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mercredi 15 avril 2015

Qu'est-ce que la compassion?






      Hier je discutais avec un ami à propos de la méditation ; et nous en sommes venus à parler de la compassion. Il me disait que la compassion était pour lui un idéal dur à atteindre : en écoutant les informations sur le crash de l'avion de la German Wings dans les Alpes il y a deux semaines. Il m'a dit qu'il ne parvenait pas à éprouver une détresse réelle face à cette tragédie car il avait trop de soucis et de tracas dans sa vie. Je lui ai alors répondu que ce n'était pas le but de la compassion. S'il fallait éprouver une détresse écrasante chaque fois que quelque chose de terrible se produit dans le monde, on ne s'en sortirait pas ! Le monde est tellement traversé par les troubles, les drames et la souffrance. Des milliards d'êtres humains souffrent et connaissent la misère en ce moment même ; et je ne parle même pas des animaux qui souffrent le martyre dans tous les coins de la planète.

    Dans la philosophie bouddhiste, la compassion est définie comme le souhait ardent que les êtres sensibles soient libérés de la souffrance et des causes de la souffrance. Cela implique une bonne dose d'empathie car il faut pouvoir comprendre ce que les autres ressentent, mais cela n'implique pas de ressentir la même souffrance ou de se lamenter comme si c'était notre propre mère qui était accablée par les tourments. En fait, dans le bouddhisme, la compassion va de pair avec le détachement. Ce sont les liens d'attachement qui nous emprisonne dans la détresse. Ces liens d'attachement sont les causes de la souffrance. S'en libérer en vivant dans le détachement permet de se libérer de la souffrance elle-même. Il faut commencer par se détacher en se rendant indifférent à soi-même et à ce qui nous arrive de bien ou de mal, puis en se détachant de tout ce qui affecte dans le monde.

mardi 7 avril 2015

lundi 6 avril 2015

Les sons de la vallée, la forme des montagnes

Su Dongpo,
par Zuigan Ryûsei, XVe s.
Les sons de la vallée naissent de la voix énorme du Bouddha
Les formes des montagnes n'est autre que son corps pur.
Les quatre-vingt-quatre mille stances entendus au cours de la nuit,
Comment, le jour venu, les transmettre aux hommes ?

Su Dongpo 蘇東坡












mercredi 18 mars 2015

L'envers et l'endroit d'une feuille

Une feuille d’érable
montre son envers, son endroit
avant de tomber au sol

Ryôkan (1758 – 1831)

mardi 17 mars 2015

La vie est un songe un peu moins inconstant




             Si nous rêvions toutes les nuits la même chose, elle nous affecterait autant que les objets que nous voyons tous les jours. Et si un artisan était sûr de rêver toutes les nuits, douze heures durant, qu'il est roi, je crois qu'il serait presque aussi heureux qu'un roi qui rêverait toutes les nuits, douze heures durant, qu'il serait artisan.

            Si nous rêvions toutes les nuits que nous sommes poursuivis par des ennemis, et agités par ces fantômes pénibles, et qu'on passât tous les jours en diverses occupations, comme quand on fait un voyage, on souffrirait presque autant que si cela était véritable, et on appréhenderait de dormir, comme on appréhende le rêve quand on craint d'entrer dans de tels malheurs en effet. Et en effet il ferait à peu près les mêmes maux que la réalité.

            Mais parce que les songes sont tous différents, et qu'un même se diversifie, ce qu'on y voit affecte bien moins que ce qu'on y voit affecte bien moins que ce qu'on voit en veillant, à cause de la continuité qui n'est pourtant pas si continue et égale qu'elle ne change aussi, mais moins brusquement, si ce n'est rarement, comme quand on voyage; et alors on dit: « Il me semble que je rêve »; car la vie est un songe un peu moins inconstant.

Blaise Pascal, « Pensées », fragment 386 (de l'édition Brunschvig).


dimanche 15 mars 2015

là où la source semble commencer

je marche le long d'un cours d'eau, cherchant sa source
j'arrive là où la source semble commencer, perplexe,
réalisant qu'on atteint jamais la source véritable
appuyé à ma canne, partout autour le murmure de l'eau

Ryokan

samedi 14 mars 2015

Tels les oiseaux qui s'assemblent

Tels les oiseaux qui s'assemblent
Au sommet des arbres la nuit,
Et s'éparpillent dans toutes les directions, l'aube venue,
Les phénomènes sont impermanents
Souviens-t'en et pratique le saint Dharma.

Shabkar (1781-1851), Autobiographie d'un yogi tibétain, éd. Padmakara, Plazac, France, 2014, p. 62.

mardi 3 mars 2015

Le diamant qui coupe les illusions

Comme les étoiles, les lucioles ou une lueur,
Comme l'illusion d'un magicien, une goutte de rosée ou une bulle,
Comme un rêve, un éclair ou un nuage,
Ainsi doit-on voir tous les phénomènes conditionnés.

Soutra de la Perfection de Sagesse du Diamant Coupeur de l’Illusion, Vajracchedikā Prajñāpāramitā Sūtra.