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jeudi 23 juillet 2026

Le dévoilement des fautes (II, 27 à 29)

 

Le dévoilement des fautes (II, 27 à 29)

Commentaire du Bodhisattvacaryāvatāra de Shāntideva



27. Les mains jointes, je supplie

Les parfaits Bouddhas et Bodhisattvas

Très compatissants

Qui résident dans les dix régions :


28. Au cours de cette vie et d'autres,

Dans ce cycle des existences sans commencement,

Les fautes que j'ai commises,

Celles que j'ai suscitées


29. Et, sous l'emprise de l'ignorance,

Celles dont je me suis réjoui,

Ces erreurs, j'en prends conscience

Et du fond du cœur les dévoile devant les Protecteurs.








Moines en contemplation au petit matin devant le mont Fuji.
Burt Glinn 1961






Il s'agit ici de prendre conscience de ses fautes morales, les fautes commises, les fautes qu'on a pu provoquer ou encourager ainsi que les fautes dont on s'est réjoui ou dont on était fier du fait de l'ignorance de la véritable nature des choses qui obscurcissait notre mental et notre jugement. Cette prise de conscience est nécessaire pour qu'un changement soit possible. Il faut ensuite révéler ces fautes aux êtres qui incarnent la perfection morale, c'est-à-dire les bouddhas et les bodhisattvas. Le problème de confesser des fautes à des êtres imparfaits, eux-mêmes sous l'emprise de l'ignorance, est que cela peut s'avérer contre-productif : si vous avez été violents dans le passé, que vous vous êtes souvent bagarré et qu'aujourd'hui, vous regrettiez cette violence insensée, si vous allez vous confesser à une personne elle-même violente, cette personne va vous répondre qu'il n'y a aucun problème et que c'est super de rendre coup pour coup, comme ces parents indignes qui félicitent leur gamin de s'être battu dans la cour de récréation de l'école.



Les bouddhas et les bodhisattvas sont un modèle de perfection morale. Confesser vos fautes morales devant eux est une bonne chose même s'ils ne sont pas là physiquement. Vous vous adressez ainsi à la part éveillée de vous-mêmes, la part la plus disposée à s'améliorer. Par ailleurs, la compassion illimitée des bouddhas et des bodhisattvas rayonnent encore dans l'univers, quand bien même ils ont vaincu loin et il y a longtemps. Cette compassion est le souhait ardent que cesse complètement les douleurs, mais aussi les causes de la douleur que sont les mauvaises actions. Cette compassion illimitée des êtres éveillés est donc un encouragement à s'amender et se transformer soi-même.






Chapitre I : Les bienfaits de l'esprit d'Eveil


Lire les autres commentaires du chapitre II : 

- Le dévoilement des fautes (II, 1 à 7)

- Le dévoilement des fautes (II, 8 & 9)

- Le dévoilement des fautes (II, 10 à 21)

- Le dévoilement des fautes (II, 22 à 26)


Chapitre II: Le dévoilement des fautes




Deux traductions peuvent être trouvées en langue française du Bodhicaryāvatāra
- « La marche vers l'Éveil », Comité Padmakara, Saint-Léon-sur-Vézère (France), 2007 (2e édition), 
- « Vivre en héros pour l'Éveil », Georges Driessens, Seuil/Points Sagesse, Paris, 1993.





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