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dimanche 2 août 2026

Sophie Straat et le racisme anti-blanc

 


Le lundi 20 juillet 2026 se produisait la chanteuse néerlandaise Sophie Straat sur la scène du Boomtown Festival dans le cadre des dix jours des fêtes de Gand en Belgique. Lors de la dernière chanson, Sophie Straat a expressément demandé aux hommes blancs cisgenres de reculer au fond pour laisser la place aux personnes racisées, aux femmes et aux personnes LGBTQ+ : « Il n'y a jamais de temps pour la nuance. Nous avons depuis longtemps dépassé l'époque de la nuance. Tous les hommes blancs, derrière ! C'est le moment des filles, des personnes queer et des personnes racisées. Pas de temps pour la nuance : nous sommes déjà trop tard, depuis longtemps trop tard pour la nuance. Tous les hommes blancs derrière, les hommes blancs derrière ! » Cela a suscité un certain tollé d'autant plus qu'elle n'était pas à son coup d'essai : quelques jours plus tôt, il avait déjà fait ce genre de demande à un concert aux Pays-Bas, avec là aussi un tollé au niveau national.











Plus de 200 plaintes ont été adressées à UNIA, comme elle se définit elle-même : l'institution publique belge, interfédérale et indépendante qui lutte contre la discrimination et promeut l’égalité. Et l'affaire a rebondit le jeudi 23 juillet quand UNIA a délivré son jugement : « Circulez, il n'y a rien à voir. Circulez, bonnes gens ! ».


Même s'ils admettent que ces propos peuvent être problématiques, ils ne sont pas caractérisables comme des propos racistes ou sexistes. Unia affirme ainsi dans son communiqué : « Dans sa déclaration, Sophie Straat faisait référence à des critères protégés tels que le genre ("hommes") et la couleur de peau ("blancs ").Pour déterminer s'il s'agit d'une discrimination au sens de la loi, le contexte dans lequel ces déclarations ont été faites est déterminant. Sophie Straat a tenu ces propos à la fin d'une prestation artistique portant un message politique visant à dénoncer les inégalités structurelles.


Selon la jurisprudence de la Cour européenne des droits de l'homme, les expressions artistiques et politiques bénéficient d'une large protection au titre de la liberté d'expression, même lorsqu'elles provoquent, choquent ou blessent. Dans ce contexte, l'appel semble avant tout constituer un geste symbolique destiné à dénoncer des rapports de pouvoir existants, plutôt qu'un véritable appel à l'exclusion. Par ailleurs, rien n'indique que les hommes blancs aient effectivement été exclus du concert ou empêchés de participer aux activités du festival ».



En résumé, UNIA invoque le contexte pour amoindrir la gravité des propos tenus par Sophie Straat. Je ne suis pas certain qu'on chercherait le contexte si un chanteur blanc appelait les Noirs, les Arabes et les pédés à reculer et aller à l'arrière du public. UNIA invoque l'intention de Sophie qui était de « dénoncer les inégalités structurelles ». Depuis quand est-ce une bonne idée de dénoncer des injustices en tenant des propos racistes ? UNIA invoque la liberté d'expression défendue par la Cour Européenne de Justice, mais le racisme ne relève pas de la liberté d'expression en Europe ou en Belgique.



UNIA interprète aussi le geste de Sophie Straat comme une dénonciation des rapports existants, mais cette mansuétude ne touche que ceux qui partagent les mêmes opinions politiques de l'extrême-gauche culturelle woke. UNIA minimise les faits en disant qu'aucun homme blanc n'a été viré du concert ou empêché de participer au festival. Mais en tolérant ces propos, on prépare justement une situation où des milices wokes imposeront ce genre d'exclusion à l'avenir dans les événements culturels de notre pays. Tout comme c'est ce qui se passerait si on laissait des néo-nazis exclure les Blacks et les Arabes de salles de concert et qu'on ne les sanctionnait pas. Ils prendraient de plus en plus la confiance et développeraient un sentiment d'impunité totale.







