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dimanche 20 septembre 2026

La garde de la vigilance (V, 91 à 95)

 

La garde de la vigilance (V, 91 à 95)

Commentaire du Bodhisattvacaryāvatāra de Shāntideva



91. Je recouvrirai (de terre)

Le crachat ou le cure-dent que j'ai jeté ;

Il est blâmable d'uriner

Dans l'eau et le sol utilisés (par autrui).


92. Je ne dois pas manger à pleine bouche,

Avec bruit ou en ouvrant largement la bouche,

M'asseoir les jambes pendantes,

Ni me gratter les deux bras en même temps.


93. Je ne dois pas voyager, ni m'asseoir

Ni loger dans la même pièce qu'une femme d'autrui.

En bref, ayant observé et interrogé,

J'éviterai ce qui choque le monde.


94. Je ne ferai pas signe avec le doigt,

Mais, respectueusement et de la main droite,

Les doigts tendus,

J'indiquerai le chemin.


95. Je n'agiterai pas les bras avec excès

Et m'exprimerai avec des gestes discrets :

Un signe ou un claquement de doigt.

Autrement, ma conduite serait déréglée.








Kawase Hasui  - 川瀬巴水, 1883–1957
Temple Honmon à Ikegami sous la neige - 1931






L'éthique bouddhiste demande qu'on respecte les conventions de la société dans laquelle nous vivons et que nous exprimions une certaine noblesse dans notre comportement de la vie de tous les jours. Comme le dit Shāntideva, il faut observer la société dans laquelle on vit et éviter de faire des actions ou avoir des attitudes qui choquent le monde. Cette discrétion dans nos rapports sociaux est une forme de respect et de douceur envers les autres.


Sur ce point, l'éthique bouddhiste est on ne peut plus éloignée de l'éthique prônée par les cyniques de l'Antiquité grecque, à commencer par Diogène le Chien qui vivait dans un tonneau, insultait les gens qui lui déplaisaient et se masturbait en rue. Bien sûr, les conventions sociales ne sont que des conventions, des manières d'être inventées par la culture ambiante ; et les conventions sont parfois, voire même souvent le lieu de l'hypocrisie sociale. Mais le choix du bouddhisme est de ne pas rejeter la société dans son ensemble quand bien même cette société est loin d'être parfaite.


Donc, il faut avoir un minimum de respect pour l'étiquette, ne pas avoir des paroles et des attitudes vulgaires, ne pas heurter délibérément les autres membres de la société et respecter l'hygiène de manière générale. Comme je l'expliquais dans mon commentaire de la strophe 88 à 90, ces règles de vie sont relatifs à une culture et à une époque donnée : certains choses qui choquent l'opinion publique à une époque sont parfaitement acceptées à d'autres, et vice-versa, et pareillement d'un pays à l'autre. Par exemple, quand vous offrez un cadeau au Japon, il faut obligatoirement offrir le cadeau avec ses deux mains, s'incliner devant la personne à qui vous offrez le cadeau, sinon cela apparaîtra comme du mépris aux yeux du Japonais, alors qu'un Occidental ne se formalisera aucunement et tendra son cadeau d'une main et en faisant une petite tape amicale sur le dos de son ami. Comme le disait le philosophe et scientifique, Blaise Pascal : « Vérité en deçà des Pyrénées, erreur au-delà »1. Il faut donc observer les us et coutumes du pays dans lequel on vit et s'y adapter : ne mangez ostensiblement à midi en période de ramadan dans un pays musulman, et ne faites pas la bise à tout le monde dans un pays asiatique !


Je me souviens d'une déclaration de Swami Prajñanpad (un maître hindouiste du Vedanta non-dualiste ayant vécu au XXème siècle). Il critiquait le Bouddha parce que, selon lui, le Bouddha aurait importé son étiquette d'aristocrate (Siddhartha faisait partie de la caste des nobles, les kshatriyas) dans la conduite éthique des moines bouddhistes. Personnellement, je ne vois pas où est le problème : certes, il ne faut pas être trop guindé et accorder une importance excessive à l'étiquette et aux bonnes manières, mais je pense aussi qu'il ne faut pas être trop avachi, qu'il faut éviter la vulgarité le plus possible et qu'idéalement, il faut témoigner d'un minimum de noblesse dans son comportement quand bien même on ne serait pas soi-même issu des rangs de l'aristocratie.







1 Blaise Pascal, « Les Pensées », fragment 294 dans l'édition Brunschvicg, 94 dans l'édition Sellier, 60 dans l'édition Lafuma.







