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mercredi 5 août 2026

La prise de l'esprit d’Éveil (III, 16 & 17)

 

La prise de l'esprit d’Éveil (III, 16 & 17)

Commentaire du Bodhisattvacaryāvatāra de Shāntideva



16. Si une pensée de colère ou de foi

Surgit chez ceux qui me rencontrent,

Que cela même serve perpétuellement

De cause pour la réalisation de tous leurs souhaits !


17. Que ceux qui m'insultent,

Me nuisent

Ou me raillent

Aient tous la fortune d'accéder à l’Éveil !



L'esprit d’Éveil ou bodhicitta est le souhait ardent que tous les êtres sensibles de l'univers atteignent le Nirvāna, l'extinction définitive et entière de la souffrance. Tous les êtres, cela veut dire tous les êtres. Y compris donc tous ces gens qui nous font du mal, qui nous détestent, même pour de mauvaises raisons, tous ces gens qui se moquent de nous et qui nous insultent, tous les gens qui médisent contre nous, qui nous rabaissent, qui nous exploitent et qui se comportent comme des salauds à notre encontre.


Shāntideva nous rappelle qu'il faut engendrer l'esprit d’Éveil aussi pour tous ces gens détestables qui nous font du mal. Et ce n'est pas facile, on ne va pas s'en cacher. Pour beaucoup de gens, cela apparaîtra comme une montagne. Mon premier conseil est de visualiser un bouddha ou un bodhisattva qui fait rayonner l'esprit d’Éveil ainsi que l'amour bienveillant, la compassion, la joie et l'équanimité tout autour de lui, dans le monde entier, sans aucune limitation, sans aucune partialité.


Le plus souvent, je visualise le bodhisattva Tchenrézi (Avalokiteshvara) à quatre bras. Deux mains tiennent le joyau qui exaucent les désirs, une main tient un lotus qui symbolise la sagesse, la dernière main tient un rosaire qui symbolise le lien qui unit tous les êtres sensibles de l'univers. Les quatre bras symbolisent les quatre demeures de Brahma : amour bienveillant, compassion, joie et équanimité. Je l'imagine devant moi en hauteur, il incarne la grande compassion sans limite et il répand l'esprit d’Éveil sous forme de rayons de lumière colorés sans être empêché par la rancœur, le sentiment de détresse ou la colère.


Vous pouvez visualiser le Bouddha Shakyamuni bien entendu, Amithaba, Tara, la mère des Bouddhas, Vajradhara ou un maître tantrique emblématique comme Padmasambhava selon ce qui vous inspire le plus, bien entendu ! Faire appel à un bouddha ou un bodhisattva ou un être éveillé permet de dépasser nos propres conflits intérieurs si nous sommes dans un moment où il n'est pas possible d'avoir une pensée bienveillante à l'égard de ceux qui nous persécutent. Cela permet de voir à quel point l'amour bienveillant est une puissance, une force incroyable. Cela permet de laisser une place à sa propre colère tout en admettant que l'esprit d’Éveil puisse aussi s'appliquer à nos ennemis détestés.


Cela donne une bonne base pour travailler à cultiver progressivement l'esprit d’Éveil ainsi que la bienveillance, la compassion, la joie, l'équanimité, la patience et le détachement. Jusqu'au point où on sera capable de faire ce que Shāntideva nous demande de faire dans ces deux strophes : être capable de voir les railleries, les paroles méchantes, les critiques acerbes comme autant d'occasions de cultiver l'esprit d’Éveil et souhaiter le meilleur à nos tortionnaires. Mais c'est là un long chemin spirituel !





Tchenrézi (bodhisattva Avalokiteshvara)





Chapitre I : Les bienfaits de l'esprit d'Eveil


Chapitre II: Le dévoilement des fautes


Chapitre III: 

- La prise de l'esprit d’Éveil (III, 1 à 4)

- La prise de l'esprit d’Éveil (III, 5 à 7)

- La prise de l'esprit d’Éveil (III, 8 à 10)

- La prise de l'esprit d’Éveil (III, 11 à 15) 



Chapitre III : La prise de l'esprit d'Eveil















Deux traductions peuvent être trouvées en langue française du Bodhicaryāvatāra
- « La marche vers l'Éveil », Comité Padmakara, Saint-Léon-sur-Vézère (France), 2007 (2e édition), 
- « Vivre en héros pour l'Éveil », Georges Driessens, Seuil/Points Sagesse, Paris, 1993.





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mardi 4 août 2026

Prêt à Marat, prêt à Tibère



Je voudrais revenir sur un article écrit maintenant, il y a plus de dix ans, et qui est un commentaire d'un poème de Victor Hugo : « Ceux qui vivent sont ceux qui luttent » : https://lerefletdelalune.blogspot.com/2015/11/ceux-qui-vivent-ce-sont-ceux-qui-luttent.html


De manière générale, le poème oppose d'un côté la lutte d'individus simples qui cherchent à s'élever et, de l'autre côté, la foule, la plèbe et ses bas instincts, sa médiocrité et ses intérêts égoïstes. Cette plèbe n'est pas ici opposée aux nobles, aux patriciens, mais ceux qui sont bons, humbles, qui suivent un idéal qui les dépasse, ceux qui, nuit et jour, on devant les yeux « quelque saint labeur ou quelque grand amour ». Victor Hugo dit explicitement que ce sont des gens issus du peuple :


« C’est le prophète saint prosterné devant l’arche,

C’est le travailleur, pâtre, ouvrier, patriarche ».


