La patience (VI, 39 à 41)
Commentaire du Bodhisattvacaryāvatāra de Shāntideva
39. S'il était dans la nature des personnes puériles
De nuire à autrui,
Il serait inopportun de s'irriter à leur endroit
Que contre le feu dont la nature est de brûler.
40. Et si ces fautes étaient accidentelles
Aux êtres dont le caractère est stable,
La colère à leur égard ne serait pas plus logique
Que contre le ciel envahi par la fumée.
41. Alors qu'en vérité, je suis frappé par le bâton,
Je m'irrite contre celui qui le manipule ;
Or, lui-même étant secondaire et mû par l'aversion,
Il serait correct de me fâcher contre elle.
![]() |
| Nicolas Bruno |
Quand on est confronté à une personne méchante et malveillante qui cherche à nuire, deux possibilités s'offrent à nous :
soit cette personne est foncièrement mauvaise, sa nature est d'être méchante envers nous,
soit la nature de cette personne n'est pas d'être une nuisance à notre égard, mais certains facteurs ou motivations temporaires font que cette personne cherche à nous nuire présentement pendant un certain laps de temps.
Dans le premier cas où la nature de la personne la pousse systématiquement à nous nuire en acte, en parole ou par telle ou telle attitude, Shāntideva nous explique qu'il n'est pas rationnel de détester cette personne. Cette personne ne peut pas faire autrement que chercher à nous nuire. Dès qu'on sera en contact avec elle d'une manière ou d'une autre, elle cherchera à nous faire du mal, tout comme un feu vous brûlera chaque fois que vous y plongerez la main ! Nul besoin de s'énerver contre le feu qui brûle, gardez bien votre main en-dehors de son pouvoir de brûler. Pareillement, cultivez la patience envers cette personne foncièrement mauvaise et tenez-vous à l'écart pour qu'elles ne puissent pas vous toucher par ses reproches, ses insultes, ses coups, ses calomnies ou d'autres manières de blesser ou tuer des gens.
Si, par contre, la personne est accidentellement mauvaise, cultivez aussi la patience ! Vous n'en voulez pas au ciel pour les nuages gris et menaçants qui le traversent. Comprenez que les moments de colère et d'irritation de cette personne sont juste des moments pénibles qui vont passer, juste comme les orages et les tempêtes finissent par passer et laisser la place au ciel bleu.
Si un de ces personnes méchantes (intrinsèquement méchantes ou accidentellement méchantes) me frappe, je dois bien voir que c'est le bâton qui me fait mal. Mais je n'en veux pas au bâton, j'en veux à la personne qui manipule ce bâton, car c'est la personne qui est doué d'intentions mauvaises à mon égard, pas le bâton. Le bâton n'est qu'un outil dans ce projet funeste de cette personne qui a décidé de me faire mal en me fichant une grosse raclée. Mais en fait, cette personne avec son corps et son esprit n'est elle-même qu'un outil manipulé par ces intentions mauvaises et ces passions tristes que sont la colère, la fureur, la malveillance et le ressentiment.
Shāntideva nous dit que si nous étions complètement logiques avec nous-mêmes, on devrait en vouloir à ces passions tristes que sont la colère et le ressentiment, car ce sont ces passions tristes qui sont le véritable auteur du crime dans cette bastonnade où je suis la victime ! Il faut être en colère contre la colère, et il faut être patient envers les personnes et les bâtons.
Le reste du commentaire du Bodhisattvacaryāvatāra de Shāntideva:
Chapitre I : Les bienfaits de l'esprit d'Eveil
Chapitre II: Le dévoilement des fautes
Chapitre III : La prise de l'esprit d'Eveil
Chapitre V: La garde de la vigilance
Chapitre VI : La patience
- La patience (VI, 22 à 26) + 2ème partie
- La patience (VI, 56 à 61) + 2ème partie
NB : Cet article comme tous les autres précédemment sont écrits sans l'aide de l'intelligence artificielle générative. Je suis le seul auteur de ce commentaire.


Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire