, je ne fais pas d'efforts,

Je descendrai de plus en plus bas.


13. Quoique d'innombrables bouddhas aient passé

Pour le profit de tous les êtres,

En raison de mes erreurs,

Je ne me suis pas trouvé à portée de leur sollicitude.


14. Si, aujourd'hui encore, je continue d'agir ainsi,

Je connaîtrai maintes fois

Dans les états infortunés

La maladie, la mort, les lacérations et mutilations.


15. Si la venue d'un Ainsi-Allé,

La foi, l'obtention d'un corps humain,

L'aptitude à cultiver le bien

Sont choses rare, quand les obtiendrai-je de nouveau ?


16. Quoique ce jour je sois en bonne santé,

Bien nourri et sans tracas,

La vie est éphémère, trompeuse,

Et le corps tel un objet prêté une fois.


17. Ce n'est pas par une conduite comme la mienne

Qu'on obtient de nouveau un corps humain.

Et si ce corps n'est pas obtenu,

Erreurs et non-vertu prévaudront.


18. Si je ne fais pas le bien

À l'heure où j'en ai l'opportunité,

Que ferai-je,

Hébété par les souffrances des états infortunés ?


19. Qui n'a pas accompli le bien

Et a accumulé les fautes

N'entendra pas même l'expression « destinées heureuses »

Pour des centaines de millions de périodes cosmiques ?


20. C'est pourquoi le Vainqueur a dit

Que la condition humaine s'acquiert aussi difficilement

Qu'une tortue parvient à passer son cou

Dans l'orifice d'un joug ballotté sur le grand océan.

















Ici, Shāntideva reprend la thématique abordée dans les strophes 5 à 11 du chapitre IV, c'est-à-dire la problématique de s'écarter de la promesse de l'esprit d’Éveil que l'on a faite à soi-même, devant la communauté bouddhique ou devant les bouddhas et bodhisattvas. Mais ici, il étend le sujet à toutes les fautes morales qui fait que nous nous perdons sur le chemin spirituel, et il dénonce les risques que l'on encoure avec cette perdition morale.


Tout d'abord, il fait remarquer que des Bouddhas sont apparus en notre monde, et nous avons été aveugles à leur présence en ce monde du fait de nos erreurs passées, de notre ignorance et de notre vision déformée du monde. Peut-être même que nous avons rencontré le Bouddha Shakyamuni dans une vie précédente et que nous l'avons tout simplement ignoré par bêtise, par désintérêt spirituel, par matérialisme ou parce qu'on appartenait à une secte concurrente et qu'on était trop dogmatique pour s'ouvrir au message du Bouddha. Toujours est-il que nous n'avons pas été sauvés par eux ou par l'écoute de leur enseignement, et que nous errons de problèmes en problèmes dans ce monde cruel. La compassion et la bienveillance des Bouddhas est infinie et illimitée, mais notre cœur a été trop fermé à leur influence bénéfique pendant trop longtemps – un nombre incalculable d'existences probablement – pour que cette influence améliore sensiblement notre condition sur Terre.


Par ailleurs, les mauvais comportements ont des conséquences à l'avenir, que ce soit dans cette vie-ci ou dans une vie prochaine : c'est ce qu'on appelle la loi du karma. Les mauvaises comportements qui nuisent aux autres conduisent dans des vies misérables, des existences infortunées. Mais le plus grave est qu'une fois que nous avons perdu ce que les bouddhistes appellent la « précieuse existence humaine », il est extrêmement difficile de la retrouver.


La précieuse existence humaine, c'est d'abord renaître en tant qu'être humain (c'est assez évident), mais aussi être humain dans un monde où un bouddha s'est manifesté, où on a une confiance sereine envers l'enseignement de ce bouddha et où j'ai toutes les capacités mentales pour comprendre et appliquer cet enseignement du bouddha. Et cette précieuse existence humaine est une chose extrêmement rare.


