Pages

dimanche 22 mars 2020

Portez un masque ! Portez des gants !



Portez un masque ! Portez des gants !



La gestion de la crise du coronavirus est un échec catastrophique en Europe. Il y a toute une série d'explications à cela, mais une de ces explications est l'incroyable inconscience des Occidentaux par rapport au port du masque et des gants en rue, au travail et dans les lieux publics. Non seulement on n'a pas encouragé à porter ce masque, mais les autorités médicales ainsi que les autorités politiques n'ont cessé de raconter que le masque était inutile, voire contre-productif. Pas plus tard que hier un de mes contacts sur Facebook racontait de manière consternante que les gens qui portent des masques en rue et dans les supermarchés sont « soit des malades, soit des cons » (sic). Le résultat des courses est qu'il y a plus de morts en Italie qu'en Chine. Je rappelle simplement que l'Italie compte 60 millions d'habitants tandis que la Chine en compte plus d'un milliard et demi ! Il y a 25 fois plus de Chinois dans le monde que d'Italiens ! Pourtant, le coronavirus a tué plus d'Italiens que de Chinois, et je ne parle même pas des autres Européens. Nous sommes en-dessous de tout.


Une des causes de cet échec sidéral est l'absence de masques et de gants. Je dis bien que c'est une des causes, certainement pas la seule, mais c'est là une cause importante. Et nous avons négligé de manière criminelle ce bouclier contre la propagation de la maladie. Il faut arrêter immédiatement cet aveuglement collectif. Portons des masques ! Portons des gants ! Si vous n'avez pas de masque puisque nous sommes en pénurie, vous pouvez faire des masques en tissus, on trouve des tutoriels sur YouTube. Si vous n'avez pas le matériel pour coudre ou que vous ne savez pas coudre, portez une écharpe ou un foulard. C'est moins efficace qu'un vrai masque, mais ce sera toujours mieux que rien.


Dans son discours, le président Emmanuel Macron disait que nous sommes en guerre contre le coronavirus. Si l'on poursuit cette métaphore guerrière, nous avons envoyé au front tous nos soldats en les privant de boucliers et en racontant même que les boucliers sont complètement inefficaces pour prévenir les coups d'épée et de lance de l'adversaire ! Tous les guerriers du monde savaient qu'un bouclier ne vous protège pas intégralement des armes de l'ennemi, pourtant toutes les armées du monde ont fourni des boucliers à leurs soldats pour partir sur le champ de bataille. Que penserait-on d'un général qui négligerait de fournir ces protections à ces hommes ? Faisons de même, ne sortons pas sans des masques, sans des foulards et des gants quand nous sommes forcés d'aller travailler ou de faire des courses. Faites-le pour vous-mêmes et faites-le pour autrui !


Et rappelons évidemment que la mesure de mettre un masque et des gants ne dispense pas des autres mesures : distanciation sociale, confinement, hygiène des mains, nettoyage des surfaces en contact avec les doigts et les mains, éternuer ou tousser dans son coude, le diagnostic à grande échelle de la maladie, etc ! Ne négligeons aucune de nos armes et aucune de nos protections si l'on veut vaincre dans cette guerre !




Frédéric Leblanc,
le 22 mars 2020.






Robert Wei



NB: La priorité pour les masques chirurgicaux et les masques ffp2 et ffp3 va bien sûr aux personnes malades et au personnel soignant ainsi qu'au personnes âgées et les personnes à risque plus susceptible d'être gravement atteintes par le coronavirus. Par ailleurs, le vol de masques est un ignominie sans nom ! Soyons solidaires ! 


samedi 21 mars 2020

Méditer par temps de confinement




Méditer par temps de confinement




Ce n'est pas un moment drôle à passer : tout est stressant, les nouvelles sont anxiogènes, et le confinement qu'on nous impose est pour le moins pénible ; et le fait qu'on nous rappelle que le confinement imposé durant la guerre était beaucoup plus dur quand les Allemands bombardaient nos villes ne nous est d'aucune consolation en fait! Je me dis donc que c'est le moment idéal de lâcher prise et de pratiquer la méditation. Et c'est aussi le moment d'en parler !

vendredi 20 mars 2020

L'humanité comme concept





Seul existe l'individu dans sa relation au monde
L'humanité est un concept qui ne recouvre rien
Soutenu pas les débats idéologiques.

Miche,



jeudi 19 mars 2020

Masque ou pas masque ?




Masque ou pas masque ?


Quelques réflexions éparses sur le coronavirus
(2ème partie)


Ce qui frappe quand on regarde des images de la crise du coronavirus en Chine, que ce soit dans l'épicentre même de la contagion, à Wuhan, ou dans des grandes villes comme Pékin ou Shanghai, c'est que tout le monde porte un masque. Et s'il prenait l'envie de sortir en rue sans en mettre, la police est là pour vous rappeler à l'ordre à coup de matraque ! Ce qui frappe quand on se promène dans les rues dans les villes européennes, c'est que quasiment personne n'en met, même pas les médecins !

mercredi 18 mars 2020

Grippe ou apocalypse ?



