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samedi 19 septembre 2026

La garde de la vigilance (V, 88 à 90)

 

La garde de la vigilance (V, 88 à 90)

Commentaire du Bodhisattvacaryāvatāra de Shāntideva



88. On n'enseigne pas à des personnes irrespectueuses,

À celles qui, tels des malades, sont coiffés d'un turban,

Portent un parasol, un bâton, une arme,

Ou se couvrent la tête.


89. Ni à une femme hors de la présence d'un homme.

L'Enseignement vaste et profond ne sera pas exposé

Aux êtres médiocres, mais je témoignerai un égal respect

Aux Dharmas destinées aux personnes inférieures et supérieures.


90. Je n'introduirai pas au Dharma inférieur

La personne digne du vaste Dharma.

Je n'abandonnerai pas la conduite noble,

Ni n'égarai mes semblables par des soûtras et des mantras.














L'enseignement du Dharma suppose que l'on témoigne un minimum de respect quand on l'écoute et quand on l'enseigne. Cela vaut pour tout enseignement d'ailleurs ! Que ce soit un cours de math, de français ou d'anglais, il faut respecter le professeur ainsi que le cadre de la classe et avoir une attitude favorable à cet enseignement. D'autant plus quand on enseigne la chose la plus sacrée qui soit, le Dharma.


On ne vient donc pas habillé n'importe comment. Évidemment, la question de savoir ce qu'est un habit correct dépend de la culture dans laquelle on vit. Shāntideva nous parle de proscrire le turban et le parasol dans les classes. De nos jours, ce n'est pas vraiment le problème ! Par contre, à notre époque, on ne vient pas en classe avec une casquette ou un grand chapeau, cela sera considéré comme un manque de respect.


On ne vient pas armé en classe. Cela va de soi ! Malheureusement, ce principe n'est toujours pas systématiquement respecté de nos jours. Les journaux nous parlent parfois d'enseignants agressés au couteau. Ce ne sont plus les épées ou les bâtons du temps de Shāntideva, mais c'est extrêmement regrettable et inquiétant quand même !


Ensuite, Shāntideva nous explique qu'on n'enseigne pas à une femme seule sans son mari ou un membre de sa famille présent dans la même pièce. Aujourd'hui, cela paraît complètement daté, mais dans le contexte culturel où a vécu Shāntideva, cela faisait sens, surtout que Shāntideva était un moine bouddhiste qui n'était certainement pas censé rester en présence de la gente féminine.




*****



Ensuite, les deux strophes suivantes me posent véritablement problème : disons-le de but en blanc, je ne suis pas du tout d'accord avec les idées de Shāntideva. Que dit-il ? On ne devrait pas enseigner le Dharma aux « êtres médiocres » ? Qui sont ces êtres médiocres ? On ne le saura pas. Le bouddhisme du Grand Véhicule postule pourtant que tous les êtres sensibles ont la nature-de-Bouddha. Donc en théorie, on doit avoir pour objectif d'enseigner le Dharma ou, au moins, une partie du Dharma à tout le monde, quel que soit les moyens de ces êtres. En pratique, il faudra parfois adapter son enseignement ou aller au plus simple pour des personnes handicapées mentales par exemple ; mais l'esprit d’Éveil devrait nous interdire d'exclure qui que ce soit de l'enseignement du Bouddha, la chose la plus sacrée pour nous.


Il y a bien sûr des gens qui ne veulent pas écouter le message du Bouddha, des gens qui sont contre, des gens qui nous méprisent, des gens qui nous critiquent. Ceux-là n'iront de toute façon à nos enseignements sur le Dharma ! Mais même avec eux, on ne devrait pas renoncer à délivrer la parole du Bouddha, ne serait-ce que par compassion. Il faut se faire à l'idée qu'ils ne nous écouteront pas et qu'ils ne rateront aucune occasion pour nous manquer de respect. Mais notre motivation devrait être de leur proposer l'enseignement du Bouddha dès qu'une occasion se présente ou qu'un débat se produit. Le Dharma est aussi une affaire de persévérance dans l'amour bienveillant.


