Macron
Dimanche
23 avril, le premier tour des élections présidentielles françaises
a vu la victoire d'Emmanuel Macron et de Marine Le Pen. Évidemment,
pour la gauche radicale et l'extrême-gauche, c'est une grande
déception : le projet de Jean-Luc Mélenchon a été recalé
dans les urnes. On ne peut que le regretter bien sûr, mais néanmoins
il faut garder les yeux rivés sur les deux semaines à venir et
empêcher que l'extrême-droite s'impose au second tour et n'emporte
la présidentielle.
Alors
bien sûr, pour la gauche, le programme libéral de Macron n'est pas
folichon. Macron incarne la trahison libérale de François Hollande,
et le ressentiment à son égard est très vif à gauche. Au point de
mettre sur un pied d'égalité Emmanuel Macron et Marine Le Pen. Et
c'est là que cela en devient gênant. Bien sûr, Macron est un candidat
proche du monde de la finance, mais les gauchistes sont-ils bêtes à
ce point pour croire que Marine Le Pen est vraiment la « candidate
du peuple » (comme elle le prétendait dimanche dans son
discours de victoire) ? Croient-ils vraiment que Macron et Le
Pen, ce soit la même chose ?
Aux
États-Unis, Hillary Clinton a perdu contre Donald Trump, notamment
parce que la gauche radicale qui soutenait Bernie Sanders n'a cessé
d'attaquer Hillary Clinton et de la calomnier en permanence, alors
qu'elle était aux prises avec Trump. Conjuguée à la force de
dénigrement des trolls sur internet, cela a été fatal à Clinton.
Faut-il nécessairement reproduire le scénario américain en
France ? Quand je regarde tout ce qui se publie sur les réseaux
sociaux, la plupart des attaques et des critiques s'adressent contre
Emmanuel Macron. Je suis désolé, mais c'était au premier tour
qu'il fallait critiquer Macron. On sait ce qu'il est. On sait comment
les médias l'ont soutenu. Mais il se trouve que maintenant il y a un
choix à faire pour le peuple français entre le candidat Macron et
la candidate Le Pen. Et force est de constater que Marine Le Pen,
elle aussi, est proche du milieu des patrons et de la finance. Elle
aussi ne fera rien pour sauver les emplois et la sécurité sociale,
malgré ses discours où elle prétend défendre le petit peuple de
France. Marine Le Pen est tout autant soumis à l'oligarchie que ne
l'est Macron, mais dans les commentaires de mes contacts de gauche et
d'extrême-gauche, on ne fait que taper sur Macron. Est-ce là une
attitude responsable ? Avez-vous vraiment envie de Marine Le Pen
arriver à la tête de la République Française ? Avez-vous
vraiment envie de voir la victoire de la haine et du racisme ?
Il
faut bien comprendre qu'en politique on ne fait pas toujours le choix
pour le meilleur. Parfois il faut accepter qu'il va bien falloir
choisir entre le pire et le mauvais. Et la seule attitude responsable
est de choisir le mauvais. À
charge alors à ceux qui contestent le libéralisme de Macron de
continuer la lutte après cette élection présidentielle dans les
urnes (aux élections législatives) ou dans la rue pour contrecarrer
les réformes libérales que compte mettre en place Emmanuel Macron.
Frédéric Leblanc, le 25 avril 2017