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lundi 27 juillet 2026

Le dévoilement des fautes (II, 58 à 65)

 

Le dévoilement des fautes (II, 58 à 65)

Commentaire du Bodhisattvacaryāvatāra de Shāntideva




58. Il est déraisonnable de me réjouir :

« Je ne mourrai pas aujourd'hui ! »

Car l'heure où je ne serai plus

Sonnera inexorablement.


59. Qui m'accordera l'absence de peur ?

Comment me libérerai-je définitivement de cela ?

Si, inévitablement, je cesserai d'être,

Comment mon esprit demeure-t-il joyeux ?


60. Que reste-t-il pour moi

Des expériences détruites du passé ?

Mais en m'y attachant

J'ai agi à l'encontre de la parole des maîtres.


61. Si, abandonnant cette vie,

Mes parents et amis,

Je dois partir seul quelque part,

Que m'importe amis et ennemis ?


62. « Comment me délivrerai-je définitivement

De la non-vertu, source de souffrance ? »

Nuit et jour, sans arrêt

Je ne devrais songer qu'à cela.


63. Les fautes que j'ai accomplies

Par ignorance et confusion,

Qu'elles soient mauvaises par nature

Ou aillent à l'encontre des règles,


64. L'esprit apeuré par la souffrance,

Les mains jointes et me prosternant encore et encore,

Je les déclare toutes

En présence des Protecteurs.


65. Ô Protecteurs, je vous en supplie :

Acceptez mes méfaits et mes erreurs !

Puisqu'ils ne sont pas salutaires,

À l'avenir, je ne les commettrai plus.




Shāntideva reprend ici en conclusion les thèmes qu'il a développés dans ce deuxième chapitre : le temps nous est compté avant la mort. On ne peut pas prédire précisément quand elle surviendra. Peut-être qu'on mourra aujourd'hui, peut-être demain, peut-être un autre jour. Mais ce qui est certain, c'est qu'on mourra tôt ou tard et que l'on sera confronté à la conséquence de nos actes. Il faut prendre cela compte et ne pas se distraire avec des activités divertissantes que l'on fait pour occuper notre esprit et cacher à soi-même notre inquiétude fondamentale.


Il ne faut pas s'attacher aux expériences plaisantes du passé, parce qu'elles ne sont plus. Et il ne faut pas s'attacher aux amis et aux ennemis, car c'est en raison de cet attachement que je développe des émotions perturbatrices et conflictuelles, et que je fais des choses que je finis par regretter. Il ne faut d'autant plus ne pas s'attacher aux amis et aux ennemis, que la mort me poussera inéluctablement à partir seul, rompant brutalement les liens tant avec les amis qu'avec les ennemis.


La question que je devrais donc me poser de manière obsessionnelle est : « Comment puis-je me libérer des émotions perturbatrices et des fautes morales qui m'entraîne vers des vies misérables ? Comment est-ce que je peux m'améliorer ? » Je dois confesser ces fautes, ces erreurs, ces manquements aux Bouddhas pleinement éveillés, modèle de perfection morale, et je dois fournir un effort constant pour transformer mes actions dans le sens du bien et de l'aide à autrui.









La mort du Bouddha ou Extinction Finale (Parinirvâna)
Art du Gandhara sous l'empire Kushan (IIe siècle de notre ère)







Chapitre I : Les bienfaits de l'esprit d'Eveil


Lire les autres commentaires du chapitre II : 

- Le dévoilement des fautes (II, 1 à 7)

- Le dévoilement des fautes (II, 8 & 9)

- Le dévoilement des fautes (II, 10 à 21)

- Le dévoilement des fautes (II, 22 à 26)

- Le dévoilement des fautes (II, 27 à 29)

- Le dévoilement des fautes (II, 30 à 40)

- Le dévoilement des fautes (II, 41 à 53)

- Le dévoilement des fautes (II, 54 à 57)



Chapitre II: Le dévoilement des fautes





Deux traductions peuvent être trouvées en langue française du Bodhicaryāvatāra
- « La marche vers l'Éveil », Comité Padmakara, Saint-Léon-sur-Vézère (France), 2007 (2e édition), 
- « Vivre en héros pour l'Éveil », Georges Driessens, Seuil/Points Sagesse, Paris, 1993.











Mort du Bouddha (détail)










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