*****







Je tire deux conclusions de cette triste histoire :



1°) Il y a un racisme anti-blanc en Belgique. On me dira que ce racisme-là vient d'une Blanche. Oui, mais il y a des Juifs antisémites, des Noirs qui ne supportent pas les Africains, et j'avais un ami marocain qui ne voulait pas fréquenter et travailler pour des Marocains. Il n'en disait que du mal ! Par ailleurs, ce genre d'incidents fait comprendre aux populations immigrées qu'ils peuvent allègrement tenir des propos racistes et d'exclusion des personnes blanches pour peu qu'ils adoptent le charabia woke et invoquent une dénonciation des « structures de domination de la suprématie blanche » pour que leurs discours racistes passent crème pour les agences anti-discrimination du pays.



2°) Plus grave : il y a un racisme systémique anti-blanc en Belgique. Ce qui est grave, ce n'est pas seulement que Sophie Straat puisse impunément tenir des propos racistes dans ses spectacles, c'est officiellement protégée par UNIA, mais aussi par l'institut pour l'égalité des hommes et des femmes de Belgique. La situation est la même aux Pays-Bas puisque l'agence de lutte néerlandaise contre la discrimination a tenu un argumentaire très similaire à celui d'UNIA. Cela signifie que le système cautionne et valide ces propos racistes d'un point de vue légal. C'est une conséquence de l'influence de l'idéologie très présente dans les milieux bourgeois universitaires qui se retournent de manière haineuse contre les populations de souche de l'Europe.





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Une fois que j'ai dit cela, il reste aux gauchistes wokes à me traiter de « sale fasciste » puisque c'est généralement l'extrême-droite qui dénonce le racisme anti-blanc. Je dirais simplement que je suis de gauche et qu'admettre l'existence du racisme anti-blanc ne fait pas de vous un membre de l'extrême-droite. Je pense même que la dénégation systématique de cette réalité a largement discrédité la gauche comme une idéologie qui ne voit pas le réel.



Une fois que l'on a admis que cet racisme anti-blanc existe, on n'est pas obligé de cautionner les réactions de l'extrême-droite et du nationalisme. On reconnaît le problème et on essaye d'apporter une solution plus mesurée et intelligente que ce que proposent les partisans d'extrême-droite. Les jours qui ont suivi les déclarations fracassantes de Sophie Straat, on a retrouvé un slogan sur un bout de tissu visible de l'autoroute vers la mer à Drongen, tout près de Gand : « Alle bruine mannen naar achteren ! » En français : « Tous les hommes basanés à l'arrière ! »









Est-il nécessaire de rappeler que le racisme des uns ne justifie en aucune façon le racisme des autres ? Ce n'est pas parce que vous avez subi du racisme anti-blanc et que vous êtes blanc que vous avez le droit moral de tenir à votre tour des propos racistes à l'encontre d'autres communautés. Ou que vous êtes légitime tout d'un coup à défendre une idéologie raciste.



Toute à la fin de son concert, Sophie Straat a déclaré : « Faites confiance à votre propre expérience. Si vous ne l’avez pas, faites confiance à votre humanité. Mettez-vous à la place des autres. À partir de maintenant, seulement de l’amour ». Je suis tout à fait d'accord avec elle : plus d'empathie, plus d'amour, plus de bienveillance, qu'on se mette à la place de l'autre, qu'on cherche à mieux comprendre les autres. Tout cela est très bien. Je cautionne, je valide. Mais il faut juste que Sophie Straat applique à elle-même ses propres conseils pour qu'on aille vers un monde meilleur !



Frédéric Leblanc, Liège, 2 août 2026










Comptes-rendus dans la presse & vidéos


Les déclarations litigieuses de Sophie Straat




Le même genre de déclaration aux Pays-Bas (festival Best Secret Kept) : 

Es-tu une femme ? Es-tu queer ? Es-tu de couleur ? Avance. 

