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mercredi 2 septembre 2026

La garde de la vigilance (V, 30 à 33)

 

La garde de la vigilance (V, 30 à 33)

Commentaire du Bodhisattvacaryāvatāra de Shāntideva



30. Par la compagnie des maîtres,

Les instructions des préceptes et la crainte,

Les personnes fortunées qui pratiquent avec respect

Engendrent sans peine l'attention.


31. « Toujours, je suis en présence

Des Bouddhas et des Bodhisattvas

Dont la vision

Est sans obstacle ».


32. Avec cette pensée, je développerai

Un sentiment de honte, de déférence et de peur,

Et le souvenir des Bouddhas

Apparaîtra encore et encore.


33. Lorsque l'attention est posée,

Afin de garder la porte de l'esprit,

La vigilance suit,

Et même ce qui était disparu reviendra.









Le Bouddha Shakyamuni
 et ses deux grands disciples Shariputra et Maudgalyayana
Thangka de Tashi Dhargyal









Shāntideva retient ici quelques facteurs déterminants pour cultiver l'attention juste et la vigilance :

  • la compagnie des maîtres spirituels et l'exemple d'une vie vouée à développer cette attention soutenue à notre être et notre conscience,

  • les instructions pour la méditation et la conduite éthique contenue dans le soûtras et les règles de vie pour les laïcs et les moines,

  • la crainte des destinées malheureuses et des conséquences désastreuses de notre négligence,

  • le sentiment de honte pour toutes les fautes et les manquements causés,

  • la conviction répétée d'être en présence des Bouddhas et des Bodhisattvas, eux pour qui l'attention et la vision pénétrante sont complètement développées, pour eux qui sont pleinement éveillés. Et cette conviction d'être en leur présence permet de nous ouvrir à leur influence et de développer plus facilement cette attention et cette vigilance. Visualiser la présence rayonnante des Bouddhas et des Bodhisattvas nous faisant face dans les airs est ainsi un moyen habile pour développer l'attention ainsi que toutes les autres qualités de l’Éveil












Bodhisattva Unchu Kuyo vers 1053.Temple Byodoin à Kyoto, Japon








Le reste du commentaire du Bodhisattvacaryāvatāra de Shāntideva: 


Chapitre I : Les bienfaits de l'esprit d'Eveil


Chapitre II: Le dévoilement des fautes


Chapitre III : La prise de l'esprit d'Eveil


Chapitre IV : L'attention


Chapitre V: 

- La garde de la vigilance (V, introduction)

- La garde de la vigilance (V, 1 à 5)

- La garde de la vigilance (V, 6 à 8)

- La garde de la vigilance (V, 9 à 14)

- La garde de la vigilance (V, 15 à 18)

- La garde de la vigilance (V, 24 à 29)




Chapitre V: La garde de la vigilance







Deux traductions peuvent être trouvées en langue française du Bodhicaryāvatāra
- « La marche vers l'Éveil », Comité Padmakara, Saint-Léon-sur-Vézère (France), 2007 (2e édition), 
- « Vivre en héros pour l'Éveil », Georges Driessens, Seuil/Points Sagesse, Paris, 1993.




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mardi 1 septembre 2026

La garde de la vigilance (V, 24 à 29)

 

La garde de la vigilance (V, 24 à 29)

Commentaire du Bodhisattvacaryāvatāra de Shāntideva



24. Les personnes troublées par la maladie

Sont incapables de toute action ;

De même, ceux dont l'esprit est troublé par la confusion

Sont incapables de toute bonne action.


25. Comme l'eau d'un vase fêlé,

Ce qui a été entendu, examiné et médité

Par ceux dont l'esprit est sans vigilance

Ne demeurera pas dans leur mémoire.


26. Même les hommes instruits,

Ayant foi et pratique assidue,

Seront souillés par les chutes morales

En raison de l'erreur du manque de vigilance.


27. Dépouillé de mérites accumulés

Par l'absence de vigilance,

Ce voleur qui suit le déclin de l'attention,

J'irai vers les mauvaises destinées.


28. Les passions, cette bande de voleurs,

Sont en quête d'une occasion favorable ;

L'ayant trouvée, elles dérobent le bien

Et anéantissent tout espoir d'une destinée heureuse.