Je précise pour comprendre ce qui suivre que je ne suis ni un spécialiste de Victor Hugo (que je trouve souvent trop emphatique et ampoulé), ni un spécialiste de la Révolution française en générale ou de la Terreur en particulier. Et je ne suis pas non plus un spécialiste du révolutionnaire Jean-Paul Marat, ni d'ailleurs de l'empereur romain Tibère. Je me suis enthousiasmé à cette époque en 2015 pour ce poème de Victor Hugo et je me suis risqué à une interprétation de ce poème sans aucune prétention autre que mon enthousiasme et ma qualité d'amateur de ce poème. « Amateur » dans le sens de celui qui aime profondément quelque chose, mais aussi dans le sens qui n'est pas un professionnel du domaine, un expert, un spécialiste.


Or il se trouve qu'une erreur s'est glissée dans mon commentaire concernant Marat et les vers suivants :


« Troupeau qui va, revient, juge, absout, délibère,

Détruit, prêt à Marat comme prêt à Tibère,

Foule triste, joyeuse, habits dorés, bras nus,

Pêle-mêle, et poussée aux gouffres inconnus ».


J'ai écrit : « On a là cette foule pleine de ressentiment et de malveillance, prête à entendre n'importe quel tribun qui saura rassembler leurs haines, et qui suivra un tyran comme l'empereur Tibère ou qui assassinera lâchement un grand homme comme le révolutionnaire Marat ».


En 2018, un internaute m'a fait signaler mon erreur concernant Marat : « Belle analyse, mais complet contresens quant à Marat, considéré par Hugo et par quasi tous les historiens aujourd'hui comme un révolutionnaire sanguinaire. Hugo n'accuse pas le peuple de l'avoir tué, mais de l'avoir bêtement suivi!  » Sur le moment, je n'ai pas vu le commentaire, mais quand je me suis rendu compte de son existence en 2019, j'ai immédiatement répondu : « Oui, l'erreur est mienne. Victor Hugo condamne la figure de Marat au même titre que Tibère. Mea culpa ».


Mon erreur vient simplement de l'influence du célèbre tableau de David qui présente Jean-Paul Marat comme un martyr de la Révolution. Naïvement, j'ai imaginé Hugo comme un admirateur de Marat, Hugo qui écrit dans les « Misérables » : « Le droit a sa colère (...), et la colère du droit est un élément du progrès. N’importe, et, quoi qu’on en dise, la révolution française est le plus puissant pas du genre humain depuis l’avènement du Christ. Incomplète, soit, mais sublime. Elle a dégagé toutes les inconnues sociales ; elle a adouci les esprits ; elle a calmé, apaisé, éclairé ; elle a fait couler sur la terre des flots de civilisation. Elle a été bonne. La révolution française, c’est le sacre de l’humanité ». (Fantine, livre II, chapitre « L'onde et l'ombre »)






Jacques-Louis David, Marat assassiné, 1793





Quand j'ai écrit mon interprétation du poème en 2015, j'avais buté sur les mots : « prêt à Marat comme prêt à Tibère », et je n'avais pas trouvé plus d'information sur internet. Une fois, que l'on sait que Victor Hugo a été très critique envers la Terreur, notamment dans son roman « Quatre-vingt-treize », le sens découle beaucoup plus naturellement et plus simplement. Marat a contribué à fanatiser la foule imbécile avec ses diatribes enragées. Ainsi, dans ce roman sur la période de la Terreur et des guerres de Vendée, la scène fictive où Robespierre, Danton et Marat discute sur ce qu'il convient de faire, notamment par rapport à la problématique de la Vendée qui se soulève à ce tournant de la Révolution en 1793 et sur la question de savoir le degré de menace intérieure de la Vendée par rapport aux menaces extérieures des monarchies européennes.


Marat y tient un très long monologue que l'on qualifierait aujourd'hui de paranoïaque et complètement conspirationniste : « En effet, quel homme suis-je ? J’ai dénoncé Chazot, j’ai dénoncé Pétion, j’ai dénoncé Kersaint, j’ai dénoncé Moreton, j’ai dénoncé Dufriche-Valazé, j’ai dénoncé Ligonnier, j’ai dénoncé Menou, j’ai dénoncé Banneville, j’ai dénoncé Gensonné, j’ai dénoncé Biron, j’ai dénoncé Lidon et Chambon ; ai-je eu tort ? je flaire la trahison dans le traître, et je trouve utile de dénoncer le criminel avant le crime. J’ai l’habitude de dire la veille ce que vous autres vous dites le lendemain. Je suis l’homme qui a proposé à l’Assemblée un plan complet de législation criminelle. (...)