Hommes blancs. Hommes blancs, reculez. Hommes blancs, reculez.







Tous les hommes blancs à l’arrière”: une chanteuse néerlandaise crée la polémique aux Fêtes de Gand (7 sur 7, 23 juillet 2026)

https://www.7sur7.be/musique/tous-les-hommes-blancs-a-larriere-une-chanteuse-neerlandaise-cree-la-polemique-aux-fetes-de-gand~a9dbabbc/


Retour sur les propos de Sophie Straat lors des Gentse Feesten (réponse d'UNIA, 29 juillet 2026)

https://www.unia.be/fr/actua/terugblik-op-uitspraak-sophie-straat-gentse-feesten



Signalements à la suite de la prestation de Sophie Straat aux Fêtes de Gand (réponse de l'Institut pour l'égalité des hommes et des femmes, 23 juillet 2026)

https://igvm-iefh.belgium.be/fr/actualites/signalements-la-suite-de-la-prestation-de-sophie-straat-aux-fetes-de-gand


Meldingen overs Sophie Straat (Signalement à propos de Sophie Straat, réponse de l'institut néerlandais contre la discrimination)

https://discriminatie.nl/blog/meldingen-over-sophie-straat/




Vidéo du journal flamand Nieuwsblad





Traduction :

Sophie Straat : Tous les hommes blancs doivent se mettent à l'arrière.

Commentaire : la demande de Sophie Straat a créé de l'émoi et 200 plaintes ont été envoyées à UNIA (l'agence qui lutte contre les discriminations en Belgique et l'égalité des chances). À la fin du concert, la chanteuse néerlandaise a demandé aux hommes blancs de se mettre à l'arrière afin de faire de la place aux femmes, aux personnes de couleur et queers pour un mosh pit temporaire (NB : un mosh pit est une danse à l'avant de la scène où tout le monde se bouscule. De mon temps, on appelait ça un pogo). L'intention était de donner de la place à des groupes qui subissent un exclusion structurelle. Son discours pointait aussi du doigt les personnes privilégiées pour leur sexe assigné et pour leur couleur de peau. Cela a mené à toute une série de signalements auprès d'UNIA. Mais selon le centre de l'égalité des chances (NB : l'ancien nom d'UNIA), il n'y a aucun indice que des hommes blancs ont été réellement exclu lors de ce concert. UNIA a invoqué des décisions de la Cour Européenne des Droits de l'Homme : « Les expressions politiques et artistiques bénéficient d'une large protection pour leur liberté d'expression, même que celles-ci provoquent, choquent ou blessent certaines personnes. Cette protection n'est pas pour autant illimitée : seuls des appels concrets à la discrimination, à l'exclusion et à la haine peuvent limiter cette liberté d'expression. Mais dans ce cas, le centre UNIA ne voit pas de raison de poursuivre plus loin.





Lire également : 

- Crépol et le racisme anti-blanc






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samedi 1 août 2026

Crépol et le racisme anti-blanc

 


Je voudrais réagir à une vidéo où le média d'extrême-gauche Blast donne la parole au sociologue institutionnel Eric Fassin 1 et où il réagit à la décision de la justice d'inculper les prévenus de l'affaire de Crépol de « crimes racistes ». Pour rappel, en 2023 dans le village de Crépol dans la Drôme, le jeune Thomas Perroto (16 ans) avait été poignardé lors d'une rixe où les assaillants auraient tenu des propos racistes : « On est là pour planter des blancs ». Deux autres jeunes hommes ont été grièvement blessés ce soir-là. Eric Fassin conteste cette qualification de racisme et voit là l'influence grandissante de l'extrême-droite.


