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dimanche 2 août 2026

Sophie Straat et le racisme anti-blanc

 


Le lundi 20 juillet 2026 se produisait la chanteuse néerlandaise Sophie Straat sur la scène du Boomtown Festival dans le cadre des dix jours des fêtes de Gand en Belgique. Lors de la dernière chanson, Sophie Straat a expressément demandé aux hommes blancs cisgenres de reculer au fond pour laisser la place aux personnes racisées, aux femmes et aux personnes LGBTQ+ : « Il n'y a jamais de temps pour la nuance. Nous avons depuis longtemps dépassé l'époque de la nuance. Tous les hommes blancs, derrière ! C'est le moment des filles, des personnes queer et des personnes racisées. Pas de temps pour la nuance : nous sommes déjà trop tard, depuis longtemps trop tard pour la nuance. Tous les hommes blancs derrière, les hommes blancs derrière ! » Cela a suscité un certain tollé d'autant plus qu'elle n'était pas à son coup d'essai : quelques jours plus tôt, il avait déjà fait ce genre de demande à un concert aux Pays-Bas, avec là aussi un tollé au niveau national.











Plus de 200 plaintes ont été adressées à UNIA, comme elle se définit elle-même : l'institution publique belge, interfédérale et indépendante qui lutte contre la discrimination et promeut l’égalité. Et l'affaire a rebondit le jeudi 23 juillet quand UNIA a délivré son jugement : « Circulez, il n'y a rien à voir. Circulez, bonnes gens ! ».


Même s'ils admettent que ces propos peuvent être problématiques, ils ne sont pas caractérisables comme des propos racistes ou sexistes. Unia affirme ainsi dans son communiqué : « Dans sa déclaration, Sophie Straat faisait référence à des critères protégés tels que le genre ("hommes") et la couleur de peau ("blancs ").Pour déterminer s'il s'agit d'une discrimination au sens de la loi, le contexte dans lequel ces déclarations ont été faites est déterminant. Sophie Straat a tenu ces propos à la fin d'une prestation artistique portant un message politique visant à dénoncer les inégalités structurelles.


Selon la jurisprudence de la Cour européenne des droits de l'homme, les expressions artistiques et politiques bénéficient d'une large protection au titre de la liberté d'expression, même lorsqu'elles provoquent, choquent ou blessent. Dans ce contexte, l'appel semble avant tout constituer un geste symbolique destiné à dénoncer des rapports de pouvoir existants, plutôt qu'un véritable appel à l'exclusion. Par ailleurs, rien n'indique que les hommes blancs aient effectivement été exclus du concert ou empêchés de participer aux activités du festival ».



En résumé, UNIA invoque le contexte pour amoindrir la gravité des propos tenus par Sophie Straat. Je ne suis pas certain qu'on chercherait le contexte si un chanteur blanc appelait les Noirs, les Arabes et les pédés à reculer et aller à l'arrière du public. UNIA invoque l'intention de Sophie qui était de « dénoncer les inégalités structurelles ». Depuis quand est-ce une bonne idée de dénoncer des injustices en tenant des propos racistes ? UNIA invoque la liberté d'expression défendue par la Cour Européenne de Justice, mais le racisme ne relève pas de la liberté d'expression en Europe ou en Belgique.



UNIA interprète aussi le geste de Sophie Straat comme une dénonciation des rapports existants, mais cette mansuétude ne touche que ceux qui partagent les mêmes opinions politiques de l'extrême-gauche culturelle woke. UNIA minimise les faits en disant qu'aucun homme blanc n'a été viré du concert ou empêché de participer au festival. Mais en tolérant ces propos, on prépare justement une situation où des milices wokes imposeront ce genre d'exclusion à l'avenir dans les événements culturels de notre pays. Tout comme c'est ce qui se passerait si on laissait des néo-nazis exclure les Blacks et les Arabes de salles de concert et qu'on ne les sanctionnait pas. Ils prendraient de plus en plus la confiance et développeraient un sentiment d'impunité totale.







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Je tire deux conclusions de cette triste histoire :



1°) Il y a un racisme anti-blanc en Belgique. On me dira que ce racisme-là vient d'une Blanche. Oui, mais il y a des Juifs antisémites, des Noirs qui ne supportent pas les Africains, et j'avais un ami marocain qui ne voulait pas fréquenter et travailler pour des Marocains. Il n'en disait que du mal ! Par ailleurs, ce genre d'incidents fait comprendre aux populations immigrées qu'ils peuvent allègrement tenir des propos racistes et d'exclusion des personnes blanches pour peu qu'ils adoptent le charabia woke et invoquent une dénonciation des « structures de domination de la suprématie blanche » pour que leurs discours racistes passent crème pour les agences anti-discrimination du pays.



2°) Plus grave : il y a un racisme systémique anti-blanc en Belgique. Ce qui est grave, ce n'est pas seulement que Sophie Straat puisse impunément tenir des propos racistes dans ses spectacles, c'est officiellement protégée par UNIA, mais aussi par l'institut pour l'égalité des hommes et des femmes de Belgique. La situation est la même aux Pays-Bas puisque l'agence de lutte néerlandaise contre la discrimination a tenu un argumentaire très similaire à celui d'UNIA. Cela signifie que le système cautionne et valide ces propos racistes d'un point de vue légal. C'est une conséquence de l'influence de l'idéologie très présente dans les milieux bourgeois universitaires qui se retournent de manière haineuse contre les populations de souche de l'Europe.





