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vendredi 11 septembre 2026

La garde de la vigilance (V, 68 à 70)

 

La garde de la vigilance (V, 68 à 70)

Commentaire du Bodhisattvacaryāvatāra de Shāntideva


68. On ne donne pas de vêtements

À un serviteur que l'on ne peut employer ;

Si le corps, dont on a pris soin, partira un jour ailleurs,

Pourquoi t'épuiser à nourrir la chair ?


69. À présent que je lui ai donné son salaire,

Je peux agir pour mon propre bien propre ;

Mais s'il n'est d'aucun profit,

Je ne lui donnerai rien.


70. Je dois concevoir ce corps comme un vaisseau,

Simple support pour aller et venir ;

Et, pour accomplir le bien des êtres,

J'en ferai une gemme à souhait.







Steve McCurry 







Ici, Shāntideva réfléchit en patron un peu radin qui ne va pas donner un nouveau costume à un employé qui va bientôt partir à la retraite et qui n'accordera pas non plus si facilement d'augmentation de salaire à ces salariés, surtout si ceux-ci ne justifient pas d'une activité bénéfique à l'entreprise. Notre rapport au corps devrait être le même : comme si le corps était notre employé et que nous lui accorderons sa pitance, ses vêtements et son confort uniquement si ce corps est utile à l'étude du Dharma, à la pratique de la méditation et au service pour autrui. Autrement, il ne faut pas nourrir ce corps, ni le vêtir, ni lui accorder du sommeil !


Ce corps ne devrait pas être considéré comme un but en soi, mais plutôt comme un vaisseau, un moyen pour aller d'un point à un autre ainsi qu'un moyen d'accomplir des actions bénéfique aux autres. Shāntideva explique aussi que, idéalement, ce corps devrait être une « gemme à souhait », un artefact magique qui exauce les souhaits des gens : votre corps devrait donc être un outil au service des envies des êtres sensibles. C'est là un idéal de bodhisattva qui essaye de comprendre et d'anticiper les besoins des gens et d'y répondre au mieux, avec la seule réserve que ces envies et ces besoins doivent s'accorder avec la décence et le respect des personnes (comme je l'avais expliqué dans mon commentaire des strophes 11 à 15 du chapitre III).









Anna & the Willow






Le reste du commentaire du Bodhisattvacaryāvatāra de Shāntideva: 


Chapitre I : Les bienfaits de l'esprit d'Eveil


Chapitre II: Le dévoilement des fautes


Chapitre III : La prise de l'esprit d'Eveil


Chapitre IV : L'attention


Chapitre V: 

- La garde de la vigilance (V, introduction)

- La garde de la vigilance (V, 1 à 5)

- La garde de la vigilance (V, 6 à 8)

- La garde de la vigilance (V, 9 à 14)

- La garde de la vigilance (V, 15 à 18)

- La garde de la vigilance (V, 24 à 29)

- La garde de la vigilance (V, 30 à 33)

- La garde de la vigilance (V, 34 à 38)

- La garde de la vigilance (V, 39 à 42)

- La garde de la vigilance (V, 43 & 44)

- La garde de la vigilance (V, 45 à 53)




Chapitre V: La garde de la vigilance






Deux traductions peuvent être trouvées en langue française du Bodhicaryāvatāra
- « La marche vers l'Éveil », Comité Padmakara, Saint-Léon-sur-Vézère (France), 2007 (2e édition), 
- « Vivre en héros pour l'Éveil », Georges Driessens, Seuil/Points Sagesse, Paris, 1993.



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