Eric Fassin explique que la racisme naît en dépendance d'un « contexte » et d'une « Histoire ». Il nous dit (à 3'35) : « Le concept de racisme dans les sciences sociales a un sens. Ce n'est pas simplement un individu face à un autre individu, ou un groupe d'individus face à un autre groupe d'individus. C'est quelque chose qui renvoie à un contexte ou à une Histoire ou aux deux. Et les deux sont souvent mêlés. (Ils donnent des exemples) Ce qui est à peu près évident pour tout le monde, c'est que les images et les mots ne parlent pas tout seul. Ils s'inscrivent dans toute une Histoire. C'est pourquoi nous pouvons facilement reconnaître l'antisémitisme ou le racisme ou l'islamophobie. Cela nous rappelle des choses. Et cela rappelle plus souvent des choses aux personnes dont c'est l'Histoire qu'à d'autres qui ignorant cette Histoire ».


Deux choses à dire :


- 1°) On passe sous silence le racisme comme acte moral ou attitude morale, c'est-à-dire le racisme dans sa dimension première, quand je dévalorise de mon propre chef une personne ou un groupe de personnes du fait de sa race, de son ethnie, de sa nationalité, de sa région, du groupe auquel cette personne appartient. Je dis que c'est la dimension première du racisme parce qu'il repose sur mon sentiment d'identification à un groupe et mon sentiment de rejet par rapport à « eux », ceux qui ne font pas partie de ce groupe. Ce racisme-là est présent en chaque être humain depuis la nuit des temps, depuis que les humains ou avant les hominidés forment des groupes et voient dans les autres groupes une menace directe (ils risquent de nous attaquer) ou une menace pour l'exploitation des ressources (ils vont nous voler notre mammouth).


Bien sûr, le racisme peut être excité par l’État, amplifié et renforcé. Il peut y avoir un discours qui en fait la propagande, qui le justifie avec des arguments qui semblent « rationnels » ou qui le dissémine dans la culture ambiante. Ce qui fait que les individus se sentiront d'autant plus légitimes à soutenir ce discours raciste, à avoir des attitudes racistes, à prononcer des paroles racistes ou à perpétrer des actes racistes.


Ainsi du XVIème siècle au XIXème siècle, tout le discours sur les bons et les mauvais sauvages, les essais soi-disant scientifiques de classification des races et de hiérarchisation des races dans la foulée de l'expansion coloniale et de l'esclavagisme des sociétés occidentales de cette période. Bien sûr que le contexte social et historique est important pour comprendre pourquoi aujourd'hui le racisme est majoritairement considéré moralement comme mauvais alors qu'il aurait semblé parfaitement naturel à un Occidental du XIXème siècle pétris d'idée de supériorité de race.


Mais ce n'est pas pour autant que l'on peut gommer le racisme dans sa dimension morale, d'un individu à l'encontre d'un autre individu ou d'un groupe d'individus à l'encontre d'un autre groupe d'individus. Au commencement et à la fin, il y a toujours des individus qui, dans leur tête, détestent d'autres individus parce qu'ils les assimilent à un autre groupe d'individus, les considèrent comme foncièrement mauvais, inférieur, mal élevé, etc...


On me dira que le concept de racisme vient d'un contexte historique que j'ai rapidement évoqué : la hiérarchisation soi-disant scientifique des races. Ce serait « l'origine » du racisme, et « l'invention » du racisme se serait produite avec les zoos humains au XIXème siècle. On aurait « inventé » le sauvage à cette époque pour faire venir en masse les spectateurs pour ces shows de peuples primitifs. Je pense que cette idée doit vraiment être combattue : non, le racisme existait bien avant la hiérarchisation soi-disant scientifique des races.


Aristote considérait les peuples non-grecs comme des barbares et les Grecs comme un peuple supérieur, libre et naturellement disposé à dominer les autres peuples. Les Chinois voyaient les autres peuples aussi comme des barbares dont il fallait se protéger. D'où l'idée de la Grande Muraille de Chine. Dans le caractère guo qui désigne un pays en chinois et qui a donné Zhongguo 中国 , le « Pays du Milieu », c'est-à-dire la Chine, vous avez l'enceinte d'une muraille tout autour du caractère : c'est-à-dire la séparation xénophobe entre « nous » et « eux » encore et toujours.