J’ai demandé qu’on prît cent mille parents d’émigrés comme otages pour les commissaires livrés à l’ennemi, j’ai proposé de déclarer traître tout représentant qui passerait les barrières, j’ai démasqué la faction rolandine dans les troubles de Marseille, j’ai insisté pour qu’on mît à prix la tête d’Égalité fils, j’ai défendu Bouchotte, j’ai voulu l’appel nominal pour chasser Isnard du fauteuil, j’ai fait déclarer que les Parisiens ont bien mérité de la patrie ; c’est pourquoi je suis traité de pantin par Louvet, le Finistère demande qu’on m’expulse, la ville de Loudun souhaite qu’on m’exile, la ville d’Amiens désire qu’on me mette une muselière, Cobourg veut qu’on m’arrête, et Lecointe-Puiraveau propose à la Convention de me décréter fou. (...)


Je n’ai aucun goût pour les tête-à-tête avec des contre-révolutionnaires tels que Robespierre et vous (Danton). Du reste, je devais m’y attendre, vous ne m’avez pas compris ; pas plus vous que Robespierre, pas plus Robespierre que vous. Il n’y a donc pas d’homme d’État ici ? Il faut donc vous faire épeler la politique, il faut donc vous mettre les points sur les i. Ce que je vous ai dit voulait dire ceci : vous vous trompez tous les deux. Le danger n’est ni à Londres, comme le croit Robespierre, ni à Berlin, comme le croit Danton ; il est à Paris. Il est dans l’absence d’unité, dans le droit qu’a chacun de tirer de son côté, à commencer par vous deux, dans la mise en poussière des esprits, dans l’anarchie des volontés…


L’anarchie ! interrompit Danton, qui la fait, si ce n’est vous ?

Marat ne s’arrêta pas.

Robespierre, Danton, le danger est dans ce tas de cafés, dans ce tas de brelans, dans ce tas de clubs, club des Noirs, club des Fédérés, club des Dames, club des Impartiaux, qui date de Clermont-Tonnerre, et qui a été le club monarchique de 1790, cercle social imaginé par le prêtre Claude Fauchet, club des Bonnets de laine, fondé par le gazetier Prudhomme, et cætera sans compter votre club des Jacobins, Robespierre, et votre club des Cordeliers, Danton. Le danger est dans la famine, qui fait que le porte-sacs Blin a accroché à la lanterne de l’Hôtel de ville le boulanger du marché Palu, François Denis, et dans la justice, qui a pendu le porte-sacs Blin pour avoir pendu le boulanger Denis. Le danger est dans le papier-monnaie qu’on déprécie. Rue du Temple, un assignat de cent francs est tombé à terre, et un passant, un homme du peuple, a dit : Il ne vaut pas la peine d’être ramassé. Les agioteurs et les accapareurs, voilà le danger. (...)



Ah ! vous cherchez le danger loin, quand il est près. À quoi vous sert votre police, Robespierre ? (...) Eh bien, sachez ceci : le danger est sur vos têtes, le danger est sous vos pieds ; on conspire, on conspire, on conspire ; les passants dans les rues s’entre-lisent les journaux et se font des signes de tête ; six mille hommes, sans cartes de civisme, émigrés rentrés, muscadins et mathevons, sont cachés dans les caves et dans les greniers, et dans les galeries de buis du Palais-Royal (...)



Robespierre regardait attentivement la carte.

Ce qu’il faut, cria brusquement Marat, c’est un dictateur. Robespierre, vous savez que je veux un dictateur.

Robespierre releva la tête.

Je sais, Marat, vous ou moi.

Moi ou vous, dit Marat. »

(Victor Hugo, Quatre-vingt-treize, 1874, 2ème partie, livre II, II)



Les écrits de Marat, eux-mêmes, laissent peu de doute sur la violence du gars. Ainsi dans son fameux journal « L'ami du peuple » : « Aveugles citoyens ! Serez-vous toujours insensés ? N'ouvrirez-vous jamais les yeux ? Il y a dix mois cinq cent têtes abattues auraient assuré votre bonheur ! Pour vous empêcher de périr, vous serez peut-être forcés d'en abattre cent mille, après avoir vu massacrer vos frères, vos femmes et vos enfants ».



Toute une légende noire s'est constituée autour de Marat, exactement comme Robespierre a eu également sa légende noire. L'un des plus virulents a été l'historien du XIXème siècle, Jules Michelet dans son Histoire de la Révolution Française (tome IV, chap. 3 : La Convention – La Gironde et la Montagne – septembre/octobre 1792)  : « Échappé de sa cave, sans rapport avec la lumière, ce personnage étrange, au visage cuivré, ne semblait pas de ce monde-ci. Il voyait bien l’étonnement des simples, il en jouissait. Le nez au vent, retroussé, vaniteux, aspirant tous les souffles de la popularité, les lèvres fades et comme vomissantes, prêtes, en effet, à vomir les injures et les fausses nouvelles. Quoi, c’est là Marat? cette chose jaune, verte d’habits, ces yeux gris jaune si saillants... C'est au genre batracien qu’elle appartient à coup sûr, plutôt qu’à l’espèce humaine. De quel marais nous arrive cette choquante créature ?... Son front jaune, son vaste rictus de crapaud souriait effroyablement sous sa couronne de laurier ».