Ensuite, Shāntideva parle de Dharma inférieur et de Dharma supérieur ; comprenez : le bouddhisme dit du Petit Véhicule (Hīnayāna) est le Dharma inférieur, et le Dharma supérieur et vaste est le Grand Véhicule (Mahāyāna). Shāntideva pense que c'est une faute d'enseigner le Petit Véhicule à quelqu'un qui est capable d'entendre le Grand Véhicule.


Je pense que c'est une erreur grossière et catastrophique de réduire l'enseignement du bouddhisme dit du Petit Véhicule à un enseignement inférieur et méprisable. Dans l'enseignement du bouddhisme dit du Petit Véhicule, vous trouverez les discours que le Bouddha historique a réellement tenu en son temps, de son vivant. Comment des bouddhistes peuvent-ils rabaisser cet enseignement ? Mesure-t-on seulement l'ampleur de la catastrophe ? Comment les bouddhistes du Grand Véhicule ont-ils pu discréditer à ce point la parole même du Bouddha ? Ce sont des enseignements incroyables pour une Voie incroyables, et vous venez dire que ce sont des petits enseignements ! Misérables imbéciles !


Quand vous lisez un soûtra du bouddhisme dit du Petit Véhicule, vous devriez le lire en ayant la ferme conviction que ce soûtra peut amener vers la sagesse la plus haute et le plein Éveil ! Arrêtez de calomnier la parole du Bouddha !


Attention ! Je ne rejette pas a priori les soûtras du Grand Véhicule, je les lis, je les étudie, et je m'en inspire ; mais je déteste le fait que ceux-ci soient pollués (je dis bien : pollués) par des considérations méprisantes envers le bouddhisme dit du Petit Véhicule. Vraiment, il est temps de faire le ménage dans le bouddhisme du Grand Véhicule. Mahâyânistes de tous les pays, arrêtez de mépriser les enseignements originaux du Bouddha !




*****




Enfin, Shāntideva dit qu'il ne faut pas abandonner la conduite noble et sa motivation qui est de venir en aider à tous les êtres du monde. Dans cet esprit, il ne faut surtout pas les enseignements et les pratiques spirituelles à des fins détournées : chercher uniquement à s'enrichir, chercher à se faire valoir dans la société, chercher à tromper son monde en manipulant les concepts des soûtras pour leur faire dire n'importe quoi. Tout cela doit être proscrit : on devrait enseigner le Dharma pour libérer les êtres !








Le reste du commentaire du Bodhisattvacaryāvatāra de Shāntideva: 


Chapitre I : Les bienfaits de l'esprit d'Eveil


Chapitre II: Le dévoilement des fautes


Chapitre III : La prise de l'esprit d'Eveil


Chapitre IV : L'attention


Chapitre V: 

- La garde de la vigilance (V, introduction)

- La garde de la vigilance (V, 1 à 5)

- La garde de la vigilance (V, 6 à 8)

- La garde de la vigilance (V, 9 à 14)

- La garde de la vigilance (V, 15 à 18)

- La garde de la vigilance (V, 24 à 29)

- La garde de la vigilance (V, 30 à 33)

- La garde de la vigilance (V, 34 à 38)

- La garde de la vigilance (V, 39 à 42)

- La garde de la vigilance (V, 43 & 44)

- La garde de la vigilance (V, 45 à 53)

- La garde de la vigilance (V, 54 à 58)

- La garde de la vigilance (V, 59 & 60)

- La garde de la vigilance (V, 61 à 67)

- La garde de la vigilance (V, 68 à 70)

- La garde de la vigilance (V, 71 à 73)

- La garde de la vigilance (V, 74 et 75)

- La garde de la vigilance (V, 76 à 78)