29. Donc, je ne laisserai jamais l'attention

S'échapper de la porte de mon esprit ;

Et si elle s'échappe, évoquant les maux

Des destinées malheureuses, je l'y ramènerai.





 Georges de La Tour La Diseuse de bonne aventure - entre 1635 et 1638
Metropolitan Museum - New-York









Les microbes et les virus infectent le corps. En se propageant et en se multipliant à l'intérieur de celui-ci, ils affaiblissent le corps au point où on se retrouve alité, incapable de toute action. Les passions, elles, se propagent et se multiplient dans l'esprit : elles y distillent la confusion et les mauvaises propensions, et nous rendent incapables de la moindre bonne action.


On peut bien avoir écouté les enseignements du Dharma, y avoir sérieusement réfléchi et même pratiqué les enseignements. Si on les laisse les passions profiter de notre inattention et proliférer en nous, dans nos pensées, nos envies et nos décisions, c'est comme si on était frappé d'amnésie au moment il faudrait les mettre en pratique. Vous pourriez savoir que le Bouddha a condamné moralement la violence, vous pourriez avoir réfléchi aux conséquences désastreuses du cycle de la violence, et vous pourriez même avoir médité la paix de l'esprit et l'abandon de la vengeance et de la malveillance ; si, dans un moment d'inattention, vous laissez les pensées de colère proliférer en vous, vous pourriez très vite vous retrouver très vite dans une situation de bagarre, un moment où les enseignements prônant la non-violence et l'apaisement sont complètement oubliés au profit des pensées conflictuelles qui justifient votre réaction violente.


C'est quelque chose qui guette tout le monde. Pas seulement les ignorants et les criminels. Même un honnête pratiquant du Dharma peut sombrer moralement sous l'effet des passions qu'il a laissé proliférer en lui, profitant de nos faiblesses et nos parts d'ombre. La chute guette tout un chacun, même les plus vertueux. D'où les appels constants à la garde de la vigilance !


Comme un voleur qui profite de la nuit et le sommeil des justes pour accomplir ses cambriolages, les passions attendent la moindre occasion, le moindre égarement pour voler notre bien le plus précieux, notre mérite. En conséquence, pour Shāntideva, il faut constamment revenir à l'attention et à la vigilance, au besoin en se rappelant les destinées malheureuses qu'un mauvais karma nous apporterait. Cette frayeur peut s'avérer nécessaire pour garder notre motivation à entretenir cette attention et cette vigilance.










Le reste du commentaire du Bodhisattvacaryāvatāra de Shāntideva: 


Chapitre I : Les bienfaits de l'esprit d'Eveil


Chapitre II: Le dévoilement des fautes


Chapitre III : La prise de l'esprit d'Eveil


Chapitre IV : L'attention


Chapitre V: 

- La garde de la vigilance (V, introduction)

- La garde de la vigilance (V, 1 à 5)

- La garde de la vigilance (V, 6 à 8)

- La garde de la vigilance (V, 9 à 14)

- La garde de la vigilance (V, 15 à 18)



- La garde de la vigilance (V, 30 à 33)


Chapitre V: La garde de la vigilance







Deux traductions peuvent être trouvées en langue française du Bodhicaryāvatāra
- « La marche vers l'Éveil », Comité Padmakara, Saint-Léon-sur-Vézère (France), 2007 (2e édition), 
- « Vivre en héros pour l'Éveil », Georges Driessens, Seuil/Points Sagesse, Paris, 1993.




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dimanche 30 août 2026

La garde de la vigilance (V, 19 à 23)

 

La garde de la vigilance (V, 19 à 23)

Commentaire du Bodhisattvacaryāvatāra de Shāntideva




19. De même qu'au sein d'une foule désordonnée,

Je serais attentif à protéger une blessure,

Au milieu de personnes méchantes,

Toujours, je protégerai mon esprit comme une plaie.


20. Si, par crainte d'une souffrance minime,

Je prends soin d'une blessure,

Pourquoi alors, menacé d'écrasement par les montagnes de l'enfer,

Ne protégerais-je pas cette blessure : mon esprit ?