Pour autant, je ne suis pas certain qu'il f aille croire sur parole tous les horreurs de cette légende noire de Marat et de Robespierre. Victor Hugo, lui-même, est beaucoup plus mesuré dans ses notes préparatoires pour son roman « Quatre-vingt-treize » : « Marat fut un espèce d'invisible, présents partout. Être senti sans être vu, c'est le propre des dieux et des démons. Marat n'était pas plus un écrivain que Robespierre n'était un orateur : ces hommes étaient des forces ».



Ou encore, Hugo qui écrit dans ces mêmes notes : « Tant qu’il y aura des misérables, il y aura sur l’horizon un nuage qui peut devenir un fantôme, et un fantôme qui peut devenir Marat ». Dans une note de 1854, il est assez radical :  « Moi, si je faisais l'histoire de la Révolution (et je la ferai), je dirais tous les crimes des révolutionnaires, seulement je dirais quels sont les vrais coupables, ce sont les crimes de la monarchie ».



En outre, des historiens rejettent cette légende noire. Ainsi, sur le site « Le vent se lève », on trouve un article intitulé « Derrière la légende noire, retour sur un "ami du peuple" » qui montre que Marat est surtout motivé par la détresse du peuple et qui résonne avec ce que Victor Hugo dit de Jean-Paul Marat : « La centralité de la lutte des classes dans la pensée de Marat distingue sa conception du peuple de celle des Jacobins. Pour ces derniers, le peuple c’est l’ensemble des citoyens sans distinction. Pour Marat, ce sont seulement les pauvres car la Révolution n’a été faite que par eux, c’est-à-dire « par les dernières classes de la société, par les ouvriers, les artisans, les détaillants, les agriculteurs, par la plèbe, par ces infortunés que la richesse impudente appelle canaille et que l’insolence romaine appelait prolétaires ». (...) À ses yeux, ce sont moins les forces productives qu’une accumulation de « complots » qui constituent le sens de l’histoire. L’antagonisme qu’il esquisse entre le petit nombre des riches et la grande masse des pauvres est rudimentaire – mais demeure structurant tout au long de sa vie ».



On me répliquera que « Le vent se lève » est un média très marqué à gauche. Bien sûr, mais il me semble intéressant de montrer que ce n'est pas « quasi tous les historiens » qui crachent sur Marat comme me le disait l'internaute qui m'avait critiqué en 2018. Encore aujourd'hui, vous avez toute une série d'historiens, dont une bonne partie d'historiens de gauche, qui refusent la légende noire de Marat comme la légende noire de Robespierre. En 2026, c'est encore un enjeu politique que de défendre ou de dénoncer l'héritage politique de ces deux révolutionnaires, Marat et Robespierre. Jean-Luc Mélenchon et d'autres acteurs importants de la France Insoumise revendiquent régulièrement et convoquent la figure de Robespierre comme une figure de leur lutte politique.



Alors loin de moi l'idée de me faire juge de cette controverse. Marat est-il un salaud totalitaire ou un défenseur un peu trop zélé de la veuve et de l'orphelin ? Je ne me prononcerai pas ici sur cette question. J'ai dit plus haut que je ne suis pas historien et je ne suis pas un spécialiste de la Révolution Française, même si c'est une période qui m'intéresse beaucoup. Je ne suis pas non plus un spécialiste de Jean-Paul Marat.



Néanmoins, il me semble intéressant de rappeler le débat encore très vif sur ces figures de la révolution. C'est pourquoi, intuitivement, je n'avais pas corrigé mon erreur sur Marat dans mon commentaire du poème de Victor Hugo : « Ceux qui vivent, ce sont ceux luttent ». La critique de l'internaute est restée bien visible ainsi que le fait que j'admette mon erreur, mais je n'avais rien changé jusqu'à aujourd'hui.



Une critique assez désagréable est apparue hier : « Le contre-sens sur Marat écroule tout le reste, hélas….mais inégalable Hugo…!!!!  » J'ai reçu cette critique avec une irritation. Je déteste quand des intellectuels utilisent une faute mineure pour décrédibiliser tout un travail. Surtout que le gars reprend le terme de « contre-sens » que le premier internaute qui avait critiqué mon travail en 2018. Probablement a-t-il lu quelque chose qu'il n'avait pas vu lui-même et se permet de tout remettre en question.



Donc, non, mon erreur sur Marat « n'écroule pas » tout le reste ! Victor Hugo a sélectionné deux exemples où la foule s'emporte dans une furie collective et meurtrière. Deux exemples qui lui parlaient, lui, homme du XIXème siècle, mais qui ne nous parlent pas du tout à nous, hommes du XXIème siècle ! D'où mon erreur. Si Hugo avait écrit ce poème aujourd'hui, il aurait probablement évoqué Hitler, Staline, Mussolini, les jihadistes, éventuellement Trump et les MAGA, Benjamin Netanyahu et Tsahal...