Grippe ou apocalypse ?


Quelques réflexions éparses sur le coronavirus
(1ère partie)



Comme tout le monde, je suis confronté à cette pandémie de coronavirus, COVID-19 de son nom scientifique. Je voudrais ici commencer quelques réflexions sur cette maladie qui se propage, sur la peur qu'elle peut susciter, peur qui se propage encore plus vite que la virus lui-même ainsi que sur les réactions individuelles ou sociétales à ce problème.

vendredi 28 février 2020

Rien de trop






La formule grecque ΜΗΔΕΝ ΑΓΑΝ (Méden Agan) figurait sur le fronton de l'oracle de Delphes. Elle signifie littéralement « rien de trop ». C'était une formule très célèbre durant l'Antiquité, et c'était pour les Grecs de l'époque une parole de sagesse, comme l'autre formule figurant sur le fronton de l'oracle de Delphes : « Connais-toi toi-même ». « Rien de trop » est pour moi aussi un adage important qui compte dans ma vie et que j'essaye de mettre en pratique dans la vie de tous les jours. J'avais d'ailleurs consacré un article à cette antique sentence, mais pas plus tard que hier, on m'a reproché d'être trop compliqué dans mes explications : « Quelqu'un peut expliquer plus simplement, SVP ?... »

lundi 6 janvier 2020

Ozymandias





J’ai rencontré un voyageur de retour d’une terre antique
Qui m'a dit : « Deux immenses jambes de pierre dépourvues de buste
Se dressent dans le désert. Près d’elles, sur le sable,
À moitié enfoui, gît un visage brisé dont le sourcil froncé,

La lèvre plissée et le rictus de froide autorité
Disent que son sculpteur sut lire les passions
Qui, gravées sur ces objets sans vie, survivent encore
À la main qui les imita et au cœur qui les nourrit.

Et sur le piédestal il y a ces mots :
"Mon nom est Ozymandias, Roi des Rois.
Voyez mon œuvre, ô puissants, et désespérez !"

À côté, rien ne demeure. Autour des ruines
De cette colossale épave, infinis et nus,
Les sables monotones et solitaires s’étendent au loin. »


Percy Shelley, 1817.








David Roberts (1796 - 1864) - Ramesseum















« Ozymandias » est l'autre nom du pharaon Ramsès II. Ce poème de Shelley illustre l'implacable empire du temps auquel ne résiste aucune majesté. Tellement fier de son pouvoir et de ses conquêtes, Ramsès II a cru inscrire dans la roche toute la démesure de son orgueil : « Mon nom est Ozymandias, Roi des Rois. Voyez mon œuvre, ô puissants, et désespérez ! ». Mais même les statues les plus monumentales finissent par s'effondrer, toutes les splendeurs finissent par être englouties sous les sables. Ne reste que des ruines de ces œuvres colossales et des dunes pour les recouvrir. Vanité des vanités... C'est le temps qui dit aux puissants de désespérer. C'est le temps qui se moque de toute grandeur. Et c'est le temps qui appelle à contempler et à voir l'immensité du monde.



vendredi 3 janvier 2020

Fût-ce en mille éclats




Fût-ce en mille éclats
Elle est toujours là -
La lune dans l'eau.

Ueda Chôshû (1852-1932)







Kobayashi Kiyochika, Pleine lune au pont de Nihonbashi, 1930.







L'éclat de la lune est comme la vérité dans les ténèbres. On ne touche jamais vraiment cette vérité. Par contre, nous côtoyons le reflet de cette lune dans l'eau. Non pas un reflet, mais mille éclats de cette lune au gré des mouvements de l'eau. La philosophie bouddhique distingue la vérité ultime de la vérité relative en donnant une nette priorité à la première vérité, la vérité ultime. Pourtant cette vérité ultime se manifeste de mille manières dans la vérité de ce que nous vivons, la vérité relative. Cette luminosité est toujours présente pour celui qui veut bien être attentif et ouvert à ces reflets dans les mille aspects de la vie quotidienne. Quand nous faisons la vaisselle, quand nous levons la tête vers les étoiles, quand nous nous baladons dans la forêt ou quand on prend une bière à une terrasse. Il faut se rappeler que ce sont là des reflets, et non la vérité ultime même, et des reflets qui sont parfois distordus par l'agitation du monde comme le reflet de la lune qui s'allonge ou s'étire sur la surface des vagues, mais ces reflets sont tout de même une inspiration précieuse dans la vie de l'esprit.