Shāntideva utilise une métaphore classique dans le bouddhisme pour faire comprendre ce point. Imaginez une tortue marine qui aurait une durée de vie tout à fait prodigieuse et qui resterait cent ans dans le fond des océans avant de remonter à la surface au bout de ces cent ans. La chance de renaître en tant qu'humain dans les conditions de la « précieuse existence humaine » est aussi minime que la chance que la tortue passe sa tête à travers le cerceau que vous auriez jeté à la mer quelques temps plus tôt (ou le joug qui sert à attacher les bœufs au chariot). Compte tenu de l'immensité des océans sur Terre, il est très improbable que notre tortue marine émerge à la surface juste à l'endroit où flotte notre cerceau. Et bien, la précieuse existence humaine est à ce niveau de rareté.


Voilà il faut surtout pas gâcher le potentiel de notre courte vie humaine en s'adonnant à des activités insensées ou regrettables. Cette existence humaine est vraiment un moment privilégié pour développer une réflexion morale solide et adopter une vie droite. Ce qui n'est pas le cas dans les existences inférieures comme la vie animale, le monde des esprits affamés ou les enfers. Dans ces existences inférieures, je suis submergé par le chaos ambiant, par la prédation, la peur, la colère, la faim, et je ne suis pas dans l'état de développer cette réflexion morale. Les marges de manœuvre y sont extrêmement restreintes. Chercher le bien devient extrêmement ardu, et notre karma ne s'améliore pas.


C'est pourquoi un des messages le plus importants du bouddhisme : c'est ici et maintenant qu'il faut rechercher le bien quand nous sommes humains et pleinement conscients de nos actes. C'est ici et maintenant qu'il faut étudier les textes de la philosophie bouddhique. C'est ici et maintenant qu'il faut pratiquer la méditation. C'est ici et maintenant qu'il faut développer la sagesse. Il n'y a pas de temps à perdre. La vie humaine est fragile et n'est pas si longue qu'on pourrait le penser. Le temps presse. Commencez ici et maintenant.








Clark Little










Le reste du commentaire du Bodhisattvacaryāvatāra de Shāntideva: 


Chapitre I : Les bienfaits de l'esprit d'Eveil


Chapitre II: Le dévoilement des fautes


Chapitre III : La prise de l'esprit d'Eveil


- L'attention (IV, 1 à 4)

- L'attention (IV, 5 à 11)


Chapitre IV : L'attention







XAV - Tortue luth - Los Alcázares, Espagne








N'hésitez pas à apporter vos avis et vos commentaires ainsi qu'à partager cet article. Ils sont les bienvenus !



Vous pouvez suivre le Reflet de la Lune sur Facebook, Tumblr, X (ex-Twitter) ou BlueSky















vendredi 14 août 2026

Sommaire de "L'attention" (Chapitre IV) du "Bodhisattvacaryāvatāra" de Shāntideva

L'attention

Chapitre IV du Bodhisattvacaryāvatāra de Shāntideva



- L'attention (IV, 1 à 4)

- L'attention (IV, 5 à 11)

- L'attention (IV, 12 à 20)





Liens vers les autres chapitres

Chapitre I : Les bienfaits de l'esprit d'Eveil

Chapitre II: Le dévoilement des fautes

Chapitre III : La prise de l'esprit d'Eveil



L'attention (IV, 5 à 11)

 

L'attention (IV, 5 à 11)

Commentaire du Bodhisattvacaryāvatāra de Shāntideva



5. S'il a été dit que celui qui a l'intention

De donner même une petite chose,

Faute de l'offrir,

Prendra naissance comme esprit affamé.


6. À plus forte raison quand, les ayant invités du fond du cœur

Au bonheur suprême,

Je trompe les migrants,

Comment accéderai-je aux destinées heureuses ?


7. Seul l'Omniscient connaît

Les inconcevables répercussions

Sur ceux qui cherchent à se libérer,

Malgré l'abandon de l'esprit d’Éveil.


8. D'entre les chutes des bodhisattvas,

Cet abandon est le plus grave,

Car s'il se produit,

Le bien des êtres s'en ressent.


9. Et si autrui, un seul instant,

S'oppose à ses bienfaits,

Comme le bien des êtres sera affaibli,

Ses destinées malheureuses n'auront pas de fin.


10. Car si moi-même suis diminué

En détruisant le bonheur d'un seul être,

Que dire, lorsque est détruit le bonheur

Des créatures comprises dans l'infini de l'espace ?


11. Ainsi, ceux qui possèdent la force de l'esprit d’Éveil

Et la force de le perdre

Tournent dans le samsāra

Et sont empêchés pour longtemps d'accéder aux terres.









