La patience (VI, 14 à 16)
Commentaire du Bodhisattvacaryāvatāra de Shāntideva
14. Il n'est rien qui, par l'accoutumance,
Ne devienne aisé.
Aussi, en vous familiarisant avec de moindres maux,
Apprenez à en supporter de grands.
15. N'a-t-on pas vu cela pour des douleurs inutiles
Comme les piqûres des serpents, de taons,
Les sensations de faim et de soif
Et autres démangeaisons.
16. Je ne serai pas impatient
Avec la chaleur, le froid, la pluie et le vent,
La maladie, l'emprisonnement et les coups,
Sinon le mal augmentera.
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| Richard Avedon - Lauren Hutton et son serpent |
La patience est une belle chose, la patience est une grande chose. Mais c'est le souvent quelque chose dont il est plus facile de parler que de mettre véritablement en pratique. Sera-t-on vraiment capable d'endurer des coups et des brimades quand ceux-ci s’abattront sur nous ? Pourront-on supporter des insultes et des invectives sans broncher ? Est-ce qu'on restera de marbre quand on sera harcelé et malmené de nombreuses heures, voire des jours et des semaines ? Sera-t-on capable de résister aux pensées haineuses et malveillantes quand on subira l'injustice de plein fouet ?
La patience n'est pas quelque chose qu'on a ou qu'on a pas. C'est quelque chose qui s'acquiert progressivement au fil du temps. Lentement, lentement, lentement, on développe cette patience. Il faut commencer par les petites vexations et les petites frustrations pour faire croîtra sa patience, et puis appliquer cette patience à des choses plus graves et plus difficiles à supporter. Commencez à faire preuve de patience quelques minutes en attendant le bus ou le train, apprenez à vous détacher de l'irritation qui monte quand ce bus ou ce train se fait attendre. C'est là un bon de départ. Apprenez à attendre dans des fils d'attente, dans les salles d'attente chez le médecin, sur les bancs en face des guichets de l'administration, dans tous les endroits où il faut attendre et où il est pénible de rester.
Puis, comme le suggère Shantideva, apprendre à rester patient et impassible face à la démangeaison de la piqûre d'un moustique sans vouloir vous venger en écraser le vilain moustique qui vous nargue en vrombissant autour de vous et sans vous gratter frénétiquement non plus ! Progressivement, vous apprendrez à être plus patient face à des paroles pénibles ou déplacées sans emporter et sans partir au quart de tour à la moindre provocation.
C'est seulement alors qu'on pourra envisager la patience dans un contexte comme la maltraitance, l'emprisonnement, une interrogatoire musclé, un passage à tabac et ce genre d'horreurs. Je me souviens d'un moine tibétain qui avait été détenu dans un laogai chinois, les terribles camp de redressement idéologique de la période maoïste pendant dix-neuf ans où les coups était fréquent, la faim était omniprésente et où le travail était particulièrement harassant. On lui avait demandé : « Vous avez eu peur durant cette détention dans des conditions si horribles ?
- Oui, j'ai eu très peur, répondit le moine. J'ai eu très peur de haïr mes tortionnaires. »
Le reste du commentaire du Bodhisattvacaryāvatāra de Shāntideva:
Chapitre I : Les bienfaits de l'esprit d'Eveil
Chapitre II: Le dévoilement des fautes
Chapitre III : La prise de l'esprit d'Eveil
Chapitre V: La garde de la vigilance
Chapitre VI : La patience
NB : Cet article comme tous les autres précédemment sont écrits sans l'aide de l'intelligence artificielle générative. Je suis le seul auteur de ce commentaire.
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| Planche tirée de : "North American herpetology - Philadelphia, J. Dobson 1842" |