Les Occidentaux n'ont pas inventé le racisme, ils ont peut-être créé le mot, mais pas la chose. La hiérarchisation pseudo-scientifique des races n'est pas une origine, mais un redoutable outil de propagande pour répandre et imposer le racisme, et surtout pour justifier l'injustifiable : l'exploitation coloniale, l'esclavagisme ainsi que la ségrégation. Les zoos humains ont été une aberration honteuse et, encore une fois, un outil de propagande pour justifier le bien-fondé idéologique de la « mission civilisatrice et évangélisatrice » des colons d'Occident.


2°) Eric Fassin nous dit qu'il faut regarder le contexte et l'Histoire pour savoir si on est face à du racisme. Mais qui va dire ce contexte ? Qui va dire l'Histoire ? Parce que si le contexte nous est expliqué par Eric Fassin lui-même, on n'est pas prêt de voir du racisme anti-blanc. Un tabassage d'un Blanc en règle ? Des pauvres personnes « racisées » qui se révoltent contre l'oppression systémique du patriarcat blanc cis-genre. Des insultes comme « Sales blancs » ou « sales gwers » ? La libre expression du franc-parler des banlieues contre la domination linguistique fascistes de la bourgeoisie culturelle blanche.


Et pareillement pour l'Histoire. Si on fait appel à un camarade de lutte d'Eric Fassin, l'historien Patrick Boucheron, on aura une Histoire où les Blancs n'ont fait que des horreurs : Auschwitz, Dachau, le génocide des Indiens d'Amérique, l'esclavage, le commerce triangulaire et la traite trans-atlantique, etc... Tandis que les autres peuples « racisés » eux étaient très pacifiques, toujours positifs. Oublié l'esclavage arabo-islamique des peuples d'Afrique, oubliées les invasions mongoles de Gengis Khan et de ses descendants, oubliés les barbaresques qui faisaient des esclaves blancs pour les sultans ottomans sur les cotes de Provence, oubliée la guerre civile des Taipings qui a fait plusieurs dizaines millions de morts dans la Chine du XIXème siècle, etc, etc....



On aura compris que le contexte et l'Histoire servent aux propagandistes de l'idéologie woke se revendiquant des sciences sociales à étouffer toute velléité de dénoncer un racisme anti-blanc alors même que c'est une évidence que de nombreux personnes issus de l'immigration extra-européenne voue une haine profonde aux Européens de souche, une haine complètement raciste. Mais les voyous des banlieues peuvent compter sur la collaboration fidèle des universitaires des sciences humaines pour faire régner un climat de terreur intellectuelle et morale sur cette question. Le dogme doit être maintenu en l'état : seuls les Blancs sont racistes, seuls eux sont homophobes, transphobes et sexistes. (Ce qui en soi est une thèse violemment raciste).


Eric Fassin, dans la vidéo (5' 06''), s'en prend au fait que certains ont dénoncé en 2005 des « ratonnades anti-blancs » : il rappelle à juste titre que le mot « ratonnade » est né dans le contexte de la guerre d'Algérie et qu'il désigne le fait (honteux) que des Algériens étaient parfois passés à tabac dans la France métropolitaine parce qu'Algérien. Si on parle de « ratonnades anti-blancs », c'est précisément par analogie avec le contexte historique : des Blancs sont passés à tabac par des Arabes parce que Blancs ou « gwers » et qu'il y a lieu de s'en inquiéter. Mais avec la grille de lecture d'Eric Fassin, on n'est pas prêt de voir le réel parce qu'il contrevient avec le dogme que le seul racisme est celui des Blancs.