Roue du samsāra








Dans la strophe 4 de ce 4ème chapitre, Shāntideva expliquait que se détourner de la promesse incluse dans le vœu de l'esprit d’Éveil, c'est-à-dire l'aspiration de sauver tous les êtres sensibles de l'univers et de les faire parvenir eu plein Éveil parfait et incomparable, est une trahison envers toute cette multitude d'êtres sensibles. Dans les strophes 5 à 11, Shāntideva enfonce le clou sur la condamnation de briser cette promesse. Il emploie la carotte et le bâton pour ramener à l'ordre le pratiquant qui aurait tendance à s'égarer et se détourner du droit chemin, c'est-à-dire quasiment tout le monde.


Le bâton est ici la menace religieuse des enfers, et en particulier le monde des esprits avides constamment dans un manque extrêmement cruel pour avoir rompu nos promesses et trompé tous les êtres sensibles. La carotte est la promesse tout aussi religieuse des destinées heureuses et des terres pour le pratiquant vertueux qui s'appliquera constamment à l'esprit d’Éveil. Les terres sont ici les dix terres des bodhisattvas qui précèdent la condition de Bouddha.


Cette attitude est très fréquente dans les textes bouddhistes, je veux parler de cette succession perpétuelle de menaces de sanction infernale et de promesses de béatitudes ineffables. Mais je ne suis pas convaincu que ce soit très adapté aux personnes qui vivent dans le monde moderne. Il me semble qu'il vaudrait mieux parler de responsabilisation plutôt qu'effrayer les gens avec des visions d'horreur, et puis les enchanter avec monts et merveilles de félicité.


Par ailleurs, il faut bien comprendre que Shāntideva a une vision quasiment magique de l'esprit d’Éveil ou bodhicitta : « par le pouvoir de mon esprit et de ma concentration méditative, je vais RÉELLEMENT aider TOUS les êtres de l'univers ». Personnellement, je tends à être plus rationnel et moins dans la pensée magique. L'esprit d’Éveil est à mes yeux d'abord un SOUHAIT d'aider tous les êtres. Et un souhait même réitéré des milliers et des milliers de fois ne se réalise pas nécessairement. Combien de gens passe leur vie entière à jouer au loto en espérant gagner le gros lot, et n'obtiennent au mieux que des gains minimes ? Le souhait de gagner au loto n'est pas nécessairement suivi d'effets, mon souhait d'aider tout le monde n'est pas non plus nécessairement suivi du salut du monde entier.


Est-ce à dire que l'esprit d’Éveil est inutile alors ? Non, absolument pas. L'esprit d’Éveil, surtout s'il est engendré encore et encore avec honnêteté et pureté, change notre rapport au monde et notre rapport à l'existence. En cela, il est précieux. Très précieux même. Mais malheureusement, l'esprit d’Éveil n'est pas une baguette magique qui change le monde d'un coup de sorcellerie, mais un travail sur notre disposition intérieure. C'est pourquoi je parle de responsabilisation : il faut rationnellement voir les avantages à développer cet esprit d’Éveil et s'y tenir le plus souvent possible pour le faire rayonner dans son existence, plutôt qu'agiter des visions dramatiques ou tragiques de paradis et d'enfer pour nous contraindre à un meilleur comportement. Je ne suis pas certain que la peur et l'extase soient nécessairement de bonnes conseillères en matière spirituelle.


On me répondra peut-être que je n'envisage que l'esprit d’Éveil d'aspiration, et pas l'esprit d’Éveil d'engagement comme Shāntideva l'avait décrit dans les strophes 15 et 16 du premier chapitre « Les bienfaits de l'esprit d’Éveil ». Pour rappel, Shāntideva explique qu'il y a un esprit d’Éveil d'aspiration qu'il compare au désir de partir en voyage : on achète une carte, on programme les destinations et les endroits qu'on veut visiter, on va chercher son passeport et son visa, etc... Et puis, il y a un esprit d’Éveil d'engagement qu'il compare au fait de partir concrètement en voyage.