Mais le sens est là, peu important que la foule était dirigée par Marat, et non contre Marat. C'est un détail. L'important était de comprendre que Victor Hugo met en valeur l'homme qui réfléchit par lui-même et essaye d'apporter du bien à la société du fait de son travail et de son amour. Et il crache sur la foule des gens aigris qui suivent aveuglément les courants de haine et de médiocrité de leur époque, parce qu'il est plus facile de suivre le courant que de s'élever humainement et spirituellement.



Donc, pour ne pas recevoir de nouvelles critiques, j'ai décidé de corriger mon texte pour ne pas laisser de faiblesse qui permettrait à mes détracteurs d'invalider tout un texte sur base d'une seule erreur sur des détails. Il est donc écrit maintenant : « On a là cette foule pleine de ressentiment et de malveillance, prête à entendre n'importe quel tribun qui saura rassembler leurs haines, et qui suivra un tyran comme l'empereur Tibère ou qui suivra lâchement Marat dans sa volonté de faire régner la Terreur au sein de la Révolution Française ». Néanmoins, il m'a semblé intéressant d'expliquer dans ces lignes les enjeux et les ambiguïtés qui se cachaient derrière mon erreur et sa correction.





Danton, Marat et Robespierre réunis au cabaret de la rue du Paon
(scène fictive de "Quatre-vingt-treize" de Victor Hugo)
Dessin de Diogène Maillart, musée Carnavalet, 1876.



Lire également sur Victor Hugo :







Lire aussi : 

- La nef des fous (où le philosophe Jacques Derrida avait critiqué et discrédité l'entièreté de le "L'histoire de la folie" de Michel Foucault à partir de la critique d'un détail de son livre qui évoquait les méditations de René Descartes) 



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Joseph Boze, Portrait de Jean-Paul Marat (1743-1793), 1793
Musée Carnavalet





lundi 3 août 2026

La prise de l'esprit d’Éveil (III, 11 à 15)

La prise de l'esprit d’Éveil (III, 11 à 15)

Commentaire du Bodhisattvacaryāvatāra de Shāntideva



11.Afin que le bien des êtres s'accomplisse,

Je donne sans retenue

Mes corps, mes jouissances

Et toutes mes vertus des trois temps.


12. Et donnant, toute la douleur du monde sera transcendée,

Et mon esprit réalisera le Nirvāna ;

Mieux vaut offrir (à présent) aux êtres

Ce dont, pareillement, je devrai me défaire (à l'heure de la mort).


13. Je livre ce corps

Au bon plaisir de tous ;

Qu'ils en usent sans cesse à leur convenance,

Le tuant, l'injuriant ou le frappant.


14. Qu'ils jouent, avec mon corps,

En fassent un objet d'amusement et de dérision ;

Puisque je leur ai donné,

Pour quel raison me serait-il cher ?


15. Qu'ils lui fassent faire

Tous les actes qui ne leur nuiront pas,

Et que notre rencontre

Ne leur soit jamais inutile.



Shāntideva continue ici dans sa vision très sacrificielle de la bodhicitta, l'esprit d’Éveil. Je ne peux m'empêcher de lire ces lignes avec un énorme malaise. On comprend bien pourtant la logique : la racine du samsāra est l'attachement ; en se coupant radicalement de l'attachement, j'atteindrai le Nirvāna. Et comment mieux trancher l'attachement qu'en offrant mon corps aux autres, qu'en acceptant lucidement d'être le jouet du destin et de la volonté des autres, sans colère, sans réaction, sans regret ?


Mais suis-je le seul à trouver cela inhumain ? J'aspire personnellement à être au service des autres, à être utile à mon prochain, même modestement ; mais il y a un pas gigantesque à franchir entre l'aspiration à être au service des autres et être leur esclave consentant !


Par ailleurs, un seul acte de notre volonté consciente, donner son corps aux autres sans contrepartie, ne peut pas abolir notre instinct de conservation. Sans parler que s'offrir aux autres en esclavage, même en étant parfaitement consentant, est une violation manifeste de la dignité humaine.


En outre, livrer son corps au bon plaisir de tous et accepter qu'on va nous tuer, nous blesser, nous injurier, nous frapper, c'est accepter que les autres auront un mauvais karma du fait de ces actes répréhensibles, c'est donc accepter leur souffrance future sans vergogne. Et ce n'est donc pas de l'esprit d’Éveil ! Ce n'est pas de la compassion envers autrui ! Ce n'est pas ce que voudrait le Bouddha !


En plus, ce qui est gênant, c'est qu'il y a une négation de la simple aspiration au bonheur, d'avoir un corps en bonne santé, préservé, d'être dans une situation de vie acceptable et heureuse. Tout le monde aspire à cela, et cette aspiration doit être reconnue comme un besoin fondamental et naturel si l'on bâtir une philosophie morale digne de ce nom. Accepter volontairement l'esclavage sordide en donnant son corps aux pires volontés des autres, cela ne me paraît pas être une bonne base pour développer l'empathie et le respect mutuel. Si j'ai un minimum d'empathie, je me rends compte que les êtres sensibles ne veulent absolument pas être réduit en esclavage, et donc je ne devrai pas du tout souhaiter ce genre de vie, même uniquement pour moi-même.