D'où les accusations lancinantes d'extrême-droite dès lors qu'on parle de cette problématique et qu'Eric Fassin ne manque pas de faire tout au long de la vidéo. Le problème est, me semble-t-il : faut-il combattre l'extrême-droite en niant la réalité des choses et racontant des fables ? Le racisme anti-blanc existe. Pourquoi le nier ? C'est comme si je veux combattre le danger que représentent Donald Trump et Benjamin Netanyahu et que j'en venais à la conclusion aberrante que le point commun entre ces deux hommes détestables, c'est qu'ils croient à une Terre ronde et que je me mettais à défendre l'idée absurde de la Terre plate. C'est exactement ce qu'on fait actuellement !


Eric Fassin explique que cela fait longtemps que Jean-Marie Le Pen dénonçait le racisme anti-français. Mais cela n'a rien d'étonnant : quelqu'un de raciste comme lui percevait mieux le racisme des populations immigrées puisqu'il baignait lui-même dans le racisme et cherchait à discréditer le plus possible ces populations. Je précise aussi que la dénonciation du racisme anti-blanc n'est en aucune façon une caution pour le racisme que les Français de souche ou Européens de souche pourraient alimenter à l'encontre des populations immigrées. Le racisme est moralement inacceptable. Point à la ligne.


Eric Fassin explique (à 20') que le racisme anti-blanc est un moyen pour l'extrême-droite de se réapproprier un discours victimaire. Mais la solution, c'est de critiquer ce discours victimaire, pas de nier la réalité de départ !


Directement après (20' 30''), Eric Fassin : « Quand on veut nous empêcher de parler de racisme systémique en disant : "Oh là là, c'est pas comme cela marche parce que c'est pas tout le monde, et c'est pas si grave, etc", c'est-à-dire qu'on ne veut pas comprendre la logique structurelle qui est à l’œuvre, qui va au-delà des insultes, qui va au-delà des agressions individuelles, quand on ne veut pas entendre la notion de racisme systémique. Qu'est-ce qu'on fait ? On est train de dire : "je ne veux pas que vous me parliez de la société". »


C'est un point important et un nœud du problème qu'il faut bien expliquer pour bien montrer toute l'absurdité de la position du sociologue. Comme je l'ai dit plus haut, il y a un racisme au sens moral qui est le fait d'un ou plusieurs individus qui ont des pensées, des paroles, des attitudes et des actes que l'on peut juger « raciste » si ceux-ci discriminent certains groupes et les dévalorisent du seul fait de cette appartenance à un groupe. Ce racisme peut faire l'objet d'une condamnation pour autant que votre système de valeurs morales considèrent qu'il est mal d'adopter des positions racistes. Si vous êtes membre du Ku Klux Klan, vous ne serez peut-être pas très sensible au racisme que subissent les Afro-Américains. Par contre, vous dénoncerez le racisme anti-blanc. Si, par contre, vous êtes un minimum universaliste, toute forme de racisme est condamnable. Et c'est évidemment la position morale que je défends (n'en déplaise à Eric Fassin qui n'aime pas l'universalisme en bon post-moderne woke qu'il est).


Ça, c'est la première forme de racisme : un racisme du fait des individus que la morale peut réprouver. Et puis il y a le racisme systémique qui n'est pas le fait d'individus, mais d'un système comme son nom l'indique. Je vais prendre un exemple pour expliquer ce racisme systémique. Imaginons Karim et Aurélien, deux garçons charmants, bien sous tout rapport, pas racistes pour un sou, qui sont dans la même classe et qui font des études pour devenir banquier. Ils ont tous les deux obtenu exactement le même résultat aux examens et ont tous les deux le même diplôme. Tous les deux recherchent de l'emploi et font exactement le même nombre de démarches pour avoir un job. Seulement, Aurélien vient d'une bonne famille intégrée dans la société tandis que les parents de Karim sont arrivés il y a dix ans en France et n'ont aucune relation. Du fait du capital social de la famille Aurélien, celui-ci est avantagé. D'autant plus qu'il bénéficie d'une meilleure image auprès des recruteurs du fait d'être un Français de souche. Il trouve plus vite un boulot et est mieux payé que Karim.