Le reste du commentaire du Bodhisattvacaryāvatāra de Shāntideva: 


Chapitre I : Les bienfaits de l'esprit d'Eveil


Chapitre II: Le dévoilement des fautes


Chapitre III : La prise de l'esprit d'Eveil


Chapitre IV : L'attention


Chapitre V: 

- La garde de la vigilance (V, introduction)

- La garde de la vigilance (V, 1 à 5)

- La garde de la vigilance (V, 6 à 8)

- La garde de la vigilance (V, 9 à 14)

- La garde de la vigilance (V, 15 à 18)

- La garde de la vigilance (V, 24 à 29)

- La garde de la vigilance (V, 30 à 33)

- La garde de la vigilance (V, 34 à 38)

- La garde de la vigilance (V, 39 à 42)

- La garde de la vigilance (V, 43 & 44)

- La garde de la vigilance (V, 45 à 53)

- La garde de la vigilance (V, 54 à 58)

- La garde de la vigilance (V, 59 & 60)

- La garde de la vigilance (V, 61 à 67)

- La garde de la vigilance (V, 68 à 70)

- La garde de la vigilance (V, 71 à 73)

- La garde de la vigilance (V, 74 et 75)

- La garde de la vigilance (V, 76 à 78)

- La garde de la vigilance (V, 79 & 80)

- La garde de la vigilance (V, 81 à 84)

- La garde de la vigilance (V, 85 à 87)

- La garde de la vigilance (V, 88 à 90)




Chapitre V: La garde de la vigilance





Deux traductions peuvent être trouvées en langue française du Bodhicaryāvatāra
- « La marche vers l'Éveil », Comité Padmakara, Saint-Léon-sur-Vézère (France), 2007 (2e édition), 
- « Vivre en héros pour l'Éveil », Georges Driessens, Seuil/Points Sagesse, Paris, 1993.





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samedi 19 septembre 2026

La garde de la vigilance (V, 88 à 90)

 

La garde de la vigilance (V, 88 à 90)

Commentaire du Bodhisattvacaryāvatāra de Shāntideva



88. On n'enseigne pas à des personnes irrespectueuses,

À celles qui, tels des malades, sont coiffés d'un turban,

Portent un parasol, un bâton, une arme,

Ou se couvrent la tête.


89. Ni à une femme hors de la présence d'un homme.

L'Enseignement vaste et profond ne sera pas exposé

Aux êtres médiocres, mais je témoignerai un égal respect

Aux Dharmas destinées aux personnes inférieures et supérieures.


90. Je n'introduirai pas au Dharma inférieur

La personne digne du vaste Dharma.

Je n'abandonnerai pas la conduite noble,

Ni n'égarai mes semblables par des soûtras et des mantras.














L'enseignement du Dharma suppose que l'on témoigne un minimum de respect quand on l'écoute et quand on l'enseigne. Cela vaut pour tout enseignement d'ailleurs ! Que ce soit un cours de math, de français ou d'anglais, il faut respecter le professeur ainsi que le cadre de la classe et avoir une attitude favorable à cet enseignement. D'autant plus quand on enseigne la chose la plus sacrée qui soit, le Dharma.


On ne vient donc pas habillé n'importe comment. Évidemment, la question de savoir ce qu'est un habit correct dépend de la culture dans laquelle on vit. Shāntideva nous parle de proscrire le turban et le parasol dans les classes. De nos jours, ce n'est pas vraiment le problème ! Par contre, à notre époque, on ne vient pas en classe avec une casquette ou un grand chapeau, cela sera considéré comme un manque de respect.


On ne vient pas armé en classe. Cela va de soi ! Malheureusement, ce principe n'est toujours pas systématiquement respecté de nos jours. Les journaux nous parlent parfois d'enseignants agressés au couteau. Ce ne sont plus les épées ou les bâtons du temps de Shāntideva, mais c'est extrêmement regrettable et inquiétant quand même !


Ensuite, Shāntideva nous explique qu'on n'enseigne pas à une femme seule sans son mari ou un membre de sa famille présent dans la même pièce. Aujourd'hui, cela paraît complètement daté, mais dans le contexte culturel où a vécu Shāntideva, cela faisait sens, surtout que Shāntideva était un moine bouddhiste qui n'était certainement pas censé rester en présence de la gente féminine.