Ce n'est pas un modèle éthique valable pour les autres. En esclavage, je ne pourrai pas développer une vie équilibrée, empreinte de spiritualité, pratiquer la méditation, étudier les textes sacrés, aider les personnes qui doivent être aidées en priorité selon ce que me dicte ma conscience morale. En esclavage, j'aggrave le karma négatif des esclavagistes. En esclavage volontaire, je donne l'impression fausse que l'esclavage volontaire est spirituellement quelque chose de digne et que le bouddhisme donne une valeur morale à l'esclavage. Je justifie aussi un système politique répugnant de domination aveugle et de manque de respect envers la personne humaine.


En conclusion, oui, aspirer à au service des autres est une bonne chose. Mais comme le dit Michel de Montaigne : « Mon opinion est qu’il faut se prêter à autrui et ne se donner qu’à soi-même » (livre III, chapitre 10). Se donner à autrui, même comme une forme radicale de l'ascèse et du détachement, m'apparaît être une énorme aberration. Donnons-nous à nous-mêmes et faisons de notre vie une recherche d'amélioration et de transformation de soi-même, une étude de soi-même et du monde, une étude de la véritable nature des choses. Et faisons de notre vie un rayonnement continuel de bienveillance, de compassion, de joie, d'équanimité et de sagesse. Prêtons-nous souvent à autrui quand notre corps est requis pour apporter une aide concrète et réelle aux autres. Prêtons-nous aux autres afin de développer la solidarité et la fraternité. Prêtons-nous aux autres pour célébrer l'aide et le partage. Et travaillons sur nous-même grâce à l'esprit d’Éveil pour être plus fluide dans notre propension à se mettre au service des autres, à se prêter à autrui, mais ne nous perdons pas dans un sacrifice exagéré de nous-mêmes, sacrifice inconséquent et peut-être orgueilleux.


Dans certaines circonstances, on peut accepter et même honorer le sacrifice de soi-même. Par exemple, si j'entre dans une maison en feu au péril de ma vie pour sauver des enfants. Si je m'interpose dans une bagarre de rue pour sauver une jeune femme des mains de ses agresseurs. Si je plonge sans réfléchir dans la mer en furie pour sauver des personnes en détresse et en passe de se noyer. Si, dans la Résistance, je me sacrifie pour que mes camarades aient le temps de fuir face aux membres de la Gestapo qui arrivent, lourdement armés. On peut comprendre ces sacrifices et considérer que ce sont là des actes nobles. Mais aucun de ces sacrifices n'implique une détestation de la vie et n'est aussi absurde que celui que propose Shāntideva en offrant son corps à la volonté de pouvoir malsaine de personnes malveillantes qui voudraient nous battre ou nous humilier. Il me semble qu'il va trop loin et qu'il est de mon devoir de le critiquer sévèrement.







Roadsworth







Chapitre I : Les bienfaits de l'esprit d'Eveil


Chapitre II: Le dévoilement des fautes


Chapitre III: 

- La prise de l'esprit d’Éveil (III, 1 à 4)

- La prise de l'esprit d’Éveil (III, 5 à 7)

- La prise de l'esprit d’Éveil (III, 8 à 10)


- La prise de l'esprit d’Éveil (III, 16 & 17)


Chapitre III : La prise de l'esprit d'Eveil






Lire également : 


Le bonheur et les autres :  Le bonheur est-il en nous ? Ou se trouve dans notre relation avec les autres ?


- Hillel : la relation aux autres Quel équilibre doit-on trouver entre soi-même et autrui ?




Qu'est-ce que la compassion? On pense parfois que la compassion consiste à s'affliger soi-même de la détresse des autres, mais, dans la philosophie du Bouddha, rien de tout cela : la compassion est définie comme le souhait ardent que les autres soient libérés de la souffrance et des causes de la souffrance.


Deux traductions peuvent être trouvées en langue française du Bodhicaryāvatāra
- « La marche vers l'Éveil », Comité Padmakara, Saint-Léon-sur-Vézère (France), 2007 (2e édition), 
- « Vivre en héros pour l'Éveil », Georges Driessens, Seuil/Points Sagesse, Paris, 1993.





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dimanche 2 août 2026

Sophie Straat et le racisme anti-blanc

 


Le lundi 20 juillet 2026 se produisait la chanteuse néerlandaise Sophie Straat sur la scène du Boomtown Festival dans le cadre des dix jours des fêtes de Gand en Belgique. Lors de la dernière chanson, Sophie Straat a expressément demandé aux hommes blancs cisgenres de reculer au fond pour laisser la place aux personnes racisées, aux femmes et aux personnes LGBTQ+ : « Il n'y a jamais de temps pour la nuance. Nous avons depuis longtemps dépassé l'époque de la nuance. Tous les hommes blancs, derrière ! C'est le moment des filles, des personnes queer et des personnes racisées. Pas de temps pour la nuance : nous sommes déjà trop tard, depuis longtemps trop tard pour la nuance. Tous les hommes blancs derrière, les hommes blancs derrière ! » Cela a suscité un certain tollé d'autant plus qu'elle n'était pas à son coup d'essai : quelques jours plus tôt, il avait déjà fait ce genre de demande à un concert aux Pays-Bas, avec là aussi un tollé au niveau national.