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Une fois que j'ai dit cela, il reste aux gauchistes wokes à me traiter de « sale fasciste » puisque c'est généralement l'extrême-droite qui dénonce le racisme anti-blanc. Je dirais simplement que je suis de gauche et qu'admettre l'existence du racisme anti-blanc ne fait pas de vous un membre de l'extrême-droite. Je pense même que la dénégation systématique de cette réalité a largement discrédité la gauche comme une idéologie qui ne voit pas le réel.



Une fois que l'on a admis que cet racisme anti-blanc existe, on n'est pas obligé de cautionner les réactions de l'extrême-droite et du nationalisme. On reconnaît le problème et on essaye d'apporter une solution plus mesurée et intelligente que ce que proposent les partisans d'extrême-droite. Les jours qui ont suivi les déclarations fracassantes de Sophie Straat, on a retrouvé un slogan sur un bout de tissu visible de l'autoroute vers la mer à Drongen, tout près de Gand : « Alle bruine mannen naar achteren ! » En français : « Tous les hommes basanés à l'arrière ! »









Est-il nécessaire de rappeler que le racisme des uns ne justifie en aucune façon le racisme des autres ? Ce n'est pas parce que vous avez subi du racisme anti-blanc et que vous êtes blanc que vous avez le droit moral de tenir à votre tour des propos racistes à l'encontre d'autres communautés. Ou que vous êtes légitime tout d'un coup à défendre une idéologie raciste.



Toute à la fin de son concert, Sophie Straat a déclaré : « Faites confiance à votre propre expérience. Si vous ne l’avez pas, faites confiance à votre humanité. Mettez-vous à la place des autres. À partir de maintenant, seulement de l’amour ». Je suis tout à fait d'accord avec elle : plus d'empathie, plus d'amour, plus de bienveillance, qu'on se mette à la place de l'autre, qu'on cherche à mieux comprendre les autres. Tout cela est très bien. Je cautionne, je valide. Mais il faut juste que Sophie Straat applique à elle-même ses propres conseils pour qu'on aille vers un monde meilleur !



Frédéric Leblanc, Liège, 2 août 2026










Comptes-rendus dans la presse & vidéos


Les déclarations litigieuses de Sophie Straat




Le même genre de déclaration aux Pays-Bas (festival Best Secret Kept) : 

Es-tu une femme ? Es-tu queer ? Es-tu de couleur ? Avance. 

Hommes blancs. Hommes blancs, reculez. Hommes blancs, reculez.







Tous les hommes blancs à l’arrière”: une chanteuse néerlandaise crée la polémique aux Fêtes de Gand (7 sur 7, 23 juillet 2026)

https://www.7sur7.be/musique/tous-les-hommes-blancs-a-larriere-une-chanteuse-neerlandaise-cree-la-polemique-aux-fetes-de-gand~a9dbabbc/


Retour sur les propos de Sophie Straat lors des Gentse Feesten (réponse d'UNIA, 29 juillet 2026)

https://www.unia.be/fr/actua/terugblik-op-uitspraak-sophie-straat-gentse-feesten



Signalements à la suite de la prestation de Sophie Straat aux Fêtes de Gand (réponse de l'Institut pour l'égalité des hommes et des femmes, 23 juillet 2026)

https://igvm-iefh.belgium.be/fr/actualites/signalements-la-suite-de-la-prestation-de-sophie-straat-aux-fetes-de-gand


Meldingen overs Sophie Straat (Signalement à propos de Sophie Straat, réponse de l'institut néerlandais contre la discrimination)

https://discriminatie.nl/blog/meldingen-over-sophie-straat/




Vidéo du journal flamand Nieuwsblad





Traduction :

Sophie Straat : Tous les hommes blancs doivent se mettent à l'arrière.

Commentaire : la demande de Sophie Straat a créé de l'émoi et 200 plaintes ont été envoyées à UNIA (l'agence qui lutte contre les discriminations en Belgique et l'égalité des chances). À la fin du concert, la chanteuse néerlandaise a demandé aux hommes blancs de se mettre à l'arrière afin de faire de la place aux femmes, aux personnes de couleur et queers pour un mosh pit temporaire (NB : un mosh pit est une danse à l'avant de la scène où tout le monde se bouscule. De mon temps, on appelait ça un pogo). L'intention était de donner de la place à des groupes qui subissent un exclusion structurelle. Son discours pointait aussi du doigt les personnes privilégiées pour leur sexe assigné et pour leur couleur de peau. Cela a mené à toute une série de signalements auprès d'UNIA. Mais selon le centre de l'égalité des chances (NB : l'ancien nom d'UNIA), il n'y a aucun indice que des hommes blancs ont été réellement exclu lors de ce concert. UNIA a invoqué des décisions de la Cour Européenne des Droits de l'Homme : « Les expressions politiques et artistiques bénéficient d'une large protection pour leur liberté d'expression, même que celles-ci provoquent, choquent ou blessent certaines personnes. Cette protection n'est pas pour autant illimitée : seuls des appels concrets à la discrimination, à l'exclusion et à la haine peuvent limiter cette liberté d'expression. Mais dans ce cas, le centre UNIA ne voit pas de raison de poursuivre plus loin.





Lire également : 

- Crépol et le racisme anti-blanc






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