Mais justement, si dans l'esprit d’Éveil d'aspiration, je peux et je dois souhaiter aider tous les êtres de l'univers, dans l'esprit d’Éveil d'engagement, je n'aide qu'une toute petite partie de ces êtres à la fois : dans la plupart des cas, je touche quelques personnes sur cette Terre. Tout au plus, si je suis un puissant de ce monde, je peux avoir un impact sur l'ensemble des Terriens, mais guère au-delà de notre planète bleue. L'esprit d’Éveil d'engagement ne se comprend que sur un temps très long, une infinité d'existences dans lesquelles je chercherai à travailler sur une infinité d'occasions de venir en aide aux autres.


Attention, cet engagement ne doit pas être minimisé dans ses conséquences : si j'aide quelques personnes sur cette Terre, cela semble très limité. Mais cette aide aura peut-être des répercussions positives sur d'autres personnes, puis sur d'autres personnes comme une boule de billard qui vient heurter quatre ou cinq boules de billard qui, elle-même, vont se mettre en mouvement et heurter d'autres boules qui vont elles-mêmes toucher d'autres boules....


En conclusion, je suis d'accord avec Shāntideva pour dire qu'il est bien dommage d'abandonner l'esprit d’Éveil en cours de route. Je suis moins d'accord avec lui pour y voir des conséquences cataclysmiques en matière de karma. Et je suis à nouveau d'accord avec lui pour voir dans cette inconstance une cause d'errance spirituelle et un empêchement majeur pour atteindre le plein Éveil.







Le reste du commentaire du Bodhisattvacaryāvatāra de Shāntideva: 


Chapitre I : Les bienfaits de l'esprit d'Eveil


Chapitre II: Le dévoilement des fautes


Chapitre III : La prise de l'esprit d'Eveil


- L'attention (IV, 1 à 4)


Chapitre IV : L'attention





Dante sortant des enfers, Italie, XVème siècle










N'hésitez pas à apporter vos avis et vos commentaires ainsi qu'à partager cet article. Ils sont les bienvenus !



Vous pouvez suivre le Reflet de la Lune sur Facebook, Tumblr, X (ex-Twitter) ou BlueSky






jeudi 13 août 2026

L'attention (IV, 1 à 4)

 

L'attention (IV, 1 à 4)

Commentaire du Bodhisattvacaryāvatāra de Shāntideva



1. Ayant saisi fermement l'esprit d’Éveil,

Sans jamais vaciller,

Le Fils des Vainqueurs fait effort

Pour ne pas s'écarter des instructions.


2. En cas d'entreprise précipitée

Ou d'action mal examinée,

Même quand une promesse a été faite,

Il est approprié de considérer s'il faut s'en abstenir ou pas.


3. Mais comment ajournerai-je

Ce qui a été examiné avec grande sagesse

Par les Bouddhas et leurs Fils ?


4. Si, après l'avoir promis,

Je ne l'accomplis pas en fait,

Trompant ainsi les êtres,

Quelle sorte de destinée sera la mienne ?







Rarindra Prakarsa








Dans le premier chapitre, Shāntideva nous montrait l'intérêt de l'esprit d’Éveil ou bodhicitta ; dans le second chapitre, il nous incitait à dévoiler et reconnaître nos fautes morales qui nous détournent de l’Éveil ; dans le troisième chapitre, il nous encourageait à développer cet esprit d’Éveil. Dans ce quatrième chapitre, il s'agira de maintenir cet esprit d’Éveil et ne pas s'en détourner à la moindre occasion. Ce qui n'est pas facile : la société ne pousse guère à persévérer dans cette voie. C'est pourquoi il va falloir être attentif et s'appliquer de son mieux, encore et encore, à la pratique spirituelle et à la transformation de soi-même.


Aucune promesse ne tient, nous dit Shāntideva, si un examen ultérieur plus réfléchi et sage nous fait comprendre que la promesse ne doit pas être tenue. Pour prendre un exemple très dramatique, si vous avez promis dans un moment émotionnel intense à un ami très cher de venger la mort de son père en tuant celui qu'on suspecte d'être l'assassin, une fois que vous avez le temps de réfléchir et de peser le pour et le contre, vous allez certainement revenir sur cette promesse, et c'est très bien comme cela ! Vous n'êtes pas certain de la culpabilité du gars, vous pensez qu'il vaut mieux laisser faire la justice puisque c'est son rôle et que la vengeance ne sert à rien dans un monde civilisé, etc... Vous êtes revenu sur votre promesse, et c'est très bien comme cela, estime Shāntideva.