Plus de 200 plaintes ont été adressées à UNIA, comme elle se définit elle-même : l'institution publique belge, interfédérale et indépendante qui lutte contre la discrimination et promeut l’égalité. Et l'affaire a rebondit le jeudi 23 juillet quand UNIA a délivré son jugement : « Circulez, il n'y a rien à voir. Circulez, bonnes gens ! ».


Même s'ils admettent que ces propos peuvent être problématiques, ils ne sont pas caractérisables comme des propos racistes ou sexistes. Unia affirme ainsi dans son communiqué : « Dans sa déclaration, Sophie Straat faisait référence à des critères protégés tels que le genre ("hommes") et la couleur de peau ("blancs ").Pour déterminer s'il s'agit d'une discrimination au sens de la loi, le contexte dans lequel ces déclarations ont été faites est déterminant. Sophie Straat a tenu ces propos à la fin d'une prestation artistique portant un message politique visant à dénoncer les inégalités structurelles.


Selon la jurisprudence de la Cour européenne des droits de l'homme, les expressions artistiques et politiques bénéficient d'une large protection au titre de la liberté d'expression, même lorsqu'elles provoquent, choquent ou blessent. Dans ce contexte, l'appel semble avant tout constituer un geste symbolique destiné à dénoncer des rapports de pouvoir existants, plutôt qu'un véritable appel à l'exclusion. Par ailleurs, rien n'indique que les hommes blancs aient effectivement été exclus du concert ou empêchés de participer aux activités du festival ».



En résumé, UNIA invoque le contexte pour amoindrir la gravité des propos tenus par Sophie Straat. Je ne suis pas certain qu'on chercherait le contexte si un chanteur blanc appelait les Noirs, les Arabes et les pédés à reculer et aller à l'arrière du public. UNIA invoque l'intention de Sophie qui était de « dénoncer les inégalités structurelles ». Depuis quand est-ce une bonne idée de dénoncer des injustices en tenant des propos racistes ? UNIA invoque la liberté d'expression défendue par la Cour Européenne de Justice, mais le racisme ne relève pas de la liberté d'expression en Europe ou en Belgique.



UNIA interprète aussi le geste de Sophie Straat comme une dénonciation des rapports existants, mais cette mansuétude ne touche que ceux qui partagent les mêmes opinions politiques de l'extrême-gauche culturelle woke. UNIA minimise les faits en disant qu'aucun homme blanc n'a été viré du concert ou empêché de participer au festival. Mais en tolérant ces propos, on prépare justement une situation où des milices wokes imposeront ce genre d'exclusion à l'avenir dans les événements culturels de notre pays. Tout comme c'est ce qui se passerait si on laissait des néo-nazis exclure les Blacks et les Arabes de salles de concert et qu'on ne les sanctionnait pas. Ils prendraient de plus en plus la confiance et développeraient un sentiment d'impunité totale.







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Je tire deux conclusions de cette triste histoire :



1°) Il y a un racisme anti-blanc en Belgique. On me dira que ce racisme-là vient d'une Blanche. Oui, mais il y a des Juifs antisémites, des Noirs qui ne supportent pas les Africains, et j'avais un ami marocain qui ne voulait pas fréquenter et travailler pour des Marocains. Il n'en disait que du mal ! Par ailleurs, ce genre d'incidents fait comprendre aux populations immigrées qu'ils peuvent allègrement tenir des propos racistes et d'exclusion des personnes blanches pour peu qu'ils adoptent le charabia woke et invoquent une dénonciation des « structures de domination de la suprématie blanche » pour que leurs discours racistes passent crème pour les agences anti-discrimination du pays.



2°) Plus grave : il y a un racisme systémique anti-blanc en Belgique. Ce qui est grave, ce n'est pas seulement que Sophie Straat puisse impunément tenir des propos racistes dans ses spectacles, c'est officiellement protégée par UNIA, mais aussi par l'institut pour l'égalité des hommes et des femmes de Belgique. La situation est la même aux Pays-Bas puisque l'agence de lutte néerlandaise contre la discrimination a tenu un argumentaire très similaire à celui d'UNIA. Cela signifie que le système cautionne et valide ces propos racistes d'un point de vue légal. C'est une conséquence de l'influence de l'idéologie très présente dans les milieux bourgeois universitaires qui se retournent de manière haineuse contre les populations de souche de l'Europe.