21. En adoptant un tel comportement,

Même au sein des mauvaises gens,

Même parmi les femmes,

La fermeté dans l'effort de la discipline ne faiblit pas.


22. Que je perde biens,

Honneurs, corps et vie,

Que je perde d'autres vertus,

Mais que jamais ma conscience ne décline.


23. À ceux qui souhaitent protéger leur esprit,

Les mains jointes, j'adresse cette requête :

« Gardez à toute force

L'attention et la vigilance ».









Marvin Newman







L'image que Shāntideva emploie est forte : l'esprit comme une blessure, la réelle faiblesse de notre être, qui peut s'infecter et qu'il faut protéger à tout prix. Maintenir l'attention et la vigilance, même dans la solitude, n'est pas une chose facile : il faut beaucoup d'entraînement dans la méditation, cultiver notamment l'attention au va-et-vient du souffle et développer les quatre établissements de l'attention. Mais quand on se retrouve au milieu de personnes malveillantes, animées de passions mauvaises, la tâche est encore plus ardue. Les émotions sont très contagieuses et, à tout moment, on peut être emporté par la colère, la distraction, la cupidité qui est dominante tout autour de nous. La gageure à ce moment-là sera de ne pas perdre sa vigilance et son attention ainsi que conserver la compassion vivante et forte en nous.


Ce n'est pas d'ailleurs qu'avec des gens mauvais, Shāntideva parle des « femmes ». Il veut certainement parler de la distraction causée par les histoires d'amour, les jeux de séduction, les histoires de tromperie et de jalousie qui peuvent accaparer complètement notre attention hors de la spiritualité. On pourrait parler aussi du monde du travail avec ses conflits internes, les ambitions dévorantes des uns et des autres, les querelles entre employés, les luttes de pouvoir dans la structure hiérarchique. Tout cela peut constituer une gigantesque distraction. Sans même parler du monde du divertissement qui n'avait pas une telle ampleur à l'époque de Shāntideva, mais qui, aujourd'hui, est une entreprise florissante dont le but suprême est la distraction.


Toutes ces choses peuvent emporter l'attention comme un raz-de-marée. Et il faut se rappeler sans cesse notre faiblesse à maintenir la vigilance quand nous sommes seuls mais aussi et surtout quand notre vie sociale nous conduit à être au milieu de beaucoup de gens qui n'ont pas pour valeur centrale l'attention et la vigilance.


Shāntideva propose de tout axer dans notre vie autour du développement de cette attention et de cette vigilance, même si cela nous fait de nous des marginaux et des exclus dans le système social qui est le nôtre, même si cela nous coûte tous nos biens et notre réputation, même si, pour cela, nous perdons la vie ou que notre corps en pâtit.


C'est plus facile à dire qu'à faire. Souvent la vie en société nous pousse à faire des compromis : le travail, la vie de famille, le cercle des amis, les soirées, les fêtes, les activités sociales, tout cela nous écarte de l'attention qu'il serait opportun de cultiver pour s'éveiller. Il faut malgré tout essayer de cultiver l'attention à la moindre occasion, revenir à la conscience de l'instant présent le plus souvent possible. Comme le dit Shāntideva : « Gardez à toute force l'attention et la vigilance ».










Le reste du commentaire du Bodhisattvacaryāvatāra de Shāntideva: 


Chapitre I : Les bienfaits de l'esprit d'Eveil


Chapitre II: Le dévoilement des fautes


Chapitre III : La prise de l'esprit d'Eveil


Chapitre IV : L'attention


Chapitre V: 

- La garde de la vigilance (V, introduction)

- La garde de la vigilance (V, 1 à 5)

- La garde de la vigilance (V, 6 à 8)

- La garde de la vigilance (V, 9 à 14)

- La garde de la vigilance (V, 15 à 18)

- La garde de la vigilance (V, 24 à 29)

- La garde de la vigilance (V, 30 à 33)



Chapitre V: La garde de la vigilance







Deux traductions peuvent être trouvées en langue française du Bodhicaryāvatāra
- « La marche vers l'Éveil », Comité Padmakara, Saint-Léon-sur-Vézère (France), 2007 (2e édition), 
- « Vivre en héros pour l'Éveil », Georges Driessens, Seuil/Points Sagesse, Paris, 1993.