- La garde de la vigilance (V, 79 & 80)

- La garde de la vigilance (V, 81 à 84)

- La garde de la vigilance (V, 85 à 87)



- La garde de la vigilance (V, 91 - 95)

- La garde de la vigilance (V, 96 à 98) 

- La garde de la vigilance (V, 99 à 101)

- La garde de la vigilance (V, 102 & 103)

- La garde de la vigilance (V, 104 à 106)

- La garde de la vigilance (V, 107 à 109)


Chapitre V: La garde de la vigilance


Chapitre VI : La patience






Deux traductions peuvent être trouvées en langue française du Bodhicaryāvatāra: 
- « La marche vers l'Éveil », Comité Padmakara, Saint-Léon-sur-Vézère (France), 2007 (2e édition), 
- « Vivre en héros pour l'Éveil », Georges Driessens, Seuil/Points Sagesse, Paris, 1993.





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vendredi 18 septembre 2026

La garde de la vigilance (V, 85 à 87)

 

La garde de la vigilance (V, 85 à 87)

Commentaire du Bodhisattvacaryāvatāra de Shāntideva


85. Je partagerai (ma nourriture) entre ceux tombés (dans les existences douloureuses)

Ceux privés de protection et les pratiquants ;

Je mangerai avec modération

Et donnerai tout, hormis les trois robes de moine.


86. Je ne détériorerai pas pour des vétilles

Le corps utilisé pour le saint Dharma ;

En agissant ainsi,

Les souhaits des êtres seront rapidement exaucés.


87. Tant que l'esprit de compassion est impur,

Je m'abstiendrai de faire don de mon corps ;

Par contre, dans cette vie et les suivantes,

Je l'offrirai en tant que cause pour l'accomplissement du grand dessein.





Julee Resuggan






Shāntideva revient ici à notre relation au corps. On devrait d'abord partager notre nourriture 1°) à ceux qui sont tombés, 2°) à ceux qui sont dans la détresse, 3°) aux pratiquants du Dharma. Ceux qui sont tombés peut vouloir dire les créatures infernales. Je pense que cela peut vouloir dire aussi les personnes qui sont tombés dans un mauvais style de vie, les toxicomanes par exemple. Il faut les aider quand bien même ils ne méritent pas nécessairement l'aide ou la nourriture qu'ils reçoivent. Ceux qui sont dans la détresse et ont besoin de notre protection, cela se comprend plus facilement dans une éthique du partage et de la solidarité. Aider les pauvres et les personnes fragiles ou sans défense, cela coule de source comme principe moral. Néanmoins, il est important de se rappeler que le sens de l'humanité nous oblige à fournir de la nourriture et des objets de première nécessité à ceux qui mènent une mauvaise vie et qui sont dans le besoin du fait même de cette mauvaise vie.


Aider et partager avec les autres pratiquants du Dharma est absolument essentiel. Nous devons nous entraider. Aider matériellement quelqu'un qui fait une retraite spirituelle ou qui consacre sa vie à la méditation est une excellente chose dont les mérites sont immenses. Cela aide à la propagation du Dharma dans le monde et soulage lemonde de sa souffrance.



NB : Le comité Padmakara traduit différemment les deux premiers vers de cette strophe 85 :

« Partagez avec les animaux, les sans-protecteurs

Et ceux qui se livre à une ascèse ».


Shāntideva demande également de manger avec modération. Il ne soucie pas vraiment de votre ligne ; mais dans un contexte où la nourriture est rare et où beaucoup de gens meurent de fin comme c'était le cas dans l'Inde du VIIIème siècle, manger beaucoup privent d'autres personnes de nourriture. Par ailleurs, il recommande aussi de ne posséder que les trois robes qui servent de vêtement aux moines bouddhistes. Tout le reste est superflu, et il faut cultiver le détachement par rapport à nos possessions.