Par contre, notre promesse de rechercher constamment l’Éveil, elle, ne devrait jamais être rompue, estime Shāntideva. Les Bouddhas et leurs fils, les bodhisattvas, ont examiné encore et encore l'esprit d’Éveil et estimé qu'il était salutaire. Donc leur grande sagesse est une preuve de leur autorité.


Personnellement, je mettrai un bémol à ce que dit Shāntideva : on ne devrait jamais s'empêcher d'évaluer encore et encore les choses et s'interroger par soi-même. Ne jamais perdre de vue un minimum d'esprit critique, même par rapport à des choses qui nous dépassent comme l'esprit d’Éveil. J'imagine qu'on me répondra que nos faiblesses morales et nos peurs vont s'engouffrer dans la brèche créée par nos doutes et notre esprit critique pour nous inciter à nous détourner de la voie morale. Effectivement, c'est un risque.


Mais c'est un risque aussi si certains maîtres spirituels moralement déchus utilisent notre adhésion dogmatique à la doctrine pour nous manipuler et avoir une autorité indue sur nous, qui ne va pas dans le sens du Dharma. Je pense notamment à des abus financiers, des abus sexuels et des abus d'autorité qui contribuent au malheur des disciples et brisent sur le long terme leur confiance dans le Dharma ou, plus grave encore, qui brouille notre boussole morale et la juste conception de ce qu'est le Dharma, en nous mettant dans la tête que c'est bien d'abuser des gens ou de les frapper pour « briser leur ego » par exemple.


Et même avec un maître tout à fait honnête, on peut avoir des désaccords profonds. Je pense tout simplement au commentaire que j'ai fait des strophes 11 à 15 du troisième chapitre où je critiquais Shāntideva pour une conception qui me semble trop radicale du sacrifice personnel. Cela signifie aucunement que je remets en question l'esprit d’Éveil ; mais pour moi, cela ne fait pas partie de l'esprit d’Éveil que de souhaiter être le jouet des autres, de se faire taper dessus sans protester et être leur esclave.


Donc faites preuve d'esprit critique, déterminez par vous-même ce qui est acceptable dans l'esprit d’Éveil et évaluez ce à quoi vous pouvez vous tenir. C'est à ce moment que vous pouvez faire un vœu en toute conscience, la promesse de développer encore et encore l'esprit d’Éveil. L'intérêt, et là, je rejoins tout à fait Shāntideva, est bien sûr de tenir cette promesse sur la durée. C'est vraiment dommage si vous passez à autre chose une semaine plus tard. Vous avez fait un vœu d'aspirer au bien-être de la totalité des êtres de l'univers, et vous vous détournez de cette aspiration. C'est comme trahir l'intégralité des êtres sensibles, une incroyable multitude d'être. Soyez donc attentifs et rappelez-vous inlassablement l'aspiration profonde de l'esprit d’Éveil !









Chapitre I : Les bienfaits de l'esprit d'Eveil


Chapitre II: Le dévoilement des fautes


Chapitre III : La prise de l'esprit d'Eveil


Chapitre IV: L'attention

- L'attention (IX, 5 à 11)


Chapitre IV : L'attention







Lire également :


- L'affaire Sogyal (réflexion sur comment les abus de pouvoir peuvent être commis au sein du bouddhisme tibétain)



- Errances dans le bouddhisme tibétain


- Critiquer le gourou


- Une dictature bienveillante (critique du livre du lama Dzongzar Djamyang où celui-ci défend l'obéissance aveugle au lama, même si ce dernier a un comportement critiquable et répugnant)


- Le maître spirituel


- Maître et disciple selon Dza Patrül Rimpotché








Deux traductions peuvent être trouvées en langue française du Bodhicaryāvatāra
- « La marche vers l'Éveil », Comité Padmakara, Saint-Léon-sur-Vézère (France), 2007 (2e édition), 
- « Vivre en héros pour l'Éveil », Georges Driessens, Seuil/Points Sagesse, Paris, 1993.





N'hésitez pas à apporter vos avis et vos commentaires ainsi qu'à partager cet article. Ils sont les bienvenus !



Vous pouvez suivre le Reflet de la Lune sur Facebook, Tumblr, X (ex-Twitter) ou BlueSky