*****



Ensuite, les deux strophes suivantes me posent véritablement problème : disons-le de but en blanc, je ne suis pas du tout d'accord avec les idées de Shāntideva. Que dit-il ? On ne devrait pas enseigner le Dharma aux « êtres médiocres » ? Qui sont ces êtres médiocres ? On ne le saura pas. Le bouddhisme du Grand Véhicule postule pourtant que tous les êtres sensibles ont la nature-de-Bouddha. Donc en théorie, on doit avoir pour objectif d'enseigner le Dharma ou, au moins, une partie du Dharma à tout le monde, quel que soit les moyens de ces êtres. En pratique, il faudra parfois adapter son enseignement ou aller au plus simple pour des personnes handicapées mentales par exemple ; mais l'esprit d’Éveil devrait nous interdire d'exclure qui que ce soit de l'enseignement du Bouddha, la chose la plus sacrée pour nous.


Il y a bien sûr des gens qui ne veulent pas écouter le message du Bouddha, des gens qui sont contre, des gens qui nous méprisent, des gens qui nous critiquent. Ceux-là n'iront de toute façon à nos enseignements sur le Dharma ! Mais même avec eux, on ne devrait pas renoncer à délivrer la parole du Bouddha, ne serait-ce que par compassion. Il faut se faire à l'idée qu'ils ne nous écouteront pas et qu'ils ne rateront aucune occasion pour nous manquer de respect. Mais notre motivation devrait être de leur proposer l'enseignement du Bouddha dès qu'une occasion se présente ou qu'un débat se produit. Le Dharma est aussi une affaire de persévérance dans l'amour bienveillant.


Ensuite, Shāntideva parle de Dharma inférieur et de Dharma supérieur ; comprenez : le bouddhisme dit du Petit Véhicule (Hīnayāna) est le Dharma inférieur, et le Dharma supérieur et vaste est le Grand Véhicule (Mahāyāna). Shāntideva pense que c'est une faute d'enseigner le Petit Véhicule à quelqu'un qui est capable d'entendre le Grand Véhicule.


Je pense que c'est une erreur grossière et catastrophique de réduire l'enseignement du bouddhisme dit du Petit Véhicule à un enseignement inférieur et méprisable. Dans l'enseignement du bouddhisme dit du Petit Véhicule, vous trouverez les discours que le Bouddha historique a réellement tenu en son temps, de son vivant. Comment des bouddhistes peuvent-ils rabaisser cet enseignement ? Mesure-t-on seulement l'ampleur de la catastrophe ? Comment les bouddhistes du Grand Véhicule ont-ils pu discréditer à ce point la parole même du Bouddha ? Ce sont des enseignements incroyables pour une Voie incroyables, et vous venez dire que ce sont des petits enseignements ! Misérables imbéciles !


Quand vous lisez un soûtra du bouddhisme dit du Petit Véhicule, vous devriez le lire en ayant la ferme conviction que ce soûtra peut amener vers la sagesse la plus haute et le plein Éveil ! Arrêtez de calomnier la parole du Bouddha !


Attention ! Je ne rejette pas a priori les soûtras du Grand Véhicule, je les lis, je les étudie, et je m'en inspire ; mais je déteste le fait que ceux-ci soient pollués (je dis bien : pollués) par des considérations méprisantes envers le bouddhisme dit du Petit Véhicule. Vraiment, il est temps de faire le ménage dans le bouddhisme du Grand Véhicule. Mahâyânistes de tous les pays, arrêtez de mépriser les enseignements originaux du Bouddha !




*****




Enfin, Shāntideva dit qu'il ne faut pas abandonner la conduite noble et sa motivation qui est de venir en aider à tous les êtres du monde. Dans cet esprit, il ne faut surtout pas les enseignements et les pratiques spirituelles à des fins détournées : chercher uniquement à s'enrichir, chercher à se faire valoir dans la société, chercher à tromper son monde en manipulant les concepts des soûtras pour leur faire dire n'importe quoi. Tout cela doit être proscrit : on devrait enseigner le Dharma pour libérer les êtres !