Il ne faut pas non plus abîmer le corps pour des choses qui ne seraient pas essentielles, comme faire des choses dangereuses pour s'amuser comme les gens qui sautent d'une falaise pour les sensations extrêmes que cela procure. Nous avons un corps, et maintenir ce corps en état de marche pour faire des choses utiles au bien-être des autres et à l'enseignement du Dharma.


Enfin, Shāntideva pense qu'il ne faut pas sacrifier son corps tant que nous n'avons pas développé une compassion parfaite, sans trace d'ego, sans misérabilisme et sans attachement. Dans les histoires des vies antérieures du Bouddha, les Jātakas, mais aussi dans les hagiographie de grands maîtres bouddhistes comme Nāgārjuna, des sages offrent leur corps comme une nourriture pour des léopards ou d'autres animaux ; parfois, ils donnent leur tête parce que quelqu'un leur a demandé ou ils donnent leur bras pour prouver le sérieux de leur engagement spirituel. En substance, ce que dit Shāntideva, c'est qu'il ne faut pas faire cela tant qu'on n'est pas prêt à ce sacrifice extrême. Mais quand on atteint un niveau suffisant de compassion allié au détachement et à la conscience de la vacuité d'existence propre des phénomènes, alors là, il ne faut pas hésiter à sacrifier notre corps. Ce don du corps devient selon Shāntideva : « une cause pour l'accomplissement du grand dessein ».


J'en doute fortement personnellement. D'abord, ces histoires de sacrifier son corps, y compris pour des animaux, sont surtout des histoires, des contes racontés pour notre édification, mais jamais un élément d'une biographie un peu sérieuse ! Les vies antérieures du Bouddha que l'on est obligé de croire sur parole sans vérification possible, mais pas la vie du Bouddha elle-même. Pareillement, dans le cas de Nāgārjuna et d'autres mahāsiddhas, on a des histoires légendaires sans réelle consistance biographique. Des fables, somme toute.


Je pense qu'il est moralement louable de sacrifier sa vie dans certaines conditions extrêmes comme sauver des enfants dans un incendie. Il est aussi moralement louable de donner son sang à la Croix-Rouge, voire même de donner un rein pour qu'une autre personne puisse vivre. Mais je ne pense pas qu'il faille donner son corps tout entier ou des membres de son corps pour que des lions survivent dans la savane ou pour une raison plus absurde encore.








Le reste du commentaire du Bodhisattvacaryāvatāra de Shāntideva: 


Chapitre I : Les bienfaits de l'esprit d'Eveil


Chapitre II: Le dévoilement des fautes


Chapitre III : La prise de l'esprit d'Eveil


Chapitre IV : L'attention


Chapitre V: 

- La garde de la vigilance (V, introduction)

- La garde de la vigilance (V, 1 à 5)

- La garde de la vigilance (V, 6 à 8)

- La garde de la vigilance (V, 9 à 14)

- La garde de la vigilance (V, 15 à 18)

- La garde de la vigilance (V, 24 à 29)

- La garde de la vigilance (V, 30 à 33)

- La garde de la vigilance (V, 34 à 38)

- La garde de la vigilance (V, 39 à 42)

- La garde de la vigilance (V, 43 & 44)

- La garde de la vigilance (V, 45 à 53)

- La garde de la vigilance (V, 54 à 58)

- La garde de la vigilance (V, 59 & 60)

- La garde de la vigilance (V, 61 à 67)

- La garde de la vigilance (V, 68 à 70)

- La garde de la vigilance (V, 71 à 73)

- La garde de la vigilance (V, 74 et 75)

- La garde de la vigilance (V, 76 à 78)

- La garde de la vigilance (V, 79 & 80)

- La garde de la vigilance (V, 81 à 84)



- La garde de la vigilance (V, 88 à 90)

- La garde de la vigilance (V, 91 - 95)

- La garde de la vigilance (V, 96 à 98) 

- La garde de la vigilance (V, 99 à 101)

- La garde de la vigilance (V, 102 & 103)

- La garde de la vigilance (V, 104 à 106)

- La garde de la vigilance (V, 107 à 109)



Chapitre V: La garde de la vigilance


Chapitre VI : La patience






Deux traductions peuvent être trouvées en langue française du Bodhicaryāvatāra: 
- « La marche vers l'Éveil », Comité Padmakara, Saint-Léon-sur-Vézère (France), 2007 (2e édition), 
- « Vivre en héros pour l'Éveil », Georges Driessens, Seuil/Points Sagesse, Paris, 1993.