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Une fois que j'ai dit cela, il reste aux gauchistes wokes à me traiter de « sale fasciste » puisque c'est généralement l'extrême-droite qui dénonce le racisme anti-blanc. Je dirais simplement que je suis de gauche et qu'admettre l'existence du racisme anti-blanc ne fait pas de vous un membre de l'extrême-droite. Je pense même que la dénégation systématique de cette réalité a largement discrédité la gauche comme une idéologie qui ne voit pas le réel.



Une fois que l'on a admis que cet racisme anti-blanc existe, on n'est pas obligé de cautionner les réactions de l'extrême-droite et du nationalisme. On reconnaît le problème et on essaye d'apporter une solution plus mesurée et intelligente que ce que proposent les partisans d'extrême-droite. Les jours qui ont suivi les déclarations fracassantes de Sophie Straat, on a retrouvé un slogan sur un bout de tissu visible de l'autoroute vers la mer à Drongen, tout près de Gand : « Alle bruine mannen naar achteren ! » En français : « Tous les hommes basanés à l'arrière ! »









Est-il nécessaire de rappeler que le racisme des uns ne justifie en aucune façon le racisme des autres ? Ce n'est pas parce que vous avez subi du racisme anti-blanc et que vous êtes blanc que vous avez le droit moral de tenir à votre tour des propos racistes à l'encontre d'autres communautés. Ou que vous êtes légitime tout d'un coup à défendre une idéologie raciste.



Toute à la fin de son concert, Sophie Straat a déclaré : « Faites confiance à votre propre expérience. Si vous ne l’avez pas, faites confiance à votre humanité. Mettez-vous à la place des autres. À partir de maintenant, seulement de l’amour ». Je suis tout à fait d'accord avec elle : plus d'empathie, plus d'amour, plus de bienveillance, qu'on se mette à la place de l'autre, qu'on cherche à mieux comprendre les autres. Tout cela est très bien. Je cautionne, je valide. Mais il faut juste que Sophie Straat applique à elle-même ses propres conseils pour qu'on aille vers un monde meilleur !



Frédéric Leblanc, Liège, 2 août 2026










Comptes-rendus dans la presse & vidéos


Les déclarations litigieuses de Sophie Straat




Le même genre de déclaration aux Pays-Bas (festival Best Secret Kept) : 

Es-tu une femme ? Es-tu queer ? Es-tu de couleur ? Avance. 

Hommes blancs. Hommes blancs, reculez. Hommes blancs, reculez.







Tous les hommes blancs à l’arrière”: une chanteuse néerlandaise crée la polémique aux Fêtes de Gand (7 sur 7, 23 juillet 2026)

https://www.7sur7.be/musique/tous-les-hommes-blancs-a-larriere-une-chanteuse-neerlandaise-cree-la-polemique-aux-fetes-de-gand~a9dbabbc/


Retour sur les propos de Sophie Straat lors des Gentse Feesten (réponse d'UNIA, 29 juillet 2026)

https://www.unia.be/fr/actua/terugblik-op-uitspraak-sophie-straat-gentse-feesten



Signalements à la suite de la prestation de Sophie Straat aux Fêtes de Gand (réponse de l'Institut pour l'égalité des hommes et des femmes, 23 juillet 2026)

https://igvm-iefh.belgium.be/fr/actualites/signalements-la-suite-de-la-prestation-de-sophie-straat-aux-fetes-de-gand


Meldingen overs Sophie Straat (Signalement à propos de Sophie Straat, réponse de l'institut néerlandais contre la discrimination)

https://discriminatie.nl/blog/meldingen-over-sophie-straat/




Vidéo du journal flamand Nieuwsblad





Traduction :

Sophie Straat : Tous les hommes blancs doivent se mettent à l'arrière.

Commentaire : la demande de Sophie Straat a créé de l'émoi et 200 plaintes ont été envoyées à UNIA (l'agence qui lutte contre les discriminations en Belgique et l'égalité des chances). À la fin du concert, la chanteuse néerlandaise a demandé aux hommes blancs de se mettre à l'arrière afin de faire de la place aux femmes, aux personnes de couleur et queers pour un mosh pit temporaire (NB : un mosh pit est une danse à l'avant de la scène où tout le monde se bouscule. De mon temps, on appelait ça un pogo). L'intention était de donner de la place à des groupes qui subissent un exclusion structurelle. Son discours pointait aussi du doigt les personnes privilégiées pour leur sexe assigné et pour leur couleur de peau. Cela a mené à toute une série de signalements auprès d'UNIA. Mais selon le centre de l'égalité des chances (NB : l'ancien nom d'UNIA), il n'y a aucun indice que des hommes blancs ont été réellement exclu lors de ce concert. UNIA a invoqué des décisions de la Cour Européenne des Droits de l'Homme : « Les expressions politiques et artistiques bénéficient d'une large protection pour leur liberté d'expression, même que celles-ci provoquent, choquent ou blessent certaines personnes. Cette protection n'est pas pour autant illimitée : seuls des appels concrets à la discrimination, à l'exclusion et à la haine peuvent limiter cette liberté d'expression. Mais dans ce cas, le centre UNIA ne voit pas de raison de poursuivre plus loin.





Lire également : 

- Crépol et le racisme anti-blanc






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