Sur la méditation : 







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vendredi 28 août 2026

La garde de la vigilance (V, 15 à 18)

 

La garde de la vigilance (V, 15 à 18)

Commentaire du Bodhisattvacaryāvatāra de Shāntideva



15. Les actions physiques et verbales

Associée à un mental faible

Ne portent pas de fruit tels qu'une naissance

Dans le monde de Brahma.


16. Le connaisseur de l'Ainsité a dit

Que, même longuement pratiquées,

Récitation et austérités

Sont vaines pour celui dont l'esprit est distrait.


17. Même ceux qui désirent abolir la souffrance et atteindre le bonheur

Devront errer longuement sans raison

S'ils ne connaissent pas le secret de l'esprit,

Secret essentiel du Dharma.


18. Par suite, je dois bien maintenir

Et garder mon esprit ;

Hormis la discipline de la garde de l'esprit,

Quelle est l'utilité des nombreuses autres ?
















L'attention et la vigilance sont des qualités essentielles dans l'accomplissement du bien et de la transformation de soi-même. Si l'on donne des biens matériels sans compter, c'est très bien, mais si, en même temps, nos pensées sont envahies de colère, de ressentiment, de mépris et d'orgueil, cela viendra amenuiser considérablement notre mérite. Et cela ne nous permettra pas de renaître dans les destinées supérieures, Shāntideva prend l'exemple de la renaissance dans le monde de Brahma qui exige une conduite particulièrement pure et le fait de manifester l'amour bienveillant, la compassion, la joie et l'équanimité, sans limitations aucune et sans partialité.


Pareillement, l'ascèse, la prière et les exercices de yoga n'auront qu'un impact faible dans vos efforts pour vous transformer vous-mêmes si l'esprit est dissipé, distrait et incapable de se concentrer. L'instruction essentielle en matière de discipline est donc de maintenir sa vigilance sur l'esprit. Shāntideva estime même que les autres règles de discipline spirituelle n'ont pas de sens, hormis la garde de cette vigilance.


Cela me semble exagéré : la règle qui demande de ne pas boire d'alcool va justement permettre de ne pas perdre sa vigilance et de ne pas voir sa conscience sombrer dans les brumes de l'inconscience ; la règle qui demande de ne pas se battre et de ne pas tuer, en dehors du fait qu'elle permet de ne pas sombrer dans le cycle de la violence, va permettre de maintenir cette vigilance aussi en ne consacrant pas toute notre précieuse attention à des bagarres et des faits de violence. Les autres règles de discipline ont donc une utilité fondamentale à côté de la garde de la vigilance sur le chemin vers l’Éveil. On ne peut pas tout ramener à l'esprit et la garde de la vigilance : nous ne sommes pas juste qu'un esprit, et la vigilance a besoin d'un cadre propice pour pouvoir se développer de manière optimale. Ce cadre propice, ce sont les règles de discipline qui permettent de le créer.










Le reste du commentaire du Bodhisattvacaryāvatāra de Shāntideva: 


Chapitre I : Les bienfaits de l'esprit d'Eveil


Chapitre II: Le dévoilement des fautes


Chapitre III : La prise de l'esprit d'Eveil


Chapitre IV : L'attention


Chapitre V: 

- La garde de la vigilance (V, introduction)

- La garde de la vigilance (V, 1 à 5)

- La garde de la vigilance (V, 6 à 8)

- La garde de la vigilance (V, 9 à 14)


- La garde de la vigilance (V, 19 à 23)

- La garde de la vigilance (V, 24 à 29)

- La garde de la vigilance (V, 30 à 33)


Chapitre V: La garde de la vigilance







Deux traductions peuvent être trouvées en langue française du Bodhicaryāvatāra
- « La marche vers l'Éveil », Comité Padmakara, Saint-Léon-sur-Vézère (France), 2007 (2e édition), 
- « Vivre en héros pour l'Éveil », Georges Driessens, Seuil/Points Sagesse, Paris, 1993.




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