Le reste du commentaire du Bodhisattvacaryāvatāra de Shāntideva: 


Chapitre I : Les bienfaits de l'esprit d'Eveil


Chapitre II: Le dévoilement des fautes


Chapitre III : La prise de l'esprit d'Eveil


Chapitre IV : L'attention


Chapitre V: 

- La garde de la vigilance (V, introduction)

- La garde de la vigilance (V, 1 à 5)

- La garde de la vigilance (V, 6 à 8)

- La garde de la vigilance (V, 9 à 14)

- La garde de la vigilance (V, 15 à 18)

- La garde de la vigilance (V, 24 à 29)

- La garde de la vigilance (V, 30 à 33)

- La garde de la vigilance (V, 34 à 38)

- La garde de la vigilance (V, 39 à 42)

- La garde de la vigilance (V, 43 & 44)

- La garde de la vigilance (V, 45 à 53)

- La garde de la vigilance (V, 54 à 58)

- La garde de la vigilance (V, 59 & 60)

- La garde de la vigilance (V, 61 à 67)

- La garde de la vigilance (V, 68 à 70)

- La garde de la vigilance (V, 71 à 73)

- La garde de la vigilance (V, 74 et 75)

- La garde de la vigilance (V, 76 à 78)

- La garde de la vigilance (V, 79 & 80)

- La garde de la vigilance (V, 81 à 84)

- La garde de la vigilance (V, 85 à 87)



- La garde de la vigilance (V, 91 - 95)


Chapitre V: La garde de la vigilance





Deux traductions peuvent être trouvées en langue française du Bodhicaryāvatāra
- « La marche vers l'Éveil », Comité Padmakara, Saint-Léon-sur-Vézère (France), 2007 (2e édition), 
- « Vivre en héros pour l'Éveil », Georges Driessens, Seuil/Points Sagesse, Paris, 1993.





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vendredi 18 septembre 2026

La garde de la vigilance (V, 85 à 87)

 

La garde de la vigilance (V, 85 à 87)

Commentaire du Bodhisattvacaryāvatāra de Shāntideva


85. Je partagerai (ma nourriture) entre ceux tombés (dans les existences douloureuses)

Ceux privés de protection et les pratiquants ;

Je mangerai avec modération

Et donnerai tout, hormis les trois robes de moine.


86. Je ne détériorerai pas pour des vétilles

Le corps utilisé pour le saint Dharma ;

En agissant ainsi,

Les souhaits des êtres seront rapidement exaucés.


87. Tant que l'esprit de compassion est impur,

Je m'abstiendrai de faire don de mon corps ;

Par contre, dans cette vie et les suivantes,

Je l'offrirai en tant que cause pour l'accomplissement du grand dessein.





Julee Resuggan






Shāntideva revient ici à notre relation au corps. On devrait d'abord partager notre nourriture 1°) à ceux qui sont tombés, 2°) à ceux qui sont dans la détresse, 3°) aux pratiquants du Dharma. Ceux qui sont tombés peut vouloir dire les créatures infernales. Je pense que cela peut vouloir dire aussi les personnes qui sont tombés dans un mauvais style de vie, les toxicomanes par exemple. Il faut les aider quand bien même ils ne méritent pas nécessairement l'aide ou la nourriture qu'ils reçoivent. Ceux qui sont dans la détresse et ont besoin de notre protection, cela se comprend plus facilement dans une éthique du partage et de la solidarité. Aider les pauvres et les personnes fragiles ou sans défense, cela coule de source comme principe moral. Néanmoins, il est important de se rappeler que le sens de l'humanité nous oblige à fournir de la nourriture et des objets de première nécessité à ceux qui mènent une mauvaise vie et qui sont dans le besoin du fait même de cette mauvaise vie.


Aider et partager avec les autres pratiquants du Dharma est absolument essentiel. Nous devons nous entraider. Aider matériellement quelqu'un qui fait une retraite spirituelle ou qui consacre sa vie à la méditation est une excellente chose dont les mérites sont immenses. Cela aide à la propagation du Dharma dans le monde et soulage lemonde de sa souffrance.



NB : Le comité Padmakara traduit différemment les deux premiers vers de cette strophe 85 :

« Partagez avec les animaux, les sans-protecteurs

Et ceux qui se livre à une ascèse ».


Shāntideva demande également de manger avec modération. Il ne soucie pas vraiment de votre ligne ; mais dans un contexte où la nourriture est rare et où beaucoup de gens meurent de fin comme c'était le cas dans l'Inde du VIIIème siècle, manger beaucoup privent d'autres personnes de nourriture. Par ailleurs, il recommande aussi de ne posséder que les trois robes qui servent de vêtement aux moines bouddhistes. Tout le reste est superflu, et il faut cultiver le détachement par rapport à nos possessions.