Pour des traductions des Jātakas, voir notamment :
Kshemendra, "La liane magique", éditions Pamakara, Saint-Léon-sur-Vézère, France, 2001 




Pour des récits hagiographiques de la vie des Mahasiddhas: 
Abhayadatta, "Mahasiddhas, vies de 84 sages de l'Inde", éditions Padmakara, Saint-Léon-sur-Vézère, France, 2003.




 



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jeudi 17 septembre 2026

La garde de la vigilance (V, 81 à 84)

 

La garde de la vigilance (V, 81 à 84)

Commentaire du Bodhisattvacaryāvatāra de Shāntideva


81. Sans cesse animé d'une haute aspiration

Et grâce aux antidotes, en œuvrant

Pour les champs de qualités, de bienfaits et de la misère,

De grandes vertus s'ensuivront.


82. Muni de sagesse et de foi,

J'agirai toujours moi-même ;

Je ne dépendrai de personne

Dans toutes les actions entreprises.


83. Les perfections telles que la générosité

Croissent en excellence comme l'on passe de l'une à l'autre ;

Mais je ne sacrifierai pas un grand don pour un aspect mineur de la moralité,

En considérant en priorité ce qui est le plus bénéfique pour les autres.


84. Cela étant bien compris,

Je m'appliquerai constamment au bien d'autrui.

Ceux dont la grande compassion porte loin

Ont permis (aux bodhisattvas) ce qui est interdit (à d'autres).














La grande aspiration qui devrait nous animer et dont parle Shantideva est tout simplement l'esprit d’Éveil. Je renvoie aux commentaires des chapitres 1, 2, 3 et 4 pour plus de précision ! Les antidotes sont les correctifs que l'on met en place pour affaiblir et faire disparaître nos tendances négatives : la bienveillance pour enrayer la malveillance, la patience pour venir à bout de la colère et de l'irritation, la générosité pour déraciner l'égoïsme et l'avarice, etc... Les 3 champs pour lequel il faut œuvrer muni de l'esprit d’Éveil et des antidotes sont :


  • 1°) le champ de qualités : les Trois Refuges, c'est-à-dire le Bouddha, le Dharma et la Sangha qui sont le but à atteindre pour un bouddhiste, la Voie qui mène à l'état de Bouddha et la communauté de ceux qui ont appris et pratiqué ce Dharma et ont atteint un grand degré de maîtrise spirituelle.

  • 2°) le champ de bienfaits : ce sont nos parents, nos enfants, notre famille, nos amis, la communauté autour de nous, tous ceux à qui on peut apporter une aide concrète,

  • 3°) le champ de misère : c'est l'ensemble des êtres qui errent dans le samsara et sont marqués par la souffrance sous toutes ses formes dans l'existence.


Par ailleurs, on ne doit pas toujours attendre que les autres nous demandent d'agir envers ces trois champs. On doit prendre l'initiative soi-même et ne pas constamment dépendre des autres. Si les gens autour de nous ne semblent pas vouloir œuvrer pour le bien, on doit sortir du conformisme ambiant et faire ce que la raison et la sagesse nous commande de faire.