Aurélien n'est pas du tout raciste du point de vue moral, et il n'a pas mis de bâton dans les roues de Karim. Pour autant, il est favorisé, et Karim subit ici le racisme systémique. Alors pourquoi certaines personnes rejettent-elles la notion de racisme systémique comme s'en plaint Eric Fassin ? Eh bien précisément parce que le racisme systémique est l'arme cachée pour la négation du racisme anti-blanc. Quand les sociologues, les anthropologues, les philosophes ou d'autres tenants des sciences humaines vous racontent qu'il n'existe pas de racisme anti-blanc, il faut comprendre : il n'y a pas de racisme systémique anti-blanc.


Et la question qui vient tout de suite : mais pourquoi, bon dieu de bon sang, n'est-il possible de dire cette phrase précise : il n'y a pas de racisme systémique anti-blanc ? Pourquoi faut-il que les sociologues et les autres ânonnent : il n'y a pas de racisme anti-blanc ? Ce qui est une idiotie totale, il suffit d'assister une fois à un Arabe ou un Black qui vous traite de « sale blanc » pour savoir que le racisme anti-blanc existe parce qu'il existe des gens qui ont des paroles racistes, des attitudes racistes, des actes racistes à l'encontre d'individus blancs.

Les universitaires se targuent d'être précis dans leur formulation conceptuelle. Apparemment non ! La discussion serait beaucoup plus sereine avec la formulation : le racisme systémique anti-blanc n'existe pas (même si je ne suis pas entièrement convaincu par cette formule non plus. J'y reviendrai dans un autre article). Alors pourquoi ce manque de précision ?


Pour une raison très simple : le racisme systémique n'étant pas le fait d'individus, vous ne pouvez pas vous en servir pour condamner des individus avec. Dans l'exemple que j'ai donné, Aurélien n'est pas fautif, même s'il bénéficie du système, et pas Karim. Vous ne pouvez qu'énoncer le problème systémique dans l'espoir que des politiques publiques impersonnelles tentent de résoudre le problème et réduire les « privilèges ». Or, les militants gauchistes veulent pourvoir condamner moralement tous les gens qui n'adhèrent pas à leur déconstruction malsaine et leur wokisme stupide. Ils ont donc cette nécessité de maintenir cette ambiguïté entre racisme individuel et racisme systémique, parce que la racisme individuel est le seul que l'on peut condamner moralement. Pour pouvoir continuer à entretenir la polémique et traiter les gens de « sales racistes », de « sales fachos », « pourritures d'extrême-droite » et de « cancel » les uns et les autres, l'ambiguïté entre les deux formes de racisme doit être entretenue encore et encore.


Ce n'est donc pas du tout que les gens ne veulent pas entendre parler de la société comme le dit Eric Fassin. Pas du tout !!! Ce que les gens sont excédés par un concept qui est dévoyé et rendu flou et incompréhensible par le militantisme malsain qui règne au sein des universités.


Voilà. Eric Fassin dit beaucoup d'autres sottises dans cette même vidéo. Mais il serait vraiment trop long tout débunker. J'en resterai donc ici pour cette fois. À 31' 30, Fassin conclut : « Tout n'est pas pareil. Vous ne pouvez pas traiter de la même manière l'insulte "Sale blanc" et l'insulte qui serait suivie d'un autre mot que blanc ». Considérer les choses ainsi, est-ce que ce n'est pas la définition même du racisme ?




Frédéric Leblanc, Liège, 1er août 2026






1 Race blanche et nation française : Ce que révèle la décision de Crépol (Blast, 1er août 2026)

https://www.youtube.com/watch?v=07tDidfMq7o

(Je précise que j'ai tout regardé et que c'était une purge)








Thomas Perroto (2006 - 2023)