Il ne faut pas non plus abîmer le corps pour des choses qui ne seraient pas essentielles, comme faire des choses dangereuses pour s'amuser comme les gens qui sautent d'une falaise pour les sensations extrêmes que cela procure. Nous avons un corps, et maintenir ce corps en état de marche pour faire des choses utiles au bien-être des autres et à l'enseignement du Dharma.


Enfin, Shāntideva pense qu'il ne faut pas sacrifier son corps tant que nous n'avons pas développé une compassion parfaite, sans trace d'ego, sans misérabilisme et sans attachement. Dans les histoires des vies antérieures du Bouddha, les Jātakas, mais aussi dans les hagiographie de grands maîtres bouddhistes comme Nāgārjuna, des sages offrent leur corps comme une nourriture pour des léopards ou d'autres animaux ; parfois, ils donnent leur tête parce que quelqu'un leur a demandé ou ils donnent leur bras pour prouver le sérieux de leur engagement spirituel. En substance, ce que dit Shāntideva, c'est qu'il ne faut pas faire cela tant qu'on n'est pas prêt à ce sacrifice extrême. Mais quand on atteint un niveau suffisant de compassion allié au détachement et à la conscience de la vacuité d'existence propre des phénomènes, alors là, il ne faut pas hésiter à sacrifier notre corps. Ce don du corps devient selon Shāntideva : « une cause pour l'accomplissement du grand dessein ».


J'en doute fortement personnellement. D'abord, ces histoires de sacrifier son corps, y compris pour des animaux, sont surtout des histoires, des contes racontés pour notre édification, mais jamais un élément d'une biographie un peu sérieuse ! Les vies antérieures du Bouddha que l'on est obligé de croire sur parole sans vérification possible, mais pas la vie du Bouddha elle-même. Pareillement, dans le cas de Nāgārjuna et d'autres mahāsiddhas, on a des histoires légendaires sans réelle consistance biographique. Des fables, somme toute.


Je pense qu'il est moralement louable de sacrifier sa vie dans certaines conditions extrêmes comme sauver des enfants dans un incendie. Il est aussi moralement louable de donner son sang à la Croix-Rouge, voire même de donner un rein pour qu'une autre personne puisse vivre. Mais je ne pense pas qu'il faille donner son corps tout entier ou des membres de son corps pour que des lions survivent dans la savane ou pour une raison plus absurde encore.








Le reste du commentaire du Bodhisattvacaryāvatāra de Shāntideva: 


Chapitre I : Les bienfaits de l'esprit d'Eveil


Chapitre II: Le dévoilement des fautes


Chapitre III : La prise de l'esprit d'Eveil


Chapitre IV : L'attention


Chapitre V: 

- La garde de la vigilance (V, introduction)

- La garde de la vigilance (V, 1 à 5)

- La garde de la vigilance (V, 6 à 8)

- La garde de la vigilance (V, 9 à 14)

- La garde de la vigilance (V, 15 à 18)

- La garde de la vigilance (V, 24 à 29)

- La garde de la vigilance (V, 30 à 33)

- La garde de la vigilance (V, 34 à 38)

- La garde de la vigilance (V, 39 à 42)

- La garde de la vigilance (V, 43 & 44)

- La garde de la vigilance (V, 45 à 53)

- La garde de la vigilance (V, 54 à 58)

- La garde de la vigilance (V, 59 & 60)

- La garde de la vigilance (V, 61 à 67)

- La garde de la vigilance (V, 68 à 70)

- La garde de la vigilance (V, 71 à 73)

- La garde de la vigilance (V, 74 et 75)

- La garde de la vigilance (V, 76 à 78)

- La garde de la vigilance (V, 79 & 80)

- La garde de la vigilance (V, 81 à 84)



- La garde de la vigilance (V, 88 à 90)

- La garde de la vigilance (V, 91 - 95)



Chapitre V: La garde de la vigilance





Deux traductions peuvent être trouvées en langue française du Bodhicaryāvatāra
- « La marche vers l'Éveil », Comité Padmakara, Saint-Léon-sur-Vézère (France), 2007 (2e édition), 
- « Vivre en héros pour l'Éveil », Georges Driessens, Seuil/Points Sagesse, Paris, 1993.



Pour des traductions des Jātakas, voir notamment :
Kshemendra, "La liane magique", éditions Pamakara, Saint-Léon-sur-Vézère, France, 2001 




Pour des récits hagiographiques de la vie des Mahasiddhas: 
Abhayadatta, "Mahasiddhas, vies de 84 sages de l'Inde", éditions Padmakara, Saint-Léon-sur-Vézère, France, 2003.




 



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