Par ailleurs, il peut arriver que différents principes moraux s'opposent entre eux, il faut choisir celui qui est le plus bénéfique aux autres pour se sortir de ce dilemme. Par exemple, un moine bouddhiste n'est pas censé toucher une femme, mais si c'est pour sauver une demoiselle de la noyade, passer outre la discipline monastique se justifie totalement ! La rationalité de notre action devrait résider dans la question de ce qui est bénéfique à autrui. Comment mon action sera-t-elle la plus utile aux autres ?


Dans cet ordre d'idées, Shāntideva nous dit qu'on peut comprendre qu'un bodhisattva agisse en-dehors du cadre établi des règles communément admises qu'elles soient morales ou disciplinaires, parce qu'un bodhisattva voit plus l'intérêt du plus grand nombre et voit les moyens parfois contre-intuitifs pour parvenir à cet intérêt du plus grand nombre. C'est pourquoi on pourrait voir un bodhisattva dans une beuverie par exemple s'il estime que sa présence pourra apporter un plus grand bien que s'il restait sobre comme les règles morale du bouddhisme lui impose normalement.


Pour ma part, je précise tout de suite qu'il faut se méfier grandement de ce genre de justifications. Tant d'abus dans le bouddhisme ont été commis au nom de ce relativisme moral qui dit que les bodhisattvas et les maîtres spirituels peuvent s'affranchir des règles communes du fait de leur « esprit d’Éveil développé ». Certains maîtres spirituels sont des ivrognes, d'autres frappent leurs disciples, et tout ça serait justifié par une mystérieuse liberté spirituelle, acquise on ne sait comment. Faites vraiment attention à ce genre de justifications ! Dans des cas rares et marginaux, cela pourrait arriver, effectivement, mais cela doit rester exceptionnel ; et on ne doit pas être dupe du baratin pseudo-spirituel qui tend à justifier des comportements inacceptables de la part de maîtres spirituels prétendument éveillés, mais qui sont en fait en pleine perdition !








Le reste du commentaire du Bodhisattvacaryāvatāra de Shāntideva: 


Chapitre I : Les bienfaits de l'esprit d'Eveil


Chapitre II: Le dévoilement des fautes


Chapitre III : La prise de l'esprit d'Eveil


Chapitre IV : L'attention


Chapitre V: 

- La garde de la vigilance (V, introduction)

- La garde de la vigilance (V, 1 à 5)

- La garde de la vigilance (V, 6 à 8)

- La garde de la vigilance (V, 9 à 14)

- La garde de la vigilance (V, 15 à 18)

- La garde de la vigilance (V, 24 à 29)

- La garde de la vigilance (V, 30 à 33)

- La garde de la vigilance (V, 34 à 38)

- La garde de la vigilance (V, 39 à 42)

- La garde de la vigilance (V, 43 & 44)

- La garde de la vigilance (V, 45 à 53)

- La garde de la vigilance (V, 54 à 58)

- La garde de la vigilance (V, 59 & 60)

- La garde de la vigilance (V, 61 à 67)

- La garde de la vigilance (V, 68 à 70)

- La garde de la vigilance (V, 71 à 73)

- La garde de la vigilance (V, 74 et 75)

- La garde de la vigilance (V, 76 à 78)

- La garde de la vigilance (V, 79 & 80)



- La garde de la vigilance (V, 85 à 87)

- La garde de la vigilance (V, 88 à 90)

- La garde de la vigilance (V, 91 - 95)

- La garde de la vigilance (V, 96 à 98) 

- La garde de la vigilance (V, 99 à 101)

- La garde de la vigilance (V, 102 & 103)

- La garde de la vigilance (V, 104 à 106)

- La garde de la vigilance (V, 107 à 109)



Chapitre V: La garde de la vigilance





Deux traductions peuvent être trouvées en langue française du Bodhicaryāvatāra: 
- « La marche vers l'Éveil », Comité Padmakara, Saint-Léon-sur-Vézère (France), 2007 (2e édition), 
- « Vivre en héros pour l'Éveil », Georges Driessens, Seuil/Points Sagesse, Paris, 1993.








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